30 septembre 2010

Péplumeries et autres films costumés épiques

J'aime énormément les films pseudo historiques à gros budget. Aucun d'eux n'est exempt de défauts ou de révisionnisme mais voici tout de même, pour meubler cette soirée, ma petite sélection personnelle. 1 Kagemusha Que dire ? 2 Les Trois Royaumes (Version Longue) Une excellente surprise, les deux films de la version longue donnent toute sa dimension à cette fresque. 3 Ran Ok c'est l'adaption d'une pièce de Shakespeare mais c'est excellent... 4 Kingdom of Heaven (Version Longue) Du grand spectacle, la Version Longue gomme les défauts les plus flagrants. 5 Hero Plus une question d'ambiance et de photo que l'histoire elle même... 6 Master and Commander Poudre et dentelles sur l'océan et très bonne surprise. 7 Le Dernier Samuraï Voir Hiroyuki Sanada coller une branlée à Tom Cruise ça n'a pas de prix et la photo est jolie. 8 Gladiator On passera sur l'aspect historique...

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28 septembre 2010

Au carrefour des étoiles de Clifford D. Simak

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Il suivi le porche et arriva devant une fenêtre. Alors, il remarqua une chose qui lui avait échappé jusque-là. Une chose qui contribuait à donner à a ferme un aspect plus inquiétant encore que celui qu'elle avait naturellement : les fenêtres étaient noires.
Elles n'avaient ni voilage, ni rideaux, ni contrevents. C'étaient de simples rectangles de couleur d'encre, des orbites vides béant dans le crâne qu'était cette bâtisse.

Claude Lewis est un agent de la CIA qui enquête sur un cas défiant toute logique : Enoch Wallace. Qui est cet étrange individu qui vit reclus dans la ferme familiale depuis semble-t-il la fin de la guerre de Sécession ?  En profitant de la promenade quotidienne de Wallace, Lewis explore son domaine constate l'étrangeté et l'immuabilité de la maison de Wallace puis fait une surprenante découverte dans son jardin...

Alors que la CIA intensifie sa surveillance, changement de protagoniste ! La narration s'attache au pas d'Enoch qui est bien un vétéran de la guerre de Sécession toujours en vie au coeur de la guerre froide. Fasciné par les étoiles et vivant dans un lieu isolé, il a été contacté par les représentants du fédération galactique... Ces derniers lui ont proposés de devenir le gardien d'un relais de téléportation en lieu et place de sa maison et d'acquérir une forme de quasi immortalité.

C'est drôle, ces relations avec Ulysse, songea Enoch. Ils avaient sympathisé dès leur première rencontre, cet après-midi d'orage où ils avaient devisé sur les marches du perron ; où l'étranger avait dépouillé son masque humain.
Un visage effrayant s'était alors révélé. A faire frémir. Celui d'un clown cruel. Pourquoi cette expression lui venait-elle à l'esprit ? s'interrogeait Enoch. Les clowns ne sont jamais cruels. Et pourtant, en ce cas particulier... cette figure bariolée, ces mâchoires émaciées et desséchées, cette bouche mince, semblable à une étroite balafre...
Et puis, Enoch avait vu les yeux de l'étranger et cela effaçait tout le reste. Des yeux immenses où, doucement, palpitait une lueur de compréhension. Le regard d'Ulysse se tendait vers Wallace comme une main d'amitié.

On apprend alors la vie, les motivations et les espoirs de Wallace pour la Terre et ses peuples. Rapidement tout part de travers et les problèmes s'empilent tant avec ses voisins arriérés qu'avec le Centre Galactique suite à une entourloupe de la CIA, tout ceci au moment où la guerre nucléaire semble devoir se déclencher...

Sans se départir d'une certaine ambiance campagnarde paisible et d'une bonne dose d'humanisme, Clifford D. Simak déroule une histoire très sympathique avec un héros portant en lui quelques blessures, la conclusion pourrait paraitre naïve si Simak ne s'offrait un rebondissement poignant dans les dernières pages. Un roman très agréable bercé par cette ambiance paisible propre à l'auteur mais non plus dénuée de désenchantement. Un très bon moment.

Il m'a donné envie de le lire : Nébal.

