Sur des mers plus ignorées... de Tim Powers

Une douzaine de pirates étaient montés à bord et d'autres enjambaient la rambarde ; les marins encore en vie avaient lâché leurs armes. Chandagnac aussi lâcha la sienne et recula lentement vers tribord, regardant les pirates avec un grand étonnement. lls étaient gais, leurs yeux et leurs dents jaunes brillaient dans des figures qui, si, n'était leur animation, auraient eu l'air d'acajou poli. Quelque-uns chantaient encore. Ils étaient habillés commes des enfants qu'on aurait interrompus alors qu'ils étaient occupés à piller les coffres d'un costumier de théâtre. En dépit de leurs pistolets et de leurs sabres visiblement usagés, de leur visage et de leurs membres balafrés, ils parurent, aux yeux de Chandagnac, aussi innocemment sauvages que des rapaces, comparés à la cruauté froidement méthodique de Hurwood et de Friend.
John Chandagnac est un jeune homme qui espère prendre un nouveau départ à la Jamaïque quand le navire qui l'emmène est attaqué par un petit groupe de pirates. L'attaque est d'autant plus rondement mené que deux des plus éminents passagers sont de mèche avec les flibustiers et disposent de moyens surnaturels... Poussé par un sentiment d'injustice et d'héroisme mal placé, Jack blesse le Phil Davies le chef des pirates après l'affrontement. Ce dernier lui laisse alors deux options : la mort ou l'enrôlement dans leurs rangs...
La soirée passa, pour le cuisinier nouvellement promu, comme une longue période floue ponctuée d'impressions plus nettes mais fugitives : il lui arriva même de patauger dans le ressac pour participer à une danse compliquée où la musique s'accompagnait en contrepoint du bruit des vagues s'écrasant sur la plage, et du vent tiède agitant les palmes. Plus tard, il courut sur une bande de sable, entre la mer et la jungle, contourna les feux en chuchotant inlassablement John Chandagnac, car il avait peur, avec son nouveau nom, d'oublier le vrai, dans ce monde de crime, de rhum et de petites îles tropicales.
C'est alors qu'il découvrira la démence profonde de Friend et Hurwood, férus d'occultisme, le dernier nourrissant des projets sinistres à l'encontre de sa propre fille, ainsi que leur association avec un individu plus redoutable que Davies, Barbe-Noire. Le pirate légendaire, expert en vaudou associé à l'entité Baron Samedi, a son propre agenda et déplacera tout ce petit monde comme sur un échiquier. Commence alors une aventure sans temps morts, pleine de rebondissements et de batailles navales sur fond de magie agonisante et de vaudou, des Caraïbes aux marécages hantés de la Floride.
Avec ce roman, Tim Powers se plonge dans l'ambiance de la piraterie, utilisant et détournant les faits historiques pour y introduire des éléments fantastiques avec brio, notamment concernant la relation entre Stede Bonnet et Barbe-Noire. L'argument fantastique est patiemment mis en place et bien exploité. Un récit d'aventure mené tambour battant, assez classique mais prenant et plaisant. Un bon moment.
Les jours étranges de Nostradamus de Jean-Philippe Depotte

Médecin lyonnais se réclamant des méthodes d'Ambroise Paré, protestant proche de Calvin, Philibert Sarrazin se fait piéger à Paris dans une affaire de dissection clandestine.
Un monde disparaît, un autre le remplace. D'habitude, ce genre d'idée amusait Philibert. Et souvent, il s'égarait dans sa philosophie de bricoleur : la vie, le monde, les petits mystères de la réalité. Comme on oublie vite, par exemple, le confort quotidien d'un foyer que l'on a quitté ! Et ce n'est pas seulement l'âme mais le corps entier qui oublie la chaleur d'un salon, le goût d'un bon repas, le contact de la peau d'une femme. C'est comme si on était un autre ou, plutôt, comme si, en changeant de monde, on se changeait aussi soi-même, ce que l'on est et ce que l'on a été. Voilà à quoi pensait Philibert, un sac de jute sur la tête, alors qu'il traversait Paris.
Amené devant un mystérieux gentilhomme, accompagné d'un janissaire des plus exotiques, Philibert est soumis à un chantage... Le tribunal ou accepté d'aller à Salon de Provence, pour approcher Michel de Nostredame dit Nostradamus dont l'influence grandit. Pourquoi lui ? Tout simplement pour leur amitié passé mais surtout parce leurs épouses respectives sont soeurs.
Comprenez-vous comme vous pourriez m'aider à rétablir un équilibre à la tête de notre royaume ? Dieu a voulu qu'un roi règne sur la France. Pas sa femme, ni sa clique de magiciens. Allez trouver ce Nostradamus, Sarrazin, et faites-lui cracher ses secrets. Est-il huguenot, hérétique, sorcier ou les trois à la fois ? D'où tire-t-il sa science ? Vous dites ne plus le connaître, attendez donc de l'avoir retrouvé avant de décider s'il vaut la peine que vous vous sacrifiiez pour lui.
