Les lectures d'Efelle

29 août 2016

La quête de l'Oiseau du Temps : Chevalier Bragon de Le Tendre, Loisel et Mallié

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Chevalier Bragon fait suite à La voie du Rige et reprend l'action au terme de l'apprentissage de Bragon. L'élève finit par dépasser le maître mettant un terme à la formation, sans pour autant que Bragon ne cerne totalement la personnalité du Rige. Le respect de l'un étant à la hauteur de l'orgueil de l'autre, deux traits de caractères qui donneront lieu à des évènements mythiques.

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Ensuite le soufflé retombe quelque peu, avec l'intrigue principale qui reprend de plus avec cette secte sanguinaire qui gagne inexorablement en pouvoir... Une situation qui donnera lieu à une traque finissant en cliffhanger. Une narration sans réelle surprise et pas encore relevé par la présence du jeune Bulrog. Un bon moment sans plus.

 

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15 août 2016

Sandman, volume 6 de Neil Gaiman

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Le grand chambardement suggéré dans La Fin des mondes (dans le volume 5) est arrivé, l'enfant de Lyta Hall est enlevé et cette disparition déclenche un enchaînement de réactions qui vont ébranler le songe. Cet arc narratif, Les bienveillantes, est sans nul doute le plus ambitieux de la série. Gaiman convoque pour ce qui ressemble à un final, la plupart des personnages marquants des tomes précédents. 

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Devant assumer ces actes passés, le maître des rêves se voient contraint de payer le prix fort et ce malgré ses tentatives de rectifier la situation. Les parties en présence sont nombreuses et ce ne sont pas forcément les plus hostiles qui lui causeront le plus de tort...

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Un chapitre final, fort, marquant et d'une adresse remarquable, Gaiman joue avec les mythes, les mélangent et les adaptent à sa façon avec brio, excellent !

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02 août 2016

Audience captive d'Ann Warren Griffith

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Un média publicitaire a créé le spot émanant de chaque produit... A l'heure dite, en audio, le paquet de cigarette incite à en griller une, les gâteaux à être consommés... Pas une minute sans être matraqué. Mais pour Fred Bascom, cadre important de ce média, sans cesse à la conquête de nouveau marché, l'enfer commence par la libération de prison de sa belle-mère. Libéré après avoir purgé sa peine pour port de bouchon auditif... Une telle réactionnaire sera difficilement supportable pour un homme dans sa position.

L'enfer publicitaire, satyre de la société américaine des années soixante, d'Ann Warren Griffith est le chainon manquant entre notre société et les systèmes totalitaires imaginé dans le Meilleur des Monde ou 1984... Un nouvelle assourdissante et efficace, un très bon moment.

 

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31 juillet 2016

Le Choix de Paul J. McAuley

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Au moment où l'humanité est arrivée dans une impasse industrielle et économique, une ligue d'extra-terrestre est arrivée à la rescousse. Moyennant des concessions de droit sur le système solaire ou la vente de biens culturels, les nouveaux venus ont procédés à des transferts de technologie, ouverts des nouveaux mondes à l'humanité ou loués leur équipement pour résoudre certains problèmes insolubles pour les humains.

Lucas est le fils d'une ancienne activiste anti extra-terrestre à l'agonie. Assurant à lui seul la survie de la famille, il a mûri rapidement. Son voisin, Damian est le fils d'un éleveur de crevette particulièrement violent. Dévoré par l'envie d'échapper à son quotidien sordide, Damian entraîne Lucas sur la trace d'un artefact extra-terrestre échoué...

Avec cette nouvelle sur le passage à l'âge adulte, Paul J. McCauley livre en quelques lignes un univers complet, à la Jack Vance. Tant l'intrigue que le décors sont posés avec une efficacité remarquable. La narration efficace est très immersive et c'est avec regret qu'on arrive au bout, tant on aurait aimé en avoir plus. Excellent et incontournable.

