Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

29 mai 2008

La ligue des gentlemen extraordinaires d’Alan Moore et Kevin O’Neill

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1898 Un certain M Bond, agent du gouvernement, mandaté par son supérieur, le mystérieux M, engage Wilhelmina Murray. Sa mission consiste à réunir une poignée de personnes hors normes afin de contrer les agissements d’un dangereux mafieux asiatique. Ce dernier se terre dans Londres qu’il menace depuis qu’il s’est emparé de cavorite. Etrange substance permettant de faire voler n’importe quoi.img011

Alan Moore s’amuse à réunir une bonne partie des héros de la littérature fantastique du XIXeme siècle pour stopper ce personnage diabolique. Les références à Poe, Stocker, Stevenson, Verne, Doyle, Wilde abondent, les personnages s’entrecroisent.
L’intrigue est bien menée, tout ce petit monde n’est pas digne de confiance et se regarde de travers fréquemment, quand ce ne sont pas les travers de certains qui deviennent problématiques.

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Les dessins collent bien à l’ambiance steampunk, les constructions sont souvent démesurées. Je ne suis pas fan du trait de Kevin O’Neill mais ses personnages sont agréablement expressifs.
Beaucoup d’actions, de rebondissements et d’humour.
Un excellent moment, sans toutefois égaler Watchmen,  incontournable pour les amateurs d'Adèle Blanc Sec. 

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25 mai 2008

Empire de Mark Waid et Barry Kitson

Vu le temps que je passe à lire des bandes dessinées, il est temps d’ouvrir cet espace à ce média.
Commençons par Empire que j’ai acquis très récemment sur les conseils de Gromovar (Quoi de neuf sur ma pile).

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Je ne suis pas un grand amateur de comics en général et j’ai abordé le genre par la bande à savoir les œuvres d’Alan Moore… Je dois reconnaître que je suis passé à côté de beaucoup de choses en me cantonnant à la BD franco-belge, alors hop au boulot. 

Empire donc se présente comme un drame shakespearien dans un monde où les forces du mal l’ont emportés. Golgoth, super héros maléfique, a conquis la quasi-totalité du monde et vaincu Endymion, version locale de Superman, défenseur de l’Amérique.

Que reste t il à faire quand la quasi-totalité de la planète vous appartient et qu’il ne reste que quelques micro états non alignés et une poignée de rebelles en déroute ? Golgoth est contraint à une course en avant sans interruption afin d’éviter de voir surgir un ennemi imprévu, aucune pause n’est possible, une fuite en avant sans espoir. Devant lui tout est soumis ou détruit.
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Le tyran s’est entouré d’un aréopage sinistre, qu’il tient dans sa paume grâce à une drogue à forte addiction augmentant de manière surhumaine les capacités physiques.
Pourtant trahisons et conflits d’intérêt se produisent et Golgoth est contraint de faire le ménage dans ses rangs de manière radicale : Evil feed upon itself ! 

Empire est violent, cru, dur, cynique et s’adresse sans nul doute à un public adulte.
Un voyage sans concession au cœur de l’enfer, face à l’Empire il n’y a aucun espoir. Les acteurs de ce drame sont tous des crapules de la pire espèce et quelque soit la manière dont se termine la pièce, il n’y a espoir à avoir. Une vision de l’apocalypse en couleurs éclatantes.