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26 septembre 2010

Réminiscences 2012 de Laurent Kloetzer

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Une grande tour noire sur fond de ciel pollué, au coeur de la Ville. C'est là que je travaille. Si vous passez au pied de la tour CBM, marchant sur le parvis balayé par le vent, vous chercherez peut-être la fenêtre de mon bureau, au milieu de ces grandes façades de verre-miroir qui ne renvoient aucune image. Mais vous ne la trouverez pas.

Monsieur K est un ARP, le détective attitré de sa firme censé enquêter sur le personnel. Méprisé par les services de sécurité, méprisant l'absence de moralité de la firme pharmaceutique qui l'emploie, Monsieur K traine son ennui et son insatisfaction.

C'est le squat d'une demi-douzaine de jeunes, le genre de mecs cools, très cools, extrêmement cools. Gentils, et tout. Le plus jeune : dix ans. Le plus vieux : dix-sept ans. Point commun : tous atteint du CRH, le virus qui infecte les trois quarts des enfants de la planète et les tue avant quinze ans, ou vingt ans s'ils prennent de l'Acide. La drogue institutionnalisée vendue par mon employeur... L'Acide permet de vivre plus longtemps, mais pour les effets secondaires, imaginez ce que donne un mélange entre du LSD et du détergent. Et j'oubliais les yeux argentés.

Tout bascule en janvier 2012 par l'arrivée d'un étrange courrier, d'une affaire pas nette dans les arrières cours de sa boite et l'arrivée d'Alex dans sa vie. Adolescent survolté, diablotin infernal, Alex lui permet de se sortir de sa torpeur et aussi de se tirer de situation impossible...

Suivent alors onze autres récits, un par mois, dont quelque uns sur le passé d'Alex jusqu'à la conclusion de cette aventure.

Satisfaction mêlée d'amertume. Je hais Parseval pour ce qu'il a fait, je le hais. Il n'avait pas le droit, ce n'est pas parce qu'il a du fric qu'il a le droit de faire mourir des gosses. Je sais, c'étaient des Sauvages, et probablement des hors-la-loi...Mais la fille était enceinte. Il n'avait pas le droit, pas le droit. Je le hais ! Lui, ainsi que tous les gens de la sécu.
- Tu pleures, me dit Alex.

Dans un univers résolument noir où la plus part des enfants naissent condamnés et où tous les coups sont permis, Monsieur K ne joue pas dans la bonne équipe. La présence d'Alex lui permettra de survivre et de garder espoir dans l'avenir.

Stairway to heaven. Je ne l'imaginais pas aussi noir, l'escalier de Led Zeppelin, mais je le reconnais maintenant... Et il y a en moi cette espèce d'espoir insensé de la Lady who knows, all that glitter is gold. Je monte désespérément les centaines de marches qui mènent au rêve de Jérôme Desnelles, dernière tentative pour rejoindre le ciel. Je ne fais plus que marcher en regardant devant moi, au-dessus de moi, oubliant tout, malgré l'essoufflement qui me donne un goût de fer dans la gorge, malgré l'air brûlant et toxique, malgré l'escalier qui se balance au-dessus du vide. Des marches, des marches et encore des marches.

Entre romans et recueils de nouvelles, Réminiscences 2012 est une belle expérience mêlant le roman noir au récit onirique ou hallucinatoire, empruntant un peu à Dick mais surtout à l'univers fantasy de Laurent Kloetzer.
Bien que chaque nouvelle soit une expérience différente, le tout forme un ensemble cohérent qui avance tranquillement vers sa conclusion. Le voyage est intéressant : hommage à Fritz Leiber en mettant Ill met in Lankhmar à la sauce cyberpunk et la narrant par un membre de la guilde, Monsieur K ; récit de guerre allant chercher une conclusion heureuse chez Tolkien et les Beatles ; une arcologie ressemblant à la Petite Dvern ; des enquêtes sur fond de crimes crapuleux, de snuff movies, magouilles corporatistes ou de terrorismes ; concert du siècle... Un très bon moment mais qui à mon sens nécessite d'avoir lu Mémoires Vagabondes pour être pleinement apprécié.