Philibert tergiverse, tentant de résister au chantage... Il sera sauvé par l'accident de joute du roi Henri II. Envoyé sur place du fait de l'absence de médecin digne de ce nom, il soulagera le roi et retrouvera sa liberté. De retour à Lyon, il constatera rapidement que la conjuration contre Nostradamus est capable de l'atteindre aussi là-bas. Après avoir envoyé ses enfants à Genève auprès de Calvin, leur parrain, il se mettra en route vers Salon avec son épouse Louise.
Précédé par la peste, le couple entrera dans Salon pour soulager la population catholique locale, seule à ne pas avoir fuit. Pour se faire accepter, Philibert chantre de la foi protestante, se retrouvera à devoir jouer le catholique... L'occasion de remettre en perspective les postures des huguenots locaux croisés en route.
Prenez l'autorité, le dogmatisme, la logique froide et inhumaine. Et comme ce marionnettiste du champ de foire, faites-en une boule et collez-lui deux yeux. Vous obtiendrez d'Estissac. La vertu mal comprise, la Bible à la lettre, le rejet physique du papisme, à souffrir de la tête en passant devant l'église. Et cette voix aigre, trop aride et trop étroite, douloureuse à cracher, comme un calcul rénal. Comment peut-on à ce point être la caricature même de ce que l'on est ? C'est pour cela que le vicomte des huguenots était leur maître à tous et qu'ils l'avaient choisi.
A la fin de l'épidémie, Philibert sans avoir réussi à renouer à Nostredame, ce trouve pris du côté des catholiques dans la lutte de pouvoir opposant les notables. Pris dans la tourmente, il aura du mal à garder son objectif en tête d'autant plus que les évènements dégénèrent à un rythme effréné...
Vers la fin de la nuit, les cabans défilèrent dans les rues en sonnant du tambour et du clairon, la violence du bruit pour entretenir la terreur. Philibert n'avait pas deviné que Villermin serait capable de cela. Ou alors, ce devait être quelque chose que tous les catholiques gardaient en eux. La certitude qu'un jour, l'hérésie de la Réforme se terminerait dans un bain de sang. L'aboutissement de la logique de leur bon droit. La superstition ne peut engendrer que la haine et l'irrationnalité. C'est pour cela que lui, il avait choisi d'être protestant.
Dans la tourmente des prémisses des guerres de religion, Nostradamus apparaît peu mais est néanmoins omniprésent dans les esprits et le roman. Philibert est troublé par la science douteuse de son ancien ami, Louise s'interroge sur la mort mystèrieuse de sa soeur, la population de Salon tant catholique que protestante fascinée par ses prédictions floues le vénère... Malmené par les évènements de plus en plus chaotique, Philibert oscillera entre fascination et haine et ce jusqu'à la confrontation finale.
Très maîtrisé, ce roman est agréable dès que l'on s'est fait à la bigoterie de l'époque. Jean-Philippe Depotte jongle avec de multiples thématiques (avancée de la médecine, Réforme, chasse aux sorcières, luttes de pouvoirs) avant de clôturer très efficacement son intrigue principale, omniprésente dans le récit mais de manière discrète. Ce second roman de Depotte s'avère un très bon moment bien construit et prenant. Un auteur à suivre...
Bifrost n°63
Avec un petit semestre de retard, je me penche sur ce numéro de Bifrost Spécial Frank Herbert qui avait eu l'audace d'arriver après notre départ en vacances...
Quatres nouvelles sont au sommaire :
- Semence de Frank Herbert, récit désenchanté de la colonisation d'une autre planète. Le narrateur simple pêcheur opiniatre m'a bien accroché de même que la conclusion du récit ;
- Changement d'ambiance avec Le Clin d'oeil du héron de Jean-Claude Dunyach, une histoire assez plaisante d'enchantement au sein d'Amsterdam ;
- Exorciser ses fantômes d'Eric Brown, space opera doux opera présente un retour au source difficile. Sans doute la meilleure nouvelle de ce numéro ;
- Mort d'une ville de Frank Herbert, conclu l'Interstyles de manière peu concluante. La notion de médecin de ville ne m'a pas convaincu de même que la ville figée présentée.
J'avais quand même lu le cahier critique cet été, j'y ai refait un petit tour histoire de voir s'il n'y aurait pas quelques pépites oubliées. Faudra que j'en ressortent quelques unes de ma pile...
Le dossier Herbert s'annonce des plus solides. Approche de l'homme par Charles Moreau puis Philippe Hupp, de manière plus personnelle. Viens ensuite un texte d'Herbert lui même sur les thèmes développés dans Dune puis une solide analyse, modèle d'érudition, du cycle de Dune de Frank Herbert (les duneries de son fils et Kevin J. Anderson ne seront que brièvement cités). Ugo Bellagamba pour sa part décortique le film de Lynch et met en avant ses qualités. Le guide de lecture herbertien fait le tour de l'essentiel des livres hors Dune d'Herbert, il y a de quoi faire... Faudra que je m'intéresse au Preneur d'âmes.
Enfin la scientifiction s'intéresse rapidement à l'histoire de l'alchimie avant d'évoquer l'Epice puis les distilles de Dune. Comme d'habitude un article passionnant.
Bref un excellent numéro qui mérite amplement le détour.
