Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

05 août 2009

L’aube incertaine de Roland C. Wagner

Suivi d’Honoré a disparu

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Nouvelle affaire de meurtres à élucider pour Tem, engagé par une des huit principales technotrans, des multinationales omnipotentes. L’enquête et l’intrigue débute de manière assez lente malgré l’accumulation de cadavres avant que tout bascule suite aux brusques variations de l’efficacité de son talent de transparence.

Commence alors, comme dans l’Odyssée de l’Espèce, une narration à plusieurs voix. Plus que l’intrigue policière, c’est l’approfondissement de l’univers qui est prenant. Ce dernier ne paraissant plus aussi utopique que dans la Balle du Néant.

Les fausses pistes abondent dans la mesure où Tem est obsédé par la psychosphère mais permet aussi d’en apprendre un peu plus à son sujet. 

Un roman indissociable de la Balle du Néant et de l’Odyssée de l’Espèce, plus intéressant pour ses à côtés que pour son intrigue initiale. L’aube incertaine se lit sans déplaisir mais ne m’a pas passionné non plus, bien que le final soit réussi. Sympathique sans plus.

Pour Honoré a disparu, je l’ai déjà chroniqué dans l’anthologie SF 99.

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22 avril 2009

SF 99

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Anthologie qui m’a été offerte en début d'année, par Xavier de la librairie Scylla, suite à un achat conséquent de livres parus au Bélial (et que je n’ai toujours pas lu d’ailleurs). SF 99 présente les auteurs francophones "marquants" (d'après Olivier Girard) de 1999 à travers quelques nouvelles. 

L’Amour au temps du silicium de Jean-Jacques Nguyen est remarquablement menée, tant pour ses interrogations sur le transfert de conscience dans des clones, que pour sa présentation d’une société coupée en deux ainsi qu’une petite surprise. Du bon cyberpunk à la sauce hard science. 

Déchiffrer la trame de Jean-Claude Dunyach est aussi courte qu’elle est élégante par contre on reste un peu sur sa fin. Il faudra que je revienne sur cet auteur. 

Amour flou de Marie-Pierre Najman aborde le cyberpunk de manière originale. Un texte plaisant sans plus. 

L’Homme qui fouillait la lumière d’Alain Bergeron est un mini thriller cyberpunk plaisant sans être exceptionnel. 

La Face claire des ténèbres de Thomas Day : Conan Doyle emmené dans monde parallèle steampunk par Watson, fréquente une version sombre de Sherlock Holmes. Des extra terrestres, Jack l’Eventreur et un démon… Bof, bof, le personnage d’Holmes est bien travaillé mais l’intrigue est d’autant plus négligée… Visiblement il s’agit du premier jet de L’instinct de l’équarisseur, apparemment plus recommandable, parce que là on s’ennuie un peu quand même. 

Cap Tchernobyl de Sylvie Denis présente un futur où les machines ont accédés à la conscience et commence à s’émanciper de la tutelle humaine sans pour autant passé par la case révolte violente. C’est le second texte de Sylvie Denis que je lis, le premier étant Les clés du paradis présenté dans le n°52 de Bifrost. Un auteur dont il faut que je lise un roman. 

Les Singes de Robert Wolff, un texte de fantasy sans intérêt de la même clique que la BD 7 Guerrières. 

Honoré a disparu de Roland C. Wagner, un texte amusant qui fait partie des Futurs Mystères de Paris et s’intègre après l’Aube Incertaine que je n’ai pas encore lu (du moins d’après la réédition de l’Atalante qui se trouve dans ma PAL), du coup j’ai un peu coincé sur la fin, d’autant plus qu’elle est assez expédiée. Plaisant sans plus et le sentiment que le personnage de l’Aya Gloria est trop omnipotent. 

Le Vide, le silence et l’obscur de Serge Lehman doit relever du Livre des Ombres, aborder cet univers aussi brutalement est un peu déstabilisant et m’a laissé dubitatif concernant la chute. Ca se lit agréablement mais s’oublie tout aussi vite, pas assez convainquant pour franchir le pas. 

Scintillements d’Ayerdhal est un space opera militariste, revu avec humanisme, présentant la fin d’un conflit plusieurs fois centenaire. L’archétype du militaire borné ne m’a pas semblé dans le ton sans pour autant diminuer la qualité de la nouvelle et sa fin magnifique. Un très bon texte.

Au final un ensemble de texte agréables, des auteurs bien différents et un petit saut en arrière dans le temps amusant via l’éditorial (dire qu’en 99 on parlait déjà de Greg Egan et de R C Wilson).

