Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

09 janvier 2009

La chair et l’ombre de Robert Holdstock

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Enfant et adolescent, Jack a des absences peuplées de visions. Visions qui se manifestent autour de lui par un miroitement et quelques éléments du décor qui termine sur sa peau. Les sujets de ses visions sont toujours les mêmes : un couple, probablement préhistorique, qui fuit quelque chose, un animal, une cité…

A l’adolescence, Jack fait le commerce du récit de ses visions très enjolivées à la sauce Tolkien jusqu’à sa rencontre avec un archéologue qui lui permet d’accéder aux fouilles locales. Dans un sanctuaire enfoui se trouvent deux masques en plâtre, répliquant les visages du couple qui le hante. Quelques temps plus tard, l’archéologue disparaîtra de manière spectaculaire et hallucinante… Pour Jack, la vie continuera, les visions le laissant en paix.
 

Jack s’arrêta devant les masques, les regarda tour à tour, mit les yeux aveugles au défi de s’ouvrir, tenta de voir au-delà.

« Vous étiez morts. Je vous croyais morts… »

Par-delà les siècles, le plâtre froid resta aveugle.

« Laissez-moi tranquille. Laissez moi tranquille, je vous en supplie. J’ai une fille maintenant, et j’ai failli la tuer… »

Pendant dix ans leur monde avait dérivé loin du sien, les entraînant dans le silence, dans un temps et un espace éloignés. Dix ans de paix…
 

Dix ans plus tard, sa vie de famille est perturbée par le retour des visions. Difficile de s’occuper d’une enfant à proximité d’une rivière ou de conduire une voiture quand des absences peuvent surgir à tout moment. Tout basculera quand Visage Gris, émergera de ses rêves pour peupler les ombres du monde réel tandis que sa compagne continue de se terrer dans ses rêves. Visage Gris n’est pas aimable, il veut retrouver sa compagne et imposera à Jack un chantage cruel. 

Angela son épouse et un de ses confrères l’entraîneront alors dans une expérience stupéfiante : une plongée dans son inconscient pour en extirper Visage Vert. Les expériences s’enchaîneront, Visage Gris se faisant plus pressent à chaque échec. De même l’inconscient de Jack évoluera aussi, au fil des découvertes qu’il effectue sur lui-même et son entourage.
 

« - J’ai besoin d’une séance de débriefing, non ? »

Sauf que cette fois, je me montrerai sélectif et discret…

« Oui, bien sûr. Mais ensuite… la maison un moment, et puis la lande. Oublions les visages verts et gris qui te pourrissent l’existence. »

Jack dévisagea la jeune femme. A présent, elle rayonnait d’enthousiasme, mais aussi d’une envie, d’une faim même, qu’il n’avait pas vue chez elle depuis des années.

Et tout ce qu’il arrivait à se dire, c’était :

Mais je ne VEUX pas oublier le visage vert qui me pourrit l’existence…

 

Plongée dans l’inconscient, découvertes d’ombres oniriques dans notre monde. Robert Holdstock tente de donner un petit ton SF, à coup de mécanique quantique et de psychologie façon Jung, à sa fantasy, avec une variation sur le thème de la Forêt des Mythagos. Personnellement, je trouve que le résultat relève toujours de sa fantasy si particulière. La chair et l’ombre se lit facilement et sans déplaisir mais il manque un petit quelque chose de vraiment accrocheur et ce malgré la multiplication des références, notamment à Moby Dick de Melville.

Déroutant au début, plaisant dans l’ensemble, bien mené mais pas indispensable.

Comme un grand et rudimentaire vaisseau de pierre, l’arche lourde et barbare de Gl’Thaan Oum sillonnait le temps. Brutale, énorme et révoltante, elle faisait surface comme la baleine pour chasser et se repaître des civilisations qui avaient essaimé partout dans le monde. Ce n’était pas un animal décervelé ; elle était sensible et furieuse, cette créature contre-nature modelée dans la terre. Son créateur lui avait insufflé l’espoir, et le sens puis l’avait abandonnée, et à présent, elle traquait ceux qui l’avaient trahie.