Les avis de Tigger Lilly, Anudar, Traqueur Stellaire, Lhisbei, Pitivier.
Un retard comblé dans le cadre du Défi Frank Herbert d'Anudar.
2012 en avant...
2011 aura été pour moi sous le signe du post apocalyptisme, tant par ma participation au Challenge Fins du Monde (reconduit cette année) que par une activité frénétique sur Fallout 3 et Fallout New Vegas. Si le premier est correct, le second est inoubliable et continuera de m'accompagner cette année avec Disgaea 4, d'où le Prinny en avatar sur Gravatar.
Passons maintenant au bilan de l'opération Kill Pal à l'initiative de Lhisbei.
Bien que 2011 n'est pas été glorieuse en terme de lecture, 60 livres ont été lus.
Un rude coup porté à la Pile à Lire mine de rien...
D'ailleurs elle semble beaucoup moins imposante...
Il n'en reste pas moins qu'elle compte encore 147 éléments... Les achats ont tout de même été nombreux, que ce soit pour garder le moral, dans l'optique du Prix Planète SF ou de ma présence aux Dystopiales.
Bref, la PAL se maintient à flot.
| Anderson | Poul | Le chant du barde |
| Bacqué | Raphaëlle | Le dernier mort de Mitterrand |
| Ballard | J. G. | Empire du Soleil |
| Ballard | J. G. | Le monde englouti / Sécheresse |
| Barillier | Etienne | Steampunk, l'esthétique rétro futur |
| Barker | Clive | Le royaume des devins |
| Basttistini Olivier | Chartet Pascal | Alexandre le Grand |
| Bellagamba Ugo | Thomas Day | Le double corps du roi |
| Berry | Jedediah | Manuel à l'usage des apprentis détectives |
| Bertière | Simone | Mazarin, le maître du jeu |
| Bester | Alfred | L'homme démoli / Terminus les étoiles |
| Bordage | Pierre | Orchéron |
| Boulle | Pierre | Etrange planète (recueil omnibus) |
| Bousquet | Charlotte | Arachnae |
| Bousquet | Charlotte | Cytheria |
| Boyington | Pappy | Tête brûlée, ma véritable histoire |
| Brown | Fredric | Une étoile m'a dit |
| Brussolo | Serge | Le dragon du roi squelette |
| Burke | James Lee | Dans la brûme électrique |
| Burnett Swann | Thomas | La trilogie du Minotaure |
| Carroll | Lewis | Les aventures d'Alices au pays des merveilles / La traversée du miroir et ce qu'Alice trouve de l'autre côté |
| Chabon | Michael | Les extraordinaires aventures de Kavalier et Klay |
| Chabon | Michael | Les princes vagabonds |
| Chalandon | Sorj | Mon traître |
| Chalandon | Sorj | Retour à Killybegs |
| Chaliand | Gérard | Anthologie mondiale de la stratégie |
| Chaliand | Gérard | Les empires nomades de la Mongolie au Danube |
| Chiang | Ted | La tour de Babylone |
| Colin | Fabrice | Winterheim |
| Collectif | Kadath, le guide de la cité inconnue | |
| Colson et Régnier | Miyazaki Hayao | |
| Conrad | Au cœur des ténèbres | |
| Cook | Glen | La compagnie noire |
| Cook | Glen | La rose blanche |
| Cook | Glen | Le château noir |
| Coutau Bégarie | Hervé | Traité de stratégie |
| Day | Thomas | L'instinct de l'équarisseur |
| De Villepin | Domonique | La chute ou l'empire de la solitude 1807 - 1814 |
| Depotte | Jean Philippe | Les jours étranges de Nostradamus |
| Donaldson | Stephen R. | Lord Foul's Bane |
| Donaldson | Stephen R. | The Illerath War |
| Donaldson | Stephen R. | The power that preserve |
| Doyle | Conan | Sherlock Holmes Intégrale 1 et 2 |
| Durham | David Anthony | Acacia I La guerre du Mein |
| Eco | Umberto | Le cimetière de Prague |
| Eddings | David | The diamond throne |
| Eddings | David | The ruby knight |
| Eddings | David | The sapphire rose |
| Egan | Greg | Isolation |
| Ellroy | James | L.A. Confidential |
| Esslemont | Ian C. | Night of knives |
| Fazi | Mélanie | Arlis des forains |
| Fernandez | Dominique | Où les eaux se partagent |
| Gaborit | Mathieu | Bohême |
| Gaborit | Mathieu | Les royaumes crépusculaires - Intégrale |
| Geha | Thomas | Le Sabre de Sang |
| Geha | Thomas | Le Sabre de Sang 2 |
| Gentle | Mary | La dispersion des ténèbres |
| Gentle | Mary | La guerrière oubliée |
| Gentle | Mary | La puissance de Carthage |
| Gentle | Mary | Les machines sauvages |
| Gibson | William | Identification des schémas |
| Gidon | Laurent | Djeeb le chanceur |
| Heinlein | Robert A. | Vendredi |
| Hessel | Stéphane | Indignez vous ! |
| Hornby | Nick | La bonté mode d'emploi |
| Huyghart | Barry | Huit honorables magiciens |
| Irvine | Alexander C. | Le soleil du nouveau monde |