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21 septembre 2010

Exterminateur 17 de Bilal et Dionnet

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La création des androïdes a doté un gouvernement de chair à canon bon marché, les exterminateurs, lui permettant ainsi d'en user sans remords lors de négociation avec le moindre cailloux colonisé par l'humanité. Lors l'une de ses séances diplomatiques musclées, les discussions aboutissent alors que l'offensive est en cours. Pour éviter toute complication, les androïdes sont définitivement désactivés... Lors de ces manoeuvres, le vieux scientifique, créateur de ces êtres, repère sur le champ de bataille, le dernier exemplaire de la première série viable la 17eme... La seule partageant les mêmes cellules que lui. A l'annonce de sa destruction, il défaille mais curieusement l'Exterminateur 17 revient à la vie...

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Face à cet évènement à la portée spirituelle extrême pour les androïdes et pouvant impliquer leur révolte, les machines en venant à se considérer vivantes, le gouvernement met tout en oeuvre pour retrouver le fugitif et l'éliminer.
Traqué et marqué au front, l'Exterminateur 17 ne devrait avoir aucune chance mais son association avec le conteur Cleton, homme astucieux mais aussi mystérieux et manipulateur lui permet d'échapper un temps à ses poursuivants...

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Etrange récit qui me fascine depuis mon adolescence, avec un ressenti différent à chaque relecture. Aux moments d'action succèdent des discussions philosophiques sur la nature des androïdes et le dénouement de cette histoire est surprenant.

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Cette BD date de 1989, le trait de Bilal est celui de cette époque, pas désagréable juste différent, étrange mais adapté à l'ambiance du récit. Côté narration, Dionnet emprunte quelques éléments classiques de SF et les mêlent habilement.  Le résultat atypique ne laisse pas indifférent, on adore  ou on déteste.

SSW

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19 septembre 2010

Le fléau des dieux de Valérie Mangin et Aleksa Gajic

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Les Huns ont atteints l'Orbis Romain, un vaste empire galactique, leur roi Rua s'est emparé du système solaire d'Aquincum. Alors que les romains croyaient dominer toute l'humanité et avoir atteint la plénitude de leur puissance au point de bannir toute recherche scientifique, les voilà confrontés à un peuple barbare qui se déplace plus rapidement qu'eux dans l'espace...

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Dans ses conditions et suite à la mort subite de l'Empereur, Galla la mère de Valentinien, le nouveau et trop jeune empereur, signe la paix avec Rua. Parmi les conditions de la trêve figure la livraison aux Huns de douze jeunes patriciens. Ces derniers sont égorgés par les Huns en l'honneur de leur divinité tutélaire : Kerka la déesse du Chaos. Flavia Aetius survit pourtant à la lame du bourreau...

Immédiatement adoré par le peuple et proclamée incarnation de la déesse Flavia devient le pion dans la lutte de pouvoir qui oppose Rua, Attila son fils et Oktar le Grand Prêtre. Grand perdant au cours de l'affrontement, Attila est exilé au sein de l'Orbis Romain...
Toutefois à son retour, il a quelques cartes en main qui lui permettent de manipuler Flavia tout en provoquant aussi la chute de ses deux adversaires... au passage l'immortalité de Flavia sera confirmée. Par contre, contrairement à sa promesse, il ravage immédiatement les provinces romaines dont il a connaissance.

Grâce à Ebarse, le garde que lui avait attribué Oktar, Flavia réussit à échapper à l'emprise d'Attila et à rallier sa planète natale en ruine... Confrontée aux survivants, elle aura bien du mal à expliciter sa situation. Elle réussira néanmoins à rallier les romains et un cercle restreint de fanatiques huns. A leur tête, elle reprendra la lutte sous le nom et le heaume de son père

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Bien que divinisé par les Huns, elle doit les vaincre sur le champ de bataille en tant que romaine pour les stopper et abattre définitivement Attila. Malheureusement, elle découvrira qu'elle ne fait que rejouer une scène de l'antiquité en accédant aux archives secrètes de la capitale... ainsi que la présence d'un autre dieu dans l'arène.

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Le conflit prendra de l'ampleur au fur et à mesure que la colère d'Attila sombrera dans la démence, persuadé qu'il est que la déesse Kerka le met à l'épreuve en prenant parti pour le romain Aetius.

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Même capturé, il ne s'avouera pas vaincu allant jusqu'à se battre en duel contre Flavia alors que cette dernière tente de lui asséner ses conclusions sur la manipulation dont ils ont été victimes...