 

 

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23 février 2008

La Porte d’ivoire de Robert Holdstock

Suivi de La Femme des neiges

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Pour la première fois de ma vie, j’avais éprouvé la sensation qui, j’en étais convaincu, avait initialement attiré la curiosité de mon père. Les rencontres avec d’étranges silhouettes avaient constitué une large part de mes années d’enfance ; mais jamais cette impression d’être attiré, retourné, examiné, approché, étudié et enfin expulsé dans la réalité de  la neige.Huxley n’avait jamais véritablement partagé avec autrui ce qu’il connaissait du royaume sauvage par delà les lisières. Il nous avait tous tenu dans l’ignorance de la vérité, et cette pensée fugitive a éveillé ma colère un instant.

 
Derniers voyages au sein des bois de Ryhope, La Porte d’Ivoire met en scène Christian Huxley et narre ses premières aventures dans la forêt des mythagos avant le retour de son frère, Steven.

Nouvelle découverte du phénomène toujours agréablement narré suivi par contre d’un net ralentissement de l’intérêt ensuite même si l’histoire est toujours impeccablement construite.

Christian a assisté adolescent au suicide de sa mère et cette scène liée à la forêt va le pourchasser et généré un mythe. George Huxley de son côté est dépeint comme très cruel et passionné ce qui détonne quelque peu avec les précédents romans. Quoi qu’il en soit les changements de Christian ne sont pas présentés dans cette histoire, ce qui est très bien. Robert Holdstock donne toutefois quelques clés pour appréhender la horde de mythagos qu’il attache à sa personne dans le premier roman. 

La nouvelle La Femme des neiges qui clôture ce cycle, explicite plus les ambiguïtés de George Huxley dans une version mythagos de L’étrange cas du Docteur Jeckyll et de Mister Hyde. 

Ces deux textes au final ne sont pas indispensables malgré les éclairages qu’ils apportent, Holdstock a peut être un trop tiré sur la corde avec sa superbe idée initiale.
Le meilleur du cycle se trouve dans La forêt des Mythagos et Le Passe Broussaille qui se suffisent parfaitement.
 

Au portail, qui s’ouvrait sur un sentier, puis sur un champ, la neige était tassée à l’endroit où la visiteuse en avait fait l’escalade et était tombée, ou avait atterri sur ses pieds tant bien que mal. Au-delà du portail, les traces continuaient vers le bois d’hiver, et Huxley demeura un moment immobile, à contempler les grands arbres noirs et leur dense garniture de houx vert brillant. Même en hiver, il était impossible de pénétrer dans le bois des Ryhope. Même en hiver, on ne parvenait pas à percer du regard ses profondeurs à plus de cinquante mètres. Même en hiver, le bois savait exercer sa magie, dissoudre les perceptions en un instant, en faisant tourner le visiteur en rond et en brouillant ses points de repère.

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14 février 2008

Le Passe-broussaille de Robert Holdstock

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Cela faisait six ans qu’on avait retrouvé le corps d’Alex. Six longues années, six années vides. Il se souvenait encore du puissant remugle de la forêt, tandis qu’il avançait à pas lourd, avec les policiers, au milieu des fougères et des fondrières. Le ciel était bouché et une pluie morne et déprimante tombait. L’humidité sous les arbres, était étouffante. On n’entendait que le bruit de leurs chaussures écrasant les débris végétaux : sinon, pas un son au monde. Un groupe solennel d’hommes s’était tenu autour de la zone entourée d’un cordon, où l’on avait dégagé les feuilles mortes pour mettre au jour un torse déformé, le crâne tourné vers le ciel, le visage aussi méconnaissable qu’une pile de branches pourries et écrasées. 

