Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

06 mai 2008

La Paille dans l’Oeil de Dieu de Larry Niven et Jerry Pournelle

img002

On dit que le Deuxième Empire de l’Homme règne sur deux cents mondes et tout l’espace compris entre eux, soit plus de quinze millions de parsecs cube…
Considérons plutôt la réalité. Imaginez des myriades de minuscules bulles éparpillées dans un vaste océan noir. Nous dominons certaines de ces bulles. Mais de l’océan, nous ne savons rien…
 

La guerre froide a pris fin… Les USA et l’URSS ont fusionnés, les étoiles ont été conquises et l’humanité s’est répandue dans l’espace. Des guerres ont divisées l’humanité et ravagées la Terre. Un nouvel empire s’est relevé des cendres avant de s’effondrer à son tour. Il y a une centaine d’années, le Deuxième Empire s’est dressé sur les décombres et depuis Sparta s’efforce d’unifier à nouveau les mondes humains isolés les uns des autres, par la diplomatie ou la force. La Marine Spatiale Impériale est le bras armé de l’Empereur et se charge de faire taire toutes velléités sécessionnistes. Voilà pour le décor.

Le Visage de Dieu le fixait à travers l’espace.
Le Sac à Charbon était une masse nébulaire de poussière et de gaz, petite, à l’échelle sidérale, mais dense et assez proche du système pour occulter un quart du ciel. La Terre et la capitale impériale, Sparta, restaient à jamais invisibles de l’autre côté. Cette noirceur mouvante cachait la majeure partie de l’Empire, mais offrait un écrin de velours soyeux à deux étoiles voisines.
Même sans cet arrière-plan sombre, l’œil de Murcheson aurait été l’astre le plus lumineux de la voûte céleste – une énorme géante rouge, distante de trente-cinq années lumière. Le petit flocon sur le bord de cette étoile était un soleil nain, de couleur jaune, plus petit, plus effacé, moins intéressant : la Paille. D’ici, Le Sac à Charbon avait la forme d’un homme encagoulé : sa tête et ses épaules. Et la super-géante rouge, légèrement excentrée devenait un œil, attentif et malveillant.
Le Visage de Dieu. Cette vue du Sac à Charbon, à partir de Néo-Cal, était un site connu dans tout l’Empire. Mais debout, ici, dans le froid de l’espace, c’était différent. En photographie, ça ressemblait au Sac à Charbon. Ici, c’était réel.
Et quelque chose que Blaine ne réussissait pas à distinguer fondait sur lui, venu de la Paille dans l’Oeil de Dieu.
 
Blaine est un cadet de la haute aristocratie, officier dans la Marine. Lors d’une intervention contre un mouvement rebelle, une initiative de sa part lui a permis d’éviter un bain de sang et de mettre un terme à
la révolte. Cette initiative, lui vaut le privilège douteux de ramener le navire à la capitale avec à son bord un invité, officieusement prisonnier, richissime et soupçonné d’être à l’origine du mouvement sécessionniste local. A la première escale au chef lieu du secteur, le navire reçoit une nouvelle affectation. Un vaisseau inconnu venant du système de la Paille entre dans la zone d’influence humaine.
La première forme d’intelligence extra-terrestre rencontrée par l’humanité…

La rencontre de Blaine avec ce vaisseau n’est pas très concluante et il est décidé d’envoyer une délégation rencontrer les « Pailleux » chez eux. L’expédition est placée sous le commandement de l’amiral Kutuzov et son cuirassé, Le Lénine, célèbre pour avoir vitrifié une planète. Il est chargé de la sécurité de l’expédition tandis que Blaine est responsable du contact avec les extra-terrestres.
Le Mac Arthur, le croiseur de Blaine, sera bondé de scientifiques en plus de son équipage standard et de son invité factieux pris en charge lors de sa mission précédente. 

« Commandant, je ne saisis pas votre problème. Pourquoi n’auraient-ils pas pu lancer une expédition scientifique en quarante minutes ? Pourquoi un vaisseau de guerre ? Après tout, le Mac-Arthur assure les deux fonctions. Il vous a fallu un temps considérable pour appareiller. Moi, j’étais prêt depuis des jours. »
Rod coupa   la communication. Je vais lui tordre le cou. J’écoperai de la cour martiale, mais je plaiderai la légitime défense. Je ferai témoigner tous ceux qui le connaissent. Je parie qu’on m’acquittera. 