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Le pouvoir romain saisira cette occasion pour se débarrasser de ces deux dieux bien encombrants mais finalement peu puissants en tant qu'individus. Tandis que l'empire sombrera dans la guerre civile du fait des partisans huns et romains d'Aetius, les deux divinités seront recueillis par leur pairs.

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La nature et la motivation de ces derniers leurs seront révélés de même que leurs propres origines et le but qu'ils ont servis. Ecoeurés, ils mèneront la révolution dans l'Olympe afin que les occupants des lieux leurs accordent tous les attributs divins qui leur reviennent... permettant ainsi à Flavia de stopper les massacres qui ont lieu au sein de l'empire en son nom.

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Au moment de leur succès, Saturne, le chef de la faction divine sortira de l'ombre et démontrera aux deux jeunes dieux qui est le maître.

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Finalement face à sa démence bien réelle, les autres dieux entreront aussi dans la lutte... Mais Saturne semble malheureusement bien trop retors pour eux, l'humanité sera-t-elle condamnée à être dirigé par un dieu fou ?

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Si la transposition de l'invasion de l'empire romain par les huns en space opera peut laisser dubitatif au premier abord, il faut bien reconnaître que Valérie Mangin mène parfaitement sa barque, au fur et à mesure des pages, le récit prend de l'ampleur pour arriver à une dimension véritablement apocalyptique, démente et parfaitement maîtrisée. Son récit, qui n'est pas sans  rappeler un roman de Roger Zelazny, se tient de la première à la dernière page, porté par le trait très agréable Aleksa Gajic. Le fléau des dieux est un superbe space opera, une excellente distraction pleine de rebondissements, une fresque épique pleine de bruit et de fureur et surtout beaucoup plus fine qu'elle ne le parait au premier abord.

SSW

PS : J'ai essayé de limiter les spoilers mais chroniquer une série pleine d'autant de rebondissements nécessite de lever quelque peu le voile sur certains éléments de l'intrigue.

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18 septembre 2010

Dracula de Bram Stoker

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Dans le cadre d'une lecture commune avec Guillaume44 et Lhisbei, j'ai relu Dracula de Stoker. Une bonne occasion de remonter à la plus mythique des histoires de vampires à l'heure où la bit-litt est partout.

Lorsque je montai dans la diligence, le conducteur n'était pas encore sur son siège, mais je le vis qui s'entretenait avec la patronne de l'hôtel. Sans aucun doute ils parlaient de moi car, de temps à autre, ils tournaient la tête de mon côté : des gens, assis sur le banc près de la porte de l'hôtel, se levèrent, s'approchèrent d'eux, écoutant ce qu'ils disaient, puis à leur tour me regardèrent avec une visible pitié.
Journal de Jonathan Harker.

Jonathan Harker, employé d'un sollicitor londonien se rend en Transylvanie pour terminer l'acquisition par un noble local, le Comte Dracula, d'une résidence en Angleterre... Très vite, le jeune anglais se rend compte des craintes qui s'attachent au lieu où il se rend et les moeurs de son hôte se révèle assez étrange. Ce dernier en effet vit seul dans un château passablement délabré, semble commandé aux loups et ne parait qu'à la tombée du jour.

Quand Harker découvre la monstruosité du comte, il est trop tard se dernier est déjà prêt à s'installer dans la banlieue londonienne et laisser Harker derrière lui en pâture à ses créatures. Alors qu'Harker au bord de la folie réussie à s'évader du chateau, le comte aborde les côtes britanniques.

Toujours ce brouillard que le lever du soleil ne parvient pas à percer. Si je n'étais pas un marin, je ne saurais même pas que c'est le lever du soleil. Je n'ai osé ni descendre dans la cale ni quitter le gouvernail ; je suis donc resté ici toute la nuit et, dans l'obscurité, j'ai aperçu la chose - je l'ai aperçu, lui ! Que dieu me pardonne, mais le second a eu raison de se jeter à la mer. Il a eu raison de vouloir mourir en homme ; on ne peut pas reprocher à un marin de vouloir mourir ainsi.
Journal de bord du "Demeter" de Varna à Whitby

A Whitby où le navire affréter par le comte s'échoue réside Lucy Westenra et Mina Murray, la fiancée d'Harker. Lucy sujette à des crises de somnambulisme sera attirée à l'extérieur toutes les nuits, Mina fait de son mieux pour protéger son amie...

