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My se réveille trempée de sueur et nauséeuse. Linda ronfle et serre un oreiller dans ses bras. Elle semble à des kilomètres. My a rêvé de vieilles femmes en colère. Des dames de Carcosa fardées comme des clowns qui commentaient du porno hardcore. Malsain, violent, de la merde, en provenance directe du sol d'un abattoir. et My y figure. Elle rampe sur un sol carrelé. Au miliey de flaques de vomi et de merde. Elle est ivre. A moitié nue. Et les femmes de Carcosa rient. "L'art n'est jamais mignon !" hurlent-elles.

Une artiste faisant de la pornographie et de la provocation son fond de commerce et entrainé sur un territoire mystique halluciné et sanglant par un mystérieux comité...

Les résidents d'un étage d'une maison de retraite maintenu en vie grâce à des rites antédiluviens à l'initiative d'un petit groupe au sein du personnel...

C'est lors d'une d'automne éclairée par un fin croissant de lune que la mort arriva à Bodskâr. C'est une forme de mort inconnue qui s'y présenta. Elle était en acier et renvoyait des reflets métalliques. Elle avait été pensée dans les moindres détails, avait fait l'objet de nombreux exercices. La mort qui débarqua à Bodskär était humaine et moderne. Elle arriva accompagnée de radars, d'embarcations pneumatiques et de moteurs si silencieux que des habitants de l'île ne les entendirent pas. Cette mort était vêtue de kaki, avait le visage camouflé de maquillage noir et se révélait redoutablement dangereuse. Elle voulait tuer tous ceux qui se trouvaient sur l'îlot. Personne ne devait en réchapper.

Le problème, c'est que la mort se trouvait déjà à Bodskär. Celle-là était noire et terrifiante. Elle était séculaire, boursouflée et empestait le poisson pourri, la graisse de phoque et le bois vermoulu. Et elle appartenait à un genre que peu d'hommes avaient jamais observé. Elle se tapissait dans les eaux poisonneuses, tout au fond de l'abysse au sud de l'îlot.

Un raid contre une base clandestine de sous-marin russe sur un îlot isolé et dépeuplé...

L'évolution de My, artiste provocante croisée précédement, au sein d'un établissement psychiatrique et la fin de son périple au sein des sphères étranges de Carcosa.

Et enfin, le trajet des Balkans jusqu'en Scandinavie, d'un duo de presque humain pour ramener leur indicible matriarche au sein des siens en exil dans le nord.

En interlude, des conversations entre vieillards semblant intemporel...

Avec ce second recueil, Anders Fager démontre sa maîtrise de l'univers de Lovecraft et des approches originales... Seul Quand la mort vint à Boskär m'a paru prévisible mais le style du récit compense allégrement ce détail. Efficace et prenant, La reine en jaune constitue un très bon moment.