 

 

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30 juillet 2016

Cookie Monster de Vernor Vinge

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Dixie Mae commence sa première journée dans le centre d'assistance clients de Lotsa Tech, une entreprise à la pointe de la technologie quand un de ses collègues reçoit un curieux message l'impliquant... Assez caractérielle, elle entend bien trouver qui est à l'origine de cette mauvaise blague, un peu trop personnelle à son goût. Commence alors pour elle un périple à travers le campus de Lotsa Tech, véritable voyage de l'autre côté du miroir.

Difficile d'en dire plus sans dévoiler le coeur de l'intrigue, Vernor Vinge livre avec cette nouvelle un récit efficace, prenant, bien pensé et des plus plaisants. Un excellent moment, un incontournable !

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27 juillet 2016

Les coucous de Midwich de John Wyndham

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L'aube du 27 se leva sur un ciel poisseu, trempé de nuages pareils à des haillons qui laissaient comme à regret passer une lumière gris sale. Cependant à Oppley et à Stouch, les coqs chantaient et d'autres oiseaux saluaient le jour le plus mélodieusement. Tandis qu'à Midwich tous les oiseaux étaient muets.

Midwich est une petite bourgade anglaise sans grand intérêt jusqu'au jour où un évènement l'isole complètement, plongeant dans un profond coma tous les êtres vivants... Une fois la situation revenue à la normale, l'évènement est rapidement oublié jusqu'au moment où l'on se rend compte que toutes les femmes en âge d'avoir des enfants, de la plus jeune à la plus âgée, sont enceintes.

Les notables s'organisent pour éviter la panique et les drames mais le malaise est toujours là... Un sentiment qui ira en s'accroissant avec la naissance des enfants, tous d'un blond très pale et dotés de yeux dorés. Rapidement les capacités surnaturelles des enfants se dévoileront et la situation deviendra plus inquiétante.

C'est justement parce que la nature est impitoyable, hideuse et plus cruelle que tout ce que l'on pouvait s'imaginer, que l'inventoin de la civilisation a été nécessaire. On dit des animaux sauvages qu'ils sont féroces, mais les plus violents d'entre eux paraissent presque apprivoisés quand on pense à la traîtrise des êtres peuplant la mer. Quant aux insectes, leur vie n'est qu'un tissu d'horreurs aussi fantastiques que complexes. Il n'y a pas de conception plus fallacieuse que l'idée de sagesse suggérée par la "mère nature". Chaque espèce doit lutter pour survivre, et elle lutte par tous les moyens possibles, à moins que l'instinct de conservation ne soit affaibli par le conflit avec un autre instinct.

Avec son concept assez glaçant et deux adaptations cinématographiques marquantes (c'est la description par Stephen King du premier film dans un de ses romans qui m'a amené à le lire), ce roman est assez attirant. N'en reste pas moins que la lenteur de la première moitié et le ton clinique refroidissent un peu le lecteur, avant de rebondir très efficacement. Un roman en demi teinte sauvé par sa conclusion. Sympathique sans plus.

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10 juillet 2016

Un chant de pierre d'Ian Banks

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Dans cette barbarie sans distinction qui baigne tout, ce qui se dresse avec fierté s'expose à l'anéantissement, comme le cri rageur ne fait qu'attirer plus promptement les mains à la gorge, qu'elles y étouffent ce filet d'air par lequel nous nous agrippons à la vie, par lequel elle nous nourrit. En ces temps sans frein, la seule manière de subsister passe par la banalité et l'absence d'éclat ; par l'uniformité, si ce n'est par l'uniforme, tout comme cet essaim de réfugiés dans lequel nous avons tenté de nous fondre. Parfois la révérence la plus humble devient la plus haute garde.

Un pays englué dans une guerre qui n'a plus de sens, où les forces armées ne sont plus de que pitoyables bandes éparses se comportant en pillards et luttant entre elles pour la possession d'un abri, d'une arme lourde... Le narrateur, Abel, est un aristocrate qui a décidé tardivement d'abandonner son château pour fuir les combats. En l'absence d'essence, lui et les siens ont opté pour une antique calèche qui a attiré l'attention d'une bande armée.

