Les lectures d'Efelle

19 février 2017

Saga, tome 2 de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

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La petite famille de déserteur continue de foncer en avant, mettant de la distance avec les chasseurs de primes à leur trousse. Ces derniers visiblement d'ailleurs pas excessivement motivés...

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C'est du côté familial que viendront les surprises, la fuite d'Alana, Marko et Hazel étant pimentée par l'arrivée des parents de Marko. Sa mère quelque peu sanguine leur vaudra quelques péripéties suite à un quiproquo concernant la babysitter d'Hazel...

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... et surtout le retour dans la course du Testament, le redoutable tueur à gage avec son association avec l'ex de Marko.

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Alternant légèreté et gravité dans une ambiance délirante, ce second tome continue de convaincre et d'emporter l'adhésion. A suivre...

 

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11 février 2017

Saga, tome 1 de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

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Comment présenter Saga ? Space Opera baroque est le terme qui me vient immédiatement à l'esprit... Deux puissances ont exportées le conflit qui les opposent partout dans la galaxie à l'exception  de leur système solaire natal, au sein de chacune de ces armées deux individus atypiques, une geolière peu motivée et un objecteur de conscience s'étant livré à l'ennemi... Leur rencontre tourne au coup de foudre, la fuite et la naissance de Hazel, la petite métis narratrice de cette histoire.

Les puissants ne l'entendent pas de cette oreille et chaque faction met leurs têtes à prix... Des chasseurs hors norme, pas forcément motivés par la traque mais qui au fil des pages trouveront des raisons de s'impliquer personnellement.

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Côté fuyards, la fuite en avant tourne à la recherche d'un vaisseau spatial atypique dans un lieu improbable, le tout émaillé de rencontres surprenantes.

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Magie contre technologie, cornu contre ailé, l'univers de Saga semble partir dans tous les sens mais atteint néanmoins un certain équilibre au service d'une narration alternant légèreté et drame. On sourit souvent et les pages files à toute vitesse. Dépaysant et agréable, à suivre.

 

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08 février 2017

Oribtal : Implosion de Pellé et Runberg

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Kaleb et Mezoke tentent de se faire à leur statut de hors-la-loi mais force de constater que collaborer avec Kristina s'avère des plus difficiles. Quoi qu'il en soient avant de se séparer, ils doivent mener à bien une transaction lucrative dans le pire coupe gorge de la galaxie.

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Pendant ce temps, Orbital se reconstruit et tente de faire face aux mystères du brusque retour des névronomes. Retour qui commence à faire des victimes...

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Album de transition, ce septième album tient ses promesses sans avancer aussi vite que les précédents, les enjeux sont posés et il faudra attendre la seconde partie du dyptique pour avoir la résolution de l'intrigue, à suivre...

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05 février 2017

Sandman volume 7 de Neil Gaiman

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C'est avec ce septième tome que le Sandman tire sa révèrence... Gaiman présente ici un long épilogue La Veillée, clôturant l'histoire et faisant un tour d'horizon des principaux protagonistes croisées au fil de la série, notamment avec l'évocation de Shakespeare et La Tempête. Efficace, prenant et élégiaque...

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Pour la suite on rentre dans l'hommage à la série via des productions de prestige, notamment le conte japonais Les chasseurs de rêve transcrit en prose puis illustré par Yoshitaka Amano. Une lecture à espacer toutefois de celle de la version bande dessinée du tome 5, s'agissant de la même histoire sous une autre forme.

Vient ensuite Nuits d'Infinis, hommage aux sept figures des Infinis avec des dessinateurs européens. Le résultat est assez inégal la narration de Rêve semblant redondante avec les grands thèmes de la série et Délire et Désespoir par trop exopérimental à mon goût. Reste donc Mort, Désir, Destruction et Destin qui se révèlent des plus satisfaisants.

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Enfin un solide dossier d'entretiens, d'analyses et de scripts conclus le volume.

Ce dernier tome offre un élégant épilogue à la série, certes pas indispensables mais très plaisant. Un dernier hommage...