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19 mai 2008

Sommaire des chroniques

Histoires étranges et fantastiques d’Amérique latine


Bloodsilver de Wayne Barrow

Temps de Stephen Baxter

Aquaforte de K J Bishop

(I can’t get no ) Mastication de Jean-Luc Bizien

L’enjomineur – 1792 de Pierre Bordage

L’enjomineur – 1793 de Pierre Bordage

L’enjomineur – 1794 de Pierre Bordage

Mickey Monster de Bretin & Bonzon

Enfer vertical en approche rapide de Serge Brussolo

Le clan du Grand Crâne de D. Morlok alias Serge Brussolo

Les guerriers du Grand Crâne de D. Morlok alias Serge Brussolo

Jhereg de Steven Brust


La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

Deadwood de Pete Dexter

Citoyens clandestins de DOA

Délires d’Orphée de Catherine Dufour

Le goût de l’immortalité de Catherine Dufour


Axiomatique de Greg Egan

Radieux de Greg Egan

Reaper’s Gale de Steven Erikson

Des milliards de tapis de cheveux d’Andreas Eschbach


L’énigme du cadran solaire de Mary Gentle


L'ombre d'Hator de Lauren Haney

Question de mort de Johan Heliot

Les salauds ont la vie dure d’André Héléna

Le festival des macchabées d’André Héléna

House Atreides de Brian Herbert et Kevin J. Anderson

House Harkonnen de Brian Herbert et Kevin J. Anderson

La forêt des mythagos de Robert Holdstock

Lavondyss de Robert Holdstock

Le Passe-broussaille de Robert Holdstock

La Porte d’ivoire de Robert Holdstock


Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski


Le dernier rayon du soleil de Guy Gavriel Kay

Cœurs perdus en Atlantide de Stephen King


Le Royaume blessé de Laurent Kloetzer


Quatre chemins de pardon d’Ursula K. Le Guin


La Pyramide de feu d’Arthur Machen

Le grand dieu Pan d’Arthur Machen

L'âge des lumières - Ian R Mac Leod

Les îles du Soleil d’Ian R MacLeod

Le Voyage de Haviland Tuf de George R.R. Martin

Freakshow ! de Xavier Mauméjean

La Vénus anatomique de Xavier Mauméjean

Quinzinzinzili de Régis Messac

Le Golem de Gustav Meyrink

London Bone de Michael Moorcock


La Paille dans l’Oeil de Dieu de Larry Niven et Jerry Pournelle

Leçons du monde fluctuant de Jérôme Noirez


L’Oiseau Impossible de Patrick O’Leary


Fight Club de Chuck Palahniuk

Le peintre des batailles d’Arturo Perez-Reverte

Le guet des orfèvres de Terry Pratchett

Accros du roc de Terry Pratchett

Pieds d’argile de Terry Pratchett

Ronde de Nuit - Terry Pratchett


Le prestige de Christopher Priest

La séparation de Christopher Priest


Chroniques des années noires de Kim Stanley Robinson

Harry Potter and the Deathly Hallows JK Rowling


Louisiana Breakdown de Lucius Shepard

Jack Barron et l’éternité de Norman Spinrad

Panique à l'université ! de Neal Stephenson


La Planète Géante de Jack Vance

Les baladins de la Planète Géante de Jack Vance

Un monde d’azur de Jack Vance

La cité des saints et des fous de Jeff Vandermeer

Rainbows End de Vernor Vinge


H.P.L. (1890 – 1991) de Roland C. Wagner

Celui qui bave et qui glougloute de Roland C. Wagner

Le codex du Sinaï d’Edward Whittemore

Jérusalem au Poker d’Edward Whittemore

Ombres sur le Nil d’Edward Whittemore

Les murailles de Jéricho d’Edward Whittemore

Caliban de Tad Williams

Spin - Robert Charles Wilson

Les Chronolithes de Robert Charles Wilson

BIOS de Robert Charles Wilson

Darwinia de Robert Charles Wilson

Blind Lake de Robert Charles Wilson

Mysterium de Robert Charles Wilson

Ange mémoire de Robert Charles Wilson

L’ombre du bourreau de Gene Wolfe

Le Chevalier de Gene Wolfe

Le Mage de Gene Wolfe

Oms en série de Stefan Wul



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18 mai 2008

Mysterium de Robert Charles Wilson

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Avec ce gros pavé de chez Lunes d’Encre c’est deux romans et cinq nouvelles ou novellas qui sont présentés ici, préfacés par l’auteur. 

Ce recueil s’ouvre avec « La cabane de l’aiguilleur », premier roman de Wilson. Ce récit fantastique met en scène un couple de créatures venu d’ailleurs, séparées et perdues aux Etats-Unis pendant la Grande Dépression. L’un d’eux erre avec des vagabonds qui exploitent sa force tandis que l’autre plus fragile n’a de cesse de se trouver des alliés pour la protéger en attendant que son compagnon la retrouve.

Dureté de la vie pour les saisonniers, petite ville étriquée percluse de préjugés oppressant tout ceux qui sont différents. La touche fantastique est très légère et l’ensemble est plus une illustration de l’époque à travers une vaste gamme de personnages très travaillés.
Un bon roman dont la forme n’est pas sans rappeler « Cœurs perdus en Atlantide » de Stephen King.

