img758

 

Seconde partie du dyptique et changement complet d'ambiance avec le retour sur le devant de la scène des deux ex agents clandestins de Citoyens clandestins : Fox (anciennement Fennec) et Lynx. Pour le premier placé par la CIA au sein d'un groupe de paramilitaires, les loyautés deviennent flou, la sensation d'être entouré de salopards. Pour le second, la traque relancée par fonctionnaire français, trafiquant dans la drogue avec 6N, le remet en selle... pour le pire. Une barbouzerie de trop, la perte de ses proches et le voilà sur le sentier d'une vengeance implacable et nihiliste.

Pour vivre heureux vivons cachés.

Comme moi ? Kayla est morte, Amel espionnée, menacée. Connard. Dix minutes ont passé. Calme plat. Lynx se lève avec peine, son dos et ses genoux trinquent. Le froid, le mouillé, l'immobilité, les habitudes perdues. L'usure. Il prend son sac, abandonne sa bouteille et titube hors de l'impasse, main sur le flingue, on ne sait jamais, si les deux pipelettes ne sont pas réellement parties. La parano, tout le temps, partout.

En Afghanistan, Shere Khan finira par aller au bout de sa vengeance envers 6N, déjouant accidentellement les manoeuvres de celle-ci et permettant à Fox de se reprendre... Lynx suivra une trajectoire similaire qui l'amènera à son tour en Afghanistan sur les traces d'Amel, qui tel Icare est en fâcheuse posture.

La journée passe, lente, peuplée de mauvais songes et de réveils coupables, bercée par une autre menace, lointaine et pourtant si proche, celle des drones vrombissants. Au début de son séjour, Amel n'y prêtait pas attention, elle n'en avait même pas conscience. Ensuite, trompée par des fièvres délirantes, elle s'est demandée d'où venait ce bruit agaçant, étonnée d'entendre des gens passer la tondeuse tout le temps, même la nuit. Elle a pigé au bout de quarante-huit heures, une fois sortie de sa torpeur post-traumatique. Et avec la compréhension est apparue l'angoisse. Captive des talibans, alliés de terroristes ennemis des Etats-Unis, qui leur mènent ici une guerre à distance, sans merci, meurtrière, très souvent aveugle, Amel a commencé à se cauchemarder en victime collatérale. Désormais, il n'est pas rare qu'elle emporte dans son sommeil le bourdonnement des avions sans pilote et rêve de suffocation sous des tonnes de débris.

Abandonnant le ton documentaire du premier tome, DOA opte ici pour un thriller haletant et referme brutalement toutes ses intrigues internationales pour se concentrer sur des recherches de rédemption . Efficace et prenant, un bon divertissement s'offrant un dénouement cynique et un clin d'oeil au Serpent aux milles coupures.