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29 janvier 2017

L'homme qui mit fin à l'histoire de Ken Liu

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Avec cette nouvelle, Ken Liu met en scène un couple de scientifiques américains, d'un côté Akemi Kirino, physicienne d'origine japonaise fait une avancée en physique quantique permettant de percevoir le passé, de l'autre Evan Wei d'origine chinoise compte utiliser cette découverte pour explorer les horreurs de l'occupation japonaise pendant la Second Guerre Mondiale et plus précisement les crimes de l'Unité 731.

Malheureusement, la machine de Kirino ne permet pas d'enregistrement et pis ne permet d'explorer une séquence qu'une seule fois, les particules utilisées disparaissant après la première exploration... Par ailleurs, Wei fait le choix d'offrir l'utilisation de l'équipement aux familles de victimes. De quoi alimenter la polémique à tous les niveaux tant scientifiques que politiques...

Avec ce texte d'une rare justesse, extrêmement documenté dans tous ces aspects, Ken Liu livre un récit fort, efficace et crédible, tout simplement excellent.

 

L'avis de Nébal.

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26 janvier 2017

Manesh de Stefan Platteau

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Une querelle d'héritage dans les cîmes du pouvoir au sein du Royaume a dégénérer en guerre civile teintée de guerre de religions. Les territoires sont ravagés par le conflit, les populations massacrées... L'audacieux capitaine Rana, à la tête d'une petite bande comptant le barde narrant ce récit, a été envoyé en quête du Roi-diseur par sa suzeraine. L'objectif étant d'obtenir du légendaire sage, une solution au conflit, en faveur des rebelles... Par-delà, les lignes loyalistes, la petite troupe remonte le fleuve loin dans le nord, dans des zones peuplées uniquement de sauvages.

Autrefois, les hommes venaient de tout le Freyanth pour chercher le Roi-diseur. Il en arrivait même des royaumes les plus lointains, qui avaient bravé des tempêtes et abandonné leurs domaines pour de long mois, dans le seul espoir que l'Oracle leur accorde un moment. Ils ne faisaient halte à Yvachror qie me temps de prendre conseil et d'éprouver leur courage, puis s'enfonçaient dans le Vyanthryr à la recherche du mythique Trône des feuilles. Tous apportaient avec eux une question et tous étaient convaincus de son importance ; bon nombre d'entre eux avaient le plus grand besoin d'une réponse miraculeuse. Mais le Roi-diseur ne se laissait pas trouver si facilement : lui seul décidait de rencontrer les uns, d'éconduire les autres, et le grand seigneur, en cet office, n'était pas mieux servi que le pauvre bramynn. La forêt s'ouvrait et se dévoilait à ceux auxquels il accordait sa grâce ; aux autres, elle se fermait irrévocablement. Nombreux sont les suppliants qui durent faire demi-tour, après avoir erré en vain pendant des jours dans des pinèdes obscures peuplées d'ombres terrifiantes.

Naviguant loin de tout, c'est avec surprise que Rana et les siens trouveront dérivant dans le courant un naufragé aux jambes brisées, accroché à une branche... Sauvé des eaux, le naufragé se révélera être un de leur compatriote, Manesh le Bâtard, rejeton d'un des derniers membres d'un peuple antique et merveilleux. Vu le contexte et la région, Rana chargera son barde d'obtenir des réponses du blessé mais ce dernier se révèlera habile et tissera un récit honnête mais s'éloignant fortement des préoccupations immédiates des membres de l'expédition.

"Tu penseras parfois que je m'égare... ou peut-être, que je ne réponds pas à tes questions. Tu dois me promettre de me laisser mener mon histoire comme je l'entends, quoi qu'il arrive."

Je considère sa demande un instant. Il y a quelque chose d'outrancier à posr ainsi ces conditions, alors que nous l'avons sauvé d'une mort certaine, et que le capitaine peut disposer de lui comme il l'entend. En fait, Rana pourrait parfaitement décider de sa vie ou de sa mort en fonction des réponses qu'il nous apportera. Le Bâtard ignore dans quel jeu dangereux il est pris bien malgré lui ; mais pour de multiples raisons, je me refuse à l'en avertir.

Se succèderont ainsi les récits de la vie de Manesh depuis son enfance et celles du barde sur l'expédition. Toutes deux passionnants et accrocheurs, l'un par le côté solaire de son épopée, Manesh apparaissant comme une force positive et dynamique l'autre par sa lassitude et sa noirceur latente, les membres de l'expédition ayant vu trop d'horreurs.

