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Les lectures d'Efelle
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14 mars 2011

Bankgreen de Thierry Di Rollo

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Le varanier se retourne sur le sentier aveuglé, soliloque d'un ton morne.

"Je suis le dernier des varaniers et je n'ai pas envie de mourir. Peut-être parce que je connais la mort. Et comme elle m'a pas encore tout enseigné, je vais survivre jusqu'à la mémoire ensevelie des Digtères, où là, je frapperai. Ils paieront. Tous.

La mort. J'ai entrevu celle, violente, du barbu qui ouvrait la marche des quatre Shores traversant le sentier, à l'instant. Celle plus calme des deux suivants ; celle, douloureuse, du dernier. J'en ai vu des milliers d'autres, lourdes, envahissantes. Inutiles et stupides. Je souhaite en voir encore autant pour pouvoir refermer le temps de mon cycle, le moment venu."

Le grand varan hurle dans le froid du jour blanc.

Bankgreen, un monde mystérieux, obscur et envoutant, déchiré par les conflits. Alors que celui opposant les Arfans aux Digtères touchent à sa fin, la caste ou la race étrange des varaniers s'étiolent... A la fin de cette guerre, Mordred, doté de la capacité unique de discerner la mort des autres, en sera le dernier membre... Il sera alors temps pour lui de rejoindre les exilés errant sur les flots jusqu'au retour fracassant de ces derniers, bien des années plus tard.

Niobo ne prête pas attention au reproche, court les derniers mètres qui le séparent de Mordred, se précipite sur lui pour le jeter à terre. L'armure chute de tout son métal, percute très fort le sol. L'enfant Shore, entraîné par le poids, se cramponne désespérément aux épaules, étrangle de ses mains la base du cou. Il ne sent pas la morsure de la cotte de maille sur ses doigts ; comprend, l'espace d'un trop court instant, que la mort serait sûrement préférable à cet enfer.

Aussi, la question retentit, claire et peut-être inutile :"Pour la seconde fois : qui crois-tu être, Shore ? demande Mordred.

- Je ne sais pas", articule Niobo, perdu dans son brouillard bleu. "Je ne sais pas."

Le gant froid et coupant du varanier le saisit au cou, le soulève sans peine et le propulse contre l'arbre-comme. Niobo frappe le tronc violemment, gémit en boule sur le sol, se redresse pourtant très vite, douleur atténuée par l'euphorie de la pilule bleue. A dix mètres de là, Mordred se relève à gestes lourds. Dasn les lueurs sombres du ciel, il dit :"Tu n'es rien, petit Shore. Rien. Parce que ta mort, tôt ou tard, c'est moi qui la ferai."

Niobo se contente de secouer la tête en adressant un sourire tranquille à Mordred, parce qu'il sait au plus profond de son être qu'il se trompe.

Lors de son retour sur les terres de Bankgreen, tout en menant à bien une mission sinistre visant à bouscouler l'équilibre des forces en présence, Mordred s'entiche, de manière autoritaire, d'un gamin dont il ne peut deviner la mort...

Pendant ce temps et quelque soit la faction en présence, les protagonistes ne sont motivés que par la crainte du temps qui passe, la mort ou la peur de l'autre... Mécaniquement et ce malgré une situation de plus en plus désespérée les massacres s'enchaînent...

"Nous, nous voulons juste survivre. Tuer avant d'être tué, vieux nocher.

- Vieux nocher, répète Frem d'une voix acide. Finalement qu'est-ce qui a changé depuis le passage de la brume ? Rien. Vous êtes toujours esclaves, tous autant que vous êtes, mais les pires que compte cette engeance, au fond du mauve et du noir : vous n'êtes que des esclaves de vous-mêmes, de votre haine et de la peur qu'elle engendre."

Un récit élégiaque, au style assez plaisant, extrêmement sombre chaque protagoniste justifiant ses actes par la doctrine fataliste :"Sur Bankgreen, tout a une raison." Au final Thierry Di Rollo livre ici un texte étrange, à l'intrigue minimaliste tout en multipliant les protagonistes éphémères et les entités étranges dont on n'apprendra pas grand chose avant leur disparition inéluctable.

Le bilan reste néanmoins mitigé du fait de cette narration qui se révèle en majeure partie une succession de saynètes morbides et le sentiment d'un certain passage à vide entre la disparition initiale des varaniers et la rencontre entre Mordred et Niobo. Un récit au style envoutant mais malheureusement pas totalement convaincant.

 

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Commentaires
E
Manifestement pas pour moi
E
On est à des années lumières de Warhammer... <br /> Pas du tout la même ambiance ni la même faune. ;)
G
Cela me rappelle un elfe noir sur sang-froid quand même ^^
G
Bon ben, zap zap alors.
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