28 octobre 2009
L'Orgue du Diable de Roger Leloup

Deuxième aventure de Yoko Tsuno, lançant les aventures technologiques de l'héroïne.
Le trio est en train de faire un reportage au fil du Rhin quand il assiste à une chute dans le fleuve. La rescapée est une certaine Ingrid Hallberg, organiste déplorant le suicide de son père sur la rive proche. Très vite les évènements se précipitent et Yoko en voulant aider son prochain se retrouvent agressée à plusieurs reprise de manière assez violente.
De fil en aiguille, il apparait que le père d'Ingrid aurait travaillé à la restauration d'un orgue monstrueux. Reste à trouver le dit instrument et comprendre la raison de toutes ces agressions.
L'Orgue du Diable est un thriller très efficace et rythmé, le trio s'appuie massivement sur du matériel TV pour avancer ainsi que sur les compétences en arts martiaux et le côté casse-cou de Yoko. On ne s'ennuie pas un instant dans cette histoire qui révèlent beaucoup de surprises tout en jouant avec les codes du fantastique. Sans doute un des meilleurs tomes de la série.
L'empire des mille planètes de Mézières et Christin

Second album de Valérian et Laureline, ce tome ci trahit son âge. Le trait de Christin n'est pas aussi fouillé que par la suite et le récit à un petit côté rétro SF avec une ambiance se situant quelque part entre Jack Vance et Leigh Brackett. Ambiance agréable mais les personnages sont quelques peu inconsistants, surtout Laureline, ça personnalité rebelle n'apparaissant que dans l'album suivant Bienvenue sur Aflolol.
L'intrigue est assez simple, les deux agents sont envoyés sur Syrte, capitale d'un empire du bout de la galaxie, afin d'évaluer une civilisation qui n'a jamais connu l'influence terrienne.
Rapidement les deux héros vont se faire repérer et se retrouver à plusieurs reprises dans les griffes de la caste des connaisseurs, prêtres obscurantistes qui étendent leur influence méphitique dans tout l'empire.
Malgré un postulat de départ pas très folichon, le scénario prend son envol, les péripéties rappellent vraiment un roman de Vance (avec les facilités que cela suggère), et se révèle agréable mais malheureusement pas transcendant.
Un bon album mais qui trahit son âge, il date de 1971 (la période 1980 avec les deux doubles albums me parait beaucoup plus recommandable) et semble maintenant assez anecdotique. A réserver aux inconditionnels de la série.
24 octobre 2009
Le trio de l'étrange de Roger Leloup

Chose promise, chose due. Un de mes aimables commentateurs a fait remarqué sa méconnaissance de la BD SF francobelge. Retour aux fondamentaux encore une fois !
Tant Blake et Mortimer que Valérian et Laureline ont été évoqués sur ce blog et le seront encore.
Place donc à Yoko Tsuno de Roger Leloup, série préférée de mon épouse, ayant débutée dans les années 70.
Roger Leloup est un ancien collaborateur d'Hergé, doté d'un goût prononcé pour les engins volants et les coupes de cheveux féminines élaborées.
Au fil du temps la série s'est organisé sur trois axes : les aventures spatiales avec les vinéens, les aventures électroniques terriennes et les aventures temporelles (moins nombreuses et dont la qualité décroit passé la première).
Le trio de l'étrange introduit Yoko Tsuno, ingénieur en électronique japonaise et Vic et Pol techniciens en audio visuel. Pol est le comique de service tandis que vic représente la composante rationnelle, Yoko étant profondément humaine et impulsive en plus de ses qualités intellectuelles.
Après une introduction rapide où les trois personnages sont réunis suite à une méprise, ils s'associent pour mener à bien un documentaire sur une rivière souterraine sans résurgence connue.
Las, la plongée tourne court quand ils se retrouvent aspirés dans les installations souterraine d'une civilisation extra-terrestre : les vinéens.
Ces derniers ne semblent pas trop savoir comment traiter les trois intrus et la situation dégénèrent rapidement malgré le caractère non belliciste des extra terrestres. Pas besoin d'armes pour se faire des misères quand bon nombre d'engins ou d'outils sont létaux.
Bien que le trait soit encore un peu hésitant (c'est moi où Yoko et Pol ont des têtes énormes dans cet album ?), l'histoire est rondement mené et assez dense. Pas le meilleur album de la série mais une réussite indéniable.
Le sommet des dieux Tome 1 de Jirô Taniguchi et Yumemakura

