Le chant du barde de Poul Anderson

Convaincu par l'article de Xavier Mauméjean dans le Bifrost n°61, j'ai acquis Le chant du barde peu de temps après et il sommeillait depuis dans ma pile jusqu'à ce que Guillaume ne m'incite à l'en sortir. Au programme neuf nouvelles ou novella, souvent récompensées d'un Hugo et/ou d'un Nébula, sélectionnées par Jean-Daniel Brèque, avec comme constante le désir d'autodétermination quant au destin de l'humanité de Poul Anderson.
Sam Hall, nous plonge dans une USA futuriste en proie à une tentation fascisante façon 1984 grâce à un super calculateur à la Multivac d'Asimov, Matilda.
- Etudiez l'histoire. Après avoir perdu la Troisième Guerre Mondiale, nous avons dû militariser le pays pour gagner la Quatrième et, ensuite, en vue d'assurer notre sécurité, il nous a fallu devenir les gardiens de la race humaine toute entière. Le peuple l'exigeait.
Le peuple, pensa Thornberg, n'a apprécié la liberté qu'après l'avoir perdue. Il s'est toujours montré disposé à vendre son patrimoine... Ou bien est-ce simplement que, mal entraîné à penser, il n'a su ni voir clair dans la démagogie ni se représenter les conséquences finales de ses voeux ?
Ingénieur chargé des opération de Matilda, Thornberg par esprit de résistance va créer un criminel insaississable, bientôt recherché par toutes les forces de sécurité et bientôt porte étendard de la rébellion...
Un superbe texte qui n'a pas pris une ride malgré l'obsolescence des descriptions du matériel informatique.
Vient ensuite Jupiter et les centaures, un texte qui a probablement fortement influencé l'écriture d'Avatar, bien que la nouvelle soit bien plus inventive et intelligente. Pour explorer Jupiter, la science humaine a donné le jour à un être adapté aux conditions (supposées au moment de l'écriture de la nouvelle) de Jupiter. Ce dernier sera piloter télépathiquement par un humain depuis une station orbitale. Le pilote actuel est un paraplégique doté d'une volonté inflexible qui peu à peu s'identifie à sa marionnette. Un ingénieur spécialisé dans le matériel télépathique venu résoudre les défaillances récentes de l'équipement va être confronté au destin hors du commun que son collègue se forge inconsciemment.
Néanmoins... Moi, l'infirme, je ressens toute la fatigue, la colère, les blessures, les déceptions de cette machine biologique étonnante que nous appelons Joe. Les autres ne comprennent pas. Quand une tempête d'ammoniac lui écorche l'épiderme, c'est moi qui saigne.
Une réussite indéniable, un excellent moment.
Avec Long cours, lointain descendants d'une expédition humaine échoué sur la lune d'une géante gazeuse, une poignée d'explorateurs de la renaissance tente sous la houlette d'un capitaine à la forte personnalité de boucler un tour du monde. Et ce malgré les superstitions quant au fait de passer "sous" la géante gazeuse omniprésente dans le ciel. En croisant une autre peuplade humaine, isolée dans un archipel, mais en retard du point de vue technologique, ils seront confrontés à la source de bien des légendes.... Les insulaires ayant recueillis un voyageur stellaire qui s'est écrasé suite à un incident quelques années auparavant, des légendes prennent corps et l'horizon brusquement s'élargit... L'ambiance et les enjeux changent progressivement, le tout narré de manière très prenante. Superbe !
Pas de trêve avec les rois ! imagine une Amérique post apocalyptique, passé largement dans une phase de reconquête avec les technologies du début du XXeme siècle et un système social semi féodal.
Si seulement nous possédions les ressources suffisantes ! Quelques misérables voies ferrées, un nombre ridicule d'automobiles, une poignée d'avions, des convois de ravitaillement traînés par des mulets - voilà tout ce dont nous disposons . Avec de tels moyens, quelle peut être notre mobilité, je vous le demande ! Et pourtant, j'enrage quand je pense que nous pourrions réaliser ce qui existait aux temps anciens. Rien ne nous manque, ni les livres, ni les connaissances.
Alors qu'une nouvelle guerre de Sécession a lieu suite à une tentative de coup d'état, les loyalistes découvriront la présence d'entités extérieures sur leur sol, bien attentionnées... sur le très long terme. Un texte agréable assez crépusculaire.
Dans Le Partage de la chair, l'empire galactique humain s'est effondré. Les premières sociétés à s'être redréssées ont repris le chemin des étoiles et parcoure l'espace à la recherche des colonies humaines perdues. Alors qu'en contact avec une société primitive sur une planète hostile à la vie humaine, l'épouse d'un des chercheurs est confronté à l'assassinat de son mari et la consommation rituelle de nombre de ses organes. Issue elle même d'une culture implacable, elle se lancera sur la voie de la vengeance mais aussi celle de la compréhension de cette culture. Un excellent texte bien mené.
Hommage à Philip K Dick avec Destins en chaîne, un texte qui relève de l'exercice de style. Plusieurs histoires en une dans un récit labyrinthique au possible. Un texte réussi mais pas aussi acrocheur que les précédents, peut être à cause des dernières mises en situation amusantes mais pas crédibles.
