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Les pirates tombaient. Vostok avançait. On essaya de l'arrêter à une intersection. Ils s'y mirent à trois, défouraillant en cône. L'air s'emplit d'éclairs bleux et d'une odeur de métal chauffé. Les gaines défoncées crachèrent leurs étincelles. De l'autre côté, le fusil de Vostok répondait de temps en temps. Quand on cessa pour y voir un peu clair, on découvrit le soufflant calé contre une grille, bloqué sur tir automatique. Le temps de comprendre, le premier pirate s'écroula, nuque brisée. Vostok était passée derrière eux par les voies d'aération.

L'empire galactique humain, embrasse un nombre incalculable d'étoiles... Il n'est un tout que du fait du consensus unissant ses principales puissances, pègre incluse, sous l'égide du Noon : ordinateur quantique dispersé dans la totalité de l'empire, intangible, omniprésent et intangible... Mais le consensus a été rompu... Le Noon piraté et infecté. Ce dernier maintenant la réalité humaine, cette dernière est en danger.

Marymay ne jouait qu'aux cartes. Le soi-disant hasard des roulettes relevait de l'artistique, du religieux. Danse de la bille d'acier et rituel consacré. Le mystère. Pas de combat possible. On n'y affrontait jamais que ses propres abysses. Le poker était son terrain de prédilection. Connaître les chiffres, lire les hommes. Ce qui disaient les cartes avait peu d'importance. Tout pouvait être mesuré.

Ils sont sept, exceptionnels, frondeurs, les meilleurs dans leurs spécialités : combat, explosif, effraction, séduction, manipulation, et des compétences encore plus exotiques. Une autorité toute puissante, les réunit en secret pour leur faire une proposition : rétablir l'intégrité du Noon contre la réalisation de leur rêve le plus cher...

Le Noon n'a pas d'existence physique. Il n'est pas à tel endroit ou tel autre. Son programme est découpé en milliards de fragments, dupliqués puis dissous dans l'ensemble des systèmes intelligents de la galaxie. Le Noon est l'océan dans lequel l'univers baigne.

Ce court roman d'aventure, direct et linéaire, se veut très efficace et il l'est : on accroche à cette bande improbable aux motivations contradictoires. Les points de vue sont variés, du personnage le plus cynique au plus romantique, en passant par le plus surprenant : le Rétrominot, hommage réussi à Stéphane Beauverger. Distrayant et surprenant, Léo Henry nous procure ici un bon moment. C'est la sa principale contribution au casse du continuum.