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2014 sur une terre pacifiée depuis le début du XXeme siècle, une terre où la Première Guerre Mondiale a bien été la Der des der et où la SDN permet d'éviter les conflits armés majeurs... Tout celà grâce à la radiosphère, une couche de la haute atmosphère renvoyant partout dans le monde ce qu'elle capte et ce du fait de l'hypercolonie : un réseau d'animacules extra-terrestre, ignoré de presque tous, imposant un régime pacifié à l'humanité via une manipulation subtile des moyens de communications... Mais aussi via l'envoi d'êtres humains synthétiques, les sims, chargés d'éliminer toute menace à son existence.

Elle n'était pas assez bête pour croire que l'hypercolonie avait réduit à néant les penchants de l'humanité pour la violence et la haine. La violence se manifestait chaque jour partout dans le monde. Si le bulletin d'informations affirmait qu'il n'y avait eu aucun homicide en quinze ans dans le comté de Wattmount, Cassie était prête à parier que celui-ci avait eu son lot de bagarre dans les bars et de disputes conjugales, peut-être même connu quelques rixes raciales. Quant au niveau international : aucun conflit de grande ampleur, mais suffisamment de rébellions violentes et d'accrochages frontaliers mortels pour que le nombre de victimes continue d'augmenter. Ces dangereuses tendances avaient simplement été atténuées ou réprimées.

Cassie est la fille d'un scientifique qui travaillait en secret sur l'Hypercolonie au sein d'une organisation informelle et discrète, la  Correspondence Society, jusqu'en 2007 où les sims sont venus faire le ménage. Depuis Cassie vit chez sa tante, autre rescapée de la purge, avec son jeune frère quand un soir de 2014, elle repère un individu suspect depuis sa fenêtre, suspect qui se révèlera un sim par la grâce d'un chauffard. Formée par sa tante, absente ce jour là, elle applique le protocole de fuite qui lui a été inculquée et son frère sous le bras, prend la fuite. Elle rejoindra Leo et Beth, deux autres jeunes membres involontaires de la Correspondence Society, "fils et fille de", dans leur tentative pour rallier le chef informel de l'organisation, le père de Leo, Werner Beck.

De petites maisons avec de la lumière jaune derrière les rideaux tirés aux fenêtres. Les demeures de gens qui n'avaient jamais vu et ne verraient jamais que la surface du monde. Cassie se dit qu'elle avait été comme eux un jour. C'était le monde duquel elle avait été bannie : chaud comme une couvertude d'hiver, vu et abandonné au même moment. Elle l'aimait d'un amour d'exilée. Il défilait à l'extérieur de la voiture en couleurs de plus en plus passées. Elle fut tentée de lui faire au revoir de la main.

Alors que Nerissa, la tante de Cassie, rallie Ethan, son ex mari pour retrouver ses neveux, ils sont confrontés à une rencontre avec des sims au comportement intrigant : un affrontement entre eux... Commence alors une course pour retrouver les quatre jeunes gens et rallier Werner Beck pas forcément dans cet ordre. Une quête urgente vu la paranoïa, l'absence de scrupule et la détermination suicidaire de Werner Beck dans SA lutte contre l'hypercolonie, les jeunes risquant d'être instrumentalisés.

Et la journée qui commençait pourrait ne pas être meilleure. Vois les choses en face, s'ordonna-t-elle. La veille, le simulacre s'était crevé les yeux et elle lui avait sectionné les jambes avant de poser des garrots grossiers sur les moignons et de balancer ce qui vivait encore dans le coffre de la voiture. Elle allait à présent essayer de l'interroger. Ou de l'enterrer. Ou les deux. Sans doutes les deux.

Thriller paranoïaque, uchronie légère, Les derniers jours du paradis, remplit parfaitement son office. Si les premiers chapitres d'exposition avec Cassie sont énormément didactique, le récit devient très agréable une fois lancé. L'approche scientifique d'Ethan, le courage naïf de Cassie ou le regard acerbe et critique de Nerissa permettent de varier les points de vue dans ce court roman mené tambour battant. Les réflexions sur le sens de l'histoire, la difficulté ou l'énormité de faire un choix au nom de tous et le prix à payer sont bien amenés et rendus. Si Les derniers jours du paradis n'est pas à la hauteur de Spin, il n'en constitue pas moins un bon moment.

L'avis de Gromovar.