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Les lectures d'Efelle
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4 décembre 2013

Le Capitaine Alatriste d'Arturo Pérez-Reverte

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On dit que la vraie patrie d'un homme est son enfance. Et il est vrai que je me souviens encore avec nostalgie de la Taverne du Turc, malgré le temps passé. Elle a disparu, comme le capitaine Alatriste et les années hasardeuses de ma jeunesse. Mais, à l'époque de Philippe IV, cette taverne était l'une des quatre cents auxquelles les soixante-dix mille habitants de Madrid pouvaient accourir pour étancher leur soif - soit une taverne pour cent soixante-quinze personnes -, sans compter les tripots, les maisons de tolérance et autres établissements publics à la morale relâchée ou équivoque qui, dans cette Espagne paradoxale et singulière, étaient aussi fréquentés que les églises, et souvent par les mêmes gens.

Madrid au XVIIe siècle, l'Espagne a amorcée son déclin... Entre deux guerres, des soldats sans emplois survivent de leur mieux. Parmi eux, l'atypique Diego Alatriste, surnommé Capitaine. Renfermé, doté d'un vernis de culture, Alatriste est à l'opposé de ses pairs, fréquentant plutôt lettrés et poète bretteur. Forcé de vivre d'expédients, ses aventures nous sont narrés par son pupille qui se remémore cet imposant personnage.

Singulier caractère que le nôtre. Comme quelqu'un allait l'écrire plus tard, au motif de la faim, de l'ambition, de la haine, de la luxure, de l'honneur ou du patriotisme, on a toujours affronté le danger, on s'est battu, on a défié l'autorité, on a menacé la vie ou la liberté d'autrui. Mais empoigner une dague et se hacher menu pour assister à une représentation de théâtre, on ne l'a jamais vu que dans cette Espagne des Autrichiens, celle que je connus du temps de ma jeunesse, pour le meilleur et plus souvent pour le pire : l'Espagne des prouesses quichottesques et stériles, qui mesura toujours sa raison et son droit à la pointe orgueilleuse d'une épée.

Dans ce récit très nostalgique, Pérez-Reverte brosse le portrait d'une Espagne gangrenée par la corruption, connaissant ses premiers revers... Epée à louer, Alatriste est engagé pour agresser et dépouiller deux anglais. Las, les conspirateurs se succèdent devant lui et les instructions contradictoires s'empilent, l'Inquisition tramant ses propres complots au sein de ceux de la Cour. Face à la noblesse d'âme d'une de ses victimes, Alatriste hésitera et tournera casaque. Devenu alors le témoin gênants de complots avortés, il aura fort à faire pour survivre.

La narration, assez lente, ne se focalise pas sur cette intrigue à tiroir, qui sera rapidement résolue, mais sur l'ambiance madrilène, pleine de panache et d'éxubérance. L'immersion est rapide et la plume de l'auteur agréable, cette première rencontre avec Alatriste est des plus sympathique et donne envie d'y retourner. Un roman de cape et d'épées efficace et plaisant.

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Commentaires
V
Moi j'ai juste vu le film (à cause de Viggo Mortensen), c'était quelque chose de très étrange mais on m'a dit que l'esprit était très proche du livre finalement... faudra que je me plonge un jour dedans pour voir ^^.
E
Ca a l’air intéressant. Au fait, ne serait-ce pas Viggo Mortensen sur la couverture ?
A
Tu as lu "La Peau du Tambour" ?
A
J'ai eu ma période "romans historiques" et cette série, avec les "Fortune de France" de Robert Merle, se trouve en bonne place dans mon panthéon personnel. Perez-Reverte sait comment écrire, c'est clair et net.
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