La balle du néant de Roland C. Wagner
Suivi de S’il n’était vivant
Je n’avais jamais rencontré quelqu’un d’aussi aveugle à ma
présence. J’ai posé une main sur son épaule, mais il n’a même pas tressailli.
Oblitération totale. Pour lui, je n’existais pas.
Ce contretemps m’a mis de mauvaise humeur. A quoi bon
m’affubler de vêtements si bariolés qu’ils en devenaient ridicules, si celui
dont je voulais attirer l’attention me rayait inconsciemment de sa
réalité ?
Un instant, une brève fraction de seconde, j’ai craint de
cesser d’exister, de me dissoudre dans l’air – uniquement parce que cet homme
ne savait pas que j’étais là. C’était une appréhension absurde et irraisonnée,
un vertige métaphysique à trois sous, mais j’en suis resté tout retourné.
Paris, 2063.
Tem, ou Temple Sacré de l’Aube Radieuse entend exercé le
métier de détective privé. Venant d’une communauté de mutants, il est doté d’un
talent très pratique :la transparence. Tout le monde l’oubli ou l’ignore,
les informations sur supports numériques le concernant s’effacent… Une aptitude
bien pratique qui lui permet de traîner un peu partout. Reste que réussir à se manifester
est quelque fois problématique.
Une cliente s’adresse à lui pour éclaircir la mort de son
frère, abattu d’une balle dans une pièce fermée de l’intérieur. Alors que
l’enquête ne fait que commencer les morts se multiplieront et Tem sera menacé
physiquement.
Roland C. Wagner s’amuse avec le Nestor Burma de Léo Mallet, Tem ne cesse d’y faire référence pour résoudre son enquête. Cela dit le décor parisien et cette ambiance policière ne sont pas très dépaysants et l’intrigue est un peu trop rapidement et facilement résolue. Je suis arrivé à la fin avec un goût de trop peu, cela aurait mérité d’être approfondi.
Par contre la nouvelle « S’il n’était vivant » est jubilatoire et ironique, la forme courte convenant parfaitement à cette histoire de secte.
Un roman un peu trop rondement mené et une nouvelle
percutante et jubilatoire.
Roland C. Wagner semble plus à l’aise dans le format de la
nouvelle.
Par contre ayant entendu du bien de « L’odyssée de
l’espèce » et de « L’aube incertaine », je reviendrai sûrement
sur ces futurs mystères de Paris dans quelques temps.