 
« Mysterium » est le gros morceau de ce recueil.
Un objet étrange est découvert lors de fouille archéologique, mortellement radioactif il est ramené aux Etats-Unis pour y être étudié dans un laboratoire construit de toute pièce dans une réserve indienne à proximité de la ville de Two Rivers.
Un matin une explosion se produit dans le laboratoire, tous les occupants sont tués. Le laboratoire et ses environs, Two Rivers incluse, sont transportés dans un univers parallèle pas foncièrement différent aux premiers abords. 

Mais, depuis samedi, le coin avait changé. Une vieille, vieille forêt coupait en deux le damier des terrains vagues. Le mystère prenait d’étranges proportions.
Il faisait frais et humide dans ces bois denses, profonds, au sol noir riche d’odeurs. C’était attirant et repoussant à la fois, et il n’osa pas s’aventurer bien loin dans la pénombre.
Mais la lisière le fascinait. Elle courait en ligne droite, sauf si on la suivait des yeux depuis le bout du lotissement. Là, on aurait dit qu’elle s’incurvait. Mais ce n’était peut-être qu’une illusion d’optique.
Les arbres n’étaient pas tous intacts. Les pins à cheval sur la frontière étaient proprement coupés en deux. Sinistre. Une sève jaune, collante, saignait du cœur vert pâle. D’un côté, de belles branches chargées d’aiguilles, de l’autre, rien.

 
Ce nouveau monde n’est pas vierge ni totalement étranger aux habitants, ils sont toujours sur Terre aux Etats-Unis. Mais dans ce monde, l’Amérique du Nord est dominée par une théocratie, très oppressante, en guerre. L’avance technologique des nouveaux venus intéresse les puissants de ce monde parallèle, les habitants de Two Rivers sont rapidement soumis à une loi martiale tandis que des scientifiques sont forcés de venir les étudier.
Les personnages présentés sont assez nombreux tant d’un côté que de l’autre et bien campés.
Un superbe texte capable de rivaliser avec Spin et Blindlake. 

La nouvelle  « Le Mariage de la dryade » reprend l’univers de BIOS et l’on en apprend un peu plus sur les colons d’Isis, via une jeune femme reconstruite après avoir été gravement accidentée. Sans mémoire, elle a du tout réapprendre en seize ans et tandis que son mari attend le retour d’une femme qui ne sera en aucun cas similaire à celle qu’il a connu, cette dernière est en proie à de curieuses expériences avec la faune locale.
Une agréable conclusion à BIOS sans être toutefois indispensable.
 

« Le Grand Adieu » et « Les Affinités » sont des textes très courts et assez efficaces, j’ai une préférence pour le second qui anticipe sur les phénomènes de rapprochement uniquement en fonction des points communs. 

« Le Théâtre Cartésien » et « YFL – 500 » mettent en scène, un monde où l’économie a été totalement confiée aux machines, libre pour chacun de se trouver une profession ou de se contenter du minimum fournie par l’allocation chômage universel. 

« Le Théâtre Cartésien » se concentre sur la notion d’intelligence et de vie artificielle de manière assez cynique.

Cela correspondait à peu près à ce qu’avait fait Grand-père les cinq dernières années de sa vie : partager de plus en plus de son moi essentiel avec une petite armée d’appareils artificiels. Et quand il a fini par mourir, la plus grande partie de sa personne a continué à fonctionner dans ces amas de prothèses épibiotiques. Mais un jour ou l’autre, avec le temps, sans un corps physique pour les ordonner et les réapprovisionner, les machines redeviendraient à de simples états par défaut, signant la fin de Grand-père en tant qu’entité cohérente. C’était une technologie utile, mais en fin de compte imparfaite.
 

« YFL – 500 » de son côté met en scène un artiste en mal d’inspiration et incapable de rêver. Avec la complicité d’un médecin, il se servira de données personnelles afin de créer des œuvres d’art au point de ne plus pouvoir se passer d’un des donneurs involontaires. 