| Irvine | Alexander C. | The Narrows |
| Jordan | Robert | Crossroads of twilight |
| Jordan | Robert | Knife of dream |
| Jordan | Robert | New Spring |
| K | Arkady | Killing Kate Knight |
| Kellog | Marjorie B. | The Dragon Quarter 1 |
| Kellog | Marjorie B. | The Dragon Quarter 2 |
| Kerr | Philip | La trilogie berlinoise |
| Ludlum | Robert | Trilogie La mémoire dans la peau |
| Maalouf | Amin | Le périple de Baldassare |
| MacDonald | Ian | Le fleuve des dieux |
| MacPherson | James M. | La guerre de Sécession |
| McCarthy | Cormac | No country for old men |
| McDonald | Ian | Desolation Road |
| McMaster Bujold | Lois | Brother in arms |
| McMaster Bujold | Lois | Young Miles |
| Miéville | China | The City & The City |
| Montanari | Richard | Funérailles |
| Moorcock | Michael | La légende d'Hawkmoon |
| Moorcock | Michael | Le cycle d'Elric |
| Moorcock | Michael | Mother London |
| Moorcock | Michael | Tout Corum |
| Murakami | Haruki | La fin des temps |
| Noirez | Jérôme | Le diapason des mots et des misères |
| Pérez Reverte | Arturo | Cadix, ou la diagonale du fou |
| Pérez Reverte | Arturo | La peau du tambour |
| Peyramaure | Michel | Le roman des croisades |
| Powers | Tim | Itinéraires Nocturnes |
| Powers | Tim | Le poids de son regard |
| Powers | Tim | Sur des mers plus ignorées |
| Pratchett | Terry | Le cinquième éléphant |
| Pratchett | Terry | Procrastination |
| Priest | Christopher | L'archipel du rêve |
| Priest | Christopher | Une femme sans histoire |
| Richardot | Philippe | Les grands empires histoires et géopolitiques |
| Roth | Philippe | Le complot contre l'Amérique |
| Ruaud | André François | Des ombres sous la pluie |
| Russo | Richard Paul | La nef des fous |
| Ryûnosuke | Akutagawa | Rashômon et autres contes |
| Shakespeare | William | Macbeth |
| Shakespeare | William | Othello |
| Sheckley | Robert | Arena |
| Shepard | Lucius | La fin de la vie |
| Shepard | Lucius | La vie en temps de guerre |
| Shepard | Lucius | Le bout du monde |
| Shepard | Lucius | Sous des cieux étrangers |
| Shepard | Lucius | Thanatopolis |
| Silverberg | Robert | Gilgamesh, roi d'Ourouk |
| Simak | Clifford D. | Tous les pièges de la Terre |
| Simak | Clifford D. | Voisins d'ailleurs |
| Spinrad | Norman | En direct |
| Spinrad | Norman | Oussama |
| Stephenson | Neal | Cryptonomicon 1 Le code Enigma |
| Stephenson | Neal | Cryptonomicon 2 Le réseau Kinakuta |
| Stephenson | Neal | Cryptonomicon 3 Golgotha |
| Stephenson | Neal | L'âge de diamant |
| Stephenson | Neal | Le Samouraï virtuel |
| Strougatski | Arkadi et Boris | Il est difficile d'être un dieu |
| Strougatski | Arkadi et Boris | Stalker |
| Summer | Mark | La tour du diable |
| Summer | Mark | Le train du diable |
| Takami | Koushun | Battle Royale |
| Tolkien | J.R.R. | The fellowship of the ring |
| Tolkien | J.R.R. | The return of the king |
| Tolkien | J.R.R. | The two towers |
| Tolstoï | Les Cosaques | |
| Tuttle | Lisa | Compagnon de nuit |
| Vance | Jack | Suldrun's Garden |
| Vance | Jack | The green pearl & Maduc |
| Wagner | Roland C. | Babaluma |
| Wagner | Roland C. | Pax Americana |
| Watts | Peter | Rifteurs |
| Whale | Laurent | Les pilleurs d'âmes |
| Winslow | Don | La griffe du chien |
| Wolfe | Gene | Epiphany of the long sun |
| Wolfe | Gene | La cinquième tête du Cerbère |
| Wolfe | Gene | L'île du docteur Mort |
| Wolfe | Gene | Litany of the long sun |
| Wolfe | Gene | L'ombre du bourreau - Intégrale 1 et 2 |
| Wyndham | John | Le village des damnés |
Au niveau BD, le challenge Fins du Monde m'a fourni l'occasion de relire Nausicaa de la Vallée du Vent et le Winter Time Travel, Watchmen. Pour les romans, je retiens :
- Richard III, Hamlet et Le roi Lear de Shakespeare, dans le cadre du challenge Elisabethain d'Isil ;
- Rêves de Gloire, le chef d'oeuvre de Roland C. Wagner ;
- Les Trois Royaumes, qui m'a permi de mettre un terme à mon obsession pour cette histoire. Merci à Groquik d'avoir subit mes comptes rendus hebdomadaires téléphoniques pendant un mois ;
- Roi du matin, reine du jour d'Ian McDonald a été une superbe aventure et sans nulle doute la meilleure lecture de l'année ;
- Wastburg de Cédric Ferrand qui envoie enfin le coup de pied de l'âne, à la BCF et la pseudo dark fantasy.
