Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

08 juin 2009

L’autre côté du rêve d’Ursula Le Guin

img230

George Orr a un don. Certains de ses rêves changent la réalité. Terrifié par les conséquences incontrôlables et potentiellement désastreuses, il additionne les drogues inhibant sa capacité à rêver. Las, l’usage prolongée de ses dernières créé une accoutumance et les rend inefficace.

George force les doses et subit une overdose. Les services sociaux l’adresse à un psychologue qui finit par appréhender la nature de son pouvoir. Ce dernier entreprend alors une thérapie qui a pour but d’améliorer le monde…

Dans ce roman court, Ursula Le Guin multiplie les problématiques s’interrogeant sur la nature de la réalité, présentant diverses dystopies et une approche du pouvoir. Pour cette dernière Nébal évoque « Le complexe du messie ».

Quoi qu’il en soit L’autre côté du rêve est un excellent roman qui tranche quelque peu des autres récits de l’auteur. Le Guin s’essaye à des ambiances dickiennes et y réussit remarquablement, un roman très agréable.

La chronique de Nébal

Posté par efelle à 20:59 - Science Fiction - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

03 juin 2008

Quatre chemins de pardon d’Ursula K. Le Guin

img022

Quatre chemins de pardon, quatre nouvelles sur la révolution d’Yeowe et Werel dans le cadre du cycle de l’Ekumen.
Werel est une planète où sévit un régime mêlant esclavage et misogyne. Les femmes sont cloîtrées, les esclaves traités de mobiliers et les esclaves de sexe féminin sont encore plus à plaindre. Yeowe sa colonie n’est qu’une vaste exploitation tenue d’une main de fer. Ces textes narrent les luttes pour la liberté des esclaves puis des femmes. 

Mais je ne pense pas que nous puissions nous libérer toute seules, ni ne libérer que nous seules. Il faut que les choses changent. Les hommes se tiennent pour les patrons. Ils doivent cesser. S’il est une chose que nous avons apprise durant toutes ces années, c’est qu’on ne change pas un esprit à coups de fusil. Tuez le patron, vous deviendrez le patron. C’est la façon de penser qu’il faut changer. L’esprit des esclaves et l’esprit des patrons.
 

A l’exception de « Trahisons » ces textes sont violents et sombres on retrouve le désespoir des autochtones de « Le nom du monde est forêt ».

« Trahisons » le premier texte met en scène deux vieillards retirés du monde,  anciens esclaves, vétérans de la révolution de Yeowe. Une enseignante et l’ancien chef de la révolution écarté pour corruption. Un texte puissant et amer.


« Jour de pardon » met en évidence de manière efficace la place réservée aux femmes dans la société werelienne par l’intermédiaire de Solly, diplomate de l’Ekumen. Un texte efficace mais finalement assez convenu sans être désagréable. 

« Un homme du peuple » et « Libération d’une femme » constituent le plus gros morceau de ce recueil. Le premier nous présente la société de Hain puis nous jette dans la société d’Yeowe post révolutionnaire et embourbée dans les traditions misogynes. Tandis que le second narre l’épopée de Rakam des cantonnements féminins des exploitations de Werel à la société en mutation de Yeowe : sans doute le texte le plus dur mais aussi le plus porteur d’espoir. 

Avant la guerre de Libération, les villes de Yeowe abritaient les mobiliers des corporations. Ils louaient leur liberté, dirigeaient leurs propres écoles, leurs hôpitaux et de nombreux programmes de formation. Dans l’ancienne capitale, il y avait même une université. Bien sûr, les corporations contrôlaient toutes les informations, surveillaient tout, censuraient l’enseignement et les publications, et ne cherchaient qu’à augmenter leurs bénéfices. Mais, à l’intérieur de ces limites étroites, les mobiliers étaient libres d’utiliser à leur gré l’information à laquelle ils avaient accès. Sur Yeowe, les gens des villes attachaient beaucoup d’importance à l’éducation.
Durant les trente années de guerre, tout ce système d’instruction et d’enseignement s’était effondré. Toute une génération avait grandi sans rien apprendre que violence, méfiance, famine et maladie. La directrice de mon école me dit : « Nos enfants sont illettrés, ignorants. Est-il donc étonnant que les chefs des plantations aient pris la relève des patrons et des corporations ? Qui les en aurait empêchés ? »
Ces hommes et ces femmes croyaient de toutes leurs forces que seule l’éducation mènerait à  la liberté. Ils étaient toujours en pleine guerre de Libération.

Un recueil puissant, dur, sans complaisance mais jamais excessif non plus, loin de tout manichéisme. On retrouve ici une bonne part de l’intensité « Des dépossédés ».  Du très grand Le Guin.

Posté par efelle à 22:11 - Science Fiction - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1