Alex Bradley est un garçon ordinaire, ami de Tallis Keeton. Sa vie et celle de ses parents basculent quand James Keeton, le père de Tallis émerge devant leur voiture après une disparition d’un an. Traumatisé par la disparition de sa fille, l’homme semble avoir sombré dans la folie et n’arrive à communiquer qu’avec Alex. Au cours d’un de ses entretiens, Alex touche le masque de Tallis que James Keeton a récupéré. Ce dernier meurt alors et Alex devient brusquement autiste. Quelques temps plus tard il disparaîtra de l’hôpital et ce que l’on suppose être son corps sera retrouvé en bordure de la forêt de Ryhope.

Les années passent jusqu’à ce qu’une curieuse équipe de scientifique entre en contact avec Richard Bradley, le père d’Alex. Son fils serait vivant quelque part dans la forêt et perturbe leurs travaux, par l’influence que son subconscient a sur la forêt des mythagos. 

Cet endroit ? C’est là que tout a commencé. Où tout a commencé dans notre siècle, en tout cas. Un homme du nom de Huxley vivait ici avec sa famille, son épouse et ses deux fils. Ils n’étaient que de simples locataires. Le père de Huxley avait eu comme ami intime l’ancien lord Ryhope. Mais quelque chose qui était resté dormant pendant quatre siècles s’est réveillé lorsque Huxley a commencé ses études, pas dans cette pièce, dans une autre. La maison s’appelle Oak Lodge. La forêt, autour, est très, très ancienne. Ce bricolage, poursuivit-il en disposant un rouleau d’enregistrement neuf dans l’appareil, est ma version de ce que Huxley appelait un capteur de flux. Très simple, en réalité. Il contrôle la vie, la nouvelle vie, la vie spontanée, la vie des héros fantômes que nous appelons mythagos.
 

Richard s’associe donc à ses curieux personnages pour sauver son fils de l’emprise de la forêt. Las, cette dernière ne semble pas se laisser faire, dissimule bien des pièges et les scientifiques ont chacun des raisons personnelles d’être là et n’ont pas tous à cœur les intérêts d’Alex.

Beaucoup plus facile d’accès que Lavondyss qui versait trop dans le chamanisme, Le Passe-broussaille est un très bon moment. L’alchimie entre les mythagos et l’inconscient d’Alex est remarquablement mise en scène. La palme revenant aux mythes de Jason et des argonautes très sombrement dépeint et au thème récurent dans ce roman de Gauvain et du chevalier vert.

La quête initiatique de Richard est prenante et passionnante. Le seul point noir est qu’il faut avoir lu Lavondyss, moins réussi, pour pleinement apprécier ce texte.
Quoi qu’il en soit avec Le Passe-Broussaille le cycle de la forêt des mythagos est renouvelé de manière très agréable. 

La forêt s’agitait , Richard était énervé. Avec détermination, il entreprit de retourner sur ses pas, le sac sur le dos, tenant son épieu rudimentaire à   la main. Pas question de revenir ici, cette fois, de se laisser désorienter. Il en avait jusque-là. Si Helen et Lacan avaient d’autres choses à lui dire, ils n’auraient qu’à venir à Shadoxhurst.
« Trop, c’est trop ! » déclara-t-il avant de se glisser sous une branche basse, ne quittant pas l’étroit sentier des yeux.
Oak Lodge était droit devant lui. Il voyait la clairière, inondée de lumière.
Il déboucha sur le Sanctuaire du Cheval et, devant la pierre grise, hurla de frustration. « Mais enfin, comment ? Quand ai-je tourné ? »

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02 février 2008

Lavondyss de Robert Holdstock

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Elle rebroussa chemin jusqu’à la lisière du bois. Au dernier moment, alors qu’elle marchait encore dans l’ombre, elle aperçut une forme humaine qui se tenait dans la zone dégagée ; elle ne put rien voir d’autre qu’une silhouette. Mais cela   la  pertuba.L'homme se tenait sur une élévation de terrain juste de l’autre côté de la barrière en fil de fer barbelé. Il était incliné sur un côté et sondait du regard le demi-jour impénétrable de la forêt des Rhyope. Tallis l’observa, sensible à son inquiétude… et à sa tristesse. Tout dans sa posture indiquait un homme vieillissant et affligé. Immobile. Regardant. Scrutant avec anxiété un univers dont l’accès lui était refusé par la peur qui étreignait son cœur. Son père.