- Riverdream de George R. R. Martin qui m'avait initialement été recommandé par Gromovar.
Dans le registre très bonne surprise :
- le recueil Ainsi naissent les fantômes de Lisa Tuttle m'a biens secoué, je reviendrai sur l'oeuvre de la dame cette année ;
- Rouge gueule de bois de Léo Henry m'a bien ébouriffé ;
- Prospero brûle de Dan Abnett, qui démontre qu'un roman de licence peut être bon et aller au-delà de son cahier des charges. Un grand merci au Traqueur Stellaire pour m'avoir mis le pied à l'étrier.
Au niveau des déceptions :
- Les pêcheurs du ciel de Tim Powers n'a pas été convainquant, alors qu'il m'a enchanté avec A deux pas du néant ;
- L'ombre de Toth de Michael Peinkofer qui est une bouse objective ;
- Bankgreen de Thierry Di Rollo, dont je suis visiblement passé à côté. Un auteur que je ne compte plus lire ;
- Vision Aveugle de Peter Watts qui s'égare un peu dans son premier roman.
Pour ce qui était de mes objectifs personnels, j'ai échoué à me faire une année Tim Powers, Lucius Shepard et Lunes d'Encre (10 livres lus, même pas un par mois), je les reprend donc à mon compte pour 2012. Bien entendu, je tenterai de suivre l'actualité intéressante pour le prix Planète SF.
L'expérience massive des lectures communes aura été une grande source de frustration, je dois avouer m'être senti prisonnier d'un programme trop chargé (ma faute) et quelque peu déçu par la poignée d'oubli et d'abandon des camarades blogueurs. Je lance donc ma RGPP, révision de ma politique envers le public. Bref, je m'en tiendrai cette année aux deux lectures communes déjà programmées.
Et voici un billet à rallonge qui se termine, il est temps de se tourner vers 2012 en espérant plein de parutions stimulantes et envoutantes.
Alors allons y à fond et sans regarder en arrière.
Le mystérieux Docteur Cornélius de Gustave Le Rouge, Episodes 1 et 2

Le Mystérieux Docteur Cornélius en tant quesérie TV m'a fasciné gamin, ayant découvert il y a quelques temps la réédition de cette série, je me suis laissé tenté.
Au programme de ce premier tome, les deux premiers épisodes.
Le docteur Cornélius Kramm n'avait guère plus de trente-six ans, mais son crâne énorme et entièrement chauve, ses larges lunettes d'or et son visage maigre et rasé le faisaient paraître beaucoup plus vieux. Ses traints étaient réguliers, et il donnait, à première vue, l'impression d'un homme puissamment intelligent mais ses lèvres minces, ses yeux inquiets et fureteurs, derrière les verres de cristal jaune des lunettes, causaient un indicible malaise. Il s'exprimait avec une lenteur et une sécheresse glaciales.
Les deux hommes ne se saluèrent pas. Maintenant qu'ils étaient sans témoins, les politesses banales n'étaient pas de mise.
1 - L'énigme du "Creek Sanglant"
A Jorgell City, ville nouvelle américaine, édifiée par le milliardaire éponyme. En froid avec son fils Baruch, le différent se creusera suite à la tentative de vol d'une pierre précieuse par ce dernier. Doté de quelques talents se lancera alors dans le crime, usant des frères Kramm , Cornélius et Fritz comme de bienveillants receleurs.
2 - Le Manoir aux Diamants
Le chimiste reprit avec effort :
- C'est cette malheureuse coquetterie qui m'a fait me lancer à corps perdu dans la synthèse des gemmes.
Et il s'écria, le regard brillant d'un sombre enthousiasme :
- Je veux les dépouiller de tout leur prestige, ces misérables cailloux, je veux qu'on pave les chenils et les étables avec des rubis, et que nul n'ait la sottise de préférer un diamant, si beau soit-il, à une goutte de rosée brillant dans le calice d'une fleur ! Quel saphir vaut un bleuet dans les blés, quelle améthyste un brin de violette exhalant sa suave odeur sous la mousse ? En haine des pierres, je me suis mis à aimer éperdument les fleurs, et c'est là, sans doute, l'une des causes de mon amitié pour le botaniste Bondonnat.
Cornélius a permis à Baruch démasqué de fuir en France. Là après une agression, il est recueilli et coopté par M de Maubreuil un savant français, ignorant le passé criminel de Baruch, et en passe de réussir à créer des pierres précieuses synthétiques à volonté. Rapidement la tentation criminel reprendra Baruch et le mènera définitivement dans les rets de Cornélius et de son frère.
- Eh bien, non ! s'écria tout à coup Cornélius dont la face squelettique grimaça une sorte de sourire. Ce n'est pas à moi qu'il appartient d'être votre juge... Et non seulement je ne vous livrerai pas, mais je vous donnerai asile et vous associerai à des entreprises grandioses !
