Le petit déjeuner des champions de Kurt Vonnegut

A l'approche de mon cinquantième anniversaire, j'avais été de plus en plus furieuxet perplexe face aux décisions idiotes que prenaient mes concitoyens. Et puis j'avais soudain fini par les prendre en pitié, car j'avais compris avec quelle innoncence et quel naturel ils se conduisaient de manière si abominable, avec des conséquences si abominables : ils faisaient de leur mieux pour vivre comme les personnages qu'on rencontrait dans les histoires. Voilà pourquoi les Américains se tiraient si souvent dessus : c'était un procédé littéraire pratique pour terminer une nouvelle ou un livre.
Pourquoi tant d'Américains étaient-ils traités par leur gouvernement comme si leur vie était aussi jetable qu'un mouchoir en papier ? Car c'était ainsi que les auteurs avaient coutume de traiter les petits rôles dans les récits qu'ils inventaient.
Et ainsi de suite.
Critique acide de la société américaine et de ses inégalités mais aussi interrogation acide sur le sens de la vie, Le petit déjeuner des champions de Kurt Vonnegut ne laisse pas indifférent. A partir d'une intrigue basique, un riche entrepreneur en train de perdre la tête bascule dans la folie après avoir pris connaissance d'un roman de Kilgore Trout, l'auteur livre ici un texte riche en digressions et jette regard lucide et acide sur le monde qui l'entoure.
La planète avait la forme d'une boule, soit dit en passant. Personne ne savait pourquoi nous n'en tombions pas, même si tout le monde faisait semblant de vaguement comprendre.
Les gens vraiment malins avaient compris qu'une des meilleures façons de s'enrichir était de posséder une portion de cette surface sur laquelle les gens devaient rester collés.
Un récit sur le chaos de la vie, son absurdité et l'incompréhension qui sépare les êtres. Une satire efficace et marquante, à lire !