La Reine de l'Air et des Ténèbres confronte un détective privé au mystère des enlevèments d'enfants au frontière d'une colonie humaine sur une planète en cours de colonisation. Aux frontières de la civilisation humaines, des archétypes et mythes ancestraux resurgissent. Les colons isolés tissant des pactes avec le peuple féérique... Un détective rationnel s'attachera à ce mystère et la discrète guerre menée contre les colons. Encore un excellent texte...
Le Chant du Barde met le mythe d'Orphée à la sauce science fictive avec un des références culturelles assez recherchées. N'ayant pas toutes les clés j'ai eu du mal à rentrer dans le texte avant d'être emporté grâce à la seconde moitié du texte. En ce qui me concerne un bon texte en demi teinte, il me manquait quelques clés pour pleinement l'apprécier.
Le Jeu de Saturne met en scène une communauté de scientifique au terme d'un voyage de huit ans vers les confins du système solaire. Le jeu de rôle utile pour tromper l'ennui se révèle ravageur quand il prend le pas sur la réalité lors d'une exploration de Japet. Un besoin d'évason devenue une habitude et finalement un danger quand les décors grandioses du satellite ressembent trop à ceux imaginé pour des aventures de fantasy romantiques... Joli texte bien narré, un bon moment.
Au final un excellent recueil, très varié dans ses ambiances, qui rend justice au talent de Poul Anderson. Un incontournable à lire de toute urgence.
Une lecture commune avec le Traqueur Stellaire.
Wastburg de Cédric Ferrand

A l'embouchure du fleuve séparant les royaumes de Waelmstat et de Loritanie se dresse la cité franche de Wastburg. Une ville autrefois dominée par les majeers, des mages, avant que le magie ne s'épuise et ne laisse la place à un univers désenchanté dans tous les sens du terme...
De l'avis général, il fallait être grand et costaud pour entrer à la Garde. Les gens avaient en tête l'image du soldat baraqué qui en imposait quand il faisait sa ronde, dépassant d'une tête la foule agitée du marché. Il était vrai que quiconque avait goûté un jour aux méthodes de maintien de la paix des gardes savait qu'à Wastburg, la loi avait une bonne droite. Si bien qu'on attendait du gardoche moyen qu'il ait du chien.
C'est à travers le regard des membres de la Garde, du plus haut gradé aux orphelins faisant office de messagers pour une pièce, qu'on aborde la cité. Les petites gens étant les plus nombreux c'est eux qui auront le plus souvent la parole. L'intrigue apparaît ainsi en filigrane, le plus souvent d'un point de vue extérieur ignorant tout des tenants et aboutissants de ce qu'il vient de voir.
Waalder attaquait un cervelas et Trumgar faisant semblant de dormir. En vérité, il pesait le pour et le contre. Devait-il faire remonter l'information qu'un alchimiste de première bourre débaroulait en ville ? Wastburg avait toujours eu son lot de brasses-poudres et d'alambiqueux, mais un vrai alchimiste, ce n'était pas monnaie courante dans la cité. Depuis que les majeers n'étaient plus bons à rien, les alchimistes avaient pris du galon auprès des rois et des princes. C'est vers eux qu'on se tournait à présent. D'ailleurs, ne disait-ont pas que les alchimistes étaient tous d'anciens majeers ou fils de majeers reconvertis par la force des choses ? Au prix que devait demander un vrai alchimiste pour bosser, peu de monde pouvait se payer un tel contrat. Ca devait vouloir dire que le burgmaester avait une idée derrière la tête. Créer une grosse quantité d'or pour remplir les caisses de la cité et rénover Wastburg. Empoisonner un maester ou deux. Waalder se souvenait d'une histoire en Loritanie où, une nuit, tous les puits d'une cité avaient été empoisonnés : des centaines de morts. On disait qu'un alchimiste avait fait le coup parce que les habitants du coin avaient refusé de payer l'impôt. Dans tous les cas, ça ne regardait pas la Garde fluviale. Pas de raison de chercher des noises. Fallait juste ne plus boire d'eau pendant quelques jours.
Chaque chapitre est l'occasion de découvrir un nouveau protagoniste ainsi que son point de vue sur les évènements qui le touche, pas toujours en rapport avec l'intrigue principale. De temps en temps, l'un d'eux, tel le recruteur de la Garde, Polkan, réapparaît en toile de fois, l'occasion d'en apprendre alors un peu plus à travers le regard d'un autre personnage. Au fil de ses histoire individuelles, on obtient une vision de Wastburg, tant géographique, de ses bas quartiers au plus rupin, qu'ethnologique, sur les us et coutumes des deux ethnies qui cohabitent en ville et sur le gouffre culturel les séparant... De même toute les facettes de la Garde sont évoquées à travers une galerie de personnages très variées, du plus pourri au plus probe...
