08 novembre 2009
Monnayé de Terry Pratchett

Tu viens d’ouvrir la porte à un vieux chat qui a perdu la
notion de contourner les obstacles, se dit-il tandis qu’il remontait
Oui, mais le travail malhonnête a failli me faire pendre ! protesta-t-il.
Et alors ? Une pendaison, ça ne prend que deux minutes. Une commission de la caisse de retraite, ça prend toute une vie !
Moite Von Lipwig a réformé la Poste de fond en comble, elle fonctionne désormais sans accroc tandis que lui-même s’embourgeoise. Sa fiancée, émancipatrice de golems, étant loin pour une grosse affaire, il s’ennuie. Passant le temps en s’introduisant par effraction dans ses propres locaux… Heureusement Vétérini veille !
- Un banquier ? Moi ?
- Oui, monsieur Lipwig.
- Mais je ne sais pas diriger une banque !
- Tant mieux. Pas d’idées préconçues.
- J’ai dévalisé des banques !
- Epatant ! Il vous suffit de raisonner dans l’autre sens, répliqua un seigneur Vétérini à la figure épanouie. L’argent doit rester à l’intérieur.
Et voilà, Lipwig qui replonge dans le milieu de requins du capitalisme suite aux manigances d’une veuve rouée, d’un tyran bienveillant et d’un chien affectueux. A la tête d’une organisation poussiéreuse qu’il ne comprend pas et face à des adversaires puissants, Moite va encore une fois foncer tête baissée et produire une petite révolution dans les mentalités.
- Si vous étiez naufragée sur une île déserte, qu’est-ce que vous préféreriez ? Un sac de patates ou un sac d’or ?
- Oui, mais Ankh-Morpok n’est pas une île déserte !
- Et ça prouve que l’or n’a que la valeur qu’on veut bien lui accorder, non ? Ce n’est qu’un rêve. Mais une patate, ça vaut toujours une patate, n’importe où. Une noix de beurre et une pincée de sel, et vous avez un repas, n’importe où. Enterrez de l’or et vous craindrez pour toujours les voleurs. Enterrez une patate, et, à la bonne saison, il se peut que vous touchiez un dividende de mille pour cent.
- Vous n’allez tout de même pas me faire croire que vous comptez nous instaurer l’étalon patate, dites ? » lança sèchement Sacharissa.
Moite sourit « Non, pas du tout. Mais, dans quelques jours, je vais distribuer de l’argent. L’argent n’aime pas rester immobile, vous savez. Il aime sortir et se faire de nouveaux amis. »
Le recoin du cerveau de Moite qui s’efforçait de suivre sa langue songea : Dommage que je ne puisse pas prendre ça par écrit, je ne suis pas sûr de pouvoir tout me rappeler.
Bien que moins touffu que Timbré, ce roman est bien rempli, jonglant avec le caractère turbulent de Moite, les intrigues alambiquées de Vétérini, la condition des golems, des cas de démence et de stupidité dans la haute société, un chien, les enquêtes du guet, des comptables, des Igors, des génies à moitié fou, un fantôme nécromant, des sex toys, un risque de guerre et des comptables…
Bien mené, prenant, Monnayé est indéniablement une grande réussite se
hissant sans problème parmi les meilleurs tomes de
04 novembre 2009
Kim de Rudyard Kipling