Ce premier contact avec Gustave Le Rouge est très plaisant, d'autant plus que le format feuilleton de ses récits est très prenant et la narration fluide sans temps mort. L'ambiance positive pré Première Guerre Mondiale est raffraichissante (la science et la technologie pourraient faire le bonheur de l'humanité) malgré l'accumulation de crimes. Ces deux histoires font visiblement office de prologue et j'ai hâte de lire la suite. Un excellent divertissement.
Burndive de Karin Lowachee

Suite attendue de Warchild, Burndive nous plonge à nouveau dans le futur du Concentra Terre mais avec une ambiance tout autre, plus lente, pleine de spleen et d'attente...
Ryan Azarcon est un jeune homme plein d'avenir, héritier d'une famille bien implantée dans les médias... et du Capitaine Cairo Azarcon.
Voyant peu son père, une fois tous les quatre ans, il mène une vie insouciante d'étudiant aisé jusqu'à ce qu'il assiste à un attentat à la bombe sur Terre... Secoué, de retour sur Austro, sa station spatiale natale, il traîne sa déprime en se droguant et se laissant aller. Le spleen tourne au cauchemar quand lors d'une soirée, un sniper tente de faire un carton sur lui. L'enfer se déchaîne dès son incarcération temporaire avec les autres fêtards traumatisés.
Une meute de gîte. Inutile d'essayer de faire croire à Ryan qu'un de ces minables s'intéressait à la politique. Tous, il les connaissait. Né dans une autre famille, il aurait été aussi ignorant qu'eux, et fier de l'être.
Il se colla les bras sur les oreilles, baissa la tête. Ailleurs, des jeunots pleurnichaient, gémissaient sur leurs copains, copines qui avaient quitté les lieux les pieds devants. Peur, colère, alcool et drogues alimentaient ces cris. Là, on ne parlait pas de quelques ouvriers déchiquetés durant l'heure creuse. Un sniper, dans un des clubs les plus en vue d'Austro, avait visé des fêtards pleins aux as.
L'avait visé, lui. Tous les autres, c'était des dommages collatéraux.
On secouait le grillage pour attirer son attention.
Des singes cinglés, avides de sang.
Tandis que Ryan s'effondre moralement, Cairo Azarcon réagit et quitte la table des négociations de paix qu'il avait entamé avec le Warboy et les Strits, pour rejoindre sa famille. L'univers se focalise sur les Azarcon
Où qu'aille le capitaine, il semblait avoir sa propre traîne cométaire qui, au passage, emportait sa famille.
Tout cela donnait mal à la tête à Ryan. Il se réfugiait dans sa chambre, verrouillait sa porte, grattait sa guitare jusqu'à en avoir mal aux doigts et pensait à l'Argent qu'il n'avait plus. Il tombait endormi n'importe quand, souvent tout habillé. Ce cirque dura douze cycles complets, puis Sid vint le secouer le réveilla.
Les commanditaires de l'attentat se révèleront être des pirates, désirant venger la mort de Falcone, Cairo Azarcon ne laissera alors aucun choix à Ryan, il l'embarque malgré lui et contre l'avis de sa mère à bord du Macédoine. Sid, le garde du corps de Ryan et amant de sa mère sera aussi du voyage...
Commence alors pour Ryan un cheminement qui l'amènera à changer de point de vue quant à la guerre, le Warboy ou Jos Musey, même si les débuts seront quelque peu brusque, du fait de la grande gueule de Ryan.
Il se retourna soudain. Musey ne cilla pas. Ryan se plaça nez à nez avec lui. "Tu n'as pas le droit ! Toi, et ton copain tueur, le Warboy. Je sais comment survivre, j'ai vu..." Assez. Stop ! "... assez de trucs. Je n'ai pas besoin des conseils d'un strit. !
- Sympathisant. Si tu tiens à coller des étiquettes, choisis au moins les bonnes. Ton père est un mutin. Toi un chieur. Moi un symp. C'est en ordre dans ta tête, comme ça ?
Au final le bilan est mitigé malgré les rebondissements en fin de récit, Burndive apparaît comme un roman de transition, présentant la situation terrienne et celle de la famille Azarcon. Le rythme est assez lent et le spleen de Ryan n'est pas aussi prenant que la situation schizophrénique de Jos dans Warchild. Quoi qu'il en soit ce roman se laisse lire et provoque une forte attente concernant le tome à venir, Cagebird, surtout pour le personnage torturé de Yuri. Un bon moment sans plus.
Prospero brûle de Dan Abnett

- Ça n'est pas un secret que nous savions autrefois faire des choses que nous ne savons plus faire, dit Hawser ; des exploits de technologie, et de construction, des miracles de la physique. Nous avons oublié comment réaliser certaines choses que nos ancêtres considéraient comme rudimentaires il y a cinq mille ans. Ce n'est rien, cinq mille ans. C'était un âge d'or, et regardez-nous maintenant, en train de fouiller parmi les cendres pour parvenir à rassembler les pièces. Chacun sait que l'Ere des Luttes a été un âge sombre durant lequel l'Humanité a perdu des trésors innombrables. Mais en réalité, ser, seriez-vous capable de dire précisément ce que nous avons perdu ?
