img950

L'humanité a essaimée dans les étoiles avant d'amorcer un déclin qui a laissé chaque colonie isolée. Les colons de Pern ont été confrontés à un problème de taille, un planétoïde à l'orbite erratique, approche la planète environ tous les deux cents ans. L'occasion pour une forme de vie aveugle et carnassière de franchir le gouffre spatial pour pleuvoir sur Pern. Afin de survivre ces derniers ont usés de l'ingénierie génétique pour améliorer une espèce autochtone et donner naissance aux dragons... Les dragons et leur maître en symbiose télépathique luttant alors pour brûler les Fils en plein ciel. Le temps passant, les habitants de Pern oublièrent une partie de leur passé et stabilisèrent leur société à un stade médiéval féodal. Les siècles de luttes contre les Fils et de paix passèrent en alternance, jusqu'à ce qu'un intervalle de quatre siècles (le double de l'habituel) provoqua le déclin des chevaliers-dragons mais l'Etoile Rouge revient et rare sont ceux qui y prêtent encore attention.

Elle leva les yeux, attirée par l'Etoile Rouge qui, depuis quelque temps, dominait le ciel au lever du jour. A ce même instant, l'étoile lança un dernier scintillement cramoisi avant que sa magnificence se fonde dans l'éclat du soleil levant de Pern. Des fragments incohérents de contes et de ballades qui évoquaient l'apparition de l'Etoile Rouge à l'aube lui traversèrent l'esprit, trop vite pour qu'ils puissent prendre un sens à ses yeux.

Alors que la jeune Lessa se terre, déguisée en larbin, dans le fief familial tombé sous le joug d'un Seigneur avide, préparant sa vengeance, le chevalier-dragon F'lar se mesure au dit Seigneur pour l'obtention du droit de recruter des candidates au titre de Dame du Wey parmis les femmes du vaste domaine féodal tenu par Fax. La confrontation de deux destins qui annoncera un tournant dans la situation politique du continent.

La décadence du Weyr et de son influence ne venait pas seulement des Seigneurs des Forts et de leurs vassaux. Elle venait aussi du Wey lui-même, résultat de Reines inférieures et de Dames du Weyr incompétentes. Elle venait de l'obstination inexplicable de R'gul de ne pas "ennuyer" les Seigneurs, et de confiner ses chevaliers-dragons à l'intérieur du Weyr, on avait donné trop d'importance à la préparation des Jeux, au point que la compétition interne entre les escadrilles était devenue le but et la fin de l'activité du Weyr.

La verdure n'avait pas poussé du jour au lendemain, et les Seigneurs ne s'étaient pas éveillés, un beau jour, décidant en un éclair d'inspiration de ne pas envoyer la dîme traditionnelle au Weyr. Tout s'était fait graduellement, et le Weyr avait permis que cela continuât, jusqu'au moment où le but et la raison d'être du Weyr et de la race des dragons ne furent plus du tout compris, et où un parvenu, héritier collatéral d'un des anciens Forts put se permettre de mépriser ouvertement à la fois les chevaliers-dragons, et les simples précautions de base grâce auxquelles Pern était libre des Fils.

Avec ce roman, Anne McCaffrey rompt la tradition du dragon menaçant, les grosses bêtes sont ici attachantes tant par leur rôle protecteur que la symbiose avec leur compagnon humain. De même la lutte contre un fléau naturel implacable tranche agréablement avec les luttes de pouvoirs si classique en fantasy. Basée essentiellement sur les actions de Lessa et F'lar, leur lutte pour sauver Pern, la redécouverte du potentiel des dragons, l'intrigue est rapidement prenante et il est difficile de lacher ce classique. Bien que le côté SF soit annoncé dans le préambule ce premier tome ne l'appuie pas, se réservant la redécouverte du passé pour les prochains romans. Au final un classique qui n'a pas pris une ride, se lit très bien et mérite amplement ses prix.

 

L'avis de Calenwen.

Une relecture effectuée dans le cadre du Challenge Anne McCaffrey.

challenge_mccaffrey