Retour à la forêt des mythagos, après les évènements qui ont troublés la famille Huxley.Tallis Keaton, demi soeur de Harry Keaton, protagoniste de l’épisode précédent, est hantée par des mythagos, femmes masquées, qui lui transmettent un savoir et des contes que son grand père n’a fait qu’entrevoir.Quelques années plus tard, elle entrera en contact brièvement  avec son frère disparu et décidera de tout tenter pour le retrouver. Allant même jusqu’à partir avec des entités issues du bois sous les yeux de son père affligé.

 

Tallis était sur le point de le suivre lorsqu’une main sortit de l’ombre derrière elle et vint la toucher à l’épaule. Elle resta paralysée, le cœur battant la chamade. Elle était terrifiée. Une deuxième main vint se poser sur le sommet de son crâne et fit courir doucement ses doigts sur ses cheveux. La peur lui donnait le vertige. Elle n’avait entendu personne approcher, et quelqu’un se tenait pourtant juste derrière elle ; elle sentait même la douceur d’une haleine sur sa nuque. 

Récit initiatique, « Lavondyss » repose sur moins de contes différents que « La forêt des Mythagos », quelques histoires apparemment sans liens entre elles, cheminement chamanique, ambiance néolithique et nouvelle tentative de percer le cœur de la forêt primordiale.

Dans ce roman, Robert Holdstock abandonne son vocabulaire d’odeur pour se reporter sur des effets de lumières et de chaleur. Le roman comporte quelques longueurs mais reste bien maîtrisé car chaque élément est lié aux autres, il n’y a pas d’évènements gratuits, au terme du roman le puzzle est complet. Holdstock pousse à leur paroxysme ses concepts de contes et de mythagos au risque de perdre le lecteur en cours de route.
Moins envoûtant, plus glacial et cruel, Lavondyss reste un bon roman qui souffre juste de l’existence de son prédécesseur.

 
Il y avait quelque chose de familier qui la rassurait dans cette ruine délirante, ce paysage engendré par un aviateur descendu en flammes bien des années auparavant, créé par lui alors qu’il se dirigeait vers le lieu le plus intérieur et le plus ancien de tous. Les allusions à son histoire la faisaient sourire ; les échos de ce qu’il était la rendaient triste. En dépit du froid qu’elle ressentait, c’était comme si elle baignait dans la chaleur de son frère, comme s’il avait refermé ses bras sur elle, comme si elle se sentait bien et en sécurité contre sa poitrine. Elle effleura la pierre des murs comme elle aurait effleuré une joue, délibérément et en s’attardant.


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23 janvier 2008

La forêt des mythagos de Robert Holdstock

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Dès l’instant où je fus dans cette pièce à l’odeur de moisi, je me sentis complètement subjugué et profondément affecté par sa fraîcheur et l’atmosphère morne, hantée qui imprégnait tout, murs, tapis et fenêtres. Elle dégageait une légère odeur de cuir ainsi que de poussière, mais il me semblait aussi distinguer le parfum de la cire, comme si Christian avait fait un petit effort pour conserver propre cette pièce étouffante. Elle n’était pas très encombrée et ne ressemblait pas à la bibliothèque que mon père aurait peut-être aimé qu’elle fût. On y trouvait des ouvrages de botanique et de zoologie, d’histoire et d’archéologie, mais il ne s’agissait nullement d’éditions rares : simplement des éditions bon marché qu’il avait pu trouver à l’époque. Les livres de poche étaient bien plus nombreux que les ouvrages reliés ; la ravissante reliure de son livre de notes et le bureau au vernis profond, avec leur air d’élégance victorienne, détonnaient en réalité dans cet ensemble minable.

