Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

10 avril 2007

Cœurs perdus en Atlantide de Stephen King

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A travers cinq nouvelles, les deux premières en 1960 et 1966 prenant les deux tiers du recueil, Stephen King évoque les sixties de la nostalgie au traumatisme.

De la pré adolescence à la vieillesse, les personnages très divers se croiseront ou se perdront de vue au fil des années. En guise de fil rouge "Sa Majesté des Mouches" de William Golding et la mince pellicule qui sépare les gens civilisés des crétins barbares.

Un conte de "La Tour Sombre", les débuts du mouvement pacifiste, la déchéance des vétérans du Vietnam autant de sujet variés traités efficacement. Trois ambiances différentes pour un même roman portant sur une époque devenue mythique mais dont les protagonistes ne garderont au final que peu de choses. Magique.

Stephen King au meilleur de sa forme dans un style proche de celui de "Différentes Saisons".

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31 mars 2007

Le peintre des batailles d’Arturo Perez-Reverte

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D’après la courte biographie accompagnant ce roman, Arturo Perez-Reverte a été correspondant de guerres pendant une vingtaine d’années avant de devenir écrivain.
Ce roman semble donc une œuvre très personnelle et sans concession.
Faulques est un photographe de guerres à la retraite, retiré dans un coin perdu de la côte espagnole il se consacre désormais à une fresque circulaire sur laquelle il peint ce qu’il n’a pu exprimer avec ses  photos. Une manière de s’affranchir aussi de quelques spectres notamment celui d’une compagne photographe, morte en Yougoslavie sous ses yeux.
Une vie tranquille, rangée et monotone jusqu’à l’arrivée d’un homme, ancien soldat croate qui vient apurer un contentieux qui existerait entre eux. Une photographie peut elle tuer ?

Markovic n’est pas pressé et a fait beaucoup de chemins tant intellectuellement que géographiquement pour retrouver Faulques. Avant de régler ses comptes, il veut connaître et comprendre le photographe.
S’en suivent alors un échange de souvenirs et un voyage introspectif de la part de Faulques.
Les fantômes qui hantent Faulques et Markovic le poussent à se remettre en question sur les années passées à photographier des massacres : était il simple témoin ou protagoniste ? 

« Sans quitter la peinture des yeux, Markovic hocha la tête.

- Je dirais, moi, que vous vous êtes trompé. Personne n’est indifférent. Vous aussi, vous êtes dans le tableau… Mais pas seulement comme une partie de lui ; vous y êtes aussi comme un agent. Comme une cause.

 - C’est étrange que vous disiez cela.

 - Qu’est ce qui vous paraît étrange ?

Faulques ne répondit pas. Il se souvenait maintenant, un peu troublé, de ce que son ami le scientifique avait ajouté à la fin de leur discussion sur le chaos et ses règles ; qu’un élément de base de la mécanique quantique était que l’homme créait la réalité en l’observant. Avant l’observation, ce qui existait véritablement, c’étaient toutes les situations possibles. Il fallait ce regard pour que, enfin, la nature se concrétise : elle prenait parti. »

 

Au-delà de cette simple interrogation, Arturo Perez-Reverte évoque nombre de toiles, chère à Faulques, portant sur la guerre. Quel rapport l’art entretient il avec la guerre ? Y a-t-il des encore des innocents ? 

« Si toute guerre signifiait une marche vers l’enfer, l’Afrique était sûrement le chemin le plus court. Chac ! Chac ! Ce bruit des machettes taillant dans la chair et l’os, c’était, là aussi, quelque chose d’impossible à photographier, ou à peindre. Certains sons ne posent pas de problèmes, ils sont parfaits et ont leur couleur : vert tendre pour les accords brefs ou longs du violon, bleu sombre pour le vent nocturne, gris pour la pluie tambourinant sur les vitres. Mais ce bruit-là était impossible à composer sur la palette. Ses contours se perdaient comme les touches dans la couleur de Cézanne. » 

Un roman dérangeant et intimiste qui renvoie à beaucoup d’autres œuvres, beaucoup de conflits et d’horreurs : les réflexions sur l’art et la responsabilité sont mêlées au récit de carnages, de champs de bataille ou d’amours. Court mais dense, ce livre ne laisse pas indifférent et nous emmène sur des chemins insoupçonnés.

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21 mars 2007

L'ombre d'Hator de Lauren Haney

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Petit changement de genre dans mes lectures via une incursion dans le roman policier historique.
Les enquêtes du Lieutenant Bak narrées par Lauren Haney se situe aux alentours des années – 1480 avant JC sous le règne de la reine Hatchepsout (période du Nouvel Empire suivant la chûte des Hyksôs).
Officier en disgrâce affecté à la forteresse de Bouhen à la frontière sud de l'Egypte, Bak effectue des missions de police dans des contextes plus ou moins agités qui lui permette au fil des volumes d'espérer un retour à la capitale à défaut d'un retour en grâce.

Nota Bene : la traduction française des titres des romans de Lauren Haney est assez particulière vu que Path of Shadows devient L'ombre d'Hator. Chaque livre est ainsi relié à un dieu égyptien lors de la traduction sans doute à des fins de marketing.