Encore une journée paisible, et, le soir, je me suis à nouveau couchée, la clef attachée à mon poignet. Lorsque dans la nuit, je me suis réveillée, Lucy, endormie était assise dans son lit, et du doigt, montrait la fenêtre. Je me précipitai vers la fenêtre et, levant le store, je penchai la tête pour voir ce qui se passait au-dehors. Il faisait un beau clair de lune, et la mer et le ciel se confondaient dans cette douce lumière argentée et dans le silence mystérieux de la nuit. Devant moi, une grande chauve-souris passait et repassait en décrivant de larges cercles.
Journal de Mina Murray.

... mais Mina doit bien partir pour l'Europe de l'Est où son fiancé a refait surface en triste état. Lucy est alors victime d'une curieuse affection qui l'affaiblit chaque nuit. Un de ses amis, amoureux évincé, le Docteur Seward fait appel à son maître et ami le savant hollandais Van Helsing. Avec le fiancé de Lucy et un autre ami et amoureux évincé, ils tenteront l'impossible pour sauver la jeune femme avant de comprendre la nature de son mal...

Commencera alors une lutte à mort à Londres et ses alentours entre le vampire et ses chasseurs, une chasse qui se terminera dans les fins fonds de la Roumanie.

Bien que très connoté par le XIXeme siècle où il a été écrit, Dracula se lit plutôt bien, sans doute  grâce à la forme de la narration constituée d'une succession de journaux intimes et de lettres. Le monstre est soigneusement mis en scène de même que ses capacités et limitations. La ruse, la perversité et la cruauté dont il est capable accroissent aussi la tension en permettant quelques rebondissements très plaisants. Les protagonistes faibles par rapport au monstre emportent la sympathie tant par les épreuves qu'ils traversent que par la volonté dont ils font preuve. A noter que le roman s'accélère brusquement quand la traque commence... Un roman très agréable qui tranche avec la tendance actuelle du vampire glamour voire sympathique.

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17 septembre 2010

Résultats du concours 10 ans de Folio SF

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Tout d'abord les solutions :
1 Le monde inverti de Christopher Priest
2 Fight Club de Chuck Palahniuk
3 La forêts des mythagos de Robert Holdstock
4 L'homme qui voulait tuer l'empereur de Thomas Day
5 Histoire du futur I de Robert Heinlein
6 La planète géante de Jack Vance
7 Le vaisseau des voyageurs de Robert Charles Wilson
8 Un choeur d'enfants maudits de Tom Piccirilli
9 La maison aux fenêtres de papier de Thomas Day
10 Serpentine de Mélanie Fazi

Une seule personne a rendue une réponse non valide en n'indiquant pas les auteurs mais elle n'était pas dans les cinq premiers donc pas de regret à avoir.

Les gagnants sont donc par ordre d'arrivée :

Lhisbei

Orkan Von Deck

Guillaume44

Gaétan

Les frères Noëls

Les mails de demande de coordonnées ont été envoyés.


Félicitations à tous et merci pour votre participation.

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12 septembre 2010

Cryozone de Cailleteau et Bajram

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Le Neil Aldrin Amstrong est un vaisseau de colonisation parti de la Terre depuis 10 ans, portant en son sein dix milles hommes et femmes en sommeil cryogénique, la conduite du vaisseau et la maintenance est assuré par un équipage réduit de 400 personnes. Cette équipe oeuvre pendant six mois avant de se placer en cryosommeil après avoir éveillé ses remplaçants.

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Une routine bien réglée jusqu'à ce que survienne un incident puis un incendie qui endommage les installations de la société Cryotek. Le réveil d'urgence de la totalité de l'équipage s'impose mais au prix de 15 % de pertes humaines. Le responsable de Cryotek, Vaclav Zdik s'oppose à cette procédure et va même jusqu'à adopter une conduite criminelle pour empêcher toute forme de réveil.

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Désemparé, l'équipage provoque le réveil immédiat des dix milles caissons espérant tout de même sauvé quelques individus.
Le résultat est pour le moins surprenant...

