La Tour de Babylone de Ted Chiang

Recueil portée par un bon buzz depuis sa sortie, j'ai tardé à le lire malgré une excellente première expérience avec une nouvelle présentée dans un Bifrost. Au programme sept nouvelles et une vignette.
La Tour de Babylone est l'occasion de revisitée le mythe dans un univers à la cosmologie fantaisiste. Si la fin parait quelque peu prévisible, elle est magnifiquement amenée et illustrée. Une réussite.
Dans Comprends, le bénéficiaire d'un programme de reconstruction neuronale expérimental développe son intellect à des sommets inimaginables... Vient alors le temps de se confronter à un autre de ses semblables. Un texte nerveux et très bien mené, difficile de le laisser une fois dedans.
Division par zéro, confronte une mathématicienne géniale à l'absurdité possible de sa discipline. Un texte efficace qui n'est pas sans rappeler Greg Egan.
Démonstration de virtuosité dans L'histoire de ta vie. Des extra-terrestres manifestent leur désir de communiquer avec l'humanité. Une des scientifiques, chargée de les comprendre, narre cette épopée et celle de sa fille en parallèle. Imprégnée par la façon de communiquer et la vision de la physique de ces créatures, le récit s'éloignera des notions de causalités qui nous imprègnent. La forme et le fond à l'unisson, une seule pensée arrivé au terme : excellent.
Soixante-douze lettres, nous plonge dans un nouvel univers fantaisiste où la biologie est différente et la Kabbal recyclée en tant que science. Une histoire étrange, élégante et qui finalement se rapproche de notre univers dans sa chûte. Sympathique.
L'évolution de la science humaine, très courte, qualifiée de vignette par l'auteur, ce petit texte est une allégorie sur la recherche scientifique et ses publications. Efficace.
L'Enfer, quand Dieu n'est pas présent est une réflexion sur la foi dans un univers où les manifestations divines sont régulières, spectaculaires, mortelles ou bénignes, mais surtout sujet à un arbitraire inhumain et incompréhensible. Le récit trace la trajectoire de trois individus au degré de foi très différent. Encore une réussite.
Aimer ce que l'on voit : un documentaire, recueil de témoignage sur la mise en place d'une modification neurale, non définitive, qui permettrait aux gens de ne plus être sensible à la beauté de leur interlocuteur. De l'étudiante ayant vécue la première partie de sa vie sous ce système au lobbyiste anti en passant par le scientifique. Un récit très vivant qui se lit tout seul. De la hard SF accessible.
Ce recueil est donc un sans faute, pas de véritables fausses notes et des ambiances très différente. Visiblement la nouvelle est le domaine de prédilection de Ted Chiang, un recueil à lire et à recommander (d'autant plus qu'il doit être disponible en poche).
Les avis de : Gromovar, Julien le Naufragé.