Outre son nom , il savait uniquement d’elle qu’elle avait séjourné à la clinique du Sommeil Bonnuit au début du printemps 2110, c'est-à-dire trois ans plus tôt. Comme il ne pouvait pas dire carrément le nom de la fille, il orientait la conversation sur la clinique Bonnuit.
De fait, beaucoup de monde à Chômeville y avait déjà séjourné, non à cause de troubles du sommeil, mais parce que la clinique était bien située et avait conduit jusqu’à la fin de l’année précédente un programme de recherche, dans le cadre duquel elle remettait une somme généreuse aux volontaires acceptant de dormir dans un lit à moniotoring le crâne relié à des appareils. Une nuit de travail peu contraignant et un moyen sympa d’obtenir de l’argent de poche quand la gratuité de la nourriture et de l’hébergement ainsi que les allocations de consommation garanties par la Rationnalisation ne semblaient pas suffire tout à fait.

 

Le recueil de se termine enfin sur « Julian : un conte de Noël », un récit qui n’est pas sans rappeler « Le Royaume Blessé » de Laurent Kloetzer, le fantastique en moins : un narrateur narrant les aventures d’un fils de héros, lui-même destiné à un destin hors norme. Dans le cas présent, cette nouvelle narre la fin de l’adolescence dans un monde impitoyable. Un bon texte pour lequel Robert C Wilson annonce une suite sous forme de roman. A suivre…

Un recueil très satisfaisant allant du fantastique à la science fiction pure en passant par le genre privilégié de Wilson à savoir l’intrusion d’un évènement extra ordinaire dans notre avenir proche.

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06 mai 2008

La Paille dans l’Oeil de Dieu de Larry Niven et Jerry Pournelle

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On dit que le Deuxième Empire de l’Homme règne sur deux cents mondes et tout l’espace compris entre eux, soit plus de quinze millions de parsecs cube…
Considérons plutôt la réalité. Imaginez des myriades de minuscules bulles éparpillées dans un vaste océan noir. Nous dominons certaines de ces bulles. Mais de l’océan, nous ne savons rien…
 

La guerre froide a pris fin… Les USA et l’URSS ont fusionnés, les étoiles ont été conquises et l’humanité s’est répandue dans l’espace. Des guerres ont divisées l’humanité et ravagées la Terre. Un nouvel empire s’est relevé des cendres avant de s’effondrer à son tour. Il y a une centaine d’années, le Deuxième Empire s’est dressé sur les décombres et depuis Sparta s’efforce d’unifier à nouveau les mondes humains isolés les uns des autres, par la diplomatie ou la force. La Marine Spatiale Impériale est le bras armé de l’Empereur et se charge de faire taire toutes velléités sécessionnistes. Voilà pour le décor.

Le Visage de Dieu le fixait à travers l’espace.
Le Sac à Charbon était une masse nébulaire de poussière et de gaz, petite, à l’échelle sidérale, mais dense et assez proche du système pour occulter un quart du ciel. La Terre et la capitale impériale, Sparta, restaient à jamais invisibles de l’autre côté. Cette noirceur mouvante cachait la majeure partie de l’Empire, mais offrait un écrin de velours soyeux à deux étoiles voisines.
Même sans cet arrière-plan sombre, l’œil de Murcheson aurait été l’astre le plus lumineux de la voûte céleste – une énorme géante rouge, distante de trente-cinq années lumière. Le petit flocon sur le bord de cette étoile était un soleil nain, de couleur jaune, plus petit, plus effacé, moins intéressant : la Paille. D’ici, Le Sac à Charbon avait la forme d’un homme encagoulé : sa tête et ses épaules. Et la super-géante rouge, légèrement excentrée devenait un œil, attentif et malveillant.
Le Visage de Dieu. Cette vue du Sac à Charbon, à partir de Néo-Cal, était un site connu dans tout l’Empire. Mais debout, ici, dans le froid de l’espace, c’était différent. En photographie, ça ressemblait au Sac à Charbon. Ici, c’était réel.
Et quelque chose que Blaine ne réussissait pas à distinguer fondait sur lui, venu de la Paille dans l’Oeil de Dieu.
 