Kasper Hawser est un brillant archéologue, principal architecte du Conservatoire, chargé d'explorer le passé de l'Humanité. Quand son organisation est sur le point d'être absorbée par l'administration impériale, il claque de frustration et se lance dans un nouveau projet : étudier les Astartes en général et particulièrement les bestial Space Wolves.
Après de nombreuses tentatives de contacts infructueuses, il sera finalement admis sur la planète mère de la 6e Légion de manière fracassante après une curieuse tentative d'humour d'érudit. Malmené par les autochtones superstitieux, sauvé par un implacable astarte, il aura le curieux privilège d'être gardé plusieurs décennies en hibernation après avoir été reconstruit et rajeunit. A son éveil, commencera alors un long apprentissage des usages et coutumes des redoutables guerriers, plus philosophes et rusés que leur réputation ne le laissait croire.
Mais la peur le tiraillait et refusait de lâcher prise, continuait de peser sur ses épaules comme une fourrure. Quoi qu'ils pouvaient être, les Loups ne montraient absolument pas la moindre trace de sentiment. Ils arbitraient leurs décisions, le juste ou le faux, en paraissant à chaque fois décider sur un coup de tête, même s'il devait plus probablement s'agir des instincts foudroyants de guerriers à la physiologie accélérée. Il n'était au mieux à leurs yeux qu'une curiosité. Les efforts qu'ils avaient consacrés à lui sauver la vie devaient avoir été considérables. Pour eux, dont les existences étaient à mi-chemin de l'immortalité, cela avait pu n'être simplement qu'un moyen de tromper l'ennui d'un hiver interminable.
Bien que ne sachant pas ce qu'on attend de lui, Hawser qui s'est renommé lui même, Ahmad Ibn Rustah, s'intègre parmi les Loups, trouve la place qu'on lui a réservé. Sans pour autant arriver à dissiper les mystères qui l'entourent lui même et hantent ses rêves de manière récurrente.
- Même la connaissance a ses limites. Il arrive un point où elle devient dangereuse.
Quoi qu'il en soit les intrigues de l'Hérésie d'Horus avancent et viendra le moment où les Space Wolves devront se confronter aux Thousands Sons...
Avec Prospero brûle, Dan Abnett livre un excellent roman de licence, complétant et eclipsant Un millier de fils de Graham McNeill. L'approche via un simple mortel, pion dans un jeu qui le dépasse, est extrêmement efficace. Hawser / Ibn Rustah construit via une succession de flash backs est très attachant, de même que les quelques astartes qui s'attacheront à son histoire, notamment Heoroth Long-croc. Avec ses deux histoires complémentaires et entremêlées ce roman est une excellente surprise, sans doute le meilleur roman de l'Hérésie d'Horus que j'ai lu à ce jour. Un bon moment.
Il m'a donné envie de le lire : Le Traqueur Stellaire.
[Chaîne] Ma lettre de dernière minute au Père Noël
Cher papa Noël, cette année je n'ai pas été très sage mais j'ai beaucoup pensé à toi et à tous les gens que tu dois satisfaire dans cet univers ou un autre.
Après toute ces années épuisantes il me semble que tu as bien mérité quelques vacances. C'est donc avec plaisir que je t'annonce qu'une bande de potes travaille dur pour te soulager de ton immense fardeau.
D'ailleurs pourquoi n'en profiterai tu pour faire un tour à Vegas ? je connais un super casino qui n'attend plus que toi.
Cyclades - Compte rendu ludique du 17 décembre

Hier soir, Darth So So, Groquik, Viper et moi même nous somme réunis pour tester Cyclades à quatre joueurs. Viper découvrait le jeu mais il s'est très rapidement adapté. Cette partie a été placée sous le signe d'Arès et de la destruction. Darth So So s'est vu privée d'une île neutre dont elle s'était emparée. Tandis que de mon côté, je lançais des attaques maritimes tout azimut et une campagne de harcèlement via les créatures mythologiques.
Groquik semblait avoir le dessus grâce à son stock de prêtres quand Darth So So, après plusieurs tours avec Apollon a tenté un coup de poker avec Arès et un raid sur ma métropole avec une légère infériorité numérique. Un peu de bol au dé et elle emporte la victoire.
Il n'y a pas photos c'est à partir de quatre joueurs que le jeu prend toute sa dimension en étant plus dynamique. Les options sont plus importantes, définir le leadership n'est pas évident. A noter que cette partie a été très disputée, les premières métropoles ayant fait leur apparition quasiment dans le même tour (même si pas obtenu de la même manière).
Darth So So préférant se retirer sur une victoire (et un week-end travaillé). Nous remettons le couvert à trois. Le placement initial nous parait immédiatement plus agressif en comparaison de celui à quatre joueurs. Groquik se lance dans une campagne maritime à outrance avant de se faire effacer six navires par un appel au kraken de ma part. Viper privilégie Arès et s'empare d'une de mes îles de départ (la plus vaste mais sans revenu). La partie suis son cours, Groquik réusissant à rebâtir sa flotte tandis que Viper profite de ses vastes îles pour bâtir tranquillement. Il remportera finalement la victoire après s'être assurer l'aide de Pégase et effectuer une invasion aérienne de la métropole de Groquik.
