Les faux dieux de Graham McNeill

Pour un natif des cavernes industrielles cauchemardesques de Cthonia, Loken ne pouvait pas nier que les grands paysages ouverts de Davin revêtaient une beauté enivrante. A l'ouest de leur position, des pics élevés semblaient frôler les étoiles, et plus au nord, Loken savait que des vallées s'encaissaient jusqu'aux profondeurs de la terre. Là se trouvaient les tombeaux d'anciens souverains.
Oui, la guerre qu'ils avaient livrée sur Davin avait été une bonne guerre.
Alors pourquoi les Word Bearers les amenaient-ils ici à nouveau ?
Second tome de l'Hérésie d'Horus, série d'exploitation de la licence Warhammer 40 000, Les Faux Dieux se révèle une bonne surprise. Utilisant efficacement les éléments introduits quelque peu laborieusement dans la seconde partie de L'Ascension d'Horus, Graham McNeill livre ici un roman nerveux et efficace.
Les lumières prétendus de l'Imperium s'effacent peu à peu devant le retour en force des superstitions et société secrètes au sein des troupes d'Horus. Ce dernier est manipulé par Erebus qui semble avoir pris la mesure de son caractère orgueilleux... Seul Loken reste les pieds sur terre, en supervisant Karkasy, le poète factieux.
Tout bascule quand Horus se jette dans le piège qui lui est tendu et semble mortellement blessé, la fracture entre les Astartes et les mortels de l'Imperieum s'accroît...
Tous les nobles idéaux de l'Astartes... Que signifiaient-ils encore quand il était si facile de les négliger ? Kyril Sindermann avait raison. La morale et les convenances n'étaient qu'un vernis appliqué sur l'animal qui sommeillait au coeur des hommes... même des Astartes.
Si les bienfaits du comportement civilisé étaient si faciles à oublier, quels seraient les prochains préceptes trahis en toute impunité, pour peu que les circonstances redevinssent difficiles ?
Roman clé dans l'Hérésie d'Horus, la chute du Primarque devenant effective et intelligible... Globalement le roman ne comporte pas trop de maladresses ou de ficelles trop grosses, étant même plus équilibré que le tome précendant. Malgré cela la série a des relents de préparation de la Nuit des Longs Couteaux. Difficile d'avoir la moindre empathie pour cet empire génocidaire et arrogant, se prétendant porteur de lumière. Au final un bon divertissement sans prétention pour les amateurs de la licence.