Bref, les journées au péage étaient longuettes, mais d'un autre côté, les pontards étaient rarement en danger. Le coupable ne pouvait pas décaniller en direction du Waelmstat, il y avait le même service d'ordre de l'autre côté du pont. Un coup de sifflet et les collègues d'en face savaient qu'un type essayait de se débiner. Paniqués, les fuyards sautaient généralement du pont, en oubliant qu'ils savaient nager aussi bien que des galets. C'étaient alors aux gardes fluviaux de mettre le grappin sur le fugitif tout mouillé, après lui avoir appris à faire la planche à coup de rame. Si quelqu'un avait l'idée saugrenue de sortir une lame pour menacer un pontard, un cri du garde suffisait à faire accourir des renforts qui fonçaient dans le tas sans se poser de question. Non, c'était franchement un poste sûr.
Si l'intrigue principale n'est narrée qu'en pointillé, l'écheveau des intrigues secondaires est dense et tout aussi passionnant avec des ambiances très variées, parfois portées sur plusieurs chapitres, notamment celle sur le cheval au péage qui commence comme une farce avant de se terminer en drame avec d'autres personnages. Le tout donnant une vision très vivante de la ville.
La tour. Il n'y avait pas moyen d'échapper à sa grandeur. Où qu'on soit dans la cité, elle s'imposait dès qu'on levait le pif pour se donner une idée de la météo. Et comme par hasard, la grande fenêtre de la chambre du burgmaester donnait pile-poil sur cet immense perchoir. De quoi y penser tous les matins, avant même d'avoir avalé quelque chose.
Là, avec son ombre qui glissait sans bruit sur les toits, la tour des majeers avait des allures de cadran solaire. Le matin, c'est vers le Waelmstat qu'elle lorgnait, en touchant le pont du bout de son ombre portée. A midi, elle pointerait en direction du port avant de s'étirer inlassablement vers la Loritanie où elle fondait lentement entre chien et loup.
Wastburg est un récit choral parfaitement maîtrisé, très prenant, narré avec gouaille. Un excellent moment se situant quelque part entre Leiber et Jaworski, incontournable pour l'amateur de fantasy.
Une interview de l'auteur par Gromovar.
Roi du matin, reine du jour de Ian Mac Donald
Trois époques et trois histoires qui s'emmêlent à travers les générations... De 1913 aux années 90, un même motif ensorcelle une jeune femme, les mythes irlandais viennent à elles dans la forme de l'époque, de Yeats à Neil Gaiman... Si le fond ressemble à la Forêt des Mythagos d'Holdstock, l'approche est différente plus onirique à travers le Migmus, la somme des mythes irlandais.
L'oisiveté me pèse et me déprime. La pluie semble avoir emporté la magie tout autant que le reste. Ai-je pris pour la réalité ce qui n'était que le songe d'une nuit d'été ?
1913, Emily Desmond est une jeune fille libérée de son pensionnat de bonne soeur pour les vacances. Alors que son père se plonge avec enthousiasme dans l'étude d'une comète, pensant y avoir découvert des extra-terrestre, elle découvre des créatures merveilleuses dans la forêt avoisinante... Une histoire qui tournera au drame tant pour le père que la fille.
Narration mêlant journaux intimes et correspondances, à la manière du Dracula de Bram Stocker, l'ambiance oscille entre le fantastique (évoquée par la présence de Yeats) et la rationalisation scientifique incarnée par le jeune Rooke, futur psychologue. L'ambiance de l'époque est bien maîtrisée, les sentiments nationalistes commencent à apparaître.
Et je redoute que tous les hommes, femmes et enfants des deux camps ne doivent finalement régler le prix de la compromission. La tragédie de deux nations dont les fondations ne reposent sur rien de plus solide que des mythes. Les mythes, mon cher Gogo. On ne peut ériger un pays sur ce qui est immatériel, pas plus qu'on ne peut nourrir ses enfants de belles paroles. Il est impossible de moudre les légendes pour les réduire en farine. Elles ne peuvent apporter une pluie bienfaisante ni être brûlées pour repousser la froidure hivernale. Ne comptez pas sur elles pour vous réconforter lorsque vous serez vieux, quand vous vous sentirez seul, quand vous connaîtrez la peur ou le besoin. Néanmoins, les hommes en alimentent leur progéniture, les mères dénudent leurs seins pour en abreuver leurs nourrissons : le Bon Roi Guillaume d'Orange, sur son destrier blanc, souvenez-vous de 1690, la bataille de La Boyne, On ne se rend pas ! De nouveau une nation, la Harpe qu'autrefois, dans les salles de Tara, Cuchulain enchaîna aux pierres dressées, cerné par l'ennemi, les martyrs de 1916, l'Enfant-soldat est reparti guerroyer...
Début des années 30, la guerre civile irlandaise, qui a suivie l'indépendance, ne semble pas totalement terminée... Jessica Caldwell, une jeune femme quelque peu mythomane s'est inventée un sombre prétendant, membre de l'IRA, histoire de se faire valoir vis à vis de ses amis. Alors qu'elle suis une thérapie avec le docteur Rooke, son amant lui appariait et l'idylle commence... Suite à une révélation dérangeante sur son passé de la part de sa soeur cadette, la jeune fille s'enfuira avec son amant. Le docteur Rooke, qui menait sa propre enquête sur le passé obscur de Jessica, le père de la jeune femme et deux vagabonds surprenants tenteront de l'arracher aux images mythologiques qui tentent de la prendre dans leurs rêts.