L'expèrience a joué, ces deux parties ont été beaucoup plus rythmées que la première et les dernières subtilité du jeu ont été assimilées. Je pense que nous ne bouderons plus Méduse ou le Minotaure... Cyclades est appelé à devenir un classique sur notre table.
Il est parmi nous de Norman Spinrad

Il avait tout craché comme s'il était sur scène. Seulement, ce n'était pas vraiment drôle. Il avait froncé ses épais sourcils et quelque chose qui ressemblait à une authentique colère flambait dans ses yeux bleus.
Ou alors, une authentique folie, songea Jimmy. Soit c'était ça, soit ce type ne savait tout simplement pas comment se mettre sur pause. Dans un cas comme dans l'autre, pas la peine d'insister. Il ne manquait pas d'expérience en matière de gus prétendant descendre tout droit du bateau de l'Atlantide ou être le cousin martien, danseur de claquettes, de Busby Berkeley. La vraie question n'était pas de savoir s'ils étaient frappadingues ou seulement déterminés à vous faire marcher, mais si leur numéro était vendable. Et, le cas échéant, s'ils ne traînaient pas des contrats antérieurs.
Texas Jimmy Balaban est un agent de second ordre d'Hollywood. Alors qu'il tente d'emmener sa dernière conquête new-yorkaise, loin des regards indiscrets du détective de son épouse, il croise la route de Ralf. Un comique débutant peu drôle mais dans lequel il détecte du potentiel. En effet, Ralf sur scène comme à la ville prétend venir d'un futur sinistré et passe son temps à invectiver le public, responsable de tous les maux de son époque.
Jimmy prend en main, Ralf, un peu perturbé par le numéro permanent de celui-ci, embauche Amanda Robin, une actrice coach new age, pour lui inculquer des notions de comédie et se constitue un pool d'auteurs chargés de trouver des blagues. Parmi eux Dexter Lampkin, un auteur de science fiction qui vit au crochet d'Hollywood en tant que scénariste. Ce dernier quelque peu frustré par son existence, noie son ennui dans le fandom...
Dexter avala la fin d'une prétendue vodka-orange et se fraya un chemin à travers la foule pour en obtenir une autre.
La triste vérité était qu'il fréquentait ce genre d'endroit pour la même raison qu'à peu près n'importe quel auteur de SF : pour flatter son ego. Les écrivains de science-fiction ne pouvaient pas résister davantage au matos pur qui s'offrait ici qu'un junkie à de la poudre. De tous les auteurs de sa connaissance, Dexter aurait eu du mal à en trouver ne fût-ce qu'un seul qui évitât absolument les conventions - ni Spinrad, qui les accusait de la plupart des maux littéraires du genre, ni Ellison, qui flagellait sans pitié les fans de sa langue aussi aiguisée qu'un rasoir, ni même Malzberg, qui avait écrit plusieurs satires aussi vicieuses que sincères sur le sujet.
Baladé entre divers talk shows minables par Balaban, Ralf finit par attirer l'attention d'un producteur aux dents longues. Le personnage l'intéresse, il propose de lui offrir une émission (au rabais)... Balaban saute sur l'occasion débauche Dexter, qui a écrit un roman qui colle à la bio putative de Ralf, ainsi qu'Amanda pour le coacher. Les débuts sont difficiles mais l'émission trouve son rythme pendant un temps...
Chaque époque a l'avatar qu'elle mérite, lui avait dit Hadashi.
Et c'était bel et bien le Dieu de colère de la Bande de Macaques que le numéro animalier de Dexter Lampkin convoquerait désormais - Shiva le Destructeur portant le masque de Hanuman.
Mais cet avatar ne pourrait pas inverser la tendance. Notre époque n'avait pas les moyens de s'offrit l'avatar qu'elle méritait.
Alors, pour que l'émission ne fût pas remplacée par des cafards et des moisissures, il lui fallait l'avatar dont elle avait besoin.
Pour être sauvée l'émission sera littéralement prise en main par Dexter et Amanda, l'un porté par la frustration de son chef d'oeuvre non reconnu, l'autre par sa vision new age onirique... Tiraillée entre ses deux influences, Ralf évoluera et échappera au contrôle de Jimmy pour se lancer sur une voie messianique...
Pendant ce temps à New York, une jeune droguée entamera une descente aux enfers qui la mettra sur le chemin de Ralf...
Avec ce pavé, Spinrad envoie un énorme clin d'oeil au petit monde de la SF américaine, des conventions plus ou moins moisies à la tentation scientologue. Égratignant au passage tant les fans que les auteurs complaisants avec ce milieu déjanté. L'histoire de Ralf, échappé d'un futur dystopique est intéressante mais noyée dans un texte bien trop long et redondant, notamment concernant l'opposition entre Amanda et Dexter. Sans parler des nombreuses coquilles qui émaillent la première moitié de l'édition grand format.
Au final, Il est parmi nous est un roman dense, aux thématiques intéressantes, porteur d'une critique au vitriol des sociétés de consommation, mais peu digeste, dommage.
Une lecture commune avec le Traqueur Stellaire.