Mes compagnons se taisent, écoutent courir mes doigts.

Je fais voeu de leur transmettre un peu de la paix du fleuve, de sa sagesse immortelle. Les craquements sous l'écorce et le murmure des milliers de minuscules mineurs qui creusent dnas les troncs. Le goût des feuillages et de la terre humide. L'odeur des aiguilles. Mais j'échoue... il y a quelque chose de tourmenté dans les humeurs que je distille, une sombre violence qui sommeille, voilée, sous la vague. Je peux la sentir derrière les apparences de tranquililité, aussi subtile soit-elle. J'ai beau la chasser de mon esprit, elle y revient toujours à la dérobée, pour se tapir sournoisement dans mes accors et en pervertir l'humeur.

Je sais trop bien ce qui me trouble.

[...]

Une guerre, on l'emporte toujours avec soi, si loin qu'on aille... moi qui devais ce soir la faire oublier à mes compagnons, je n'ai pas su m'en affranchir.

Narration en deux temps efficace et prenante, personnages hauts en couleurs et un univers original, des contrées celtiques où la religion hindou se serait imposée... Avec ce premier tome, Stefan Platteau signe un récit magistral à la fois envoutant et épique avec des ambiances rappelant Hayao Miyazaki (tendance Nausicaä et Princesse Mononoke). Un excellent moment et un cycle à suivre.

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01 janvier 2017

2017 C'est parti

 

L'année dernière je n'abordais pas 2016 avec beaucoup d'enthousiasme et sur le plan personnel cette année aura été porteuse de grands moments de stress avec mon changement d'employeur... Mais aussi beaucou de changements de routines. Ainsi la réduction de mon temps de trajet et l'augmentation de celui  passé au travail impactent négativement mon temps de lecture, sans parler de la fatique...

 

 

 

Bref l'objectif d'un livre par semaine n'est plus tenu avec seulement 34 livres lus cette année...

synthèse 2016

 

Du point de vue de la SF cependant la qualité aura été au rendez-vous et mon top 3 intègre :

1

Les Affinités de Robert Charles Wilson

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2

Vostok de Laurent Kloetzer

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3

Kirinyaga de Mike Resnick

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Côté cinéma peu de sortie mais deux bonnes pioches avec :

 

Rogue One

 

 

Docteur Strange

 

 

Enfin ludiquement, la bonne surprise se situe sur table avec Legendary, véritablement le meilleur jeu de deck building que nous avons pratiqué, avec des parties sans cesse renouvellée (une présentation enthousiasmante ici ), à noter qu'Encounters sa version Aliens retranscrit bien l'ambiance des films.

On repart donc pour une nouvelle année en espérant retrouver un rythme de croisière plus soutenu pour ce blog, après tout il arrive dans sa dixième année...

 

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30 décembre 2016

Inner City de Jean-Marc Ligny

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Alors que les guerres civiles se multiplient, la France vit dans une paix relative. Les parisiens, accrocs aux réalités virtuelles, vivent dans une société ultra automatisée et passablement délabrée ; les banlieusards miséreux sont contenus derrière des barrières mortelles et ont un quotidien digne de Mad Max ; quant aux provinciaux de la campagne ils sont une espèce en voie d'extinction...

A pied dans Paris vacant, qui tourne à vide telle une vieille machine oubliée : des feux qui ne régulent qu'une rare circulation, essentiellement robotique ; des boutiques vides aux vitrines crasseuses, aux grilles rouillées, dont les enseignes éteintes sont les chicots branlants des mâchoires séniles de la rue ; les façades lézardées, aux fenêtres aveugles, de vieux immeubles conaptés, transformés en cyber-termitières ; l'ancienne fac Parix XIII, éventrée à jamais, hérissée de grues décharnées, chancrée d'engins de chantier avachis comme de gros insectes morts, rebut d'un plan de rénovation obsolète ; des véhicules décolorés, empoussiérés, gisant là tant qu'ils n'entravent pas quelque prog prioritaire... L'entropie gagne du terrain, constate Kris à chacune de ses sorties.

