Moi René Tardi, prisonnier de Guerre au Stalag IIB de Jacques Tardi

Mise en images des entretiens entre Jacques Tardi sur la Seconde Guerre Mondiale, basé aussi sur les quelques documents ou objets ramenés par son père, notamment quelques crayonnés. Une histoire qui va à l'encontre des clichés portés par les médias français ou américains de ma connaissance. Le quotidien sordide d'un sous officier, à des années lumières de la gaudriole...
Raconté comme un dialogue entre père et fils, ce dernier gamin figurant dans les vignettes. Après une mise en perspective, le récit porte sur la vie militaire de René Tardi de son engagement en 1934, sa participation au conflit et sa vie de prisonnier qui va durer quelques années. Récit amer sans concessions, la colère du père de Tardi est tangible...
Si l'on croise quelques anecdotes qui font sourire, l'ambiance générale est très sombre. Les brutalités quotidiennes et la faim sont évoquées tant pour les prisonniers français que pour ceux des autres nationalités aperçus dans d'autres sections du camp ou cotoyés dans les services ou kommandos de travail.
Un récit dur, apre, qui reste longtemps en tête et dont on a le plus grand mal à s'extraire une fois plongé dedans. Une bande dessinée dense, de plus de 150 planches, qui se dévore en un instant. Une page d'histoire méconnue, à lire et à suivre ce tome ci s'arrêtant début 1945 avec l'évacuation du camp devant l'avancée soviétique.
Il m'a donné envie de la lire : Gromovar.


