Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

20 novembre 2009

La Brigade Chimérique Tome 1 à 3 de Lehman, Colin, Gess et Bessoneau

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La première guerre mondiale a donné naissance à toute une population de super héros, surgis de l'horreur des tranchées et des premières expériences sur le radium.
Ils se sont définis des zones d'influence en Europe et intriguent les uns avec les autres en cette fin des années 30.

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Mabuse a fait basse sur une bonne part de l'Europe Centrale, le régime communistes de Nous Autres règne sur la Russie, Le Nyctalope protège Paris tandis que Irène Curie et Frédéric Joliot poursuivent l'oeuvre de Marie Curie, en Espagne La Phalange écrase la république, à Prague le Golem prophétise...

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Chaque tome comporte deux épisodes pour un total de douze, prologue et épilogue inclus.
Ses six premiers présentent les différents protagonistes et l'univers très particulier mis en place par Lehman et Colin, une Europe uchronique très sombre à l'ambiance proche de l'histoire réelle. Des évènements anecdotiques seront résolus tandis que nous faisons connaissance avec la Brigade Chimérique, ex garde prétorienne de feu Marie Curie. Dans l'ombre des alliances se nouent et chacun avance ses pions pour atteindre des objectifs occultes.

On a hâte d'en savoir plus !

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Je ne suis pas très amateur du trait de Bess mais la mise en couleur de Céline Bessoneau est très réussie. Le scénario de Serge Lehman et de Fabrice Colin est une réussite. On adhère rapidement, les références à la fois érudites et accessibles, Jung par exemple...

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Bref La Brigade Chimérique est une indéniable réussite, véhiculant une ambiance de salons parisiens des années trente. Sombre, captivante et bien menée. A suivre !

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Il en a parlé : Fantasy au petit déjeuner.

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15 novembre 2009

La forge de Vulcain de Roger Leloup

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Seconde aventure vinéenne de Yoko Tsuno et sans doute l'une des meilleures...
On y constatera aussi son amour pour les engins volants humains ou extra-terrestres sans sombrer toutefois dans les excès de la fin de la série.

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Par les actualités Yoko apprend qu'une exploitation pétrolière off-shore est confrontée à des difficultés inattendues au large de la Martinique, se heurtant à une matière inconnue à ce jour. Concluant à une présence des Vinéens dans le secteur, elle décide de sauter sur l'occasion pour reprendre contact.

Sur place, elle constate que la situation de l'exploitation s'est considérablement dégradée et réussit à se rendre utile dans le sauvetage d'un vinéen en détresse. Ce premier contact humain - vinéen ne se présente pas sous les meilleures auspices d'autant plus que les dirigeants de ces derniers semblent particulièrement tendus.

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Invitée dans les profondeurs de la terre, Yoko sera confrontée à des vinéens aux bords de la guerre civile et lancés dans des projets titanesques du fait de l'intensification des essais nucléaires souterrains humains. Par ailleurs, Khâny semble avoir besoin d'elle tant pour son statut de terrienne que par son absence de fichage au sein du système de sécurité vinéen.

Dans cet album, les vinéens paraissent moins sympathiques : encore plus sécuritaires que précédement et surtout plus bellicistes. Dès que la tension monte, le moindre engin ou outil est converti en arme... Yoko devra faire des pieds et des mains pour éviter que la situation ne dégénère en conflit armée voire en mini apocalypse.

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L'action est menée tambour battant dès la deuxième page de l'album et la tension ne redescend que par les interventions comiques de Pol. Prenant, doté d'une intrigue solide, mêlant action et concept scientifique, La forge de Vulcain est sans aucun doute le meilleur album mettant en scène les vinéens, et un incontournable de la BD SF.

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L’usage des armes d’Iain M. Banks

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Il était une fois, bien loin d’ici, de l’autre côté du puits de gravité, une terre magique où il n’existait ni rois, ni lois, ni argent, ni propriété, mais où chacun vivait en prince, où les gens étaient très bien élevés et ne manquaient de rien. Ces gens vivaient en paix, mais ils s’ennuyaient ferme, car le paradis peut faire cet effet au bout d’un moment ; ils se lancèrent donc dans les bonnes œuvres. Disons qu’ils se mirent à rendre visite aux gens plus défavorisés. Et toujours ils s’efforçaient d’apporter avec eux ce qu’ils considéraient comme le bien le plus précieux : la connaissance, l’information. Une information aussi étendue que possible car ces gens avaient une étrange particularité : ils méprisaient les rangs, les grades, et détestaient les rois…comme tout ce qui relève de la hiérarchie… 

