Les pêcheurs du ciel de Tim Powers

Dans un futur californien quelque peu désenchanté, Thomas se morfond dans un monastère. Désireux de prendre le large, il se lance dans une carrière de pêcheur du ciel, le braconnage des tire-d'aile des espèces de petits hommes oiseaux tenant de la pie voleuse. En dépouillant ces bestioles pendant quelques mois, il espère avoir de quoi se lancer dans le vaste monde. Malheureusement, il se fait prendre dès la première tentative et fuit le monastère à toute jambe. Il risque en effet d'être livrer aux autorités qui le condamneront à avoir les mains coupées. Confronté à un monde hostile et assez démuni, Thomas se montrera assez teigneux ou malin pour survivre avant d'avoir la chance de faire quelques bonnes rencontre.
Quand, enfin, il émergea, trempé par la rosée, d'un buisson de lauriers, il vit devant lui un bloc de béton recouvert de genévriers. Le soleil en éclairait déjà la haute bordure blanche. Il se souvint avoir lu quelque part que ce n'était que dans la région qu'on l'appelait l'autoroute d'Hollywood. Les audacieux colporteurs qui transportaient dans des charrettes tirées par des ânes entre San Francisco et Sans Diego l'appelaient la Route 5. A en croire certaines légendes, cette vieille route courait du Canada jusqu'au Mexique.
Le roman est mené tambour battant, sans temps mort ou digressions, on ne s'ennuie pas mais le mécanisme des rebondissements constants apparait finalement assez artificiel même si la surenchère finit par s'arrêter à temps. Second roman de Tim Powers, Les pêcheurs du ciel est vraiment une oeuvre de jeunesse qui tranche avec mes lectures précédentes. On ne retrouve pas l'auteur des Puissances de l'invisible ou d'à deux pas du néant. Une lecture courte, rafraichissante et distrayante, dans la ligne des Fleuves noirs Anticipation, mais pas plus.