Une fois dans le système de la Paille, les humains entrent en contact avec les autochtones d’un abord plutôt amical. Les scientifiques semblent voir tout cela d’un bon œil tandis que Kutuzov et Blaine sont plus réservés. Les scientifiques sont ils trop candides, les militaires sont ils trop paranoïaques ? Chacun rejette le problème sur l’autre… 

- Ils ont un amiral dans leur vaisseau, affirma Kutuzov. Tout comme nous. Je le savais. Que leur dites-vous quand ils posent des questions à mon sujet ?
Rod entendit un borborygme derrière lui et en déduisit que Renner s’étranglait. « Le moins possible, amiral. Juste que nous sommes sous les ordres du Lénine. Je ne pense pas qu’ils connaissent votre nom, ni même qu’ils sachent si nous dépendons d’une chaîne de décision chapeautée par une assemblée ou un seul homme.
 - Parfait. » Kutuzov souriait presque. « C’est à peu près autant que ce que vous savez de leur propre hiérarchie, da ? Soyez-en sûr, il y a un amiral à bord de ce vaisseau, et il veut que vous vous approchiez de sa planète. Voici mon dilemme : est-ce que j’en apprends davantage en vous laissant y aller que lui en vous y attirant ? »
Horvath se détourna de l’écran en adressant une prière muette au Ciel, à ses Saints et à ses Mystères : comment traiter avec un homme pareil ?
 

Les deux tiers du récit laissent la part belle au point de vue humain afin de ménager le suspens. Par la suite la poignée de protagonistes humains alternera avec quelques Pailleux, ces derniers semblant aussi confrontés à quelques problèmes internes. 

Un récit résolument non manichéen où les solutions extrêmes sont examinées froidement d’un côté comme de l’autre tandis qu’une minorité tente d’obtenir un impossible consensus. Le problème étant que chacun n’est enclin qu’à voir les défauts de l’autre. C’est à juste titre que le livre s’ouvre sur une citation des évangiles : « D’où vient que tu vois la paille qui est dans l’œil de ton frère tandis que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? ».

Les deux auteurs en alternant les points de vue de personnages antagonistes jouent avec le lecteur, difficile de donner raison à une faction ou en général aux humains ou aux pailleux.
Du Space Opera avec un vernis de science, un texte qui n’a pas pris une ride, un excellent moment et beaucoup de surprises. A lire absolument !

A noter, l'excellente chronique de Nébal qui m'a donné envie d'acquérir et de lire rapidement ce roman.

Posté par efelle à 22:43 - Science Fiction - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2008

Jhereg de Steven Brust

img017

Nous étions tous amis. Morralan portait Sceptre-noir, qui avait jadis tué mille hommes sur la muraille du tombeau de Baritt. Aliera portait Trouve-voie, dont on affirmait qu’il avait servi un pouvoir plus haut que l’Empire lui-même. Sethra portait Flamme-de-glace, qui renfermait en son sein toute la puissance du Mont Dzur. Quant à moi, je me portais plutôt bien, merci.

Vlad Taltos est un être atypique, un humain vivant parmi les Dragaeran mais se singularisant en en s’attachant aux méthodes humaines orientales. C’est en tant qu’assassin qu’il a trouvé sa place dans cette société, associé à la maison Jhereg.
Après une introduction un peu poussive mais habile dans la présentation de l’univers, l’intrigue démarre. Un ponte de la Maison Jhereg charge Vlad d’un assassinat urgent. Las, la situation dégénère rapidement quand il s’avère que la cible est l’invité de Morralan, un noble Dragaeran de la Maison Dragon, très à cheval sur l’honneur et le havre qu’il accorde à ses invités, et pour compliquer le tout ami personnel de Vlad Taltos. Très vite cette mission à haut risque se complique encore plus en présentant le risque d’une guerre civile…

 

Des dragaerans dont l’espérance de vie se compte en milliers d’années, de la magie très répandue et puissante, résurrection et téléportation font partie du quotidien : l’univers de Brust est original et bien présenté par petite touche.
Personnellement, je n’ai pas accroché énormément à cet ensemble même si Vlad Taltos est un héros original, loin de l’omnipotence qui semble régner dans ce monde.

Un roman un peu lent au démarrage suivi d’une intrigue mené tambour battant. Une expérience pas désagréable mais sans plus.

Posté par efelle à 10:19 - Fantasy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2008

Celui qui bave et qui glougloute de Roland C. Wagner

img015

La peur est en train de nous pousser à rechercher l’aide d’insectes géants capables de traverser l’éther qui sépare les astres ; souhaitons que cela ne se retourne pas un jour contre nous.

Le génocide indien suivait son cours quand voilà que ces derniers se voient doté d’armes à énergie et accompagnés de créatures à quatre bras de plus en plus nombreuses. Les martiens sont venus à l’aide des peuples natifs ! Les colons américains sont repoussés jusqu’à ce que des créatures de Vénus viennent proposer une alliance avec le gouvernement US.
Rapidement le conflit dégénère…

Wells, Verne et Lovecraft au Far West ! La situation est rapidement et efficacement mise en place, le récit avance à vive allure sans temps mort.
Roland C. Wagner aligne les personnages emblématiques de l’Ouest américain et multiplie les clins d’œil avec humour en croisant et détournant les genres.
Au final cette nouvelle est un très bon moment dont on peut juste regretter la fin assez rapide.
Cela reste un défaut mineur pour ce texte jubilatoire et mené à un rythme infernal.