Sous la houlette d'une femme à poigne, le lieutenant, le couple est contraint de guider la bande de soldats dans leur antique demeure. Un château dont les remparts et les douves flattent la vanité de l'officier et procure à la bande un éphémère sentiment de sécurité.

Abel ayant choisi de résister passivement aux caprices de l'officier, sa situation se dégrade tandis que sa compagne s'éloigne peu à peu de lui... Veule, il subira une inexorable descente aux enfers...

Ces temps égalisateurs manquent toujours de justice ; ils banalisent, ils dégradent ce qui, dans un paysage si cultivé, si civilisé, devrait ne jamais connaître de vulgaires menaces. Cette attente nauséeuse, ce massacre omniprésent me semblent appartenir à des climats plus rudes, où l'on a moins bâti - et où l'on détruit moins. Mais là réside sans doute notre erreur initiale : dans cette affaire, aucun des camps à l'origine du conflit ne pouvait croire que nous sombrerions dans la sauvagerie qui est maintenant nôtre.

Un aristocrate décadent confronté à une bande de soldats sans but... Ian Banks dresse ici un tableau très noir avec des situations ambiguës. Une ambiance poisseuse des plus marquantes, agrémentées des digressions oiseuses d'un narrateur assez mou. Ce dernier point constitue le principal bémol en ce qui me concerne, le ton plaintif et oiseux finissant par lasser et me conduisant à un bilan mitigé, bien sans plus. Banks a fait beaucoup mieux.

 

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03 juillet 2016

A vol d'oiseau de Craig Johnson

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Tandis que Walt et Henry cherchent un lieu au superbe panorama pour y tenir la cérémonie de mariage de Cady, ils voient une femme tomber d'une falaise. La malheureuse est décédé mais son fils de quelque mois qu'elle tenait dans ses bras est indemne. Arrivé en trombe à l'hopital, Walt se retrouvera mêlé à l'affrontement récurent qui oppose Henry à Lolo Long la nouvelle chef de la police tribale. Une fois les quiproquo levés, Walt se retrouvera en adjoint et conseiller officieux de la jeune femme, vétéran d'Irak mais policière intransigeante et débutante...

Je regardai au-delà de l'interminable capot du Yukon tandis que nous dépassions un autre automobiliste qui n'avait rien vu arriver.

- Peut-être serait-il bon que vous mettiez en route votre sirène.

Elle ne dit rien et continua à serrer son volant.

- Sérieusement, si...

Elle cria presque.

- Je ne sais pas où se trouve le bouton !

Mon visage exprima la plus parfaite surprise, mais heureusement son attention resta focalisée sur la route. Je tendis la main pour atteindre la partie supérieure du tableau de commande, j'abaissai un petit cache et actionnai un interrupteur, assourdissant la zone environnante avec le hurlement électronique de la sirène high-tech.

Elle darda brièvement ses yeux d'ambre sur moi.

- Merci.

Je hochai la tête et me mis à réfléchir au fait que j'étais en train de m'impliquer dans une enquête fédérale sur le territoire d'une réserve. J'avais envisagé de demander à Henry de l'accompagner, mais j'étais parvenu à la conclusion que j'étais probablement dans des dispostions un peu moins conflictuelles. L'Ours avait l'air tout aussi heureux de rester à l'hôpital avec l'enfant, le chien et l'absence de Lolo Long.

Si Lolo Long et Walt n'ont pas de mal à mettre la main sur le principal et plus évident suspect, Walt ne peut se défaire du sentiment que tout l'affaire est trop évidente...

Quelques calculs rudimentaires et la révélation de ce soir me disaient que Clarence commettait des infidélités, et le fait que c'était avec une fille de treize ans ne me le rendait pas vraiment sympathique. J'avais toujours des doutes, mais en même temps, je ne savais pas comment on agissait après avoir poussé sa femme et son enfant du haut d'une falaise. Est-ce qu'on remontait dans sa voiture et qu'on rentrait chez soi, ivre ? Si on essayait de faire en sorte que ça ressemble à un accident, on appelerait le 911 et on  resterait sur place. Cela n'avait aucun sens, et dans mon métier, les choses qui n'avaient pas de sens conduisaient souvent à la découverte de celles qui en avaient.

Si l'enquête n'avancera pas, la pression augmentera avec pour Walt l'arrivée imminente de Cady et de la cérémonie tandis que pour Lolo Long la pression insistante du FBI désirant bloucler une affaire qui leur parait des plus évidentes... Walt mesurea aussi sa notoriété au sein de la réserve via quelques rencontres allant de la tentatives de meurtres à l'invitation à une cérémonie chamanique.

Embnrinqué dans une enquête dont il n'a pas voulu mais qui lui tient à coeur, Walt devra jongler avec ses obligations de père et son sens du devoir... Une histoire touchante menée avec justesse, Walt toujours attachant est entouré ici de personnages marquants, très bien campés. Un très bon moment dans la lignée des romans précédents.

 

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02 juillet 2016

Umezawa de Hokusai

 

Petit complément à mes derniers achats en matière de puzzle, cette petite distraction de trente pièces est agréable à assembler et occupe quelques minutes. Quant à l'oeuvre, c'est aussi une de mes préférées parmi celles de Hokusai.

 

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19 juin 2016

Orgueil et préjugés de Jane Austen

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Chacun se trouvera d'accord pour reconnaître qu'un célibataire en possession d'une belle fortune doit éprouver le besoin de prendre femme.
Aussi peu connus que soient les sentiments ou les projets d'un tel homme à son arrivée dans le voisinage, cette vérité est si bien ancrée dans l'esprit des familles des environs qu'on l'y considère comme la légitime propriété de l'une ou l'autre de leurs filles.

Fin du XVIIIe siècle, l'avenir matériel des filles de la famille Bennet n'est pas assurée du fait d'une clause favorisant la sucession du domaine familial au plus proche héritier mâle. M Bennet n'ayant eu que des filles, le domaine changera de main à son décès et ses filles seront sans revenus. D'où la chasse au riche célibataire lancée par Mme Bennet...

L'occasion pour Jane, l'aînée, de rencontrée l'amour et pour Elizabeth la benjamine d'entamer une relation tumultueuse avec le richissime et arrogant M Darcy.

- Son orgueil, reprit Mlle Lucas, ne me choque pas autant que l'orgueil me choque d'ordinaire, car il a une excuse. On ne peut s'étonner qu'un si beau jeune homme, avec famille fortune, tout en sa faveur, ait une haute opinion de lui-même. Si je puis m'exprimer ainsi, il a le droit d'être orgueilleux.

- C'est juste, repartit Elizabeth, et je pourrais facilement lui pardonner son orgueil s'il n'avait pas fait souffrir le mien.

Si les affres et inquiétudes matérielles des propriétaires terriens anglais du XVIIIe peuvent donner l'impression de soap opera avant l'heure, il faut reconnaître à Jane Austen le talent de rendre son personnage principal des plus intéressants dans par ses qualités, notamment sa vivacité d'esprit, que ses défauts... Il est agréable de suivre le cheminement des pensées d'Elizabeth surtout vu le milieu superficielle dans lequel elle évolue (tant sa mère que ses soeurs cadettes se vautrant dans la crétinerie et la vulgarité).

Elizabeth eut le sentiment que si tous les membres de sa famille s'étaient donné le mot pour se ridiculiser autant que faire se pouvait durant cette soirée, il ne leur aurait pas été possible de tenir leur rôle avec plus de brio et de succès. Il était heureux pour Bingley et pour sa soeur, pensa-t-elle, qu'une partie de ce spectacle leur eût échappé, et l'on pouvait se féliciter que Bingley ne fût pas homme à trop s'offusquer des absurdités dont il avait dû être le témoin.

Satyre sociale et roman sentimental plein de rebondissement, Orgueil et préjugés est une indéniable réussite, amusante et prenante. Un très bon moment.

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