Une pensée angoissante m'assaille au coeur de la nuit : n'avons-nous pas perdu d'une manière ou d'une autre la capacité d'engendrer de nouveaux mythes adaptés à une société technologique ? Nous nous rabattons vers des archétypes mythiques d'un autre âge, une époque où les problèmes étaient plus simples que les nôtres, parfaitement définis. Il était alors possible de les résoudre d'un coup d'épée, une arme baptisée Duralibur ou quelque chose d'approchant. Nous avons créé un monde pseudo-féodal rassurant et stérilisés de trolls, d'orques, de mages, de chevaliers, de guerrières aux seins aussi plantureux que leurs armures succinctes et de Maîtres du Jeu ; un monde où le mal est personnifié par des hordes de méchants gobelins qui veulent envahir le pays des gentils Hobbits et non par la famine dans la corne de l'Afrique, l'esclavage des enfants dans les ateliers philippins, les caïds de la drogue colombiens, une économie de marché sans aucun garde-fou, les polices secrètes, la destruction de la couche d'ozone, la pornographie enfantine, les snuff movies, le massacre des baleines et la déforestation des tropiques.
Dans les années 90, la nuit, sabre et PDA en main, Enye MacColl tour à tour, est traquée ou traque,les phages, figures mythologiques irlandaises distordues par le modernisme, dans les recoins obscurs de Dublin. L'ambiance rappelle quelque peu celles du Neverwhere de Neil Gaiman mais remise dans la logique développée ici, par Ian McDonald. La narration tranche violemment, rythmée par des flashbacks savamment désordonné, qui laissent transparaître des freaks, anciens disciples de Rooke et des phages, précédement croisés, sympathiques mais quelque peu transformés. C'est à un rythme soutenu que l'on arrivera à la catharsis finale...
Au travers de l'évocation de son Migmus, concentré d'images légendaires, Ian McDonald tisse une trame très variée au cours de trois époques très différentes. Dressant au passage, le portrait de trois héroînes, reflets de leur époque. Du féérique à la fantasy urbaine, un roman parfaitement maîtrisé, très prenant, une grande réussite, un incontournable du genre.
Il m'a donné envie de le lire : Ubik sur le Cafard Cosmique.
Une lecture commune avec Isil.
Three Kingdoms : A historical novel de Luo Guanzhong

Traduction de Moss Roberts
Monument de la littérature chinoise, le roman des Trois Royaume m'obsédait depuis quelque temps d'où cette immersion dans cette traduction universitaire américaine, complète, riche en renvoi (et contenant une présentation sommaire des principaux personnages bien pratique) et cartes sans oublier deux avant propos et une solide postface du traducteur remettant le texte dans son contexte et retraçant son évolution au fil des rééditions (première impression en 1522).
Le texte en lui même porte sur la chute des Han et des quatre vingt années de guerre civile jusqu'à l'avènement de la dynastie Jin.
The empire, long divided, must unite ; long united, must divide. Thus it has ever been.
L'empereur Han est tombé sous la coupe d'une clique composée de dix eunuques, la corruption règne. Suite à une rencontre avec un moine taoiste, Zhang Jue obtient des pouvoirs de guérison ainsi que sur les éléments. Fort de ces partisans de plus en plus nombreux, il se lance dans une rébellion ouverte (dite des Turbans jaunes) et menace le pouvoir en place, les armées gouvernementales fuyant devant sa horde.
De loyaux sujets des Han se dressent un peu partout et lèvent des troupes pour contrer les Turbans jaunes. Issue d'une branche désargentée de la lignée impériale (arrière arrière petit fils du frère de l'arrière arrière grand père de l'empereur en place), Liu Bei (dit Xuande), en se lançant dans l'aventure loyaliste, se lie avec deux individus d'exception le noble Guan Yu et l'impressionnant Zhang Fei. Tout trois se prêteront serment les uns aux autres dans le jardin des pêchers. Les forces loyalistes se coaliseront et l'emporteront finalement sur les Turbans jaunes, l'occasion de distinguer un autre individu d'exception Cao Cao, un jeune officier de la Cour...
Si la révolte est stoppée et les partisans des Turbans jaunes dispersés aux quatre vents, la corruption des dix eunuques persiste... A la mort de l'empereur, le régent tente de se débarrasser d'eux avec l'appui à l'intérieur de quelques officiers, notamment Cao Cao, et l'appui extèrieur du seigneur provincial Dong Zhuo. La tentative tourne court, le régent est assassiné par la garde des eunuques eux mêmes massacrés par Cao Cao... L'héritier de l'empire est pris en otage et emmené avec son frère à l'extèrieur de la capitale, tout droit dans les pattes de Dong Zhuo qui prendra rapidement le pouvoir destituant le jeune empereur de 14 ans pour le remplacer par son cadet. Secondé par le puissant Lu Bu, qu'il a habilement retourné, Dong Zhuo usurpera le pouvoir et n'hésitera pas à bruler la capitale quand la coalition contre lui se fera plus pressante...