Posté par efelle à 21:15 - Uchronies - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 avril 2008

Quinzinzinzili de Régis Messac

img014

Encore une lecture dut à Nébal. Régis Messac (1893 – 1945) est un précurseur français de la science fiction, marqué par la première guerre mondiale, il est assez pessimiste quant à l’avenir.
Quinzinzinzili a été écrit en 1935 et décrit rapidement la fin du monde suite à une seconde guerre mondiale apocalyptique : l’humanité est rayée de la carte suite à une modification temporaire de la composition de l’air.

Gérard Dumaurier est un dilettante cultivé en charge de l’éducation des deux enfants d’un parvenu anglo-saxon. L’un des deux enfants étant atteint de tuberculose, Dumaurier doit s’installer quelque temps en altitude avec les enfants.
Quand la catastrophe se propage en France, ce petit monde participait à une visite d’un ensemble de grotte avec un petit groupe assimilable aux scouts.
Piégé sous terre, ils survivront à l’apocalypse. Quelques temps plus tard, la surface redevient habitable et le monde s’offre aux derniers hommes. Un adulte et une dizaine d’enfants de nationalités différentes dont une fille. 

Ma civilisation - l’ancienne, veux-je dire – j’en vivais, j’en usais, j’en profitais sans la connaître. Je prenais le train, et je savais trouver le guichet où il fallait aller pour prendre mon billet, mais c’est tout ce que je savais. Je serais bien incapable de construire une locomotive, ni de dire au juste comment elle fonctionne, ni même d’en conduire une, si par hasard j’en retrouvais une en état de marche. Idem pour l’auto, quoique je sache conduire, il est vrai ; mais je serais incapable d’effectuer la réparation la plus élémentaire. Les hommes de mon temps poussaient des leviers et tournaient des commutateurs, mais ne savaient rien de ce qu’il y avait au bout des leviers ou derrière les commutateurs. Maintenant, toute la machinerie a sauté en l’air. Anéanties, mes machines. Et l’homme de l’âge des machines est tout ce qu’il y a de plus ignorant des machines. Est-ce moi qui pourrais reconstituer la plus simple des mécaniques qui faisaient jadis marcher ma civilisation ? Non, quoique j’ai su scander des vers de Virgile et traduit Shakespeare en vers français…
 

Déprimé, catatonique, Dumaurier ne s’occupera pas des enfants pendant un temps et ces derniers construiront alors leur propre société, pétrie de superstitions et d’ignorance.
Déformant la prière latine du notre père, ils se créeront un dieu : Quinzinzinzili (Qui es in coelis). Responsable de toute la magie du monde jusqu’à la flamme jaillissant d’un briquet.
Désespéré et désabusé, Dumaurier sera le témoin cynique de l’évolution de cette nouvelle société. 

Lanroubin s’est redressé et pousse un long cri furieux. Un cri de vainqueur qui résonne sous la grotte.
Il peut être fier, ce galopin à la crinière en torche. Ah oui, c’est un exploit mémorable. Cette arme grossière et primitive, ce bloc de quartz, je vois que ce sera l’ancêtre d’une longue série d’armes : haches, massues, boomerangs… et puis les arcs, les flèches, et plus tard les catapultes, et enfin les canons, les tanks, les bombes.
Lanroubin vient de réinventer  la guerre. Il ne lui a pas fallu longtemps. L’âge d’or a été court.
C’est un génie, ce Lanroubin. Désormais l’influence de Manibal est en déclin. La science a triomphé de la force.

Ah, ah, ah, ah ! 

Roman amer, acide et très efficace. Une excellente interrogation sur la nature de notre civilisation et ses bases. Le récit est écrit à la manière d’un journal à moins qu’il ne s’agisse d’un cahier remis à un fou dans sa cellule comme cela est insinué au début du roman.
A lire ! 

Oh, et puis…
Qu’est-ce que ça peut me faire ?
M’en fous. Quinzinzinzili !
Quinzinzinzili !

Posté par efelle à 22:53 - Science Fiction - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2008

London Bone de Michael Moorcock

img013

Voici donc la dernière production des éditions Les 3 Souhaits soit le site ActuSF. Bien vendu par la Salle 101 et Nébal, sans oublier l’extrait mis en ligne sur le forum d’ActuSF. Bref j’ai craqué et acheté ce petit recueil de quatre nouvelles, histoire de voir ce que Moorcock faisant en dehors de ces cycles de fantasy.

Le recueil s’ouvre avec Le Cardinal dans la Glace, une expédition sur une planète lointaine découvre un cardinal catholique enchâssé dans un glacier au fond d’une crevasse. On n’aura aucune explication sur le phénomène mais les réactions suscités sont bien traités et le choix d’une narration épistolaire remarquablement efficace.