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En effet, si le procédé de Cryotek fonctionne parfaitement en temps normal, en comptant 16 heures pour un réveil, il transforme en zombie toute personne sortie de cryogénie sans filtrage complet de son sang.  La situation tourne vite au massacre mais malgré tout une bonne partie de l'équipage réussit à s'en sortir et à contenir la horde de mort vivants.

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Malheureusement pour eux, Zdik n'a pas dit son dernier mot et dispose d'une escouade de barbouze en sommeil cryogénique (mais selon un autre procédé) dans une partie secrète des installations de Cryotek.

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Cryozone est une série B d'excellente facture, bien menée et rythmée, on ne s'ennuie pas dans ce diptyque. Les motivations de Cryotek pour l'utilisation d'un système cryogénique imparfait alors qu'elle en détient un second révolutionnaire sont limpides. Les protagonistes sont attachants tant l'intègre Commandant Katana que le barbouze Slobodan, au service des concurrents de Cryotek, ou la laconique Docteur Caron ont une personnalité digne des films de genre, façon le bon, la brute et le truand...
Quand à Zdik, il incarne la belle ordure, sans scrupules, indispensable à l'histoire.
Bref un bon moment, plus subtil qu'il n'y parait, bien doté en action et en humour.

SSW

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Miss Endicott de Fourquemin et Derrien

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Miss Prudence Endicott revient des Indes suite à l'annonce de sa mère pour reprendre la fonction de conciliatrice de la ville de Londres. Cette activité étant essentiellement nocturne, elle travaillera en tant que nurse la journée.
Dynamique et moderne pour l'époque victorienne, c'est sans problème qu'elle prendra en main le petit Kevin, évinçant au passage l'atroce cuisinière française.

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Quant à l'ancien associé de sa mère, il est rapidement mis au pas.

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N'ayant pas froid aux yeux, Miss Endicott n'hésite pas à se confronter, de manière énergique, à la pègre des bas fonds londoniens pour résoudre les problèmes qui lui sont soumis.

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Sa première mission, lui permet aussi de découvrir le monde souterrain, peuplés de freaks, ignoré d'une bonne part de la population. Bien que ceux ne dépendant pas d'elles, elle décide de leur faire bénéficier de sa justice.

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Malheureusement, un complot de grande envergure est en cours et ces réformes ne suffiront pas pour éteindre la haine et le désir de conflit qui couve dans le sous sol. Les évènements se précipitent, la situation dégénère imposant le retour sur la scène d'une figure tatcherienne pour maitriser l'apocalypse steampunk qui pointe à l'horizon.

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Face aux mesures expéditives de Maggie, Miss Endicott se retrouve sur la touche...

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Cela dit, la violence reste bien le dernier recours de l'incompétence, l'enquête de Maggie n'avance pas plus vite mais n'hésite pas à piétiner quelques quelques individus sur son passage. Pendant ce temps, évincée, Prudence tente de sauver les quelques innocents pris dans cette tourmente infernale.

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Bien que victorien, le Londres de Fourquemin et Derrien n'est pas sans rappeler le Neverwhere de Neil Gailman, à la sauce steampunk. Petits peuples oubliés dans les profondeurs, machines infernales, personnalités féminines hors normes et une galerie de second couteaux sympathiques, l'histoire est assez agréable à suivre même si tout cela m'a semblé trop lié, les coïncidences étant trop heureuses mais cela reste un défaut mineur. Ce qui m'a le plus gêné en fait est le manque de variété dans les visages des personnages entrainant quelques confusions au début.
Quoi qu'il en soit ce diptyque de 160 pages est un très bon moment, on ne s'ennuie pas en le lisant, le mélange d'humour et de drame fonctionne parfaitement.

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10 septembre 2010

Double étoile de Robert Heinlein

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Personne ne pouvait m'accuser de préjugés raciaux. La race, la couleur, la religion d'un homme ne me faisaient rien. Mais les hommes étaient des hommes. Et les Martiens étaient des choses. Pas même des animaux, de mon point de vue. A choisir, j'aurais préférer fréquenter un phacochère. Il me paraissait scandaleux qu'on les autorise à entrer dans les restaurants et les cafés. Mais il y avait le traité, bien sûr ! et je n'y pouvais rien.

Lorenzo Smythe, le Grand Lorenzo est un comédien plein de talent mais sans succès et dans une très mauvaise passe... Peu porter sur les voyages, il n'a fait qu'un bref séjour sur la Lune et ne s'intéresse pas à la situation politique du système solaire...