La lecture Des puissances de l’invisible de Tim Powers m’a amené à ce roman et je ne le regrette pas…
A présent que, selon le langage pittoresque de Mahbub, il avait troublé la citerne de la curiosité à l’aide du bâton de la précaution, Kim tombait à propos, véritable envoyé du Ciel ; et, aussi prompt de décision que léger de scrupules, Mahbub Ali, habitué à mettre à profit toutes les sautes du vent de l’occasion, se servit de Kim sur-le-champ.
Kim, orphelin britannique élevé en Inde par la dernière maîtresse de son défunt père est un gamin vif, intelligent et débrouillard qui a très tôt compris l’avantage de savoir passer tant pour un européen que pour un hindou de basse caste… Toujours à traîner, en quête de nouveauté, il se lie avec un lama tibétain en pèlerinage quand une de ses connaissances, un maquignon afghan, Mahbub, se sert de lui pour transmettre un message.
La seule différence étant qu’en lieu et place d’une intrigue amoureuse, il s’agit cette fois du fruit des travaux d’un réseau d’espionnage britannique au sein de royautés potentiellement rebelles.
Le gamin manipulant le lama avec brio réussit à orienté les pas de ce dernier vers la destination du message qu’il transporte. En chemin toutefois, après quelques péripéties l’adolescent à la langue bien pendue et le vieux prêtre se lieront d’une amitié très profonde… Quelques temps plus tard, l’ex régiment du père de Kim croisera leur route et la tendance à l’indiscrétion du gamin lui vaudra une séparation d’avec le moine et un retour forcé au sein de la communauté britannique d’Inde.
- Ils vont faire de moi un sahib – c’est ce qu’ils pensent. Je reviendrai après-demain. Ne t’afflige pas.
- De quelle espèce ? Un homme comme celui-ci, ou celui-là ? (Il désigna le père Victor.) Un comme ceux que j’ai vu ce soir – comme ces hommes qui portent des sabres et marchent pesamment ?
- Peut-être.
- Cela n’est pas bien. Ces hommes-là suivent le désir et trouvent le vide. Il ne faut pas que tu sois comme eux.
- Le prêtre d’Umballa a dit que mon Etoile annonçait la guerre, insinua Kim. Je vais demander à ces fous… mais cela n’en vaut pas la peine. Je m’échapperai cette nuit, car, avant tout, je voulais voir des choses nouvelles.
Rétif à l’éducation classique, il devra à la présence bienveillante de Mahbub d’être introduit auprès du responsable britannique du réseau d’espionnage. Après quelques tractations et avoir accepté de cesser de fuguer du collège, Kim sera initié au Grand Jeu…
Après trois années d’études et quelques rencontres hautes en couleurs, Kim, presqu’à l’âge d’homme, obtiendra le droit de reprendre la route avec le lama bienveillant. C’est alors, qu’au cours de ce premier congé , qu’il plongera dans le Grand Jeu malgré lui et prouvera sa valeur…
«Retourne, ou on va te prendre ta place ! Ne crains rien pour l’ouvrage, frère – pas plus que pour ma vie. Tu m’as donné le temps de respirer, et Strickland sahib m’a fait reprendre pied. Nous pourrons encore travailler ensemble au Jeu. Adieu ! »
Kim se hâta vers son compartiment ; gonflé d’orgueil,
n’en croyant pas ses yeux, mais un peu agacé de n’avoir pas la clef des secrets
dont il se sentait entouré.
Plus qu’un récit d’aventure ou d’espionnage, Kim est une fresque de l’Inde de Kipling. Son amour de sa diversité transparait dans le texte, ainsi que son sens de l’humour ironique. Les échanges entre musulmans, hindouistes et bouddhistes étant assez amusants. Bien que résolument pro empire britannique, le texte n’est pas manichéen et tourne souvent en dérision les européens qui ne comprennent pas l’orient. Au-delà de tout ceci, se trouve aussi le récit d’une solide amitié entre deux êtres que tout séparait : le vieux moine tibétain et le gamin des rues insolant. Plusieurs intrigues mêlées et une solide galerie de personnages hauts en couleurs achèvent de faire de ce roman un excellent moment.
01 novembre 2009
Ludiquement comptable - samedi 31 octobre
Ce samedi nous nous sommes retrouvés en ordre dispersé pour se lancer dans les plus casse tête des jeux en notre possession, histoire de changer des jeux plus chaotiques (Citadelles par exemple).
Yann (en rouge) étant arrivé le premier nous nous sommes lancés dans une partie de Taluva qu'il remporte de manière propre et nette.
Laurent arrivant peu de temps après la fin de cette première partie, nous en avons effectuons une seconde en sa compagnie. Partie rythmée par des prises de risques insensées de Sophie (en brun) que j'ai quasiment systématiquement sanctionnées. Laurent (en jaune) a vite pigé le système mais Yann remporte encore une belle victoire.
A ma demande nous nous lançons ensuite dans Caylus, malheureusement cela faisait plus d'un an que nous n'y avions pas joué... Petite confusion de ma part et de celle de Laurent, ne permettant pas la sortie du bâtiment permettant d'ériger des habitations (cerclé en rouge sur la photo), Yann (en jaune) rattrape le tir et nous fait à tous une belle entourloupe en jouant sur le couple bailli - prévot, s'assurant ainsi une avance écrasante.
Laurent ayant amené Mykerinos, nous y avons initié Sophie. Partie assez étrange vu que j'ai déjoué la stratégie de Laurent (se placer second le plus souvent possible) au premier tour et que Yann a bénéficié d'un nombre hallucinant de Lady Violette.
Résultat des courses : Yann 53, Sophie 30, Efelle 22, Laurent 20...
Désolé pas de photo, je n'y ai pas pensé.
Après le repas pour lequel Jérôme nous a rejoint, nous avons enchaîné à cinq avec Condottiere. Partie où j'ai joué de manière implacable (mais notre oubli d'un point de règles m'a permis de tenir mes positions lors de la seconde manche) grâce à une excellente main de départ. Le vent a tourné dès que nous avons appliqué correctement les règles (le Condottiere change de main après une bataille nulle) et Laurent, Yann et finalement Jérôme se sont retrouvés en situation de balle de match. C'est finalement l'emploi de la combinaison Hiver et Clef de la ville qui me permet de remporter la victoire sur le dos de Yann.
Enfin Laurent (en rouge) et Yann (en blanc) m'ont initié à Sylla, un jeu très plaisant mais que nous ne maîtrisions pas totalement, Laurent a misé sur la construction et l'accroissement de ses revenus tandis que Yann embrassait une carrière politique en alignant nombres de sénateurs, de mon côté j'ai privilégié la gestion des évènements et une approche plus équilibrée.
Laurent démontrera que l'argent est le nerf de la guerre et s'envolera au score malgré une bévue en gestion d'évènements. De mon côté à défaut de victoire, je me suis retrouvé avec un léger pouvoir de nuisance coûtant la totalité des chrétiens présents (et minoritaire chez moi) et une longue crise parlementaire.
Jeu très plaisant, varié et plus léger que Caylus, il faudra y revenir.
Vu l'heure matinale, nous nous séparés et j'espère que tout le monde est bien rentré chez soi.
28 octobre 2009
L'Orgue du Diable de Roger Leloup