Toute sa vie George Huxley a étudié l’étrange bois qui borde sa maison, étudiant et provoquant divers phénomènes sans plus se préoccuper véritablement de sa famille.
A sa mort en 1946, son fils Christian reprend la propriété ainsi que ses notes. Il tient vaguement son frère Steven au courant de ses découvertes jusqu’au moment où il lui annonce qu’il s’est trouvée une compagne…
Steven finit par revenir à son tour dans la demeure familiale, sur place, il ne trouve nulle trace de la compagne de son frère, ce dernier parait bien perturbé et lui narre ce qu’il a découvert à propos des travaux de leur père...
Le bois jouxtant leur maison, serait une petite forêt primordiale, intouchée de l’homme. Elle possèderait la capacité de repousser les intrus en les faisant tourner en rond et abriterai les mythes humains de la région depuis l’aube de l’humanité. George Huxley tentait de découvrir la nature du premier d’entre eux.


Je le suivis vers l’intérieur, cherchant le meilleur chemin au milieu du fouillis des fougères et des orties, goûtant la profondeur du silence. Les arbres étaient petits, à hauteur de la bordure, mais au bout d’une centaine de mètres s’élevaient déjà des fûts plus âgés : de grands troncs de chênes tourmentés, creux à moitié morts, qui montaient du sol en se tordant et semblaient presque ahaner sous le poids de leurs branches. Le terrain montait légèrement, et l’enchevêtrement du sous-bois se trouvait ici et là interrompu par des blocs de calcaire gris recouverts de lichens. Nous passâmes une crête ; de l’autre côté, la descente était raide, et de subtils changements affectaient  la forêt. Elle semblait y être plus sombre, plus vivante, et je remarquai qu’un chant plus plaintif et sporadique y remplaçait les piaulements plus aigus des oiseaux de septembre, en lisière.
 

Très vite Steven remarquera que son frère est obsédé par les travaux de leur père. Amoureux d’une femme tout droit sortie d’une légende celtique, nommée Guiwenneth, il ne se remet pas de sa mort. Persuadé qu’il lui est possible, en s’accordant sur la forêt, de redonner vie à sa bien aimé, Christian disparaît dans le bois. Steven, a qui il a recommandé de se tenir à l’écart, découvrira les phénomènes liés au bois en attendant son retour. 

Une fois dans la clairière, il hésita et me regarda. Je ne devinai pas le moindre sourire sous le masque de boue et de feuilles sèches. Ses yeux brillaient, plissés et réduits à une fente. Il avait les cheveux gras et hérissés ; il était presque nu, simplement vêtu d’un cache-sexe et d’une veste de peau en haillons qui ne devait guère lui tenir chaud. Il tenait à la main trois javelots à la pointe vicieusement effilée. Disparue, la maigreur squelettique de l’été ; il avait des muscles puissants et durs, la poitrine développée, les membres pleins de force. Il s’était transformé en guerrier.
« Il faut absolument que tu quittes les bois, Steve. Et pour l’amour de Dieu, n’y reviens pas ! »

Au contact de l’inconscient d’un humain vivant, le bois donne vie à divers mythes, les mythagos. Hanté de plus en plus fréquemment par ses êtres qu’il aperçoit à la lisière du bois ou qui viennent le visiter, Steven commencera à explorer le bois, jusqu’à rencontrer la Guiwenneth de Christian.
Après quelques évènements tragiques, Steven accompagné d’Harry Keeton, un pilote ayant croisé une forêt similaire pendant la guerre, entreprennent l’exploration des tréfonds du bois. 

Des humains qui évoquent des mythes puis finissent par en devenir acteur… L’idée est brillante, les mythagos variés, de l’aube de l’humanité à la première guerre mondiale.
La forêt des mythagos est difficile à lâcher avant la fin tant le passage du monde moderne à la fantasy est bien amené.
Je n’ai qu’un regret après l’avoir lu : celui de l’avoir laissé si longtemps dans ma pile
à lire !

Posté par efelle à 23:08 - Fantasy - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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