Blaine est un cadet de la haute aristocratie, officier dans la Marine. Lors d’une intervention contre un mouvement rebelle, une initiative de sa part lui a permis d’éviter un bain de sang et de mettre un terme à
la révolte. Cette initiative, lui vaut le privilège douteux de ramener le navire à la capitale avec à son bord un invité, officieusement prisonnier, richissime et soupçonné d’être à l’origine du mouvement sécessionniste local. A la première escale au chef lieu du secteur, le navire reçoit une nouvelle affectation. Un vaisseau inconnu venant du système de la Paille entre dans la zone d’influence humaine.
La première forme d’intelligence extra-terrestre rencontrée par l’humanité…

La rencontre de Blaine avec ce vaisseau n’est pas très concluante et il est décidé d’envoyer une délégation rencontrer les « Pailleux » chez eux. L’expédition est placée sous le commandement de l’amiral Kutuzov et son cuirassé, Le Lénine, célèbre pour avoir vitrifié une planète. Il est chargé de la sécurité de l’expédition tandis que Blaine est responsable du contact avec les extra-terrestres.
Le Mac Arthur, le croiseur de Blaine, sera bondé de scientifiques en plus de son équipage standard et de son invité factieux pris en charge lors de sa mission précédente. 

« Commandant, je ne saisis pas votre problème. Pourquoi n’auraient-ils pas pu lancer une expédition scientifique en quarante minutes ? Pourquoi un vaisseau de guerre ? Après tout, le Mac-Arthur assure les deux fonctions. Il vous a fallu un temps considérable pour appareiller. Moi, j’étais prêt depuis des jours. »
Rod coupa   la communication. Je vais lui tordre le cou. J’écoperai de la cour martiale, mais je plaiderai la légitime défense. Je ferai témoigner tous ceux qui le connaissent. Je parie qu’on m’acquittera. 

Une fois dans le système de la Paille, les humains entrent en contact avec les autochtones d’un abord plutôt amical. Les scientifiques semblent voir tout cela d’un bon œil tandis que Kutuzov et Blaine sont plus réservés. Les scientifiques sont ils trop candides, les militaires sont ils trop paranoïaques ? Chacun rejette le problème sur l’autre… 

- Ils ont un amiral dans leur vaisseau, affirma Kutuzov. Tout comme nous. Je le savais. Que leur dites-vous quand ils posent des questions à mon sujet ?
Rod entendit un borborygme derrière lui et en déduisit que Renner s’étranglait. « Le moins possible, amiral. Juste que nous sommes sous les ordres du Lénine. Je ne pense pas qu’ils connaissent votre nom, ni même qu’ils sachent si nous dépendons d’une chaîne de décision chapeautée par une assemblée ou un seul homme.
 - Parfait. » Kutuzov souriait presque. « C’est à peu près autant que ce que vous savez de leur propre hiérarchie, da ? Soyez-en sûr, il y a un amiral à bord de ce vaisseau, et il veut que vous vous approchiez de sa planète. Voici mon dilemme : est-ce que j’en apprends davantage en vous laissant y aller que lui en vous y attirant ? »
Horvath se détourna de l’écran en adressant une prière muette au Ciel, à ses Saints et à ses Mystères : comment traiter avec un homme pareil ?
 

Les deux tiers du récit laissent la part belle au point de vue humain afin de ménager le suspens. Par la suite la poignée de protagonistes humains alternera avec quelques Pailleux, ces derniers semblant aussi confrontés à quelques problèmes internes. 

Un récit résolument non manichéen où les solutions extrêmes sont examinées froidement d’un côté comme de l’autre tandis qu’une minorité tente d’obtenir un impossible consensus. Le problème étant que chacun n’est enclin qu’à voir les défauts de l’autre. C’est à juste titre que le livre s’ouvre sur une citation des évangiles : « D’où vient que tu vois la paille qui est dans l’œil de ton frère tandis que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? ».

Les deux auteurs en alternant les points de vue de personnages antagonistes jouent avec le lecteur, difficile de donner raison à une faction ou en général aux humains ou aux pailleux.
Du Space Opera avec un vernis de science, un texte qui n’a pas pris une ride, un excellent moment et beaucoup de surprises. A lire absolument !

A noter, l'excellente chronique de Nébal qui m'a donné envie d'acquérir et de lire rapidement ce roman.

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25 avril 2008

Jhereg de Steven Brust

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Nous étions tous amis. Morralan portait Sceptre-noir, qui avait jadis tué mille hommes sur la muraille du tombeau de Baritt. Aliera portait Trouve-voie, dont on affirmait qu’il avait servi un pouvoir plus haut que l’Empire lui-même. Sethra portait Flamme-de-glace, qui renfermait en son sein toute la puissance du Mont Dzur. Quant à moi, je me portais plutôt bien, merci.