Deuxième aventure de Yoko Tsuno, lançant les aventures technologiques de l'héroïne.
Le trio est en train de faire un reportage au fil du Rhin quand il assiste à une chute dans le fleuve. La rescapée est une certaine Ingrid Hallberg, organiste déplorant le suicide de son père sur la rive proche. Très vite les évènements se précipitent et Yoko en voulant aider son prochain se retrouvent agressée à plusieurs reprise de manière assez violente.
De fil en aiguille, il apparait que le père d'Ingrid aurait travaillé à la restauration d'un orgue monstrueux. Reste à trouver le dit instrument et comprendre la raison de toutes ces agressions.
L'Orgue du Diable est un thriller très efficace et rythmé, le trio s'appuie massivement sur du matériel TV pour avancer ainsi que sur les compétences en arts martiaux et le côté casse-cou de Yoko. On ne s'ennuie pas un instant dans cette histoire qui révèlent beaucoup de surprises tout en jouant avec les codes du fantastique. Sans doute un des meilleurs tomes de la série.
L'empire des mille planètes de Mézières et Christin

Second album de Valérian et Laureline, ce tome ci trahit son âge. Le trait de Christin n'est pas aussi fouillé que par la suite et le récit à un petit côté rétro SF avec une ambiance se situant quelque part entre Jack Vance et Leigh Brackett. Ambiance agréable mais les personnages sont quelques peu inconsistants, surtout Laureline, ça personnalité rebelle n'apparaissant que dans l'album suivant Bienvenue sur Aflolol.
L'intrigue est assez simple, les deux agents sont envoyés sur Syrte, capitale d'un empire du bout de la galaxie, afin d'évaluer une civilisation qui n'a jamais connu l'influence terrienne.
Rapidement les deux héros vont se faire repérer et se retrouver à plusieurs reprises dans les griffes de la caste des connaisseurs, prêtres obscurantistes qui étendent leur influence méphitique dans tout l'empire.
Malgré un postulat de départ pas très folichon, le scénario prend son envol, les péripéties rappellent vraiment un roman de Vance (avec les facilités que cela suggère), et se révèle agréable mais malheureusement pas transcendant.
Un bon album mais qui trahit son âge, il date de 1971 (la période 1980 avec les deux doubles albums me parait beaucoup plus recommandable) et semble maintenant assez anecdotique. A réserver aux inconditionnels de la série.
27 octobre 2009
Armageddon Rag de George R.R. Martin