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27 décembre 2008

L'odyssée de l'espèce de Roland C. Wagner

Suivi de Recristallisation

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Retour dans les Futurs mystères de Paris (tome 3) suite aux conseils d'un libraire parisien fort sympathique, Xavier de la Librairie Sylla (Paris 12eme).

Tem est dans de sales draps, accusé du meurtre du professeur Viard, tout semble l'accusé après avoir été surpris sur le lieu du crime par un policier insensible à son don de transparence. Insensibilité communicative semble t il car le détective ne tarde pas à faire la une des journaux.
Son cas s'aggrave quand un deuxième meurtre et commis et que tout semble l'accusé à nouveau. Son statut de fils de millénariste ne le protège plus, il est présumé coupable et incarcéré.

Ce roman démarre donc dans une ambiance beaucoup plus tendue et l'intrigue est d'autant plus accrocheuse qu'elle prend sa source dans la Grande Terreur qui a changée l'humanité. Lui ouvrant la voie de l'assagissement, déjà constaté dans la Balle du Néant mais non expliqué.
L'enquête liée à cet évènement permet à Roland C. Wagner de dépeindre son univers avec brio, mêlant génétique mitochondriale et mécanique quantique pour expliquer sa psychosphère.
Le rythme est soutenu et ce futur tendance hyppie sympathique, néanmoins la menace est réélle et même l'aya Gloria (une IA présentée dans La Balle du Néant) est menacée. La narration est aussi plus agréable avec l'alternance des points de vue (Eileen et Gloria notamment), donnant une grande cohérence à l'ensemble.

Au final, un roman très sympathique, bien mené qui approfondi singulièrement l'univers de ces Futurs mystères de Paris. Roland C. Wagner s'éloigne de son inspiration polar pour plonger dans son univers SF de manière efficace avec un roman sensiblement plus étoffé que la Balle du Néant, tant en contenu qu'en longueur. Bonne pioche !

- Vous êtes en très grand danger. Des forces qui vous dépassent sont à l'oeuvre pour vous détruire.
- Cessez de jouer les oracles énigmatiques et expliquez moi ça en bon français.
Il ôte ses lunettes pour me regarder droit dans les yeux.
- Nous sommes partis pour jouer les
prolongations de l'Armaguédon - avec vous dans le rôle du ballon.

Recristallisation est un petit texte de deux pages déplorant le manque de durée de vie du CD de manière efficace en reprenant l'un des intervenants de L'odyssée de l'espèce. Efficace.

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01 septembre 2008

Cette crédille qui nous ronge de Roland C. Wagner

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Cette crédille qui nous ronge marque un tournant dans l’estime que j’accordais à Roland C. Wagner car là il a réussi à m’enthousiasmer avec une novella qui a pas mal d’accents vancien tout en conservant son ton francophone.

D’ici quelques siècles, l’humanité et ses parasites seront les seuls être vivants sur Terre. Malgré tout l’homme aura essaimé dans les étoiles et colonisé douze planètes dont Océan.

Cette planète est assez atypique car le règne animal terrestre ne compte aucun carnassier, point de prédateurs pour les nombreux herbivores, du moins jusqu’à l’arrivée de l’homme. 

Les colons d’origines ethniques diverses se caractérisent par un fort penchant pour le régime végétarien. Ce qui n’est pas sans causer des problèmes avec les omnivores et une faction radicale de carnivores. 

Au moment où Quartz B, sauveur employé en tant que garde du corps auprès de l’ambassadeur terrien venu arbitrer ce conflit, émerge de son sommeil cryogénique de 15 ans il découvre avec stupeur que la crise est sur le point d’atteindre son paroxysme et que son employeur est mort dans un accident depuis deux mois. 

Trimballé sur un monde qu’il ne connaît pas, où le langage à quelque peu dévié du fait de l’isolement (un navire met quinze ans pour aller d’ Océan à la planète mère), entre des officines obscures et des gouvernants sournois, Quartz B sera chargé de régler ce conflit.

Pour couronner le tout, il découvre à son réveil qu’il a été amputé d’un bras et qu’on lui a greffé une prothèse cybernétique dernier cri, inaccessible aux communs des colons. 

En à peine cent trente pages, Roland C. Wagner plante efficacement son décor et mène son intrigue tambour battant. L’ensemble est jubilatoire et attachant, une grande réussite.
 

