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Les lectures d'Efelle
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13 juin 2009

Un chœur d’enfants maudits de Tom Piccilirilli

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Mon père savait ce que c’était que le mal. Pour lui, il revêtait les atours de son passé.

Dès la naissance, il était aussi prisonnier du comté de Potts, du moulin et de son propre nom que je le suis de mes frères et qu’ils le sont les uns des autres.

Son destin se limitait à la ville, mais il n’a jamais eu beaucoup d’imagination ni de pouvoirs visionnaires. C’était un réaliste, trop fervent mais trop peu rêveur, trop pragmatique en ces lieux trop attachés à la superstition. Il n’en faut pas davantage pour détruire un homme.

Des frères triplés siamois lié par le crâne et se partageant un morceau de cerveau, un bled du sud perdus dans les bayous, une population rongée par la superstition. L’environnement de Thomas est très particulier mais sa vie l’est plus encore, hanté qu’il est par la disparition de sa mère, le suicide de son père, le meurtre de sa grand-mère, son ami légèrement dément et sa découverte d’un cadavre durant son enfance… 

Le récit est porté par la résurgence de son passé dans ses rêves puis dans la réalité. La frontière entre les deux est trouble, les sorcières locales semblant tout connaître de lui.Une ambiance glauque et moite portée par les désirs pervers de Thomas et les côtés frustes de la population. Plus que l'intrigue c’est cette ambiance poisseuse qui est réussie, amplifiée par les aléas du climat. 

Moiteur, perversité, secrets profondément enfouis, freaks, la recette est efficace et le roman se lit sans déplaisir même si j’ai eu du mal à croire à un pareil bled. Dans la même région Lucius Shepard m’a beaucoup plus impressionné avec Louisiana Breakdown.

Bref, un bon roman mais qui ne m’a pas passionné au point de me donner envie de relire l’auteur. 

Comme la plupart des hommes, ceux-là sont pétris de mythe et de médiocrité. Ils portent en eux les fables de grands pères banals, le sang de guerriers et d’ivrognes. Au fil des années, ils ont ramassé leur père sur la véranda et posé des compresses glacées sur le nez cassé de leur mère. Ils se sont réveillés dans les recoins de cuisines sales, sous le regard dur d’épouses que la vie avait trahies de bonne heure. Tel est leur héritage, leur tradition.

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Commentaires
E
Je n'ai pas dit que c'était mauvais, hein ?<br /> On est porté par l'ambiance mais il n'y a qu'elle qui vaille le détour...
M
Moi aussi, j'ai plusieurs fois hésité devant le bouquin. Du coup, non, mais si on me demande si je l'ai lu je réciterai ta chronique d'un air pénétré.
E
Je me laisserai tenter tout de même à l'occasion. Sans doute poussé par l'ambiance glauque que tu décris à merveille et qui semble particulièrement bien rendue
G
J'hésitais (un peu). Du coup, non.
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