Vient ensuite L’Os de Londres, un spéculateur en places de spectacles, à moitié escroc se voit présenter l’affaire de sa vie : écouler un stock d’os pétrifiés et gravés trouvés lors de fouilles dans Londres. L’engouement est immédiat et la pénurie entretenue avec maestria jusqu’au moment où ces sinistres entrepreneurs seront dépassés par les évènements. On ne fait pas commerce du passé d’une ville en toute impunité. Un narrateur sans scrupules et un enchaînement d’évènements délirants et jubilatoires. Un excellent moment.


Suivi de Un samedi soir tranquille à l’amicale des pêcheurs & chasseurs surréalistes.
Dieu, annoncé par la Mort, descend rendre une visite aux membres d’un club très atypique.
Délirant à tous les niveaux et très amusant avec ce portrait d’un dieu ultra libéral et cynique à l’extrême.

Quand j’ai démarré dans ce job, il y avait toutes sortes d’autres divinités, et beaucoup d’entre elles m’étaient supérieures dans presque tous les domaines. Plus séduisantes, plus éloquentes, plus faciles à vivre, avec une vraie élégance dans leurs actes de création. Même les Celtes et les dieux nordiques avaient un certain style. Mais moi, j’avais l’ambition. Petit à petit, j’ai repris tous leurs commerces, jusqu’au jour où il n’y eut plus que moi. Après tout, je suis le symbole vivant de la violence affairiste, ne tolérant aucune concurrence et favorisant ma famille et mes amis. A quoi vous attendiez vous ? A ce que je m’identifie à quelque prolo du Timor oriental qui parvient à peine à faire la différence entre lui-même et un arbre ? Ou avec un pauvre bougre du Sierra Leone ? Vous vous êtes foutus dans cette merde tout seuls, à vous de vous en sortir.

 
Enfin le recueil est clos par Le Jardin d’agrément de Felipe Sagittarius. Dans un univers alternatif un enquêteur est chargé de résoudre le mystère causé par la mort d’un individu inconnu dans le jardin de Bismarck. Au cours de cette enquête on croisera quelques autres figures historiques : Einstein, Hitler, Staline…
Pas très convainquant cette fois ci, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un délire du même genre qu’une des aventures d’Erekosë.

Au final, je reste pleinement satisfait de cette lecture. Les trois premières nouvelles valant largement le détour, ma préférée étant L’Os de Londres. Un recueil qui a le mérite de me réconcilier avec Moorcock.

Posté par efelle à 19:07 - Fantastique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2008

Louisiana Breakdown de Lucius Shepard

img012

Extrait de la préface de l’auteur et accessoirement quatrième de couverture :
Aussi, si d’aventure vous allez faire une balade dans le sud-ouest de la Louisiane et que vous tombez sur une station-service délabrée où quelques vieux portant bretelles écoutent du base-ball à la radio en crachant leur jus de chique dans un pot, que vous passez ensuite devant une gargote et que vous apercevez après cela une fenêtre décorée de symboles occultes, un conseil : méfiez-vous et levez le camp au plus vite. Car si ce n’est sans pas doute pas Graal, c’est manifestement un endroit tout aussi bizarre, un de ces endroits où il est préférable de ne pas s’attarder. Ignorer ce conseil, c’est au mieux courir le risque de réaliser combien il demeure fort peu de magie dans ce monde, et combien elle est employée à des fins misérables. Au pire, c’est tomber amoureux. Et il ne faut surtout pas tomber amoureux dans un pareil lieu. Croyez-moi sur parole et lisez donc ce qui est arrivé à Jack Mustaine…

Comment qualifier Louisiana Breakdown ? Etrange ? Envoûtant ?
Jack Mustaine tombe en passe à proximité de la bourgade de Graal. Etrange lieu où le panneau indicateur figure une image d’Epinal. Quel est donc ce dessin une coupe ou deux visages se faisant faces. Découvrir le deuxième, c’est ne plus voir le premier, s’égarer.
Etrange ville où le sheriff arrive avant la dépanneuse et tente de vous racketter avant d’être remis au pas par le notable local, Joe Dill.
Joe Dill, un type qui a une obsession bien particulière concernant le Vietnam, fait figure de norme à Graal où la quasi-totalité de la population se prétend médium.
Dans ce lieu indolent, Jack va faire figure de chien au milieu d’un jeu de quilles… 

Plusieurs fiches ne portaient pas de titre. Intrigué, Mustaine lit une pièce dans la machine et composa BB-174 : « La Frangine de l’Enfer », par Victime. Ses doigts tapotèrent avec impatience le plastique jusqu’à la fin de la chanson Zydeco. Puis le juke-box ronronna, cliqueta, le disque tomba sur la platine et un type se mit à haleter d’une voix glutineuse sur des accords de guitare scandés sans aucun rythme.
Au bout de quelques mesures, quelqu’un débrancha la prise du juke-box. Ses lampes s’éteignirent ; la platine ralentit et la chanson se perdit dans un grognement sourd. Plusieurs danseurs lancèrent des regards clairement antipathiques à Mustaine, qui se sentit encore plus en dehors de son élément.