Retour à la Culture… Sma en est une représentante atypique dans la mesure où elle œuvre pour Contact en tant que diplomate, cherchant à mettre fin à nombre de conflits en dehors de la Culture. Elle est appelée en urgence, lorsque les Mentats de Contact identifient une crise interplanétaire imminente dans un amas stellaire. Sma ne peut rien, il leur faut un politique indigène de talent, à la retraite. Le seul individu capable de le convaincre de reprendre du service est un ex agent de la Culture : Zakalwe. Ce dernier n’est pas un natif de la Culture, cet homme, recruté par Sma, a néanmoins fait le coup de feu un peu partout dans l’univers au service de Contact. Etant lui aussi à la retraite, Sma semble la personne la plus appropriée pour le remettre en selle. Seul soucis on a perdu la trace de Zakalwe… mais heureusement celui-ci semble se prendre pour un Mentat de Contact… 

Sma, cet… homme… a complètement merdé la dernière fois ; nous avons perdu cinq ou six millions d’individu dans cette histoire, et tout ça parce qu’il n’a pas voulu sortir du Palais d’Hiver pour arranger les choses. Si je te montrais certaines des scènes d’horreur qui se sont déroulés là-bas, tes cheveux en blanchiraient d’un seul coup. Et maintenant, c’est ici qu’il est sur le point de déclencher une catastrophe majeure. Depuis qu’il lui est arrivé ce qui lui est arrivé sur Fohls – depuis qu’il essaie de jouer les humanistes, ce type est une véritable catastrophe ambulante. En admettant qu’on réussisse à le retrouver et à l’emmener jusqu’à Voerenhutz, je me demande avec inquiétude quel chaos il va bien pouvoir semer là-bas. Cet homme porte la poisse. Oublions la disparition de Beychaé ; c’est en organisant celle de Zakalwe qu’on rendrait un fier service à tout le monde.

Le récit est organisé en deux trames alternée, la première quasi linéaire suis les pérégrinations de Sma puis de Zakalwe. Tandis que la seconde centrée sur des réminiscences de Zakalwe fonctionne à rebours, les évènements passés surgissant étant de plus en plus lointain et témoignant d’un malaise profond.

 Il eut un sourire triste.

- Oui, je sais. Vous m’avez sauvé la vie. Mais vous m’avez également menti ; vous m’avez – non, écoute moi ! – vous m’avez chargé de missions imbéciles où je croyais appartenir à un camp alors que j’étais en fait dans l’autre ; vous m’avez obligé à me battre pour des aristos incompétents que j’aurais étranglés sans le moindre remords à l’occasion de guerres où je ne savais pas que vous souteniez les deux camps ; vous m’avez rempli les testicules d’une semence non humaine que j’étais censé injecter à une pauvre créature de sexe féminin… vous avez failli me faire tuer… bien failli me faire tuer une dizaine de fois, sinon plus

 Le récit principal n’est pas des plus passionnants mais se lit tout seul tandis que les réminiscences de Zakalwe, quelque peu obscures sont plus ardues. Quoi qu’il en soit, Banks met en avant ici la realpolitik de Contact et ses faiblesses. Les Mentats ne sont pas omniscients ni la Culture omnipotente. De son côté, Zakalwe est un personnage torturé d’une noirceur étonnante qui n’a pas assez de plusieurs vie pour expier son passé.

Un texte maîtrisé et bien pensé mais pas particulièrement plaisant à lire, sa construction m’a paru trop alambiquée et certaines réminiscences trop hermétiques pour emporter pleinement l’adhésion. Un roman intéressant mais pas passionnant.

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08 novembre 2009

Monnayé de Terry Pratchett

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Tu viens d’ouvrir la porte à un vieux chat qui a perdu la notion de contourner les obstacles, se dit-il tandis qu’il remontait la sonnerie. Comme tous les jours. Crois-tu que c’est la réaction d’un esprit sain ? D’accord, c’est triste de le voir rester des heures la tête collée contre un fauteuil qui lui bloque le passage jusqu’à ce qu’on déplace l’obstacle, mais maintenant c’est toi qui te lèves tous les jours pour le lui déplacer. Voilà ce que ça fait, le travail honnête.