L'homme a pourtant atteint les étoiles et découvert des espèces intelligentes sur Mars et Vénus. Si le partage de l'espace se passe relativement bien, les humains sont scindés en deux grandes factions (incluant toutefois de multiples mouvements internes), le partie de l'Humanité et les Expansionnistes.  Les premiers prônent le tout humain et l'exclusion des extra-terrestres tandis que le second milite pour leur intégration dans la fédération humaine en tant que citoyen de plein droit.

John Bonforte, le chef de la fédération ayant déjà été victime de plusieurs attentats, sa garde rapprochée contacte Smythe en tant qu'acteur lui ressemblant le plus... Le job est simple remplacer le politicien juste le temps d'assister à sa cérémonie d'adoption au sein d'un clan martien. Une gageure pour un individu qui est révulsé par la simple odeur des martiens.

De toute façon, même si j'avais eu des opinions politiques quelconques, elles ne m'auraient jamais fait pencher en faveur de Bonforte. Je le considérais comme dangereux, et même, peut-être, comme un traître à l'Humanité toute entière. La seule idée de le représenter et de me faire tuer à sa place, m'était... comment dire ? Désagréable, pour le moins.
Mais, quel rôle !

Très vite les évènements se précipitent des barbouzes d'un groupuscule extrémiste du parti de l'Humanité, épaulés par un clan martien rival tente d'éliminer Smythe et ses employeurs putatifs. Embarqué manu militari par le pilote spatial, Dak Broadbent, l'acteur quitte la planète et subit un habile chantage. Que vaut la parole d'un comédien au casier judiciaire assez long contre un pilote et politicien très influent ?

Cela ne me plaisait pas. Jusqu'ici, Dak, ne m'avait dit aucun mensonge patent, mais il lui était arrivé, en revanche, de mentir par omission, comme j'avais pu m'en rendre compte non sans acrimonie.
"Vous voyez, je n'ai aucune raison de vous croire, Dak Broadbent, ni de croire cette jeune dame, si voulez bien me pardonner, mademoiselle. Et même si je n'ai pas de sympathie pour M. Bonforte, il a la réputation d'être désagréablement, et même agressivement, honnête. Alors je me demande quand je pourrai lui parler. Dès notre arrivée sur Mars ?"
Le visage laid et trop joyeux de Dak s'est soudain ombré de tristesse.
"Je crains que non, dit-il. Penny ne vous a pas mis au courant ?
- Mis au courant de quoi ?
- Eh bien, voilà vieille branche. C'est la raison pour laquelle nous avons besoin d'un sosie : le Chef a été kidnappé."

Menacé et mis le dos au mur, Lorenzo doit endosser le rôle de Bonforte le temps de la cérémonie et de retrouver ce dernier. Une mission relativement courte dans la mesure où le parti adverse tente le tout pour le tout pour éliminer la doublure et Broadbent fait de même pour retrouver Bonforte.

Smythe finit par se prendre au jeu (avec un petit coup de pouce hypnotique quant à ses préventions olfactives) et ne refuse pas de prolonger la mission un peu plus longtemps, histoire que Bonforte puisse se remettre.

*  *  *   *   *  *  *  *  *  *  *
La ligne d'astérisques ci-dessus représente la cérémonie d'Adoption.
Et pour quelle raison ?
Mais parce que cette cérémonie ne regarde que les membres du Nid Kkkah. Affaire de famille.

S'il démarre sur les chapeaux de roues, la trame générale du roman d'Heinlein n'en reste pas moins assez prévisible mais plus que l'intrigue c'est le cheminement de Smythe qui est intéressant et captivant. Assez comique et léger dans un premier temps du fait de ses maladresses, l'acteur va s'investir de plus en plus dans son rôle et s'identifier au personnage, faisant sienne sa lutte pour les droits civiques des extra-terrestres.

Un peu d'action, un peu d'humour, un parti pris pour la liberté et l'égalité des droits pour tous et le décorticage du fonctionnement d'une coalition politique... Tout ses éléments atténuent de fait la prévisibilité de l'histoire.
Un bon moment, un petit texte que l'on dévore avec plaisir.

L'avis de Traqueur Stellaire

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