04 juin 2010

A travers temps de Robert Charles Wilson

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1979 Dans une maison isolée de Belltower sur la côte pacifique, Billy, un soldat du futur émerge brusquement de l’anomalie spatiotemporelle dissimulée par la bâtisse. Il abat Ben Collier, le gardien des lieux, et dissimule le cadavre dans les bois avant de repartir à une autre époque…

Il avait pris un peu de poids depuis le départ de Barbara, ce qui commençait à se voir… à un renflement au niveau abdominal ou à un peu de mollesse sur le visage. Mais c’était l’expression renvoyée par le miroir qui lui donnait l’air âgé. Il avait vu, dans des bus, des vieillards afficher la même. Un froncement de sourcils qui annonçait la reddition, l’accolade volontaire à la défaite.

 Les possibilités pour la soirée ?

Il pouvait regarder par la fenêtre son passé, ou dans le miroir, son avenir.

Dix ans plus tard, Tom Winter, quitté par sa femme, ayant perdu son emploi et sortant d’une légère période d’alcoolisme revient dans sa ville natale. Il acquiert cette maison isolée…

Rapidement, Tom remarque qu’il se passe des choses étranges dans la demeure. Sa vaisselle sale est récurée soigneusement toutes les nuits, les restes de pizza trainant dans leur carton au milieu du salon disparaissent…

La cuisine était à nouveau propre.

Le stratagème, désormais assez familier, ne l’impressionnait plus. Seuls les petits détails lui parurent fascinants. Le carton à pizza avait ainsi été nettoyé de la moindre bribe de matière organique, mais se trouvait toujours ouvert à un angle quelconque sur la table. Des décisions avaient été prises : ceci relève du déchet, pas cela. Et il ne s’agissait pas de simples décisions mécaniques. La nourriture à l’intérieur du réfrigérateur était restée intacte. Les emballages non ouverts étaient zone interdite. Il y avait une logique là-dedans. Répétitive, peut-être, mais complexe et bizarre.

En tentant de résoudre le mystère, Tom découvre le tunnel temporel, fixé sur New York en 1962. Alors que la maison l’appelle à l’aide ouvertement, il décide de fuir définitivement pour les sixties… Un bon remède à son spleen pense-t-il… Malheureusement pour lui Billy, passablement psychotique hante la ville. Quant à Ben Collier, il n’a pas finit la partie…

« Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »

Le regard de Catherine revint se poser sur la tête de l’homme, sur la coiffe de tissu translucide à l’endroit où aurait dû se trouver le crâne, sur le cerveau en dessous… du moins supposait-elle que cette vague masse blanchâtre était son cerveau. La créature prit la parole. « Ce serait trop long à expliquer.

- Que voulez-vous de nous ? demanda Archer.

- J’aimerais que vous me rameniez dans la maison, si possible. »

Archer garda un instant le silence. Catherine remarqua qu’il n’avait pas demandé : Quelle maison ? Celle de Tom Winter, songea-t-elle. Tout était lié, après tout. Les mystérieux évènements et les morts vivants.

Elle se sentit comme Alice, complètement perdue au fond d’un désagréable terrier de lapin.

Evocation réussie de différentes époques passées ou futur, d'ambiances, une palette de personnage plus importantes que dans ses autres romans, excepté Blindlake, un enchaînement d’évènements mystérieux. A travers temps ce révèle un très bon Wilson, bien construit qui prend de l’ampleur au fur et à mesure de son cheminement jusqu’à sa fin surprenante et réussie.

Au final, un roman très riche et plaisant qui se laisse dévorer. Il rejoint mon trio de tête constitué par Spin, Les Chronolithes et Blind Lake. Un excellent moment que je recommande.

L'avis d'Henri Bademoude.

Posté par efelle à 23:37 - - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur A travers temps de Robert Charles Wilson

Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd

J'ai pris bonne note de la recommandation

Posté par Munin, 05 juin 2010 à 00:00

Un bon Wilson ? Je prends
Sinon j'ai rêvé ou tu as bien parlé de dédicace de l'auteur ??

Posté par Sachka, 05 juin 2010 à 00:10

Obligée ! je me le note pour une prochaine lecture

Posté par Val, 05 juin 2010 à 07:43

@Sachka
Tu n'as pas rêvé, il était en France dernièrement et j'ai pu participer à la séance à la Librairie Scylla. Il a aussi participé à plusieurs salons : Imaginales ou Utopiales, je ne sais plus.

Posté par Efelle, 05 juin 2010 à 08:39

Voilà un titre qui m'a l'air fort appétissant. Merci pour cette belle chronique. Je vais finir par y venir à Wilson...

Posté par El Jc, 05 juin 2010 à 09:42

P'tit veinard ^^ Sympa le gars ?

Posté par Sachka, 05 juin 2010 à 15:08

Assez, sa dame aussi. Comme je l'ai twitté, j'ai eu une crise de timidité et j'ai été gêné par mon anglais rouillé. J'ai eu du mal à suivre sa réponse et la discussion qu'il a eu avec quelqu'un d'autres.
Apparemment il aime bien Heinlein, notamment pour Stranger in a Strange Land (En terre étrangère).

Posté par Efelle, 05 juin 2010 à 16:44

@ Efelle, je te comprends, déjà qu'on bafouille parfois devant un auteur français...

Posté par Guillaume44, 05 juin 2010 à 22:09

Très bon. On retrouve la finesse de wilson.

Posté par Gromovar, 09 juin 2010 à 11:19
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