Oui, mais le travail malhonnête a failli me faire pendre ! protesta-t-il.

Et alors ? Une pendaison, ça ne prend que deux minutes. Une commission de la caisse de retraite, ça prend toute une vie !

Moite Von Lipwig a réformé la Poste de fond en comble, elle fonctionne désormais sans accroc tandis que lui-même s’embourgeoise. Sa fiancée, émancipatrice de golems, étant loin pour une grosse affaire, il s’ennuie. Passant le temps en s’introduisant par effraction dans ses propres locaux… Heureusement Vétérini veille !

- Un banquier ? Moi ?

- Oui, monsieur Lipwig.

- Mais je ne sais pas diriger une banque !

- Tant mieux. Pas d’idées préconçues.

- J’ai dévalisé des banques !

- Epatant ! Il vous suffit de raisonner dans l’autre sens, répliqua un seigneur Vétérini à la figure épanouie. L’argent doit rester à l’intérieur.

 

Et voilà, Lipwig qui replonge dans le milieu de requins du capitalisme suite aux manigances d’une veuve rouée, d’un tyran bienveillant et d’un chien affectueux. A la tête d’une organisation poussiéreuse qu’il ne comprend pas et face à des adversaires puissants, Moite va encore une fois foncer tête baissée et produire une petite révolution dans les mentalités.

- Si vous étiez naufragée sur une île déserte, qu’est-ce que vous préféreriez ? Un sac de patates ou un sac d’or ?

- Oui, mais Ankh-Morpok n’est pas une île déserte !

- Et ça prouve que l’or n’a que la valeur qu’on veut bien lui accorder, non ? Ce n’est qu’un rêve. Mais une patate, ça vaut toujours une patate, n’importe où. Une noix de beurre et une pincée de sel, et vous avez un repas, n’importe où. Enterrez de l’or et vous craindrez pour toujours les voleurs. Enterrez une patate, et, à la bonne saison, il se peut que vous touchiez un dividende de mille pour cent.

- Vous n’allez tout de même pas me faire croire que vous comptez nous instaurer l’étalon patate, dites ? » lança sèchement Sacharissa.

Moite sourit « Non, pas du tout. Mais, dans quelques jours, je vais distribuer de l’argent. L’argent n’aime pas rester immobile, vous savez. Il aime sortir et se faire de nouveaux amis. »

Le recoin du cerveau de Moite qui s’efforçait de suivre sa langue songea : Dommage que je ne puisse pas prendre ça par écrit, je ne suis pas sûr de pouvoir tout me rappeler.

Bien que moins touffu que Timbré, ce roman est bien rempli, jonglant avec le caractère turbulent de Moite, les intrigues alambiquées de Vétérini, la condition des golems, des cas de démence et de stupidité dans la haute société, un chien, les enquêtes du guet, des comptables, des Igors, des génies à moitié fou, un fantôme nécromant, des sex toys, un risque de guerre et des comptables…

Bien mené, prenant, Monnayé est indéniablement une grande réussite se hissant sans problème parmi les meilleurs tomes de la série. Le seul défaut que je pourrais lui trouver est une accroche un peu trop semblable à Timbré et une grande dépendance vis-à-vis de ce dernier. Quoi qu’il en soit un excellent moment.

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28 octobre 2009

L'Orgue du Diable de Roger Leloup

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Deuxième aventure de Yoko Tsuno, lançant les aventures technologiques de l'héroïne.

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Le trio est en train de faire un reportage au fil du Rhin quand il assiste à une chute dans le fleuve. La rescapée est une certaine Ingrid Hallberg, organiste déplorant le suicide de son père sur la rive proche. Très vite les évènements se précipitent et Yoko en voulant aider son prochain se retrouvent agressée à plusieurs reprise de manière assez violente.

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De fil en aiguille, il apparait que le père d'Ingrid aurait travaillé à la restauration d'un orgue monstrueux. Reste à trouver le dit instrument et comprendre la raison de toutes ces agressions.

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L'Orgue du Diable est un thriller très efficace et rythmé, le trio s'appuie massivement sur du matériel TV pour avancer ainsi que sur les compétences en arts martiaux et le côté casse-cou de Yoko. On ne s'ennuie pas un instant dans cette histoire qui révèlent beaucoup de surprises tout en jouant avec les codes du fantastique. Sans doute un des meilleurs tomes de la série.

