Voici l'homme de Michael Moorcock

-N'as-tu jamais considéré l'idée de Christ ? lui demanda-t-il, changeant d'armure. Ce qu'elle signifie pour les chrétiens ?
- L'idée de tracteur a tout autant de sens pour un marxiste, répondit-elle.
- Mais qu'est-ce qui vint d'abord ? L'idée ou la réalité de Christ ?"
Karl Glogauer est fasciné depuis sa plus tendre enfance par l'idée du Christ. Au fil des années, sa personnalité se forme autour d'un assortiment de névroses et de quelques traumatismes en rapport avec la religion. Psychiatre raté, fasciné par Jung, il intègre un cercle d'illuminé. Parmi ceux ci se trouvent un physicien qui travaillant sur le temps. Le scientifique s'étant enticher de Glogauer, il lui fait part de ses travaux ainsi qu'une démonstration...
Il n'y avait pour ainsi dire aucun doute qu'il fût dans le passé, et que l'époque fût comprise dans le règne de Tibère, à moins que l'homme auquel il parlait fût ignorant au point d'ignorer qui était Tibère.
Mais avait-il raté la crucifixion ? Etait-il arrivé aux mauvais moment ?
Motivé par des circonstances qui ne seront révélées que tardivement, Glogauer se prête au premier test de voyage dans le temps sur un humain, bien décidé à rencontrer le Christ ou au moins d'assister à la crucifixion...
Tout était mort. Les moteurs ne répondaient pas, et même s'il en ôtait les revêtements, il faudrait un ingénieur pour les réparer. Aucun instrument n'était en état de marche. La machine temporelle était morte. A moins qu'Headington ne construise une autre machine pour l'expédier à sa recherche, il était échoué à cette époque pour de bon.
La révélation fut un choc pour lui.
Il ne reverrait sans doute pas le XXe siècle, il ne pourrait rapporter ce dont il avait été le témoin ici. Des larmes lui vinrent aux yeux et il chancela en sortant de la machine, poussant Jean de côté.
Quelque peu désorienté et manipulé par Jean le Baptiste, Glogauer fuit dans le désert avant de se mettre en quête de Jésus dont personne ne semble avoir entendu parlé.
J'avais déjà lu la nouvelle de Michael Moorcock sur ce thème dans son Grand livre d'Or de la SF chez Pocket (ce qui ne me rajeunit pas) mais force de constater que ce court roman est beaucoup plus aboutit tant dans les névroses de Karl que dans la construction de l'intrigue dans l'antiquité. Le dénouement est beaucoup plus fort et poignant que dans la nouvelle éponyme, un excellent récit qui tranche énormément avec ses écrits en fantasy.
L'avis de Nébal