Réfugié russe, Hang est un révolté... Pourvoyeur d'images de conflits pour inspirer les jeux en réalité virtuel, il est aussi hacker diffusant et imposant les images les plus violentes d'un monde que les parisiens ne veulent pas voir... Tout y passe des conflits lointains captés par des satellites aux images de guerre de gang en banlieue...

Kriss est une employée de Mens Sana, chargée de ramenée les inners perdus dans les réalités virtuelles suite à des connexions trop longues... Un boulot ingrat auquel s'ajoute un statut d'auxiliaire de police.

Le filet d'eau qui s'écoule du robinet est chiche, brunâtre, sent le chlore et le métal. Encore une pénurie... Ca lui rappelle les images outer diffusés par Mate. Finalement on n'est pas si loin des conditions de vie des outers, malgré nos consoles sophistiquées réfléchit-elle. Plus d'électricité, une eau rare et dégueulasse, l'entropie générale... La Basse Réalité est oubliée, ignorée. Elle se désagrège et tout le monde s'en fout - pire : ne veut pas la voir. Alors les inners restent plus longtemps connectés, et plus ils restent connectés, plus leur environnement se déglingue.. Cercle vicieux que les robots et sysex sont incapables de juguler- il ne faut pas se leurrer.


Les trajectoires de Kriss et Hang se rejoindront avec l'apparition d'un fantôme dans la machine meurtrier, une apparition causant son lot de crise cardiaque... La première est chargée d'enquêter, le second est lié à l'apparition.

Avec ce court roman, Jean-Marc Ligny livre un texte grinçant dans un futur probable. Plus que l'intrigue du roman c'est le décors qui fascine, cette société en déliquescence crédible. Tout en déployant une ambiance très française, Ligny fait quelques clins d'oeil aux pionners du cyberpunk américain. Un roman sympathique et un bon moment.

 

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19 décembre 2016

La porte d'Abaddon de James S.A. Corey

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Troisième tome de The Expanse et petite baisse de régime, le ton horrifique et la géopolitique tortueuse étant laissé en arrière pour un huis clos autour d'un artefact extra-terrestre mystérieux (on fleurte avec l'Arthur C. Clarke).

Alors que Holden et son équipage se repose sur leurs lauriers, une nouvelle némésis complote pour les impliquer dans le conflit latent tournant autour de l'artefact créé par la protomolécule...  Une fortune dépensée de manière implacable pour mener une vendetta puérile. N'en reste pas moins que l'équipage du Rossinante se retrouve de nouveau au coeur des évènements, avec tous les regards et les armes pointées vers eux.

Ils étaient trop nombreux. La corvette était prise entre les deux kilomètres de la surcompensation spatiale de l'APE voulue par Fred Johnson et la majeure partie de ce qui restait de la Flotte martienne. Et au-delà des Martiens, de l'Anneau.

Il cherchaint désespérément à trouver ce qu'il devait faire dans l'immédiat. Ils étaient aussi loin que possible de tout refuge imaginable dans le système solaire. Le premier caillou plus gros que leur corvette se trouvait à deux mois de voyage, et il doutait fort de pouvoir distancer trois flottes et leurs torpilles pendant soixante jours. Ou même deux minutes, en fait.

Habilement conduit à l'abattoir, Holden optera pour la fuite en avant dans l'inconnu et y entraînera mécanqieuement tous ses poursuivants, incluant sa némésis et les touristes amenées depuis la Terre.

Devant lui, suspendu dans toutes ces ténèbres sans étoiles, la sphère bleue attendait.

Elle attendait depuis deux milliards d'années que quelqu'un franchisse cette porte particulière, si les chercheurs ne s'étaient pas trompés dans leur évaluation de l'époque où Phoebé avait été capturée par Saturne. Mais depuis peu l'étrangeté entourant la protomolécule et l'Anneau donnaient à Holden le sentiment troublant que, peut-être, toutes les hypothèses formulées concernant ses origines et sa finalité étaient erronées.