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L'empire des mille planètes de Mézières et Christin

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Second album de Valérian et Laureline, ce tome ci trahit son âge. Le trait de Christin n'est pas aussi fouillé que par la suite et le récit à un petit côté rétro SF avec une ambiance se situant quelque part entre Jack Vance et Leigh Brackett. Ambiance agréable mais les personnages sont quelques peu inconsistants, surtout Laureline, ça personnalité rebelle n'apparaissant que dans l'album suivant Bienvenue sur Aflolol.

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L'intrigue est assez simple, les deux agents sont envoyés sur Syrte, capitale d'un empire du bout de la galaxie, afin d'évaluer une civilisation qui n'a jamais connu l'influence terrienne.
Rapidement les deux héros vont se faire repérer et se retrouver à plusieurs reprises dans les griffes de la caste des connaisseurs, prêtres obscurantistes qui étendent leur influence méphitique dans tout l'empire.

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Malgré un postulat de départ pas très folichon, le scénario prend son envol, les péripéties rappellent vraiment un roman de Vance (avec les facilités que cela suggère), et se révèle agréable mais malheureusement pas transcendant.

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Un bon album mais qui trahit son âge, il date de 1971 (la période 1980 avec les deux doubles albums me parait beaucoup plus recommandable) et semble maintenant assez anecdotique. A réserver aux inconditionnels de la série.

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27 octobre 2009

Armageddon Rag de George R.R. Martin

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Sandy nourrissait à l’égard de l’autoroute du New Jersey une haine qui transcendait tout sens commun. C’était une route dégueulasse, toujours bondée, et qui traversait certains des coins les plus sinistres de ce côté de Cleveland, un no man’s land puant de zones à urbaniser, de raffineries de pétrole, de cimetières de voitures et de décharges sauvages. La route était plongée dans un perpétuel brouillard grisâtre à l’odeur bien particulière, miasmes de monoxyde de carbone, d’échappements de diesel et de saloperies chimiques dont une seule bouffée suffisait à faire renaître en lui des terreurs anciennes.

Dans le temps, il s’était fait aligner plus d’une fois sur l’autoroute, pour de prétendues infractions à la circulation ou pour des recherches de drogue. Les flics du coin étaient aussi aigrement antifreaks que les autres dans le pays et se plaisaient à traquer les hippies et les chevelus pour les coincer avec un zèle digne de déments. Si vous aviez le malheur d’arborer les mauvais auto-collants sur vos pare-chocs, vous étiez mal barré sur l’autoroute de Jersey, et la parcourir au volant de la Hogmobile, toute badigeonnée de pâquerettes pour McCarthy, c’était décréter soi-même l’ouverture de la chasse.

1971, concert évènement du Nazgûl, le chanteur star Patrick Hobbins décède d’une balle en pleine tête sur scène devant cinquante mille spectateurs. Rideau !

Dans les années quatre-vingt, Jamie Lynch, alias Sauron, imprésario du Nazgûl est exécuté rituellement chez lui, dans le Maine, au son d’une chanson explicite de l’ancien groupe.

Sandy Blair, écrivain et ancien rédacteur en chef du Hedgehog, un magazine rock, se voit proposer de rédiger un article. Une occasion qu’il saisit d’autant plus vite qu’il est en panne d’écriture. Une bonne occasion aussi de parcourir le pays à la recherche de ses anciens camarade de fac et de défonce des années soixante, au frais de l’enfoiré qui l’a vidé de son ancien journal.

Son reportage avait commencé comme un truc intéressant, un truc qui pouvait être marrant. Ca n’avait pas été marrant, mais alors pas du tout. Et ça le serait sans doute de moins en moins, à mesure qu’il avancerait. Mais il savait qu’il lui faudrait en voir le bout. Lynch avait peut-être été de son vivant une merde de première classe mais il lui devait bien ça. Sans parler des gens qui étaient morts dans l’incendie du Gopher Hole et même ce Paul Lebèque. Le zig était parti pour payer pour un meurtre qu’il n’avait pas commis et tout le monde s’en foutait. Les flics, le Hog et jusqu’au mec lui-même. Alors, tout reposait sur lui, au bout du compte.

Tout en renouant avec ses anciens amis et constatant la perte de leurs idéaux, son enquête avance et l’amène dans le sillage d’un ancien activiste, auto promu imprésario qui semble bien décider à reformer le Nazgûl. Quel rapport peut-il y avoir entre un terroriste des années soixante et un groupe dont les membres survivants sont passés à autre chose ou en pleine déchéance ? Pourquoi les rêves de Blair sont ils hantés par une horde de spectres, lui rappelant les épisodes tragiques de cette époque ?