Vlad Taltos est un être atypique, un humain vivant parmi les Dragaeran mais se singularisant en en s’attachant aux méthodes humaines orientales. C’est en tant qu’assassin qu’il a trouvé sa place dans cette société, associé à la maison Jhereg.
Après une introduction un peu poussive mais habile dans la présentation de l’univers, l’intrigue démarre. Un ponte de la Maison Jhereg charge Vlad d’un assassinat urgent. Las, la situation dégénère rapidement quand il s’avère que la cible est l’invité de Morralan, un noble Dragaeran de la Maison Dragon, très à cheval sur l’honneur et le havre qu’il accorde à ses invités, et pour compliquer le tout ami personnel de Vlad Taltos. Très vite cette mission à haut risque se complique encore plus en présentant le risque d’une guerre civile…

 

Des dragaerans dont l’espérance de vie se compte en milliers d’années, de la magie très répandue et puissante, résurrection et téléportation font partie du quotidien : l’univers de Brust est original et bien présenté par petite touche.
Personnellement, je n’ai pas accroché énormément à cet ensemble même si Vlad Taltos est un héros original, loin de l’omnipotence qui semble régner dans ce monde.

Un roman un peu lent au démarrage suivi d’une intrigue mené tambour battant. Une expérience pas désagréable mais sans plus.

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20 avril 2008

Celui qui bave et qui glougloute de Roland C. Wagner

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La peur est en train de nous pousser à rechercher l’aide d’insectes géants capables de traverser l’éther qui sépare les astres ; souhaitons que cela ne se retourne pas un jour contre nous.

Le génocide indien suivait son cours quand voilà que ces derniers se voient doté d’armes à énergie et accompagnés de créatures à quatre bras de plus en plus nombreuses. Les martiens sont venus à l’aide des peuples natifs ! Les colons américains sont repoussés jusqu’à ce que des créatures de Vénus viennent proposer une alliance avec le gouvernement US.
Rapidement le conflit dégénère…

Wells, Verne et Lovecraft au Far West ! La situation est rapidement et efficacement mise en place, le récit avance à vive allure sans temps mort.
Roland C. Wagner aligne les personnages emblématiques de l’Ouest américain et multiplie les clins d’œil avec humour en croisant et détournant les genres.
Au final cette nouvelle est un très bon moment dont on peut juste regretter la fin assez rapide.
Cela reste un défaut mineur pour ce texte jubilatoire et mené à un rythme infernal.

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19 avril 2008

Quinzinzinzili de Régis Messac

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Encore une lecture dut à Nébal. Régis Messac (1893 – 1945) est un précurseur français de la science fiction, marqué par la première guerre mondiale, il est assez pessimiste quant à l’avenir.
Quinzinzinzili a été écrit en 1935 et décrit rapidement la fin du monde suite à une seconde guerre mondiale apocalyptique : l’humanité est rayée de la carte suite à une modification temporaire de la composition de l’air.

Gérard Dumaurier est un dilettante cultivé en charge de l’éducation des deux enfants d’un parvenu anglo-saxon. L’un des deux enfants étant atteint de tuberculose, Dumaurier doit s’installer quelque temps en altitude avec les enfants.
Quand la catastrophe se propage en France, ce petit monde participait à une visite d’un ensemble de grotte avec un petit groupe assimilable aux scouts.
Piégé sous terre, ils survivront à l’apocalypse. Quelques temps plus tard, la surface redevient habitable et le monde s’offre aux derniers hommes. Un adulte et une dizaine d’enfants de nationalités différentes dont une fille. 

Ma civilisation - l’ancienne, veux-je dire – j’en vivais, j’en usais, j’en profitais sans la connaître. Je prenais le train, et je savais trouver le guichet où il fallait aller pour prendre mon billet, mais c’est tout ce que je savais. Je serais bien incapable de construire une locomotive, ni de dire au juste comment elle fonctionne, ni même d’en conduire une, si par hasard j’en retrouvais une en état de marche. Idem pour l’auto, quoique je sache conduire, il est vrai ; mais je serais incapable d’effectuer la réparation la plus élémentaire. Les hommes de mon temps poussaient des leviers et tournaient des commutateurs, mais ne savaient rien de ce qu’il y avait au bout des leviers ou derrière les commutateurs. Maintenant, toute la machinerie a sauté en l’air. Anéanties, mes machines. Et l’homme de l’âge des machines est tout ce qu’il y a de plus ignorant des machines. Est-ce moi qui pourrais reconstituer la plus simple des mécaniques qui faisaient jadis marcher ma civilisation ? Non, quoique j’ai su scander des vers de Virgile et traduit Shakespeare en vers français…
 

