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26 février 2009

Sept jours pour expier de Walter Jon Williams

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Bienvenue à Atocha et ses 41 églises. Le panonceau se dressait entre l’entrée de la ville proprement dite et la longue rangée de bars et de clubs installés au-delà de la limite séparant la commune du reste du comté. Les quarante et une église en question maintenaient la ville au régime sec depuis 1919, mais le comté autorisait la vente d’alcool dans les débits de boisson – la vente en gros était toujours illégale – et les kilomètres de route de montagne poussiéreuse séparant Atocha de la mine de cuivre étaient bordés d’établissements où les mineurs pouvaient dilapider leur paye avant même d’arriver chez eux.

Atocha quelque part au Nouveau Mexique entre Albuquerque et El Paso. Un coin aride typique avec sa réserve indienne et son champ d’atterrissage pour  ovnis. Ville minière sinistrée par la fermeture imminente de la mine dont les espoirs économiques reposent désormais dans le Laboratoire de Technologie Avancée, un centre de recherche en physique quantique, installé sur son territoire.

Loren Hawn n’est pas vraiment quelqu’un de sympathique, chef de la police d’Atocha, bigot et croyant en la justice dispensée à coup de crosse de fusil dans la gueule… Commence pour lui une dure semaine : gamins égorgeant des chats, petits malfrats braquant une épicerie, rixe d’ivrogne, trafiquants de drogue mexicain en maraude…

En conséquence de cette rectitude, la journée de pénitence du Grand Pardon juif s’était retrouvée multipliée par sept :la Sainte Eglise des Apôtres d’Elohim et du Nazaréen méditait sur ses péchés une semaine entière. Tout ce qui était digne d’être fait, estimaient les Apôtres, méritait de l’être convenablement.

La vie de Loren bascule définitivement quand un agonisant vient mourir dans ses bras…
 

Un mort franchit la porte.

Loren le regarda, effaré, le cœur battant la chamade, dans un éclair de recognition horrifié. La terreur se déversa dans ses veines comme de l’eau glacée.

L’homme avait dans les vingt ans. Il portait un blue-jean, des bottes de cow-boy en cuir brun éraflé, et une chemise western bleu pâle avec des pointes de col métalliques et des boutons nacrés.

Le mort tituba et s’effondra. Loren se précipita.

L’autre était tombé la tête la première. Une auréole pâle marquait sa poche revolver droite d’où sortait une boîte ronde de tabac à priser Copenhagen. Loren s’agenouilla, retourna l’homme et vit du vermillon sur l’hexagone de céramique sur lequel il gisait. Un filet de sang à demi coagulé s’écoulait de sa bouche.

« Loren. Bon Dieu. Aide-moi, Loren. »

Le mort lui rappelle furieusement une connaissance décédée depuis vingt ans dans un accident de voiture… Son enquête le conduit vers le centre de recherche, l’inconnu ayant volé le véhicule d’un physicien du site.Visiblement on lui cache quelque chose… Rapidement les évènements vont s’enchaîner et la situation dégénérée : avocat de la mafia mexicaine, plainte pour violence, lutte d’influence entre politicien, éco-terroristes et des évènements mystérieux ça et là…

« Encore une chose, ajouta-t-il. Ils ont également laissé l’étiquette d’identification. »

Cette étiquette qu’on s’attache au gros orteil des cadavres. Loren sentit des pieds glacés lui courir le long de l’échine. Jusqu’à ce dernier détail, tout cet épisode se cantonnait dans le domaine du burlesque, une histoire extravagante d’intrus se glissant en catimini à l’Institut médico-légal, balançant un cadavre sur leur épaule, s’amusant avec les fioles de formaldéhyde – tels les personnages d’un film d’horreur bon enfant. Désormais, tout était devenu inquiétant, sinistre, lourd de sens. Le spectacle d’agents de la C.I.A., silencieux, efficaces, lui traversa l’esprit comme une bande de chats noirs. Des agents de la C.I.A. Ou ces Hommes en noir auxquels croyaient les allumés des ovnis. Ou des Cybercops. Laisser l’étiquette d’identification… Des supermen invisibles avaient accompli ce forfait, et ils aimaient bien s’amuser.

 

Un bled du sud des USA, un flic pas franchement sympathique, Walter Jon Williams s’exerce ici au polar en y mêlant une bonne dose de hard science, le cocktail est réussi. On ne s’ennuie pas à suivre les pérégrinations de Loren et les surprises qui l’attendent. Une ambiance franchement réussie, un excellent moment.

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Commentaires
O
Eh bien, encore un livre à découvrir ! En fait, je t'avoue ne pas du tt connaître cet auteur, je ne sais pas si c'est parce qu'il est confidentiel, ou parce que je suis inculte, en tt cas, ça me tente bien !
E
Pour No country for old men, je n'ai vu que l'adaptation des frères Coen. <br /> A priori, ce n'est pas la même ambiance Loren est bien plus teigneux, pas fatigué, juste un peu décalé vis à vis de sa famille.<br /> Sinon c'est un très bon roman, du Walter Jon Williams au mieux de sa forme.
O
N'aurait on pas affaire à une version sf de "No country for old men"? C'est l'impression que vs me donnez ! Ça me plairait bien, d'ailleurs !<br /> En tt cas, je n'avais jms entendu parler de ce roman, et je serai ds l'immédiat bien tentée !
E
XXIeme siècle, dans les années 2010 - 2020. Les éléments SF sont assez discret et se cantonnent au domaine des loisirs et de l'informatique (représentation holographique).
V
Tu piques ma curiosité. Mais je n'arrive pas à saisir à quelle époque se passe cette histoire ?
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