 

Si en fuyant son passé, Jack échoue à Graal… Vida, dont l’histoire commence à 6h66, se débat pour échapper aux forces qui l’oppressent. Elue Reine du Solstice, hantée par un sorcier vaudou qui souhaite la ramener près de lui. Hallucination, fantasme ou présence surnaturelle ? La population de la ville semble protéger un secret…

Le récit alternera les points de vue de Jack et de Vida. Rationnel, irrationnel les deux se valent.

Envoûtant, très immersif, Louisana Breakdown est un voyage non pas dans le fantastique mais dans l’étrange. Un superbe roman porteur d’une ambiance bien particulière et assez déroutant.
 

Posté par efelle à 20:42 - Fantastique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2008

House Harkonnen de Brian Herbet et Kevin J. Anderson

img011

Second épisode de la trilogie se passant avant le Dune de Frank Herbert.
L’essentiel de l’action tournera autour de la Maison Atréide ainsi que marginalement autour de celles des Harkonnen dans une ambiance de tragédie grecque.

Malheureusement, l’intrigue est laborieuse et les anecdotes révélées dans le tome précédent assénées à de multiples reprises. Côté grotesque on n’est pas en reste avec un Bene Gesserit toute puissant et le centre de formation de Ginaz totalement anachronique. D’ailleurs tout ce qui se passe dans ce dernier lieu ne présente guère d’intérêt. 

Une intrigue poussive et prévisible qui s’accélère toutefois vers la fin, pas mal d’éléments caricaturaux. Pas grand-chose de positif à l’exception d’une ou deux répliques bien placées…
Je n’en attendais rien d’exceptionnel et la magie du cycle de Whittemore a sans doute créé un contraste mais là j’ai vraiment eu du mal à continuer ma lecture.
Un gros livre dont je me serais bien passé.

Posté par efelle à 21:30 - Science Fiction - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 avril 2008

Les murailles de Jéricho d’Edward Whittemore

img009

Stern est mort et avec lui son idéal d’un Moyen Orient en paix… Les murailles de Jéricho couvrent la création d’Israël au conflit libanais des années 80. Les joyeux délires du Codex du Sinaï et de Jérusalem au Poker sont terminés, place à l’amertume dans la droite ligne d’Ombres sur le Nil.

Quoi qu’il en soit Whittemore porte encore en lui un rêve, un espoir fou. Et de la même manière qu’un juif, un musulman et un chrétien se sont retrouvés autour d’une table dans Jérusalem au Poker, trois sages vieillards chacun représentant une confession seront les témoins des évènements qui déchireront la région depuis un jardin de Jéricho. 

Le lien avec Ombres sur le Nil est assez ténu, Anna avec l’aide de Bletchley, devenu Bell, fuit l’Egypte pour
la Palestine. C’est là bas qu’elle fera la connaissance de Tajar, un ancien agent de Bletchley et accessoirement le premier directeur du Mossad.

Au cours de la naissance de l’état d’Israël, elle rencontrera et épousera Yossi. Un soldat juif élevé en Irak.
Las, Yossi, créature du désert sans cesse en mouvement ne peut se contenter d’une vie simple.
Il divorcera d’Anna avec qui il a eu un fils : Assaf. Sous l’impulsion de Tajar, Yossi se formera aux métiers de l’espionnage et sera déclaré mort au cours du conflit du Sinaï en 1956.
Il commencera alors une nouvelle vie en Argentine sous l’identité d’Halim, un jeune membre de la diaspora syrienne. Quelques années plus tard, il ira en Syrie pour y devenir un des atouts les plus précieux du Mossad : le Coureur.

 

Espionnage donc mais aussi douleurs des conflits car même les armées victorieuses ont des morts. Assaf, blessé et traumatisé au cours de la guerre des Six Jours trouvera la paix au contact de Youssef, un jeune enseignant arabe de Jéricho qui a perdu son frère cadet, membre d’une obscure cellule de l’OLP. 

Deux décennies à peine après l’Holocauste, songeait Tajar, et une nation de deux millions de Juifs, vainc des nations totalisant quatre-vingt millions d’ennemis, et le monde entier applaudit comme si l’Histoire venait soudain d’effacer le mal de l’Holocauste, soulageant un peu la conscience de tous, et nous-mêmes, nous applaudissons ce que nous sommes devenus, le nouveau Juif en nous, fier, jeune et fort, dont la devise est : Plus jamais ça.
Eh bien, ma foi, je dois être d’un autre temps et d’un autre lieu, car il y a quelque chose au fond de moi qui n’aime rien de tout cela. Les Arabes voulaient la guerre et nous n’avions pas le choix, mais le résultat me fait peur. Nous avons perdu notre équilibre et notre sens des proportions. La guerre n’est pas notre fort en tant que peuple, et nos héros ne devraient pas être des généraux. Ces dieux-là sont pour les autres, pour les étrangers. Et les Arabes ne sont pas davantage des nazis, pas plus qu’Israël n’est en Europe, et personne ne devrait prétendre que nous réglons les comptes de l’Histoire. Israël est ici, et nous ne faisons ni partie de l’Europe, ni de l’Occident. Nous faisons partie des nombreux peuples de l’antique Moyen-Orient, nous sommes un peuple revenu au bercail après une longue errance, et nos voisins sont arabes et l’ont toujours été. Certes, ils ne sont pas obligés de nous accepter, mais, si nous voulons vivre ici, nous devons les accepter. Comment peut-on imaginer que nous pouvons refaire le monde en six jours et nous reposer pendant le septième ? Cela me terrifie. Une telle présomption ne peut qu’engendrer l’arrogance, l’hubris des Grecs anciens, l’insupportable fierté d’où découle toute tragédie humaine…
 