Déprimé, catatonique, Dumaurier ne s’occupera pas des enfants pendant un temps et ces derniers construiront alors leur propre société, pétrie de superstitions et d’ignorance.
Déformant la prière latine du notre père, ils se créeront un dieu : Quinzinzinzili (Qui es in coelis). Responsable de toute la magie du monde jusqu’à la flamme jaillissant d’un briquet.
Désespéré et désabusé, Dumaurier sera le témoin cynique de l’évolution de cette nouvelle société. 

Lanroubin s’est redressé et pousse un long cri furieux. Un cri de vainqueur qui résonne sous la grotte.
Il peut être fier, ce galopin à la crinière en torche. Ah oui, c’est un exploit mémorable. Cette arme grossière et primitive, ce bloc de quartz, je vois que ce sera l’ancêtre d’une longue série d’armes : haches, massues, boomerangs… et puis les arcs, les flèches, et plus tard les catapultes, et enfin les canons, les tanks, les bombes.
Lanroubin vient de réinventer  la guerre. Il ne lui a pas fallu longtemps. L’âge d’or a été court.
C’est un génie, ce Lanroubin. Désormais l’influence de Manibal est en déclin. La science a triomphé de la force.

Ah, ah, ah, ah ! 

Roman amer, acide et très efficace. Une excellente interrogation sur la nature de notre civilisation et ses bases. Le récit est écrit à la manière d’un journal à moins qu’il ne s’agisse d’un cahier remis à un fou dans sa cellule comme cela est insinué au début du roman.
A lire ! 

Oh, et puis…
Qu’est-ce que ça peut me faire ?
M’en fous. Quinzinzinzili !
Quinzinzinzili !

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18 avril 2008

London Bone de Michael Moorcock

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Voici donc la dernière production des éditions Les 3 Souhaits soit le site ActuSF. Bien vendu par la Salle 101 et Nébal, sans oublier l’extrait mis en ligne sur le forum d’ActuSF. Bref j’ai craqué et acheté ce petit recueil de quatre nouvelles, histoire de voir ce que Moorcock faisant en dehors de ces cycles de fantasy.

Le recueil s’ouvre avec Le Cardinal dans la Glace, une expédition sur une planète lointaine découvre un cardinal catholique enchâssé dans un glacier au fond d’une crevasse. On n’aura aucune explication sur le phénomène mais les réactions suscités sont bien traités et le choix d’une narration épistolaire remarquablement efficace.

Vient ensuite L’Os de Londres, un spéculateur en places de spectacles, à moitié escroc se voit présenter l’affaire de sa vie : écouler un stock d’os pétrifiés et gravés trouvés lors de fouilles dans Londres. L’engouement est immédiat et la pénurie entretenue avec maestria jusqu’au moment où ces sinistres entrepreneurs seront dépassés par les évènements. On ne fait pas commerce du passé d’une ville en toute impunité. Un narrateur sans scrupules et un enchaînement d’évènements délirants et jubilatoires. Un excellent moment.


Suivi de Un samedi soir tranquille à l’amicale des pêcheurs & chasseurs surréalistes.
Dieu, annoncé par la Mort, descend rendre une visite aux membres d’un club très atypique.
Délirant à tous les niveaux et très amusant avec ce portrait d’un dieu ultra libéral et cynique à l’extrême.

Quand j’ai démarré dans ce job, il y avait toutes sortes d’autres divinités, et beaucoup d’entre elles m’étaient supérieures dans presque tous les domaines. Plus séduisantes, plus éloquentes, plus faciles à vivre, avec une vraie élégance dans leurs actes de création. Même les Celtes et les dieux nordiques avaient un certain style. Mais moi, j’avais l’ambition. Petit à petit, j’ai repris tous leurs commerces, jusqu’au jour où il n’y eut plus que moi. Après tout, je suis le symbole vivant de la violence affairiste, ne tolérant aucune concurrence et favorisant ma famille et mes amis. A quoi vous attendiez vous ? A ce que je m’identifie à quelque prolo du Timor oriental qui parvient à peine à faire la différence entre lui-même et un arbre ? Ou avec un pauvre bougre du Sierra Leone ? Vous vous êtes foutus dans cette merde tout seuls, à vous de vous en sortir.

