17 février 2010

L.G.M. de Roland C. Wagner

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Le 18 juin 1967, à 5h 34 heure de Paris, Arès 1 toucha le sol martien dans la région de Chrysia Planitia, un peu plus brutalement que prévu en raison d’une mauvaise extrapolation de la pression atmosphérique locale. Et sans doute le choc dut-il mettre hors d’usage quelque pièce vitale car la sonde tomba presque aussitôt en panne, non sans avoir transmis auparavant un unique cliché à la Terre – un gros plan d’un Petit Homme vert tirant la langue à l’objectif.

L.G.M.

Little Green Man.

Le petit home vert.

L’ambassadeur martien sur Terre. 

La course à l’espace entre les USA et l’URSS a brusquement changé quand une sonde a mis en évidence la présence de vie intelligente sur Mars. L’URSS arrive première sur place et se libéralise tandis que les USA se crispent de plus en plus et sont menacées de sécession de toute part.

C’est dans cette ambiance que l’ambassadeur martien est ramené par les russes sur le sol terrien. Volontiers irrévérencieux, il ne tarde pas à fausser compagnie aux officiels pour se mêler à une sorte de communauté hippie française qui le vénère.

Goûtant sur place à toute la gamme des plaisirs terrestres, il est sauvé in extremis, par l’agent français chargé de le retrouver, d’une tentative d’enlèvement musclée de la CIA. Le président américain Petit Buisson voulant mettre la main sur l’extra-terrestre qui boude son pays.

Commence alors une épopée rocambolesque, le LGM étant aussi la proie d’une faction obscure du KGB et d’un insaisissable agent multiple, qui se terminera sur Mars sur fond de cataclysme cosmique et de problématique quantique.

« Tu vois, camarade, m’avait-il dit à bord de l’avion peu de temps avant d’atterir à L.A., on peut trouver beaucoup de choses à reprocher aux Soviets, et je suis sûr que ta planète compte quelques dictatures bien plus dures que la démocratie musclée des républicains, mais s’il y a un pays où je ne veux pas mettre les pieds, c’est bien les Etats-Unis. Parce que c’est le genre d’endroit où je risquerais de me retrouver attaché tout vivant le ventre ouvert sur une table d’opération, avec des types en blouse blanche qui me tripoteraient les entrailles !

- Sûr, avais-je opiné, et, en prime, tu peux parier qu’ils trouveraient moyen de faire du fric avec ce qu’ils y découvriraient. »

Tout en rendant un hommage appuyé au Martiens, go home ! de Fredric Brown, R.C. Wagner dépeint une uchronie amusante par de cours chapitre de contexte, alternant avec ceux narrant cette course poursuite échevelée. Chaque chapitre est introduit par un extrait de chanson savamment retouchée et les clins d’œil musicaux sont assez nombreux dans le texte.

Tout comme le roman de Brown, celui-ci est plein d’humour mais ne se prive pas néanmoins de jouer avec le concept du Chat de Schrödinger. Un roman assez léger, drôle, pas foncièrement anti-américain ou pro soviétique, malgré les apparences, et bien ficelé. Un bon moment.

Posté par efelle à 20:37 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur L.G.M. de Roland C. Wagner

Un Wagner chasse l'autre dis donc.

Martiens go home quelle drôlerie !

Je vais peut-être me laisser tenter par les deux Wagner du coup. Du moins, tout ce que je trouverai en poche.

Posté par arutha, 17 février 2010 à 20:46

Pour l'américain, tu vas avoir du mal malheureusement.

Posté par Efelle, 17 février 2010 à 21:03

Il me dit quelque chose se bouquin...
Il est très drôle en tout cas. :¬)

Posté par Laurent, 17 février 2010 à 22:51

Ouaip, je ne regrette pas les bouteilles du coup.

Posté par Efelle, 18 février 2010 à 09:24

Comme tu as pu le voir sur mon blog (si je me souviens bien!), je viens de lire un Wagner. Son humour me plaît bien! Je me laisserais tenté par celui-ci également... mais si de loin cela semble bien être de l'humour à gros traits. Les petites piques ici et là sont généralement biens agréables à lire avec un sourire imbécile au coin de la bouche!

Posté par Julien Naufragés, 18 février 2010 à 20:24

Il y a pas mal de dérision et est férocement anti républicain US (ce qui ne me gêne pas mais c'est là qu'il force le trait et encore quoi que...) tout en restant dans le même style que Les Futurs Mystères de Paris (sans s'y rattacher, c'est un roman autonome). Je préfère toutefois LGM à la Balle du Néant.

Posté par Efelle, 19 février 2010 à 08:19

Il est retenu pour ma PAL, d'ici quelques temps...

Posté par Guillaume44, 20 février 2010 à 09:15
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