Protogène avait baptisé la protomolécule et décidé que c'était un outil capable de redéfinir ce que signifiait être humain. Jules-Pierre Mao l'avait considérée comme une arme. Elle tuait des humains, donc c'était une arme. Mais les radiations tuaient les humains, et un appareil à rayons X pour effectuer des radiographies n'était pas considéré comme une arme. Holden commençait à avoir l'impression qu'ils étaient tous pareils à des singes jouant avec un micro-ondes. Appuyez sur une touche différente et mettez votre main à l'intérieur, l'appareil vous brûlera, donc c'est une arme. Apprenez à en ouvrir et refermer la porte, c'est un endroit où cacher des choses. Sans jamais saisir son usage réel, et peut-être sans avoir seulement la structure mentale nécessaire pour le deviner. Aucun singe n'avait jamais réchauffé un burrito surgelé.

Et les singes en étaient là, à tripoter la boîte brillante et à essayer d'imaginer sa fonction.

Tandis que Holden, hanté par Miller et la protomolécule, tente de prévenir de nouvelles factions humaines se formeront au milieu des décombres d'une flotte à la merci de l'inconnu pour inexorablement en venir aux mains... L'occasion pour les divers personnages de cet opus de montrer leur vraie nature.

Roman de transition, riche en actions, La porte d'Abaddon déçoit quelque peu avec cette intrigue plus ramassée en lieux et personnages. Ces derniers sont néanmoins attachants et on suit avec intérêt leur odyssée. Un bon moment mais moins enlevé que les deux tomes précédents. Espérons que les auteurs seront rebondir par la suite.

Les avis de Lorhkan, Anudar, Gromovar.

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28 novembre 2016

Les contrées du Rêve de H.P. Lovecraft

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Mais l'étoile Polaire, elle n'a pas bougé d'un iota dans la voûte noire. Elle continue de briller d'un air mauvais en clignant hideusement, semblable à un oeil dément qui s'efforcerait de transmettre je ne sais quel étrange message, et qui aurait tout oublié, sauf qu'il avait autrefois un message à transmettre. J'arrive parfois à dormir, quand il y a des nuages.

Nouvelle traduction par David Camus des nouvelles de Lovecraft portant sur le rêve et les Contrées du Rêve. Les textes agencés par le traducteur conduisent à l'épopée de Randolph Carter. Un voyage permettant d'aborder progressivement une fantasy particulière dont il me semble qu'on retrouve les accents dans les textes de Clark Ashton Smith. Des textes élégants, dépaysants et assez prenants, je retiens notamment La quête d'Iranon et Celephaïs.

Plus il se retirait du monde, plus ses rêves devenaient merveilleux ; et c'est en vain que l'on aurait essayé de les retranscrire. Kuranès n'était pas moderne. Il ne pensait pas comme les autres écrivains, qui s'efforcent de dépouiller la vie de ses robes brodées de mythes et de montrer dans toute son horrible nudité cette chose répugnante qu'est la réalité. Kuranès, lui, ne se souciait que de beauté. Quand l'expérience et la vérité échouèrent à la révéler, il partit la chercher dans l'illusion, dans l'imagination, et la trouva sur le seuil même de sa maison, parmi les souvenirs nébuleux des contes et des rêves d'enfants.

Quoi qu'il en soit au fil des textes et des années Lovecraft a bâti un édifice menant à l'imposante Quête onirique de Kadath l'Inconnue. L'occasion pour Lovecraft de rappeler ses nouvelles précédentes, comme la légère Les chats d'Ulthar.

Poursuivant un rêve dans le rêve, Randolph Carter, maître rêveur, arpentera les Contrées du Rêve pour trouver une cité merveilleuse dont les dieux lui interdisent l'accès. L'aventurier sera confronté à de nombreux périls non pas pour trouver sa cité mais pour plaider sa cause auprès des dieux. Bien qu'un peu trop longue à mon goût cette nouvelle véhicule beaucoup d'ambiances très différentes avant de revenir vers l'univers habituel de Lovecraft. Un bon moment. La Clé d'argent prolonge le charme de la quête avec le mérite de la brièveté en plus de l'élégance mais le soufflet retombe avec A travers les portes de la clé d'argent...

Un recueil plaisant même si mon bilan reste mitigé, l'ambiance retombant avec les derniers textes. Quoi qu'il en soit je ne regrette pas cette découverte d'une facette de Lovecradt que je ne connaissais pas et l'expérience dépaysante.

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