« Attendez une minute, dit-il. Quelle putain de différence Faxon peut-il faire ? Vous êtes dingue et je suis tout aussi dingue de rester là à vous écouter. Et alors, mettons que vous récupériez Faxon et Slozewski. Ca n’en fera jamais que trois sur quatre. Et le quatrième larron sera sacrément dur à convaincre. » Sandy criait à présent, comme si le volume sonore de sa protestation lui accordait plus de poids et de vérité. « Faites un peu travailler vos petites cellules grises et vous parviendrez peut-être à vous souvenir que Patrick Henry Hobbins est mort en 1971. Il s’est fait éclater la moitié de la tête par une carabine lourde et il n’a pas été foutu de chanter valablement après ça. Comment comptez-vous contourner ce détail ? »

Edan Morse était d’un calme surprenant. « La mort n’est pas toujours le si formidable obstacle que l’on pourrait imaginer », dit-il.

Polar fantastique et élégie des années soixante, l’évocation de la période est réussie tant pour ses côtés sympathiques que sa part d’ombre. Le constat d’échec est amer mais comme un personnage le dira si les années soixante n’avaient pas été, les années cinquante auraient duré éternellement. Un roman prenant, s’appuyant massivement sur la musique de l’époque, chaque chapitre commençant par quelques paroles d’une chanson de l’époque, amer et en même temps porteur d’une espérance. Bonne pioche.

Il m'a donné envie de le lire : Gromovar

L'avis d'El Jc

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24 octobre 2009

Le trio de l'étrange de Roger Leloup

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Chose promise, chose due. Un de mes aimables commentateurs a fait remarqué sa méconnaissance de la BD SF francobelge. Retour aux fondamentaux encore une fois !
Tant Blake et Mortimer que Valérian et Laureline ont été évoqués sur ce blog et le seront encore.
Place donc à Yoko Tsuno de Roger Leloup, série préférée de mon épouse, ayant débutée dans les années 70.
Roger Leloup est un ancien collaborateur d'Hergé, doté d'un goût prononcé pour les engins volants et les coupes de cheveux féminines élaborées.
Au fil du temps la série s'est organisé sur trois axes : les aventures spatiales avec les vinéens, les aventures électroniques terriennes et les aventures temporelles (moins nombreuses et dont la qualité décroit passé la première).

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Le trio de l'étrange introduit Yoko Tsuno, ingénieur en électronique japonaise et Vic et Pol techniciens en audio visuel. Pol est le comique de service tandis que vic représente la composante rationnelle, Yoko étant profondément humaine et impulsive en plus de ses qualités intellectuelles.
Après une introduction rapide où les trois personnages sont réunis suite à une méprise, ils s'associent pour mener à bien un documentaire sur une rivière souterraine sans résurgence connue.

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Las, la plongée tourne court quand ils se retrouvent aspirés dans les installations souterraine d'une civilisation extra-terrestre : les vinéens.
Ces derniers ne semblent pas trop savoir comment traiter les trois intrus et la situation dégénèrent rapidement malgré le caractère non belliciste des extra terrestres. Pas besoin d'armes pour se faire des misères quand bon nombre d'engins ou d'outils sont létaux.

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Bien que le trait soit encore un peu hésitant (c'est moi où Yoko et Pol ont des têtes énormes dans cet album ?), l'histoire est rondement mené et assez dense. Pas le meilleur album de la série mais une réussite indéniable.

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21 octobre 2009

Substance Mort de Philip K. Dick

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A errer ainsi sur la voie publique, parmi toutes sortes de gens, il éprouvait un sentiment étrange concernant son identité. Ainsi qu’il l’avait expliqué aux spécimens du Lions Club, sans son complet brouillé il ressemblait à un toxico ; il causait comme un toxico ; ceux qui le croisaient le prenaient certainement pour un toxico et réagissaient en conséquence. Les autres junkies – tiens se dit-il, je parle même des « autres » junkies – lui coulaient un regard en forme de « paix, mon frère ». Pas les straights.