Tous ces personnages et quelques autres vont traverser les évènements fondateurs du conflit au Moyen-Orient. Halim, idéaliste israélien, endossera donc le rôle pendant plusieurs décennies d’un idéaliste arabe, incorruptible se tenant éloigner des intrigues politiques. Son influence grandissante, deviendra une légende qui le conduira avant la guerre dans un jardin de Jéricho. Un court temps de paix avant que la région ne bascule définitivement dans l’horreur et la folie au début des années soixante-dix. 

Des idéalistes japonais massacrant des pèlerins portoricains en Israël ? Pour venger les torts subis par des Arabes de Palestine du fait des Arabes de Jordanie ? Dans l’espoir de devenir des étoiles dans le ciel ?
Un acte dément, grotesque, avec un masque de dignité humaine plaqué sur le visage de la folie. Même en tenant compte du triste penchant qu’a l’homme à se bercer d’illusions, sans parler de l’habileté du KGB en matière de manipulation, le rôle de la noirceur et de la démence dans les affaires humaines semblait parfois tout-puissant à Tajar.

 

Tandis que certains trouveront la paix dans cette région, Halim se trouvera de plus en plus démuni quand Israël interviendra à son tour dans l’horreur libanaise. Délaissé par son camp et devenu un agent syrien de premier plan, il constatera avec désarroi la déliquescence de ce pays. 

Quant au Coureur, il s’efforçait tout simplement de survivre au fond de lui-même, étonné de par la distance qui le séparait désormais de son moi d’antan. Il se rappelait Yossi comme il se serait rappelé un ami d’enfance. Il connaissait la vie de cet homme dans ses moindres détails, mais c’était comme un souvenir issu d’un autre monde. Les espoirs de Yossi, les craintes de Yossi… ce n’étaient plus les siens. Halim savait ce qu’était un déguisement, et le visage émacié qu’il découvrait dans son miroir, avec ses cheveux blancs et ses yeux enfoncés, dans leurs orbites, ne signifiait pas grand-chose pour lui. C’étaient les changements intérieurs qui le laissaient abasourdi à mesure que Yossi s’estompait dans le passé.
Pour survivre, semblait-il au Coureur, on n’avait besoin de faire que des petits pas. Mais les changements dont il était le témoin avaient un caractère définitif proprement attristant.

Les murailles de Jéricho (personnellement j’aurai préféré la traduction littérale de Jerico Mosaic plus en rapport avec le texte) est un roman d’espionnage et un passage en revue d’une page d'histoire. C’est aussi beaucoup plus. Tous les personnages sont profondément humains à la recherche de la paix tant politique qu’intérieure. Certains la trouveront, d’autres feront face à une tragédie. Quoi qu’il en soit on regrette que le rêve de Stern ne ce soit jamais concrétisé ailleurs que dans un jardin de Jéricho…

Un excellent roman et une très belle conclusion au Quatuor de Jérusalem.

Posté par efelle à 18:35 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 avril 2008

Ombres sur le Nil d’Edward Whittemore

img008

Si vous avez fait un aussi long voyage pour venir jusqu’à moi, c’est parce que vous souhaitiez que je travaille pour vous. Mais où cela, je me le demande ?
Au Moyen-Orient.
Ah oui, j’en ai entendu parler. Une région aussi sèche que celle-ci, parait-il, mais bien plus présente dans les livres d’histoire. Et où au Moyen-Orient, je me le demande ?
Au Caire.
Ah oui, j’en ai aussi entendu parler. Cela se trouve dans l’antique terre des pharaons, un endroit que l’on dit peuplé de pyramides, de momies et de secrets perdus. Connue dans le monde entier pour son grand fleuve de vie, mais aussi pour ses quartiers chauds qui semblent toujours pousser sur les berges des fleuves de vie. Mais je ne connais pas Le Caire. Je n’y suis jamais allé. Cela signifie que vous avez besoin d’un étranger pour fouiner un peu partout en quête de quelque chose, soit dans ces quartiers chauds, soit dans une ou deux pyramides. Mais en quête de quoi, je me le demande ? D’un secret perdu, peut-être ? D’un pharaon errant ? D’une momie qui refuse de vous conduire à son chef ?... Qu’est-ce que vous pouvez bien souhaiter me voir trouver ?
Une personne. Un homme.