 
Enfin le recueil est clos par Le Jardin d’agrément de Felipe Sagittarius. Dans un univers alternatif un enquêteur est chargé de résoudre le mystère causé par la mort d’un individu inconnu dans le jardin de Bismarck. Au cours de cette enquête on croisera quelques autres figures historiques : Einstein, Hitler, Staline…
Pas très convainquant cette fois ci, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un délire du même genre qu’une des aventures d’Erekosë.

Au final, je reste pleinement satisfait de cette lecture. Les trois premières nouvelles valant largement le détour, ma préférée étant L’Os de Londres. Un recueil qui a le mérite de me réconcilier avec Moorcock.

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17 avril 2008

Louisiana Breakdown de Lucius Shepard

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Extrait de la préface de l’auteur et accessoirement quatrième de couverture :
Aussi, si d’aventure vous allez faire une balade dans le sud-ouest de la Louisiane et que vous tombez sur une station-service délabrée où quelques vieux portant bretelles écoutent du base-ball à la radio en crachant leur jus de chique dans un pot, que vous passez ensuite devant une gargote et que vous apercevez après cela une fenêtre décorée de symboles occultes, un conseil : méfiez-vous et levez le camp au plus vite. Car si ce n’est sans pas doute pas Graal, c’est manifestement un endroit tout aussi bizarre, un de ces endroits où il est préférable de ne pas s’attarder. Ignorer ce conseil, c’est au mieux courir le risque de réaliser combien il demeure fort peu de magie dans ce monde, et combien elle est employée à des fins misérables. Au pire, c’est tomber amoureux. Et il ne faut surtout pas tomber amoureux dans un pareil lieu. Croyez-moi sur parole et lisez donc ce qui est arrivé à Jack Mustaine…

Comment qualifier Louisiana Breakdown ? Etrange ? Envoûtant ?
Jack Mustaine tombe en passe à proximité de la bourgade de Graal. Etrange lieu où le panneau indicateur figure une image d’Epinal. Quel est donc ce dessin une coupe ou deux visages se faisant faces. Découvrir le deuxième, c’est ne plus voir le premier, s’égarer.
Etrange ville où le sheriff arrive avant la dépanneuse et tente de vous racketter avant d’être remis au pas par le notable local, Joe Dill.
Joe Dill, un type qui a une obsession bien particulière concernant le Vietnam, fait figure de norme à Graal où la quasi-totalité de la population se prétend médium.
Dans ce lieu indolent, Jack va faire figure de chien au milieu d’un jeu de quilles… 

Plusieurs fiches ne portaient pas de titre. Intrigué, Mustaine lit une pièce dans la machine et composa BB-174 : « La Frangine de l’Enfer », par Victime. Ses doigts tapotèrent avec impatience le plastique jusqu’à la fin de la chanson Zydeco. Puis le juke-box ronronna, cliqueta, le disque tomba sur la platine et un type se mit à haleter d’une voix glutineuse sur des accords de guitare scandés sans aucun rythme.
Au bout de quelques mesures, quelqu’un débrancha la prise du juke-box. Ses lampes s’éteignirent ; la platine ralentit et la chanson se perdit dans un grognement sourd. Plusieurs danseurs lancèrent des regards clairement antipathiques à Mustaine, qui se sentit encore plus en dehors de son élément.

 

Si en fuyant son passé, Jack échoue à Graal… Vida, dont l’histoire commence à 6h66, se débat pour échapper aux forces qui l’oppressent. Elue Reine du Solstice, hantée par un sorcier vaudou qui souhaite la ramener près de lui. Hallucination, fantasme ou présence surnaturelle ? La population de la ville semble protéger un secret…

Le récit alternera les points de vue de Jack et de Vida. Rationnel, irrationnel les deux se valent.

Envoûtant, très immersif, Louisana Breakdown est un voyage non pas dans le fantastique mais dans l’étrange. Un superbe roman porteur d’une ambiance bien particulière et assez déroutant.
 

Posté par efelle à 20:42 - Fantastique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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