Commence alors une période chaotique qui s'agravera après la disparition de Dong Zhuo... Les seigneurs de la guerre en place semblant plus intéressés par la constitution de fiefs personnels que le rétablissement de la dynastie Han. Les choses dégèneront au point où la garde de l'empereur finira par échoir à un ancien officier des Turbans jaunes.
Au coeur du chaos, Cao Cao, se révèlant un individu d'exception,finira par réunifier les provinces du nord au sein du royaume de Wei et récupérer la garde de l'empereur.
"But you had murdered him knowing he was innoncent - a great wrong", Chen Gong asserted. "Better to wrong the world than have it wrong me !" Cao Cao retorted.
Alors que l'ursupation du pouvoir par Cao Cao se révèlera à tous du fait de son comportement envers l'empereur, Liu Bei et ses deux compagnons sont toujours sans fief véritable suite au refus du premier de se rendre coupable de toute atteinte à l'honneur.
"The man who is my antithesis," Xuande responded, "who struggles against me as fire against water, is Cao Cao. Where his means are hasty, mine are temperate ; where his are violent, mire are humane ; where his are cunning, mine are truehearted. By maintaining my opposition to Cao Cao my cause may succeed. I can't throw away the world's trust and allegiance for personnal gain."

Les choses tourneront enfin en sa faveur quand il sera amené à rencontrer le sage Zhuge Liang (dit Kongming) qui cultivait son jardin loin du tumulte de la guerre civile. Convaincu de la valeur morale de Liu Bei, Kongming lui permettra de résister à l'avant garde de l'armée d'un million d'hommes, levée par Cao Cao pour anéantir les puissances du sud et surtout le prospère royaume de Wu.
Suite à la bataille de la Falaise Rouge où de nombreux héros prendront part et où autant de haut fait seront réalisés que coups tordus, Cao Cao défait retourne au nord et Liu Bei obtient un fief qui lui permettra d'asseoir son pouvoir puis de fonder le royaume de Shu dans l'ouest.
Soon, once the marksmen from the land camp had joined the battle, ten thousand men were concentrating their shots toward the river. The shafts came down like rain.
Kongming ordered the boats to reverse direction and press closer to shore to receive the arrows while the crews continued drumming and shouting. When the sun climbed, dispersing the fog, Kongming ordered the boats to hurry homeward. The straw bundles bristled with arrow shafts, for which Kongming had each crew shout in unison :"Thanks to the prime minister for the arrows !" By the time this was reported to Cao Cao, the light craft, borne on swift currents, were twenty li downriver, beyond overtaking. Cao Cao was left with the agony of having played the fool.
Commencera alors une longue période d'équilibre où aucun des trois royaumes ne l'emportera malgré les nombreux conflit et intrigues les opposants les uns aux autres. Avec l'arrivée des nouvelles générations de dirigeants, l'équilibre des forces changera au profit du clan Sima qui s'est emparé du pouvoir en Wei.
Assez factuel dans la première partie du récit consacré à la révolte des Turbans jaunes et la chute des Han, elle devient plus romancée avec la fin de Dong Zhuo et ce jusqu'à la disparition de Zhuge Liang.
Les éléments fantastiques sont assez discrets mais apparaissent régulièrement notamment sous la forme de fantôme ou de moine taoiste venue enseigner une leçon d'humilité à l'arrogant seigneur en passant par les présages et rêves prémonitoires à interpréter.
As Sun Ce left the temple grounds, Yu Ji appeared again, strolling toward him. "This temple harbors demons !" Sun Ce cried, and seating himself facing the building, he ordered five hundred warriors to tear it down. As they started pulling apart the tilework, Yu Ji appeared on the rooftop, hurling tiles to the ground. Sun Ce ordered the priests evicted, and had his men set fire to the sanctuary ; but Yi Ji was visible at the heat of the flames. Returning to his residence, Sun Ce found Yu Ji standing at his gates.
La masse de personnages est très imposante, s'étalant sur trois ou quatre générations, et loin de tout manichéisme. Même l'intègre Liu Bei déclinant sous le poids des ans et du chagrin s'éloignera de son idéal. Les relations entre les divers protagonistes sont complexes tant du fait d'avoir combattu côte à côte, que d'avoir été accueilli après un revers ou de savoir que l'allié d'aujourd'hui sera forcément l'ennemi de demain (la bataille de la Falaise Rouge est ainsi relevée par la rivalité entre Zhou Yu et Kongming, et la volonté forcenée du premier de se débarraser de cet allié encombrant).
Difficile de faire un relevé exhaustif des personnages marquants. Si le roman tourne énormement autour de Kongming, Liu Bei et Cao Cao, Guan Yu dispose aussi d'une place de choix. Zhang Fei apparait moins souvent mais évolue énormément en bien et en mal. Zao Yun de son côté incarne le chevalier parfait, sorte de Galaad chinois avant l'heure. L'épopée misérable de Lu Bu est mémorable, de même que la frustration de Zhou Yu. Parmi les subalternes de Cao Cao : Cao Ren, Dian Wei et Xu Chu sont assez marquants pour leur personnalité ou leur constance. Enfin bien que moins longue que celle de leurs aînés l'épopée guerriere de Jiang Wei et Deng Ai est digne d'être mentionnée. Sans oublier Sima Yi qui rencontre une fin assez gore après de nombreux succès (dont celui d'avoir survécu à Kongming).