Juin 1942, comme annoncé dans Le Codex du Sinaï, Stern meurt suite au lancer d’une grenade dans le bar où il se trouve. Dans un mouvement héroïque, il se sacrifie pour sauver son interlocuteur. Qui était il exactement ?
Whittemore consacre donc son troisième roman à son personnage le plus idéaliste, hanté, torturé, poignant, humain.

Rommel cumule les victoires en Lybie, les services secrets alliés sont sur les dents. Une expédition se rend dans les fins fonds d’un désert américain, au sein d’une réserve hopi.
Joe O’Sullivan Beare est contacté et recruté pour mener une enquête au Caire, sur un homme. Stern. Dans une ville où plane encore la légende de Strongbow et Ménélik Ziwar.

Perdu sur place, Joe va devoir reconstituer, la trame complexe qui constitue la vie de Stern via ses connaissances.
Stern, la légende du Moyen-Orient, à la poursuite d’un idéal impossible, le parfait agent double. Pour qui travaille t il ? Que sait il ? Où est il ?
Dans une ville où la tension est à son comble, pris entre deux services secrets, les Porteurs d’Eau et le Monastère qui ne coopèrent pas pleinement, Joe va croiser quelques personnalités extra ordinaires, comme Whittemore en a le secret, avant de rencontrer Stern pour la conclusion dramatique de cette d’histoire.
 

Quant aux Allemands, il est impossible de voir en eux autre chose que les Barbares de notre époque, les hordes mongoles de notre temps. Et, malheureusement, les Barbares ont un rôle à remplir dans l’histoire, car lorsqu’ils arrivent à nos portes, ils nous dispensent de porter un jugement sur nous-mêmes. L’espace d’un bref instant, notre sauvagerie innée est rejetée par-delà les murailles de la cité et nous pouvons nous réjouir en toute complaisance, de notre vertu civique retirer de la suffisance.
Mais des Barbares raffinés ? Des hommes et des femmes qui écoutent Mozart entre deux atrocités ?
N’allons pas croire qu’il s’agit là d’une innovation de notre sensibilité moderne. La bête a toujours été tapie en chacun de nous, car elle est née il y a un million d’années. La plupart d’entre nous se facilitent la vie en vitupérant contre les monstrueux Barbares à nos portes, qui ne cessent jamais de nous menacer, mais pour ce qui me concerne, je me félicite de ne jamais avoir occupé une position de pouvoir. Mes peurs et mes obsessions me rendraient extrêmement dangereux, et je le sais parfaitement.
Ahmad sourit.
En d’autres termes, le Ciel nous préserve des rêveurs, en particulier des artistes ratés, ce sont les pires. Il semble que tous les tyrans soient des artistes ratés, d’une espèce ou d’une autre… D’un autre côté, c’est notre cas à tous ou quasiment, au fond de notre cœur.

Nouvelle galerie de personnage, moins délirantes que les précédentes et entièrement tournée vers Stern : Liffy, Ahmad, David Cohen, les Sœurs, le Major, le Colonel, Bletchley, Maud.
Tous narrateurs et acteurs d’une tragédie annoncée dont on ne découvrira les tenants et aboutissants qu’à la fin.

Un roman d’espionnage et uchronie atypique, plus accessible que les deux romans précédents tout en étant indissociable. Avec Ombres sur le Nil, une page se tourne, Stern est mort. Son idéal de nation multi confessionnel disparaît avec lui.

Un magnifique roman qui revisite avec brio une page sombre de l’histoire dans l’ombre du Sphinx.

 

Eh bien, fit-il, c’est difficile à formuler, car la vie de Stern est bien plus complexe que celle du commun des mortels. Mais toute vie est une tapisserie secrète qui se tisse et s’édifie au cours des ans, avec des âmes et des efforts en guide de fils et de couleurs. Et peut-être trouve-t-on sous la surface des petits nœuds de sens tout emmêlés, qui relient les fils et les couleurs, mais ces petits nœuds n’ont au fond aucune importance, seul compte le dessin, la tapisserie dans son ensemble. Alors ce qui m’attriste à propos de Stern, c’est que jamais je ne pourrai ne serait-ce qu’entrevoir le dessin de sa vie. Avoir un aperçu de la tapisserie dans son ensemble…

Posté par efelle à 22:58 - Fantastique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 mars 2008

Jérusalem au Poker d’Edward Whittemore

img006

Nous sommes ensablés dans le lieu et le moment, mais pas lui. Nous nous efforçons de croire, mais lui, il croit, et ça fait toute  la différence. Nous sommes assis à Jérusalem, mais lui, il est vraiment là-haut, au sommet de cette montagne qu’est la Ville sainte. Et vous n’allez pas me dire avachi comme vous l’êtes dans votre fauteuil, que vous ou moi avons une hauteur de vue supérieure à la sienne, pas vrai ? Ballon ou pas ? Trafic d’armes ou pas ? Poker ici ou poker là-bas, est-ce que ça a une quelconque importance ? Alors qu’on se réchauffe le ventre avec du pétrole en ce soir de Noël ? Non jamais vous ne me diriez une chose pareille, j’en ai la certitude. J’ai raison, oui ou non ?
Oui.
Exact. Alors hadj Harun a vu ce qu’il a vu, il a appris ce qu’il a appris, un point c’est tout.