L'ombre d'Hator fait suite au Sang de Thot, la garnison de Bouhen est en transit à Ouaset (Thèbes) pour son affectation à Mennefer (Menphis) quand le commandant de Bak par amitié pour un officier local charge son subalterne de retrouver le fils de son ami disparu dans le désert oriental.
Avec une poignée d'hommes et le guide nomade de Minnakht, le disparu, Bak entreprend de suivre la piste sud jusqu'à la mer intérieure puis de traversée cette dernière pour rallier le mines de turquoise et de cuivre.
Confronté à la rumeur locale voulant que Minnakht ai découvert une veine aurifère et au meurtre d'un inconnu à la première étape du périple, Bak s'impose dans une caravane où chacun semble lié à Minnakht. Epiée par inconnu, évitée par les nomades, la caravane nouvellement formée sera confrontée tant au désert qu'à une série de meurtre en son sein.
N'ayant que de vagues empreintes pour seules preuves, Bak s'acharnera à discerner la personnalité de Minnakht et des membres de la caravane afin de découvrir la vérité.

« Ils quittèrent le puits avant l'aube, traversèrent une faille et pénétrèrent dans un nouvel oued, beaucoup plus large. Orientée vers le nord, cette piste les entraînait dans un monde totalement différent de celui des deux jours passés. Les falaises de calcaire gris reculaient dans le lointain, remplacées par du grès brun-jaune. Des dunes dorées envahissaient les versants, parfois hautes au point de s'écouler de l'autre côté. Des rocs et des pierres de toutes tailles parsemaient le sable grossier, projetant leur ombre sous le soleil levant.

L'opinion de Nebenkemet au sujet de Minnakht revenait sans trêve à l'esprit de Bak. Ani, Ouensou et même Amonmosé avaient décrit un être qui charmait par son enthousiasme et par sa verve, emplissant les coeurs les plus sages de rêves d'aventure, de richesse et de gloire. Même Ouser, bien que jaloux de son rival, pensait qu'il aimait la vie qu'il menait, la terre qu'il foulait et les nomades de ce désert.

Bak avait connu des gens de tous milieux que leur sens de l'observation, leur finesse de jugement plaçaient au-dessus de leurs semblables. Nebenkemet pouvait-il être du nombre ? Ou, comme Ouser, nourrissait-il au fond de lui une certaine jalousie - une rancoeur envers un homme jouissant de la fortune et de la chance que la vie lui avait refusées ? »

La narration de Lauren Haney est agréable et son roman bien documenté, les enquêtes de Bak sont variées et originales même si la conclusion de ce livre m'a quelque peu laissé sur ma fin.
La lecture dans l'ordre chronologique des romans n'est pas indispensable mais elle permet de mieux appréhender la personnalité des protagonistes récurrents.
Quoi qu'il en soit L'ombre d'Hator est un bon roman policier historique mais pas le meilleur de la série, même si le désert et ses pièges sont bien mis en scène.

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09 mars 2007

La cité des saints et des fous de Jeff Vandermeer

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Ce livre n'est pas un roman mais un ensemble de document et nouvelles ayant pour point commun une ville imaginaire : Ambregris.
Une ville démente et difficile à classer dans l'imaginaire tout comme le livre de Vandermeer, la première nouvelle « Dradin amoureux » est étrange, on a du mal à comprendre les raisons du comportement de Dradin et la ville encore peu familière n'est pas spécialement accueillante.
J'en suis sorti désorienté et grande a été la tentation de refermer ce livre apparemment sans queue ni tête. Cela aurait été une grande erreur, passé ce texte désorientant, le reste est beaucoup accessible notamment le «  Guide Hoegbotton de l’Ambregris des premiers temps », brochure touristique rédigée par un auteur (imaginaire) aigri, faisant fi du politiquement correct e multipliant des notes incendiaires en bas de pages qui remettent en perspective l'histoire officielle de la ville.

Au fil des textes drôles, déjantés ou aussi inquiétant que du Lovecraft ce dessine la cité d'Ambregris à l'histoire fascinante.
Construite par une bande de pirates en déroute, elle est bâtie sur une cité d'autochtones champigniens rapidement chassés par l'envahisseur humains. Ces êtres se sont terrés dans le sous sol de la ville et ont attendus des années leur heure pour une vengeance extrême. Les deux peuples cohabitent plus ou moins au temps de l'intrigue de « Dradin amoureux ».
De pirates les habitants d'Ambregris sont devenus pêcheurs des très étranges calmars royaux, sujet d'étude d'un document dont la forme devient très vite déjantée, l'auteur détruisant avec un malin plaisir  toute sortes de théories farfelues avant de proposer la sienne : un excellent moment comique.

Livre puzzle, La cité des saints et des fous alternent les textes les plus noirs au plus déjantés, allant jusqu'à inclure l'auteur même dans un asile d'Ambregris, pauvre dément prétendant avoir connu une étrange cité nommée New York et imaginé Ambregris.
Inclassable, très varié j'ai frémis avec « La cage », me suis gratté la tête avec « Dradin amoureux » (dont la clé est donnée dans le glossaire en fin de livre) et ai beaucoup ri avec nombre de nouvelles  telles  «  Guide Hoegbotton de l’Ambregris des premiers temps » et « Le Calmar royal : brève monographie de Karl Manfou ».
Livre unique, à réserver à un public averti mais les amateurs de champignons, moisissures et tentacules y trouveront leur compte

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08 mars 2007

Bonne adresse : Librairie Scylla

Une petite librairie spécialisée en SF, Fantasy et Fantastique.
Des livres jusqu'au plafond, des nouveautés aussi bien que des introuvables, un libraire très sympathique...
Que demander de plus ?

scylla

L'adresse !

Librairie Scylla
8, rue Riesener
75012 Paris
Métro : Montgallet (ligne 8)
ou Dugommier (ligne 6) mais il faut prévoir de marcher un peu
Tel : 06 24 64 22 08
Mail : librairiescylla@hotmail.com

Ouvert le Lundi / Jeudi / Vendredi de 12h à 20h
Samedi de 10h à 20h

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