Les péripéties et rebondissements de ce roman fleuve sont nombreux, la totalité des personnages passe par des hauts et des bas et évolue énormément. Les femmes bien que très peu présentes dans le récit ont une influence non négligeables ou font preuve d'action d'éclat assez saisissantes (cela dit on est très loin d'un roman moderne ou des romans d'amour courtois). L'ambiance chinoise est assez prenante et surtout dépaysante, les protagonistes se référant régulièrement à des évènements passés pour appuyer leurs arguments, les généraux et conseillers mal vus finissant souvent décapités pour avoir exprimer trop ouvertement une position peu populaire auprès de leur seigneur. Bref, Les Trois Royaumes est une lecture que je ne regrette pas tant le texte est riche et plein de surprises.
Nausicaä de la vallée du vent (tome 7) de Hayao Miyazaki

L'empereur dork pour avoir sous estimer tant Kushana que Nausicaä est vaincu... En guise de testament, il lègue un cadeau empoisonné à Nausicaä et révèle les origines de son musée des horreurs : le cimetière de la cité sainte de Shuwa...
Portée par une armée tolmèque et le dieu guerrier, Nausicaä se rendra sur place, allant de découverte en découverte et obtenant la révélation de ses intuitions et celles de Selm.
Au cours de cette dernière étape, quelques soubresauts belliqueux secoueront encore les forces en présence, pourtant agonisantes. L'occasion de révéler le véritable caractère de chacun ou de trouver la rédemption.
Quoi qu'il en soit c'est à Shuwa que tout se dénouera, une lutte à mort pour empêcher l'histoire de se répéter et refuser l'avenir imposer à l'humanité... Ce dernier tome, sans nul doute le plus poignant, vois se déployer l'influence de Nausicaä sur ceux qu'elle a rencontrée. Le message sur le vivre ensemble est bien amené et réussi, de même que la thématique écologique abordé en nuance et à la conclusion résolument non manichéenne. Au final une formidable fresque où chaque personnage à une place de choix et un rôle à jouer.
A noter le dossier du Cafard Cosmique : Miyazaki, une vision du futur comportant une part importante accordée à Nausicaä.
Une relecture effectuée avec plaisir dans le cadre du Challenge Fins du Monde de Tigger Lilly.

Nausicaä de la vallée du vent (tome 6) de Hayao Miyazaki

Alors que Nausicaä semble succombé au désespoir suite au sacrifice des omus, les empereurs dork et tolmèque se lance dans des projets toujours plus dément. L'action de Nausicaä a toutefois eu une influence et de plus en plus d'individus s'élèvent contre cette course vers le néant, se détournant des deux dirigeants déments.
Sortie de ses songes, par Selm du peuple de la forêt, Nausicaä repartira, plus résolue que jamais à lutter contre la folie destructrice qui menace le monde.
Le récit arrive à son terme, la tension est croissante et quelques personnages tirent déjà leur révérences, l'apocalypse menace toujours...
Nausicaä semble bien être l'oeuvre emblématique de Miyazaki, des scènes de cet album se retrouvant des ces films (Le chateau dans le ciel et Le voyage de Chihiro). Le récit est d'ailleurs plus apaisé que les précédents grâce notamment au voyage onirique de Nausicaä et aux nombreux passages porteurs d'espoir au sein de ce maëlstrom de violence et de folie. Reste plus qu'à ce ruer sur le prochain et dernier tome...
Une relecture effectuée avec plaisir dans le cadre du Challenge Fins du Monde de Tigger Lilly.

Nausicaä de la vallée du vent (tome 5) de Hayao Miyazaki
Les évènements se précipitent alors que la bonze dork Chalka déserte les rangs impériaux pour utiliser ses moyens à contrer le fongus mutant créé par les scientifiques dorks, le frère cadet de l'empereur s'effondre, sa lutte contre Nausicaä ayant été trop extrême pour son corps plusieurs fois centenaire. Maintenu en vie dans le caveau de Shuwa, il laisse le champ libre à son frère ainé. Véritable dément, qui ne semble avoir aucun tabou quant à l'utilisation de l'arsenal du passé.
Yupa, Kecha et Asbel cherchant toujours Nausicaä capturent Kushana qui ne s'intéresse plus qu'à sauver ses hommes... L'avancée de la grande marée, les convaincra de l'aider dans cette voie.
De son côté Nausicaä, aidé par Chikuku, et sous le regard bienveillant de Chalka, guide les réfugiés dorks et les troupes tolmèques en déroute vers des lieux sûrs. Loin du fongus mutant ou de la masse des omus en marche. Epuisée, elle succombe au spleen et décide d'attendre tant le fungus que les omus...
