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Recueil de nouvelles, légèrement liées entre elles, Les Perséides permettent à Robert Charles Wilson d'alterner les ambiances du fantastique à la science fiction...

Jouer était une perte de temps impardonnable, mais Jacob voulait entrer en transe, voulait ce plaisir égoïste de sortir de lui-même, même un instant, et c'était chose impossible dans les cafés. Plus Rachel s'enfonçait dans la folie, plus il avait envie d'entrer dans son propre espace cérébral, comme s'il devait exister un équilibre sur le plan de la santé mentale.

Les Champs d'Abraham mettent en scène de manière convaincante, un jeune immigré tentant de survivre au début du siècle en compagnie de sa soeur aînée qui sombre dans la schyzophrénie... Jouer aux échecs avec un vieux libraire hors du temps est sa véritable forme d'évasion. Une nouvelle SF tirant vers l'étrange, très sombre mais aussi agréable. Un très bon moment.

Quelqu'un ou quelque chose nous regardait presque certainement. Les chiffres sont simples : avec pas moins de cent milliards d'étoiles et plusieurs centaines de milliards de planètes dans la galaxie, même si la vie est rare et l'intelligence un accident de l'évolution, les probabilités veulent que quand on contemple les étoiles, il y a quelque part dans cette infinité sans horizon un autre oeil braqué sur vous.

Wilson apporte sa réponse au paradoxe de Fermi dans Les Perséides, une approche glaçante dans un texte bien construit. Efficace et prenant, une réussite.

Si La Ville dans la ville m'a moins passionné, j'ai apprécié la fin sardonique et la manipulation derrière le jeu intellectuel consistant à imaginer une nouvelle religion. Sympathique sans plus.

Dans L'Observatrice, Wilson présente l'astronome Hubble de manière très humaine via le regard de sa protagoniste, une adolescente hantée par des visions terrifiantes. Un excellent moment du fait de ses personnages très bien construits.

Protocoles d'usage mêle antidépresseur et phéronome d'insecte. Un récit efficace et glaçant, là encore une réussite.

Ulysse voit la lune par la fenêtre de sa chambre est une mise en abyme de la relation entre humains et chats domestiques... Efficace et plaisant.

Le Miroir de Platon, plus convenu, est une nouvelle fantastique portant sur un artiste narcissique et la perception qu'il a de sa personne. Il manque quelque chose à ce texte pour qu'il fonctionne.

Divisé par l'infini, réutilise l'étrange librairie des Champs d'Abraham mais de manière totalement différente... Un retraité veuf dépressif est attiré par l'étrange libraire via des oeuvres improbables avant de se voir converti à une nouvelle conception de l'être, une vision fortement matiné de mécanique quantique, lui offrant une échappatoire à la mort des plus improbables. Efficace, prenant, un excellent moment.

Enfin Wilson indique dans la postface avoir voulu dédier une nouvelle à un de ses personnages secondaires et "retourner l'histoire de Déméter" avec Bébé perle mais le côté étrange ne prend pas, le texte aurait gagné à être plus développer, là la fin arrive trop vite et tombe quelque peu à plat.

Quoi qu'il en soit le bilan est des plus satisfaisant, la majorité des nouvelles justifiant la lecture de ce recueil. Bonne pioche !

 

L'avis de Yossarian.