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La tribu avait élu domicile dans la vaste dépression située entre la chaîne Cuba au Nord, les monts Haït à l'Est et les lointains contreforts du massif Jamaï. L'herbe y était toujours verte et le gibier abondait.
Les hommes se mettaient à plusieurs pour traquer les meutes errantes, qui se voyaient rabattues vers les marécages et criblées d'éclats de corail. Puis ils dépeçaient les chiens sauvages et revenaient chargés de viande.

Les océans ont quasiment disparus, la civilisation s'est effondrée et l'homme, revenu à l'âge de pierre, arpente les steppes qui ont remplacés les profondeurs océaniques.
Au sein de la tribu, les évènements tournent mal pour l'enfant noir, sa couleur de peau atypique le condamne au sacrifice. En collant au pas du Vieux, le shaman local, son pire ennemi, il se retrouve dans le domaine des dieux, les ruines de la civilisation...

L'enfant noir visita les ruines. Il franchit des éboulis, passa des cours désertes, pénétra dans les sous-sols d'un immeuble, s'y perdit et erra longtemps dans les entrailles souterraines de la ville, dans le labyrinthe des caves et des couloirs de métro.
Enfin, il distingua une lueur lointaine et pensa que le jour se levait. Il se dirigea vers ce qu'il croyait une issue et arriva dans une salle bariolée de publicité où la lumière était bien plus belle et bien plus chaude que celle du soleil. Il ignorait qu'une pile au silicium, intacte par miracle, éclairait et chauffait cette salle depuis des siècles.

Son périple lui permet non seulement de prendre la succession du Vieux mais aussi d'acquérir des objets lui assurant la suprématie sur son environnement. Certains d'être bien accueilli par les siens, doté de tant de pouvoir, il rejoint la tribu au moment où cette dernière traverse une véritable ordalie. En chemin une rencontre fortuite, le mettra sur les traces de Niourk, une ancienne métropole toujours debout.

Il imaginait une ville immense, bien plus vaste que Santiag. Et comme l'idée de trouver du gibier dans une ville choquait sa logique primitive, il se peignait en rêve des immeubles en forme d'arbres, des buissons fleuris d'images de dieux et des rues tapissées de hautes herbes. A chaque détour, dans chaque encoignure, il devinait des meutes de chiens ou de jaguars. L'ensemble du tableau restait confus, mais stimulait l'ardeur de l'enfant.
Il menait la tribu à marches forcées, regrettait la tombée de la nuit qui retardait le voyage. Avant de s'endormir, il contemplait longuement l'horizon drapé de nuages d'or et croyait parfois deviner la silhouette attirante de Niourk.

Malheureusement, le récit sombre en cours de route et perd toute cohérence arrivé à destination. L'enfant noir de gamin débrouillard vire rapidement au démiurge et le ton du roman se rapproche de ceux de Van Vogt question démesure. On est très loin des réussites de l'Orphelin de Perdide ou d'Oms en série. Niourk est en ce qui me concerne une grosse déception.



Une lecture effectuée dans le cadre du Challenge "Fins du Monde".
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