Le monde s'effondre et ses dirigeants semblent n'avoir que les conquêtes en tête... Pendant ce temps, Nausicaä s'épuise à sauver le plus de personnes possibles tout en désespérant de voir les insectes géants se sacrifier pour stopper les horreurs créées par l'humanité... Un tome très sombre malgré le nombre croissant de bonne volonté.
Une relecture effectuée avec plaisir dans le cadre du Challenge Fins du Monde de Tigger Lilly.

Nausicaä de la vallée du vent (tome 4) de Hayo Miyazaki

Les horreurs des deux frères gouvernant les dorks se dévoilent... Après la manipulation des Omus, Mito à la recherche de Yupa découvre un nouveau projet sinistre.
Yupa de son côté en apprend plus sur l'être vétu de bleu des croyances des dorks auprès de ceux de la forêt...
Les mauvais présages se multipliant, une fois réuni, Mito, Yupa, Asbel et Kecha décident de partir sur les traces de Nausicaä. Pendant ce temps, Kushana bien décidé à sauver ses troupes risque le tout pour le tout en lançant une opération commando sur l'armée de ses frères, et ce malgré les prémisses du grand raz de marée, espérant s'emparer des avions nécessaire à l'évacuation des siens. De manière surprenante, c'est dans cet enfer qu'elle trouvera la paix intérieure...
Enfin de son côté, Nausicaä pénètre au coeur de l'empire dork et découvre un sanctuaire oublié de tous. L'occasion de découvrir quelques vérités cachées sur les dorks mais les évènements se précipiteront et elle devra faire face avec le jeune Chikuku, à un autre projet dément de Miralupa, frère cadet de l'empereur dork. L'occasion d'un nouvel affrontement psychique avec lui.
Bien que ravagé et agonisant, cet univers semble avoir assez de force pour se diriger tête baissée vers une nouvelle apocalypse ! Face à cette menace des êtres se dressent et ce dans les endroits les plus improbables, y compris dans l'état major dork. Miyazaki dresse ainsi une fresque résolument non manichéenne, désespérée et passionnante, renforcée par une galerie de personnage variée et haute en couleur. Un grand moment de BD !
Une relecture effectuée avec plaisir dans le cadre du Challenge Fins du Monde de Tigger Lilly.

Rêves de Gloire de Roland C. Wagner

La plage était déserte en cette saison. La peinture blanche s'écaillait sur les planches de la buvette fermée. La mer bleu-vert ondulait doucement dans le soleil d'hiver. Quelques barques retournées reposaient sur le sable ; assis sur l'une d'elles, un vieil Arabe au crâne enturbanné de blanc buvait le thé en fumant une cigarette.
Je me suis senti étranger.
Octobre 1960, De Gaulle succombe dans un attentat ce qui finira par donner un autre épilogue à la guerre d'Algérie, la France conservera trois enclave : Bougie, Oran, Alger. Les colons se trouvant ailleurs sur le territoire fondent sur les enclaves ou retournent en métropole. Timothy Leary débarque à Paris, avant de migrer à Biarritz un stock important d'une nouvelle drogue, rapidement baptisée Gloire, dans ses valises. Dans son sillage, un mouvement hippie prend forme : les vautriens. Dans les Aurès, un déserteur français, réputé timbré, prêche la non violence au fil de ses errances. Beria aux commandes de l'URSS se brule les doigts à Budapest et se lance alors dans une course à l'espace acharnée pour redorer le blason du communisme et encore quelques autres points de divergences...
Au fil des ans, la situation politique française vire à la dictature, les vautriens sont rapidement déportés dans l'Algérois... Les années passent, le monde change, la vie suis son cours...
J'ai posé la main à plat sur la pochette. "Je cherche ce disque. Dans le cas de tout petits tirages, le meilleur moyen, c'est de retrouver ceux qui l'ont enregistré, ou pressé."
Il a émis un grognement amusé. "Purée, vous êtes un vrai pro du disque, hein ?
- J'essaye. Une autre anisette ?
- C'est pas de refus."
Je n'avais pas avancé d'un pouce, sauf sur un point : je connaissais désormais le nombre de pochettes imprimées, un bon indice de la rareté du disque. Je comprenais mieux comment il avait pu échapper aux collectionneurs les plus férus de musique vautrienne. Les éventuels pressages d'essai mis de côté, avec cinquante exemplaires, il entrait tout droit dans les dix premiers du hit-parade des quarante-cinq tours algérois introuvables.
C'était la pièce manquante. Le Graal.
Il me fallait ce disque.
De nos jours, un collectionneur de vinyl rare découvre sur internet, un disque de rock psychédélique inconnu. Le groupe Les Glorieux Fellaghas, deux titres Rêves de Gloire et Regarde vers l'orient (une reprise de Regarde vers Lorient). Outre le nom du groupe un rien provocateur pour les années soixante, notre ami découvre une nouvelle particularité à ce disque : il porte la poisse. La mort frappe curieusement tous les propriétaires d'un exemplaire. De quoi attiser la convoitise de notre collectionneur compulsif.