 
De retour parmi le quatuor de Jérusalem… Les témoins du massacre de Smyrne se sont éloignés les uns des autres, traumatisés. Jérusalem au poker narre la réconciliation de Joe, Stern, Maud, Thérèse, les épreuves qu’ils ont traversés pour surmonter l’horreur et la paix que certains d’entre eux trouveront.

Jérusalem au poker est aussi l’occasion de présenter de nouveau protagoniste, liés aux précédents parfois de manière extraordinaire. Quel lien peut il y avoir entre un juif hongrois, un métis soudanais et un noble albanais ? Le mythe de Strongbow hante toujours le moyen orient à travers les histoires qu’il a engendré et les amis qu’il s’est fait.

Joe O’Sullivan croise un soir de décembre, Cairo Martyr et Munk Szondi. S’engage entre eux une partie amicale de poker qui durera douze ans et au cours de laquelle ils plumeront, sous le regard bienveillant d’hadj Harun, tous les malandrins et aventuriers qui hantent Jérusalem.
Réconciliation, apaisement et nouvelle galerie de personnages…

Nubar Wallenstein, fils du dément Catherine Wallenstein et de Maud, petit fils de Sophia la Main Noire, tente de découvrir la pierre philosophale en réunissant les écrits réels ou apocryphes de Paracelse. A force de respirer des vapeurs de mercure et de souffre, il sombrera dans une forme de démence, originale pour sa famille et créera une organisation d’espionnage. Au fur et à mesure de son délire, il s’intéressera aux divers complots juifs imaginaires qui fleurissent dans les années 20, que ça grand-mère démontera consciencieusement, fondera le Bataillon Sacré Albano Afghan. Qui deviendra plus tard Absolument Afghan afin de se dédouaner d’un crime. Il harcelera les passants de Venise pour s’innocenter en vain avant de se faire voler un palais entier.

Cairo Martyr, métis d’origine soudanaise portant sur lui un singe irrévérencieux, bien décidé à venger les siècles d’esclavage subit par les africains. Vengeance qui commence par le commerce de poudre de momies aux vertus aphrodisiaques supposées, pied de nez aux anciens égyptiens qui se prenaient pour des dieux…

Munk Szondi, juif hongrois, devenu sioniste après sa rencontre avec un rabbin japonais

Un chef indien en espadrille nommé Ours Sirotant…

Rappelle-toi que je suis devenu sioniste grâce à un ex-baron japonais. Et si j’ai rencontré le rabbin Lotmann, c’est parce que j’avais jadis parlé cavalerie et tactique avec son frère jumeau, le baron Kikuchi, héros de la guerre russo-japonaise.

 

Tout se petit monde lié de manière inextricable, évoluera en même que la région en pleine mutation. Ce roman apparaît comme une transition, un apaisement après la sauvagerie concluant Le Codex du Sinai et avant le début de la seconde guerre mondiale. On rit beaucoup des situations saugrenues ou de l’ironie brutale de Whittemore avant les passages plus profonds.

Bizarre, songea Joe, qu’on utilise toujours les mêmes mots pour aider son prochain. Quelqu’un vous les lance alors que vous êtes en train de sombrer, pour vous aider à surnager et, douze ans plus tard, c’est vous qui les lui répétez. On les dit et on les répète, ça ne s’arrête jamais. Mais il y a des moments où on ne peut faire autrement que de fuir, non, on ne peut pas, on fuit soi-même, on n’a pas le choix, il faut bien survivre dans le nuit et le froid. Tout le monde finit par devenir une victime, tout le monde cherche un jour à survivre.

Qu’est ce que Jérusalem, hadj Harun répond : « Des rêves… ».
Des rêves et des cauchemars, du mysticisme dans la Ville sainte, beaucoup d’humour, de dérision, des aventures extraordinaires et des protagonistes exceptionnels. Jérusalem au poker est un récit doux amer qui adouci le traumatisme final du Codex du Sinaï, sans toutefois verser dans le happy end. Nombres de personnages ne se remettront jamais des épreuves qu’ils ont endurées.

Ce roman est le complément nécessaire au Codex du Sinaï, avec lui une page se tourne…

Un très beau texte, surprenant et déstabilisant, plein de charmes et profondément humain. 

Je suis un homme des tourbières, qui vis à ras de terre, et cette montagne est trop haute pour moi. Je suis incapable de l’escalader, d’en atteindre le sommet. Je n’ai pas de cause qui me pousserait à y parvenir. Vous avez une cause, vous, mais moi, je n’étais ici qu’en visite, et ma visite s’achève, il est temps que je parte.

Posté par efelle à 19:44 - Fantastique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »