Les lectures d'Efelle

01 janvier 2017

2017 C'est parti

 

L'année dernière je n'abordais pas 2016 avec beaucoup d'enthousiasme et sur le plan personnel cette année aura été porteuse de grands moments de stress avec mon changement d'employeur... Mais aussi beaucou de changements de routines. Ainsi la réduction de mon temps de trajet et l'augmentation de celui  passé au travail impactent négativement mon temps de lecture, sans parler de la fatique...

 

 

 

Bref l'objectif d'un livre par semaine n'est plus tenu avec seulement 34 livres lus cette année...

synthèse 2016

 

Du point de vue de la SF cependant la qualité aura été au rendez-vous et mon top 3 intègre :

1

Les Affinités de Robert Charles Wilson

img606

 

2

Vostok de Laurent Kloetzer

img621

 

3

Kirinyaga de Mike Resnick

img604

 

 

Côté cinéma peu de sortie mais deux bonnes pioches avec :

 

Rogue One

 

 

Docteur Strange

 

 

Enfin ludiquement, la bonne surprise se situe sur table avec Legendary, véritablement le meilleur jeu de deck building que nous avons pratiqué, avec des parties sans cesse renouvellée (une présentation enthousiasmante ici ), à noter qu'Encounters sa version Aliens retranscrit bien l'ambiance des films.

On repart donc pour une nouvelle année en espérant retrouver un rythme de croisière plus soutenu pour ce blog, après tout il arrive dans sa dixième année...

 

Posté par efelle à 19:28 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


30 décembre 2016

Inner City de Jean-Marc Ligny

img674

Alors que les guerres civiles se multiplient, la France vit dans une paix relative. Les parisiens, accrocs aux réalités virtuelles, vivent dans une société ultra automatisée et passablement délabrée ; les banlieusards miséreux sont contenus derrière des barrières mortelles et ont un quotidien digne de Mad Max ; quant aux provinciaux de la campagne ils sont une espèce en voie d'extinction...

A pied dans Paris vacant, qui tourne à vide telle une vieille machine oubliée : des feux qui ne régulent qu'une rare circulation, essentiellement robotique ; des boutiques vides aux vitrines crasseuses, aux grilles rouillées, dont les enseignes éteintes sont les chicots branlants des mâchoires séniles de la rue ; les façades lézardées, aux fenêtres aveugles, de vieux immeubles conaptés, transformés en cyber-termitières ; l'ancienne fac Parix XIII, éventrée à jamais, hérissée de grues décharnées, chancrée d'engins de chantier avachis comme de gros insectes morts, rebut d'un plan de rénovation obsolète ; des véhicules décolorés, empoussiérés, gisant là tant qu'ils n'entravent pas quelque prog prioritaire... L'entropie gagne du terrain, constate Kris à chacune de ses sorties.

Réfugié russe, Hang est un révolté... Pourvoyeur d'images de conflits pour inspirer les jeux en réalité virtuel, il est aussi hacker diffusant et imposant les images les plus violentes d'un monde que les parisiens ne veulent pas voir... Tout y passe des conflits lointains captés par des satellites aux images de guerre de gang en banlieue...

Kriss est une employée de Mens Sana, chargée de ramenée les inners perdus dans les réalités virtuelles suite à des connexions trop longues... Un boulot ingrat auquel s'ajoute un statut d'auxiliaire de police.

Le filet d'eau qui s'écoule du robinet est chiche, brunâtre, sent le chlore et le métal. Encore une pénurie... Ca lui rappelle les images outer diffusés par Mate. Finalement on n'est pas si loin des conditions de vie des outers, malgré nos consoles sophistiquées réfléchit-elle. Plus d'électricité, une eau rare et dégueulasse, l'entropie générale... La Basse Réalité est oubliée, ignorée. Elle se désagrège et tout le monde s'en fout - pire : ne veut pas la voir. Alors les inners restent plus longtemps connectés, et plus ils restent connectés, plus leur environnement se déglingue.. Cercle vicieux que les robots et sysex sont incapables de juguler- il ne faut pas se leurrer.


Les trajectoires de Kriss et Hang se rejoindront avec l'apparition d'un fantôme dans la machine meurtrier, une apparition causant son lot de crise cardiaque... La première est chargée d'enquêter, le second est lié à l'apparition.

Avec ce court roman, Jean-Marc Ligny livre un texte grinçant dans un futur probable. Plus que l'intrigue du roman c'est le décors qui fascine, cette société en déliquescence crédible. Tout en déployant une ambiance très française, Ligny fait quelques clins d'oeil aux pionners du cyberpunk américain. Un roman sympathique et un bon moment.

 

Posté par efelle à 19:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 décembre 2016

La porte d'Abaddon de James S.A. Corey

img673

 

Troisième tome de The Expanse et petite baisse de régime, le ton horrifique et la géopolitique tortueuse étant laissé en arrière pour un huis clos autour d'un artefact extra-terrestre mystérieux (on fleurte avec l'Arthur C. Clarke).

Alors que Holden et son équipage se repose sur leurs lauriers, une nouvelle némésis complote pour les impliquer dans le conflit latent tournant autour de l'artefact créé par la protomolécule...  Une fortune dépensée de manière implacable pour mener une vendetta puérile. N'en reste pas moins que l'équipage du Rossinante se retrouve de nouveau au coeur des évènements, avec tous les regards et les armes pointées vers eux.

Ils étaient trop nombreux. La corvette était prise entre les deux kilomètres de la surcompensation spatiale de l'APE voulue par Fred Johnson et la majeure partie de ce qui restait de la Flotte martienne. Et au-delà des Martiens, de l'Anneau.

Il cherchaint désespérément à trouver ce qu'il devait faire dans l'immédiat. Ils étaient aussi loin que possible de tout refuge imaginable dans le système solaire. Le premier caillou plus gros que leur corvette se trouvait à deux mois de voyage, et il doutait fort de pouvoir distancer trois flottes et leurs torpilles pendant soixante jours. Ou même deux minutes, en fait.

Habilement conduit à l'abattoir, Holden optera pour la fuite en avant dans l'inconnu et y entraînera mécanqieuement tous ses poursuivants, incluant sa némésis et les touristes amenées depuis la Terre.

Devant lui, suspendu dans toutes ces ténèbres sans étoiles, la sphère bleue attendait.

Elle attendait depuis deux milliards d'années que quelqu'un franchisse cette porte particulière, si les chercheurs ne s'étaient pas trompés dans leur évaluation de l'époque où Phoebé avait été capturée par Saturne. Mais depuis peu l'étrangeté entourant la protomolécule et l'Anneau donnaient à Holden le sentiment troublant que, peut-être, toutes les hypothèses formulées concernant ses origines et sa finalité étaient erronées.

Protogène avait baptisé la protomolécule et décidé que c'était un outil capable de redéfinir ce que signifiait être humain. Jules-Pierre Mao l'avait considérée comme une arme. Elle tuait des humains, donc c'était une arme. Mais les radiations tuaient les humains, et un appareil à rayons X pour effectuer des radiographies n'était pas considéré comme une arme. Holden commençait à avoir l'impression qu'ils étaient tous pareils à des singes jouant avec un micro-ondes. Appuyez sur une touche différente et mettez votre main à l'intérieur, l'appareil vous brûlera, donc c'est une arme. Apprenez à en ouvrir et refermer la porte, c'est un endroit où cacher des choses. Sans jamais saisir son usage réel, et peut-être sans avoir seulement la structure mentale nécessaire pour le deviner. Aucun singe n'avait jamais réchauffé un burrito surgelé.

Et les singes en étaient là, à tripoter la boîte brillante et à essayer d'imaginer sa fonction.

Tandis que Holden, hanté par Miller et la protomolécule, tente de prévenir de nouvelles factions humaines se formeront au milieu des décombres d'une flotte à la merci de l'inconnu pour inexorablement en venir aux mains... L'occasion pour les divers personnages de cet opus de montrer leur vraie nature.

Roman de transition, riche en actions, La porte d'Abaddon déçoit quelque peu avec cette intrigue plus ramassée en lieux et personnages. Ces derniers sont néanmoins attachants et on suit avec intérêt leur odyssée. Un bon moment mais moins enlevé que les deux tomes précédents. Espérons que les auteurs seront rebondir par la suite.

Les avis de Lorhkan, Anudar, Gromovar.

Posté par efelle à 21:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

28 novembre 2016

Les contrées du Rêve de H.P. Lovecraft

img672

 

Mais l'étoile Polaire, elle n'a pas bougé d'un iota dans la voûte noire. Elle continue de briller d'un air mauvais en clignant hideusement, semblable à un oeil dément qui s'efforcerait de transmettre je ne sais quel étrange message, et qui aurait tout oublié, sauf qu'il avait autrefois un message à transmettre. J'arrive parfois à dormir, quand il y a des nuages.

Nouvelle traduction par David Camus des nouvelles de Lovecraft portant sur le rêve et les Contrées du Rêve. Les textes agencés par le traducteur conduisent à l'épopée de Randolph Carter. Un voyage permettant d'aborder progressivement une fantasy particulière dont il me semble qu'on retrouve les accents dans les textes de Clark Ashton Smith. Des textes élégants, dépaysants et assez prenants, je retiens notamment La quête d'Iranon et Celephaïs.

Plus il se retirait du monde, plus ses rêves devenaient merveilleux ; et c'est en vain que l'on aurait essayé de les retranscrire. Kuranès n'était pas moderne. Il ne pensait pas comme les autres écrivains, qui s'efforcent de dépouiller la vie de ses robes brodées de mythes et de montrer dans toute son horrible nudité cette chose répugnante qu'est la réalité. Kuranès, lui, ne se souciait que de beauté. Quand l'expérience et la vérité échouèrent à la révéler, il partit la chercher dans l'illusion, dans l'imagination, et la trouva sur le seuil même de sa maison, parmi les souvenirs nébuleux des contes et des rêves d'enfants.

Quoi qu'il en soit au fil des textes et des années Lovecraft a bâti un édifice menant à l'imposante Quête onirique de Kadath l'Inconnue. L'occasion pour Lovecraft de rappeler ses nouvelles précédentes, comme la légère Les chats d'Ulthar.

Poursuivant un rêve dans le rêve, Randolph Carter, maître rêveur, arpentera les Contrées du Rêve pour trouver une cité merveilleuse dont les dieux lui interdisent l'accès. L'aventurier sera confronté à de nombreux périls non pas pour trouver sa cité mais pour plaider sa cause auprès des dieux. Bien qu'un peu trop longue à mon goût cette nouvelle véhicule beaucoup d'ambiances très différentes avant de revenir vers l'univers habituel de Lovecraft. Un bon moment. La Clé d'argent prolonge le charme de la quête avec le mérite de la brièveté en plus de l'élégance mais le soufflet retombe avec A travers les portes de la clé d'argent...

Un recueil plaisant même si mon bilan reste mitigé, l'ambiance retombant avec les derniers textes. Quoi qu'il en soit je ne regrette pas cette découverte d'une facette de Lovecradt que je ne connaissais pas et l'expérience dépaysante.

Posté par efelle à 22:13 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

20 novembre 2016

Pommiers en fleurs de Hiroshige

 

Ce petit puzzle de 150 pièces à réussi à m'occuper un peu moins de deux heures, grâce à sa découpe vicieuse et ses fleurs presque identiques...

P1010041

Posté par efelle à 17:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


06 novembre 2016

Les Blés Jaunes de Van Gogh

 

Ce puzzle Michèle Wilson de 750 pièces était un véritable défi, après quelques années d'arrêt je m'y suis remis et finalement réussi à triompher de ce ciel nuageux.

P1010040

Un beau puzzle à la découpe bien vicieuse.

Posté par efelle à 18:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Objectif Broadway de Hugault et Yann

img668

Troisième et dernier tome d'Angel Wings, Objectif Broadway tient toutes ses promesses. Pour les Burma Banshees, l'heure est venue de porter l'assaut final et d'abandonner les bases avancées... La lutte sera apre d'autant plus que les japonais sortent leurs derniers atouts.

img669

 

img670

Du côté d'Angela et Jinx, le crash dans la jungle birmane tourne à l'odyssée. Jinx bien que la plus fragile du duo, fera preuve de ressources sans pour autant arriver à la dimension bad ass d'Angela.

img671

Porté sur l'action et les rebondissements, cet album rempli sa mission avec brio, même si le terme de l'enquête mené par Angela se révèlera quelque peu frustrante. Un superbe album et un excellent moment.

Posté par efelle à 18:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 octobre 2016

Avec joie & docilité de Johanna Sinisalo

img666

A la fin du XIXeme siècle, la société finlandaise a opté pour un virage radical : appliqué les méthodes de sélection et d'élevage des animaux domestiques sur l'humanité, enfin essentiellement sa part féminine. Le tout étant la mise en place d'une société apaisée par la satisfaction des instincts masculins et la crétinisation des femmes§. Soi belle, docile et tais toi tel est le nouveau credo gouvernemental. Les femmes répondant aux critères de cette nouvelle société ont été renommées éloïs tandis que les autres sont les morloks. Ces dernières sont stérilisées et exclues de la société civile.

Cette société machiste et patriarcale complètement refermée sur elle même et coupée du monde, l'eusistocratie a aussi mise en place une sévère prohibition de toutes substances addictives : des drogues les plus dures jusqu'aux piments...

Vanna ou Vera est une morlok à l'apparence d'éloï... Protégée et éduquée par sa grand-mère, elle a grandit en observant sa soeur cadette et réussit à donner le change aux autorités.

Chaque fois que je décide d'aller me promener, les réalités de la vie d'éloï me tombent sur le paletot. En rentrant du lycée, je me suis lavée le visage pour en ôter le maquillage et brossé les cheveux pour en éliminer la laque. Si je veux sortir, je dois reconstruire tout mon déguisement.

Hantée par la disparition de sa soeur, vraisemblablement éliminer par son mari pour s'accaparer son héritage, Vera s'est associée à Jare. Lui lui procure la sécurité d'avoir un compagnon officiel et la pourvoit avec la seule substance addictive encore disponible en Finlande, tandis qu'elle lui offre son esprit affûtée et son apparence innocente pour l'aider à mener son petit trafic.

Je n'au jamais connu pareille période de pénurie. Jare a un solide réseau de bons clients. Il a toujours su repérer les lots mis sur le marché, trouver des marins, sur des cargos, prêts à prendre des risques, ou des hommes d'affaires voyageant hors de nos frontières et des étrangers en visite en Finlande bénéficiant d'une immunité diplomatique ou d'assez bonnes relations avec l'administration pour qu'on examine pas de trop près leurs bagages à la douane. Mais le filet s'est resserré, de nouvelles mesures dont nous ignorons tout ont été prises.

A travers le regard de Vanna, hantée par le remord et Jare déterminé à quitter cette Finlande oppressante, le roman dépeint une uchronie dystopique assez redoutable, écrasant la moitié de sa population au profit de la seconde, tuant dans l'oeuf toute personnalité féminine remarquable, la réduisant à l'état d'esclave domestique et sexuelle, répudiable à tout moment (voire pire).

Ô eusistocratie.

Pour satisfaire les plus forts en gueule, tu as mis une drogue à la disposition du plus grand nombre. Tu pensais avoir libéré la sexualité. Tu as libéré tout autre chose.

Le pouvoir.

On y goûte une fois, et il en faut des doses toujours plus fortes. Ridiculement fortes. Incroyablement fortes. Fortes à vomir. Si fortes que le cerveau est incapable de les gérer.

Johanna Sinisalo réussit à construire un récit prenant et immersif, avec une plume corrosive. On ne s'ennuit jamais et l'acidité permet de passer quelques réflexions sur nos sociétés... Un excellent moment.

 

Les avis de : Lune ; Gromovar ; Un dernier livre avant la fin du monde.

Posté par efelle à 18:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

18 octobre 2016

Indiana, Indiana, Les beaux moments obscurs de la nuit de Laird Hunt

img665

Noé est différent, simple, inapte à vivre selon les conventions de la société américaine. Au crépuscule de sa vie, il revient sur son parcours, des expériences marquantes légères ou non. Sa rencontre avec la femme sa vie et la différence qui finira par les séparer. Une situation cruelle que Noé n'a jamais vraiment accepté...

Roman doux amer, les réminiscences de Noé ne m'ont pas passionné et je suis passé totalement à côté de ce roman. Laird Hunt m'a déjà subjugué mais là pas moyen de rentrer dans le récit, la faute sans doute aussi à la table des matières répétées ad nauseam à chaque chapitre. N'en reste pas moins que sur la fin, les non dits s'éclaircissent et le roman gagnent en puissance avec quelques fulgurances mais pas assez ou trop tard pour emporter mon adhésion, dommage.

Posté par efelle à 19:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 octobre 2016

X-men l'intégrale 1979

img661

Avec les parutions de 1979 on approche de la légende pour les X-men. Claremont maîtrise visiblement la technique du feuilleton et les épisodes s'enchaînent en plaçant progressivement son décors et ses protagonistes vers ce qui sera la saga phénix noir. Pour le moment, Jean Grey isolé du reste du groupe se découvre des pouvoirs dont elles usent de plus en plus tandis que le reste de l'équipe après un détour par le Japon (un jalon important dans la construction de l'histoire de Wolverine). Si les intrigues principales sont anecdotiques, les jalons sont néanmoins posés et ont s'attend à voir Le Hurleur tiré sa révérénce tandis que Storm, Wolverine et Cyclope prenne de plus en plus d'ampleur, Diablo et Colossus restent secondaires mais les origines de ce dernier seront l'occasion d'un gag dans l'esprit de la guerre froide...

img663

L'avant-dernier arc narratif en mettant en scène la confrontation avec Proteus relève le niveau tant en tension qu'avec un antagoniste impitoyable et effrayant... L'occasion pour Cyclope de montrer ses qualités de leader ou de coach de choc c'est selon...

img664

 

Au final cette troisième années des X-men modernes est satisfaisante même si la mise en couleur date sérieusement et l'ambiance eigthies est omniprésente (le caméo de Luke Cage en tenue disco fait mal aux yeux). Un bon moment.

 

Posté par efelle à 19:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]