Sandy nourrissait à l’égard de l’autoroute du New Jersey une haine qui transcendait tout sens commun. C’était une route dégueulasse, toujours bondée, et qui traversait certains des coins les plus sinistres de ce côté de Cleveland, un no man’s land puant de zones à urbaniser, de raffineries de pétrole, de cimetières de voitures et de décharges sauvages. La route était plongée dans un perpétuel brouillard grisâtre à l’odeur bien particulière, miasmes de monoxyde de carbone, d’échappements de diesel et de saloperies chimiques dont une seule bouffée suffisait à faire renaître en lui des terreurs anciennes.
Dans le temps, il s’était fait aligner plus d’une fois sur l’autoroute, pour de prétendues infractions à la circulation ou pour des recherches de drogue. Les flics du coin étaient aussi aigrement antifreaks que les autres dans le pays et se plaisaient à traquer les hippies et les chevelus pour les coincer avec un zèle digne de déments. Si vous aviez le malheur d’arborer les mauvais auto-collants sur vos pare-chocs, vous étiez mal barré sur l’autoroute de Jersey, et la parcourir au volant de la Hogmobile, toute badigeonnée de pâquerettes pour McCarthy, c’était décréter soi-même l’ouverture de la chasse.
Sandy Blair, écrivain et ancien rédacteur en chef du Hedgehog, un magazine rock, se voit proposer de rédiger un article. Une occasion qu’il saisit d’autant plus vite qu’il est en panne d’écriture. Une bonne occasion aussi de parcourir le pays à la recherche de ses anciens camarade de fac et de défonce des années soixante, au frais de l’enfoiré qui l’a vidé de son ancien journal.
Edan Morse était d’un calme surprenant. « La mort n’est pas toujours le si formidable obstacle que l’on pourrait imaginer », dit-il.
Il m'a donné envie de le lire : Gromovar
24 octobre 2009
Le trio de l'étrange de Roger Leloup

Chose promise, chose due. Un de mes aimables commentateurs a fait remarqué sa méconnaissance de la BD SF francobelge. Retour aux fondamentaux encore une fois !
Tant Blake et Mortimer que Valérian et Laureline ont été évoqués sur ce blog et le seront encore.
Place donc à Yoko Tsuno de Roger Leloup, série préférée de mon épouse, ayant débutée dans les années 70.
Roger Leloup est un ancien collaborateur d'Hergé, doté d'un goût prononcé pour les engins volants et les coupes de cheveux féminines élaborées.
Au fil du temps la série s'est organisé sur trois axes : les aventures spatiales avec les vinéens, les aventures électroniques terriennes et les aventures temporelles (moins nombreuses et dont la qualité décroit passé la première).
Le trio de l'étrange introduit Yoko Tsuno, ingénieur en électronique japonaise et Vic et Pol techniciens en audio visuel. Pol est le comique de service tandis que vic représente la composante rationnelle, Yoko étant profondément humaine et impulsive en plus de ses qualités intellectuelles.
Après une introduction rapide où les trois personnages sont réunis suite à une méprise, ils s'associent pour mener à bien un documentaire sur une rivière souterraine sans résurgence connue.
Las, la plongée tourne court quand ils se retrouvent aspirés dans les installations souterraine d'une civilisation extra-terrestre : les vinéens.
Ces derniers ne semblent pas trop savoir comment traiter les trois intrus et la situation dégénèrent rapidement malgré le caractère non belliciste des extra terrestres. Pas besoin d'armes pour se faire des misères quand bon nombre d'engins ou d'outils sont létaux.
Bien que le trait soit encore un peu hésitant (c'est moi où Yoko et Pol ont des têtes énormes dans cet album ?), l'histoire est rondement mené et assez dense. Pas le meilleur album de la série mais une réussite indéniable.
Le sommet des dieux Tome 1 de Jirô Taniguchi et Yumemakura

Adaptation du roman éponyme de Yumemakura Baku et série fleuve en cinq tomes que je chroniquerai individuellement.
1924, Mallory et Irvine disparaissent au cours de la dernière phase de leur ascension de l'Everest. Sont ils morts en montant ou au cours du trajet retour, nul ne le sait.
1993, Fukamachi accompagne en tant que photographe, une expédition tragique sur l'Everest. Marqué, il reste quelque temps à Katmandou. Dans un magasin douteux, il tombe sur un vieux Kodak de 1924. Est ce l'appareil de l'expédition Mallory ?
Il l'acquiert puis enquête suffisamment maladroitement pour que le receleur lui vole pour lui refourguer encore plus cher. Entre alors en scène un alpiniste japonais vieillissant Habu Jôji. Lui et un sherpa sont les victimes initiales du vol et entendent bien récupérer leur possession.
Repoussé par Habu, Fukamachi de retour au Japon mène son enquête sur lui. Il découvre alors une légende de l'alpinisme à l'aura sombre.
Au fil des témoignages sans concession sur cet être qui a tout sacrifié à la montagne, apparait une autre figure Hase Tsuneo, à la personnalité solaire. Très vite la rivalité qui les oppose apparait avec des exploits de plus en plus impressionnants et dangereux.
Au terme de ce premier tome, on fait connaissance de Fukamachi et Habu, la présentation de ce dernier occupant la plus grande part du récit tandis que l'entrée en scène de Hase est plus tardive. L'intrigue sur l'appareil photo reste mineure pour le moment.
La narration est prenante et le trait de Taniguchi réussit. Un très grand récit d'alpinisme, le réalisme de Frison Roche couplé à une recherche d'absolu menant à des exploits grandioses.
Difficile de décrocher une fois que l'on a commencé. Superbe.
21 octobre 2009
Substance Mort de Philip K. Dick

