Sur le fleuve de Léo Henry et Jacques Mucchielli

Cela faisait trois jours qu'ils avaient recueilli le moine, trois jours que Jiménez était mort.
Le paysage n'avait qu'à peine changé. Du matin au soir, les mêmes eaux limoneuses, d'un brun de soupe. Les mêmes arbres d'un vert si sombre qu'ils paraissaient noirs. Les mêmes cieux blancs, chargés de brume, plombés d'un même soleil aveuglant.
Une troupe d'espagnols et de mercenaires européens se lance à la recherche de l'El Dorado, à leur tête deux espagnols. Un noble en quête de fortune et un inquisiteur déchu cherchant une forme de rédemption... Las, après un massacre contre un village indigène pour détruire un site païen, une créature faisant corps avec la jungle s'acharne contre l'expédition. Javier Jiménez, chef courageux mais incoimpétent est le premier à tomber. L'autorité revient donc à l'ex inquisiteur Revilla, mais l'esprit de celui ci comme déjà à dériver au fil de l'eau.
Il avait pensé que découvrir Manoa lui permettrait de se racheter. Mais maintenant qu'il s'enfonçait dans les ténèbres, il sentait ses forces l'abandonner. Bientôt il ne serait plus capable de commander cette expédition, ses épaules n'étaient plus assez larges pour sa mission. Il s'était fourvoyé : sauver sa propre âme était une tâche à laquelle il devrait consacrer toutes ses forces et la colonne n'avait pas besoin de lui pour continuer. Si Dieu le voulait, ils trouveraient les Cités d'or avec ou sans lui. En attendant, il lui faudrait faire pénitence, prier, accepter ce que le Seigneur mettrait sur sa route. Colleoni se chargerait des messes et Vellemans réglerait les détails quotidiens...
Harcelée par l'entité, surprise par la faune, découvrant des sabotages, lâcher par ses chefs, la petite troupe se délite. La paranoïa s'installe, les tension s'accroissent... Ambiance Aguirre, la Colère de Dieu garantie.
L'ambiance poisseuse et moite s'installe assez rapidement, de même que la tension et la folie ambiante. Donnant la parole tant à l'entité qu'aux consquitadors, le roman se dévore, on est porté de'embûches en catastrophes avant le final d'un cynisme remarquable...Les voix sont variées de même que le style alternant entre narration terre à terre avec les envolées chamanique de Tyvra'i. Bref un très bon moment des plus recommandables.