Roland C. Wagner m’a finalement convaincu, à mon prochain passage à Scylla (pour la séance dédicace de Catherine Dufour) j’achèterai les deux tomes des Futurs Mystères de Paris que j’ai déjà évoqué précédemment.

 

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10 juillet 2008

La balle du néant de Roland C. Wagner

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Suivi de S’il n’était vivant 

Je n’avais jamais rencontré quelqu’un d’aussi aveugle à ma présence. J’ai posé une main sur son épaule, mais il n’a même pas tressailli. Oblitération totale. Pour lui, je n’existais pas.
Ce contretemps m’a mis de mauvaise humeur. A quoi bon m’affubler de vêtements si bariolés qu’ils en devenaient ridicules, si celui dont je voulais attirer l’attention me rayait inconsciemment de sa réalité ?
Un instant, une brève fraction de seconde, j’ai craint de cesser d’exister, de me dissoudre dans l’air – uniquement parce que cet homme ne savait pas que j’étais là. C’était une appréhension absurde et irraisonnée, un vertige métaphysique à trois sous, mais j’en suis resté tout retourné.

 
Paris, 2063.
Tem, ou Temple Sacré de l’Aube Radieuse entend exercé le métier de détective privé. Venant d’une communauté de mutants, il est doté d’un talent très pratique :la transparence. Tout le monde l’oubli ou l’ignore, les informations sur supports numériques le concernant s’effacent… Une aptitude bien pratique qui lui permet de traîner un peu partout. Reste que réussir à se manifester est quelque fois problématique.

Une cliente s’adresse à lui pour éclaircir la mort de son frère, abattu d’une balle dans une pièce fermée de l’intérieur. Alors que l’enquête ne fait que commencer les morts se multiplieront et Tem sera menacé physiquement. 

Roland C. Wagner s’amuse avec le Nestor Burma de Léo Mallet, Tem ne cesse d’y faire référence pour résoudre son enquête. Cela dit le décor parisien et cette ambiance policière ne sont pas très dépaysants et l’intrigue est un peu trop rapidement et facilement résolue. Je suis arrivé à la fin avec un goût de trop peu, cela aurait mérité d’être approfondi.

Par contre la nouvelle « S’il n’était vivant » est jubilatoire et ironique, la forme courte convenant parfaitement à cette histoire de secte.

Un roman un peu trop rondement mené et une nouvelle percutante et jubilatoire.
Roland C. Wagner semble plus à l’aise dans le format de la nouvelle.
Par contre ayant entendu du bien de « L’odyssée de l’espèce » et de « L’aube incertaine », je reviendrai sûrement sur ces futurs mystères de Paris dans quelques temps.

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20 avril 2008

Celui qui bave et qui glougloute de Roland C. Wagner

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La peur est en train de nous pousser à rechercher l’aide d’insectes géants capables de traverser l’éther qui sépare les astres ; souhaitons que cela ne se retourne pas un jour contre nous.

Le génocide indien suivait son cours quand voilà que ces derniers se voient doté d’armes à énergie et accompagnés de créatures à quatre bras de plus en plus nombreuses. Les martiens sont venus à l’aide des peuples natifs ! Les colons américains sont repoussés jusqu’à ce que des créatures de Vénus viennent proposer une alliance avec le gouvernement US.
Rapidement le conflit dégénère…

Wells, Verne et Lovecraft au Far West ! La situation est rapidement et efficacement mise en place, le récit avance à vive allure sans temps mort.
Roland C. Wagner aligne les personnages emblématiques de l’Ouest américain et multiplie les clins d’œil avec humour en croisant et détournant les genres.
Au final cette nouvelle est un très bon moment dont on peut juste regretter la fin assez rapide.
Cela reste un défaut mineur pour ce texte jubilatoire et mené à un rythme infernal.

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05 mai 2007

H.P.L. (1890 – 1991) de Roland C. Wagner

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Avec cette biographie science fictionnelle de Howard Phillips Lovecraft, Roland C. Wagner nous fait très rapidement traverser l’histoire de la SF aux Etats-Unis. Une novella assez courte, 30 pages, mais assez enlevée ou rigolote quand le Lovecraft de Wagner  s’en prend à  L. Ron Hubbard ou relate une divergence de point de vue politique avec Robert Heinlein.

Un petit texte assez amusant avec une fin très interessante sans sombrer dans les travers fantastiques de la nouvelle, beaucoup plus fade mais utilisant le même principe, H.P.L.,  de Gahan Wilson, parue dans les années 90.

 Cette novella est édité et vendu par actusf.com

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