Tandis que je parlais, je mesurais à quel point les mentalités, avaient pu changer depuis les soixante. Les vautriens, les harkis, les Européens du Nord et du Sud, les Algériens eux-mêmes - tous ces gens avaient influencé la vision du monde de la population algéroise. Les influences s'étaient mêlées, l'ambiance générale avait changé, le Zeitgeist n'était décidément plus du tout le même.
La société algéroise s'était ouverte, par la force des choses, et cette ouverture lui avait profité. Mais ici, en France, la société s'était refermée sur elle-même dans une ambiance de méfiance à l'égard de l'étranger, surtout s'il venait de l'autre côté de la Méditerranée, elle s'était enfermée derrière des murs et des barrières mentales, elle s'était appuyée sur la haine et la xénophobie en une tentative désespérée de se perpétuer, ou plutôt de perpétuer une image d'elle-même, une image idéalisée d'une France blanche et chrétienne où régnait l'ordre.
Et, au bout du compte, elle avait échoué.
En alternance à cette chasse au disque rare et létal, les témoignages anonymes, même si on peut reconnaitre quelques intervenants récurents, des années soixante à nos jours se succèdent pour brosser par petite touche la trame historique, de la création des enclaves à nos jours, vu de l'Algérois, avec pour point d'orgue les évènements de 1977.
Les tortionnaires français n'avaient jamais été jugés ni condamnés, et les assassins du FLN étaient devenus des héros de l'Algérie nouvelle.
Tous des ordures.
Tous des pauvres gens.
Et moi, moi qui n'avais rien demandé, j'étais là, avec trois ou quatre millions de personnes, pour ainsi dire entre le marteau et l'enclume.
On fait mieux comme position.
Loin de toute angélisme, le roman étant très sombre, Roland C. Wagner déploie magistralement son uchronie. De nombreux points de vue sont embrassés, du fasciste au hippie vautrien en passant par le soldat de l'ALN et le fellagha des Aurès, la mosaïque de personnages est très fournie. Si le protagoniste (proche de l'auteur ? ) nous embarque dans une histoire du rock virant au thriller, les autres trames en filigranes sont tous aussi passionnantes, tout étant lié : histoire du mouvement vautrien de le la folie des premiers moments au désenchantement, du mouvement révolutionnaire à l'effet de mode ; géopolitique mondiale avec une guerre froide alternative ; hommage à Camus...
Bref, un roman solide, dense, prenant, captivant et très fluide. Un coup de maître, à lire et relire au soleil une anisette en main (j'aurai pas du refuser celle que RCW offrait lors de la dédicace à la librairie Scylla).
Ils l'ont lu : Traqueur Stellaire, Philippe Boulier
Nausicaä de la vallée du vent (tome 3) de Hayao Miyazaki

Kushana a fini par dompter Kurotowa et découvre de fait l'ampleur du complot contre elle et les soldats lui étant loyaux, le dieu guerrier passe en second plan. Accompagnée de Nausicaä elle file vers le front principal retrouver l'armée qui lui est fidèle avant qu'elle ne soit sacrifiée pour contenir la contre offensive Dork. En chemin, elles découvriront les effets d'une nouvelle tactique nihiliste dork. Par ailleurs le dévouement de Nausicaä accroit son charisme jusqu'à égaler celui de Kushana parmi les tolmèques.
Grâce au vénérable bonze dork du clan de Mani, Yupa, Asbel et la jeune Kecha ont pu survivre à leur action décisive chez les maîtres vers au service des dorks et surtout échapper aux griffes psychiques du frère cadet de l'empereur. Celui a désormais conscience de l'existence de Nausicaä et semble prêt à tout pour éteindre l'hérésie de "l'être vêtue de bleu" chez son peuple. Alors que les trois fuyards se retrouvent dans une situation désespérée, ils seront sauvé par le mystérieux peuple de la forêt, une communauté vivant en symbiose dans la forêt toxique et inquiéte des manoeuvres des dorks.
Ce tome est donc l'occasion pour Kushana d'entrer en rebellion ouverte contre ses frères et son père tandis que Nausicaä découvrira l'horreur de la guerre dans laquelle son bon coeur et la dirigeante tolmèque l'entrainent...
Un épisode exaltant, sombre et très violent du fait de la succession d'affrontement entre les dorks et les tolmèques, la réalité de la guerre et ses causes frappent de plein fouet Nausicaä qui restent malgré tout égale à elle même. Kushana apparait toujours plus complexe et humaine, entraînée dans un conflit par devoir elle ne le poursuit que pour préserver les siens et mettre à terme à la corruption qui ronge sa famille. Enfin les dirigeants dorks apparaissent au grand jour, tant leur inflexibilité que leur résolution les rends inhumains malgré le doute et le désarroi que leurs actions provoquent au sein de leur propre population.
Plus cette histoire avance plus elle s'assombrit et ce malgré la touche d'espoir qu'apporte Nausicaä autour d'elle. On se demande comment tout cela va se terminer.
Une relecture effectuée avec plaisir dans le cadre du Challenge Fins du Monde de Tigger Lilly.



