A errer ainsi sur la voie publique, parmi toutes sortes de gens, il éprouvait un sentiment étrange concernant son identité. Ainsi qu’il l’avait expliqué aux spécimens du Lions Club, sans son complet brouillé il ressemblait à un toxico ; il causait comme un toxico ; ceux qui le croisaient le prenaient certainement pour un toxico et réagissaient en conséquence. Les autres junkies – tiens se dit-il, je parle même des « autres » junkies – lui coulaient un regard en forme de « paix, mon frère ». Pas les straights.
Fred est un policier dans le milieu des toxicomanes afin de
remonter la filière de
Ou bien : « Donna est morte ». Hank se
contenterait de prendre note. Peut-être demanderait-il : « Qui
lui a vendu l’acide et où est-il fabriqué ? »… « Où ont lieu les
obsèques ? On devrait aller relever quelques noms et quelques numéros
d’immatriculation. ». Fred soutiendrait la conversation sans se troubler.
Fred était comme ça. Mais plus tard sur le trottoir, quelque
part entre la pizzeria et la station service Arco (un dollar deux cents le
gallon d’ordinaire), Fred se changerait en Bob Actor, et les terribles couleurs
de l’évènement filtreraient à nouveau en lui, qu’il le veuille ou non.
A mesure que la surveillance de Bob Actor s’intensifie, Fred / Bob perd pied tant du fait de la drogue que de cette situation schizophrénique. Une véritable descente aux enfers…
Bob Actor se répéta
Un roman portant moins sur cette situation aliénante que sur les ravages de la drogue sur les esprits. Les discussions oiseuses sans queue ni tête se succèdent, de même que les situations surréalistes. Au final un récit assez cynique, tenant plus du témoignage (d’après le mot de la fin) malgré une construction surprenante.
18 octobre 2009
Valerian et Laureline tome 9 et 10 de Mezières et Christin
Suite à plusieurs discussions sur Orbital avec un ami, qui se reconnaîtra, je suis revenu aux fondamentaux.
A savoir le double album de Valerian et Laurine : Métro Châtelet Direction Cassiopée et Brooklyn Station Terminus Cosmos.
Une histoire d'autant plus chère à mon coeur qu'il s'agit de mon premier contact avec cette série, grâce aux premières planches de Brooklyn Station Terminus Cosmos, parue dans un vieux Pilote, que ma soeur m'avait gracieusement transmis.
Métro Châtelet Direction Cassiopée

Alors que Laureline enquête dans la constellation de Cassiopée, Valerian est largué dans la France des années 80 où se manifeste de curieux phénomènes. Guidé par M Albert, l'agent fixe de Galaxity dans cette époque, Valérian est chargé d'éliminer toutes ses apparitions anachroniques, tandis que Laureline cherche les responsables à des années lumières de là.
Si dans les albums précédents, Valérian avait pu apparaître quelque peu dépassé, il l'est ici encore plus. La tête ravagée par l'opération lui permettant de contacter psychiquement sa compagne, oscillant au bord du spleen du fait de son incompréhension des évènements. M Albert de son côté apparait autant comme un personnage sympathique et excentrique qu'un agent d'investigation extrêmement efficace.
Du côté de Laureline, son caractère rebelle est un peu éclipsé par une explosion de charisme et un côté incisif jubilatoire.
Une première partie bien menée et très accrocheuse.
Brooklyn Station Terminus Cosmos
Alors que le spleen de Valérian touche à sa fin de manière radicale, l'enquête avance à grands pas. M Albert connait les destinataires des manifestations sur Terre tandis que Laureline se rapproche de plus en plus des instigateurs.
Valérian redevient l'agent efficace qu'il était avant de se retrouver de nouveau la tête à l'envers ce qui lui vaudra de nouvelles avanies.
Un récit plus nerveux que le précédent, où les révélations s'enchaînent tandis que les épreuves subies par Valérian semblent lui avoir fait gagner en maturité.
Au final, une histoire en deux tomes exceptionnels tant pour son ambiance (que l'on retrouvera en partie dans Les Spectres d'Inverloch et Les Foudres d'Hypsis), ses personnages secondaires hauts en couleurs que son scénario très élaboré.
Une indéniable réussite, un classique de la BD franco belge de SF incontournable qui n'a pas pris une ride.






