Fred est un policier dans le milieu des toxicomanes afin de remonter la filière de la Substance Mort, Bob Actor est un junkie, dealer occasionnel mais est aussi Fred. L’univers de Bob / Fred est passablement compliqué du fait de l’incohérence des raisonnements des drogués vivants avec lui et de la paranoïa qui l’envahit peu à peu. Le grand écart devient plus difficile quand ses supérieurs, qui ignorent tout de son identité, le somme d’enquêter sur Bob Actor… 

Ou bien : « Donna est morte ». Hank se contenterait de prendre note. Peut-être demanderait-il : « Qui lui a vendu l’acide et où est-il fabriqué ? »… « Où ont lieu les obsèques ? On devrait aller relever quelques noms et quelques numéros d’immatriculation. ». Fred soutiendrait la conversation sans se troubler.

Fred était comme ça. Mais plus tard sur le trottoir, quelque part entre la pizzeria et la station service Arco (un dollar deux cents le gallon d’ordinaire), Fred se changerait en Bob Actor, et les terribles couleurs de l’évènement filtreraient à nouveau en lui, qu’il le veuille ou non. 

A mesure que la surveillance de Bob Actor s’intensifie, Fred / Bob perd pied tant du fait de la drogue que de cette situation schizophrénique. Une véritable descente aux enfers…

Bob Actor se répéta la question. Combien y a-t-il de Robert Actor ? Dingue. Au moins deux, à vue de nez. Le nommé Fred, qui se prépare à espionner le nommé Bob. Même type. Voire. Fred est-il vraiment le même que Bob ? Quelqu’un sait-il ? Moi je le saurais, j’imagine, puisque je suis la seule personne au monde à savoir que Fred est Bob Actor. Mais qui suis-je ? Lequel des deux ?

Un roman portant moins sur cette situation aliénante que sur les ravages de la drogue sur les esprits. Les discussions oiseuses sans queue ni tête se succèdent, de même que les situations surréalistes. Au final un récit assez cynique, tenant plus du témoignage (d’après le mot de la fin) malgré une construction surprenante.

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18 octobre 2009

Valerian et Laureline tome 9 et 10 de Mezières et Christin

Suite à plusieurs discussions sur Orbital avec un ami, qui se reconnaîtra, je suis revenu aux fondamentaux.
A savoir le double album de Valerian et Laurine : Métro Châtelet Direction Cassiopée et Brooklyn Station Terminus Cosmos.
Une histoire d'autant plus chère à mon coeur qu'il s'agit de mon premier contact avec cette série, grâce aux premières planches de Brooklyn Station Terminus Cosmos, parue dans un vieux Pilote, que ma soeur m'avait gracieusement transmis.

Métro Châtelet Direction Cassiopée

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Alors que Laureline enquête dans la constellation de Cassiopée, Valerian est largué dans la France des années 80 où se manifeste de curieux phénomènes. Guidé par M Albert, l'agent fixe de Galaxity dans cette époque, Valérian est chargé d'éliminer toutes ses apparitions anachroniques, tandis que Laureline cherche les responsables à des années lumières de là.

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Si dans les albums précédents, Valérian avait pu apparaître quelque peu dépassé, il l'est ici encore plus. La tête ravagée par l'opération lui permettant de contacter psychiquement sa compagne, oscillant au bord du spleen du fait de son incompréhension des évènements. M Albert de son côté apparait autant comme un personnage sympathique et excentrique qu'un agent d'investigation extrêmement efficace.
Du côté de Laureline, son caractère rebelle est un peu éclipsé par une explosion de charisme et un côté incisif jubilatoire.

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Une première partie bien menée et très accrocheuse.


Brooklyn Station Terminus Cosmos

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Alors que le spleen de Valérian touche à sa fin de manière radicale, l'enquête avance à grands pas. M Albert connait les destinataires des manifestations sur Terre tandis que Laureline se rapproche de plus en plus des instigateurs.

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Valérian redevient l'agent efficace qu'il était avant de se retrouver de nouveau la tête à l'envers ce qui lui vaudra de nouvelles avanies.

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Un récit plus nerveux que le précédent, où les révélations s'enchaînent tandis que les épreuves subies par Valérian semblent lui avoir fait gagner en maturité.

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Au final, une histoire en deux tomes exceptionnels tant pour son ambiance (que l'on retrouvera en partie dans Les Spectres d'Inverloch et Les Foudres d'Hypsis), ses personnages secondaires hauts en couleurs que son scénario très élaboré.

Une indéniable réussite, un classique de la BD franco belge de SF incontournable qui n'a pas pris une ride.

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