Les Gardes Phénix de Steven Brust

- Je crois que vous aviez raison, répondit Aerich. Mais qui peut bien souhaiter nous arrêter à tout prix ?
- La même personne qui a convaincu Uttrik de tuer Khaavren.
- A savoir ?
- La même personne qui a envoyé un avertissement à Khaavren.
- Et c’est… ?
- Je n’en ai absolument aucune idée.
Avec Les Gardes Phénix, Steven Brust nous projette cinq cents ans dans le passé par rapport aux aventures de Vlad Taltos. Ce faisant, il modifie énormément son style assez efficace pour donner vie à un narrateur assez verbeux doté de prétentions d’historien.
Exercice assez casse gueule qui m’a assez déconcerté, le rythme de l’histoire étant cassé par des digressions assez nombreuses et des réflexions à l’attention du lecteur. Le tout dans une tentative de rendre hommage aux romans du XIXeme, notamment à Alexandre Dumas.
- Non, mais regardez-le ! Il ne vous fait pas de la peine ?
- D’accord, mais qu’y pouvons-nous ?
- Par le cheval ! Vous êtres un Tiassa, trouvez une solution.
Khaavren, qui avait de la répartie, allait répondre automatiquement : « Vous êtes un Dragon, tuez quelqu’un », mais ses pensées vagabondèrent et il finit par s’adresser à Tazendra.
L’intrigue démarre avec la montée à Dragaera de Khaavren, un noble désargenté. Impliqué en tant que témoin dans un duel, il sympathisera avec deux personnages assez extravagants, Aerich et Tazendra, qui décideront de rejoindre les gardes Phénix avec lui. Arrivé à la capitale, ils se lieront avec un dernier noble, Pel, plus au fait de la cour qu’eux mais novice dans la garde. Rapidement, les quatre amis se feront remarqués par leur tendance à laver dans le sang le moindre affront. Le temps passant, Khaavren s’enhardira et décidera de se lancer dans une action d’éclat sur la scène politique : retrouvée une artiste accusée de crime par l’Empereur. Epaulé par la fougueuse Tazendra, le laconique Aerich et Pel le manipulateur, Khaavren débarque dans les intrigues de cour tel un chien dans un jeu de quille. Assez inconséquent dans son comportement, il se lancera à l’aventure sans avoir une idée bien conçue de ce qu’il devra faire face à sa proie. La seule chose qui les sauveront, lui et ses amis, sera les hésitations de leur adversaire occulte et la veulerie de ses pions.
- Uttrik, s’écria Lytra.
- C’est ce nom-là, oui.
- Mais c’est impossible.
- Ah, d’accord.
- Comment cela, ah, d’accord ?
- Eh bien, si c’est impossible, j’ai forcément été mal renseigné.
- Mais Uttrik devait tuer le Tiassa !
- Peut-être qu’il n’a pas réussi.
- Alors c’est le Tiassa qui aurait dû le tuer.
- Ca a dû échouer aussi.
- C’est impossible.
- Ah, d’accord.
- Quoi encore ?
- Par le sang du cheval, je suis juste d’accord avec vous, c’est tout.
Au final, mon bilan est mitigé si la lourdeur du style et des digressions est revendiquée, elle n’en reste pas moins pénible. Par contre les dialogues sont impayables, les personnages joyeusement crétins et les situations, même si très improbables, sont réjouissantes. Un roman pas totalement réussi en tant qu’exercice de style ou divertissement mais assez agréable au final. Sympathique mais pas transcendant.
Des avis plus enthousiastes :
- Arutha