Adaptation du roman éponyme de Yumemakura Baku et série fleuve en cinq tomes que je chroniquerai individuellement.
1924, Mallory et Irvine disparaissent au cours de la dernière phase de leur ascension de l'Everest. Sont ils morts en montant ou au cours du trajet retour, nul ne le sait.
1993, Fukamachi accompagne en tant que photographe, une expédition tragique sur l'Everest. Marqué, il reste quelque temps à Katmandou. Dans un magasin douteux, il tombe sur un vieux Kodak de 1924. Est ce l'appareil de l'expédition Mallory ?
Il l'acquiert puis enquête suffisamment maladroitement pour que le receleur lui vole pour lui refourguer encore plus cher. Entre alors en scène un alpiniste japonais vieillissant Habu Jôji. Lui et un sherpa sont les victimes initiales du vol et entendent bien récupérer leur possession.
Repoussé par Habu, Fukamachi de retour au Japon mène son enquête sur lui. Il découvre alors une légende de l'alpinisme à l'aura sombre.
Au fil des témoignages sans concession sur cet être qui a tout sacrifié à la montagne, apparait une autre figure Hase Tsuneo, à la personnalité solaire. Très vite la rivalité qui les oppose apparait avec des exploits de plus en plus impressionnants et dangereux.
Au terme de ce premier tome, on fait connaissance de Fukamachi et Habu, la présentation de ce dernier occupant la plus grande part du récit tandis que l'entrée en scène de Hase est plus tardive. L'intrigue sur l'appareil photo reste mineure pour le moment.
La narration est prenante et le trait de Taniguchi réussit. Un très grand récit d'alpinisme, le réalisme de Frison Roche couplé à une recherche d'absolu menant à des exploits grandioses.
Difficile de décrocher une fois que l'on a commencé. Superbe.
18 octobre 2009
Valerian et Laureline tome 9 et 10 de Mezières et Christin
Suite à plusieurs discussions sur Orbital avec un ami, qui se reconnaîtra, je suis revenu aux fondamentaux.
A savoir le double album de Valerian et Laurine : Métro Châtelet Direction Cassiopée et Brooklyn Station Terminus Cosmos.
Une histoire d'autant plus chère à mon coeur qu'il s'agit de mon premier contact avec cette série, grâce aux premières planches de Brooklyn Station Terminus Cosmos, parue dans un vieux Pilote, que ma soeur m'avait gracieusement transmis.
Métro Châtelet Direction Cassiopée

Alors que Laureline enquête dans la constellation de Cassiopée, Valerian est largué dans la France des années 80 où se manifeste de curieux phénomènes. Guidé par M Albert, l'agent fixe de Galaxity dans cette époque, Valérian est chargé d'éliminer toutes ses apparitions anachroniques, tandis que Laureline cherche les responsables à des années lumières de là.
Si dans les albums précédents, Valérian avait pu apparaître quelque peu dépassé, il l'est ici encore plus. La tête ravagée par l'opération lui permettant de contacter psychiquement sa compagne, oscillant au bord du spleen du fait de son incompréhension des évènements. M Albert de son côté apparait autant comme un personnage sympathique et excentrique qu'un agent d'investigation extrêmement efficace.
Du côté de Laureline, son caractère rebelle est un peu éclipsé par une explosion de charisme et un côté incisif jubilatoire.
Une première partie bien menée et très accrocheuse.
Brooklyn Station Terminus Cosmos
Alors que le spleen de Valérian touche à sa fin de manière radicale, l'enquête avance à grands pas. M Albert connait les destinataires des manifestations sur Terre tandis que Laureline se rapproche de plus en plus des instigateurs.
Valérian redevient l'agent efficace qu'il était avant de se retrouver de nouveau la tête à l'envers ce qui lui vaudra de nouvelles avanies.
Un récit plus nerveux que le précédent, où les révélations s'enchaînent tandis que les épreuves subies par Valérian semblent lui avoir fait gagner en maturité.
Au final, une histoire en deux tomes exceptionnels tant pour son ambiance (que l'on retrouvera en partie dans Les Spectres d'Inverloch et Les Foudres d'Hypsis), ses personnages secondaires hauts en couleurs que son scénario très élaboré.
Une indéniable réussite, un classique de la BD franco belge de SF incontournable qui n'a pas pris une ride.
17 octobre 2009
Hellboy : L'appel des ténèbres de Mike Mignola et Duncan Fegredo

Dernier tome paru de la série Hellboy et passage de relais en ce qui concerne le dessin à Duncan Fegredo. On appréciera la différence de style entre la couverture de Mignola et les planches ci dessous.
Au niveau du scénario, on assiste à une synthèse de la série. Un sorcier croisé précédemment s'empare d'Hécate / Ilsa Haupstein, ce dernier compte utiliser les pouvoirs de la déesse pour se faire couronner roi des sorcières. Il échoue lamentablement mais éveille tout le panthéon celte.
Les dites sorcières échouent dans leur tentative de couronnement d'Hellboy et livre ce dernier à Baba Yaga.
Tandis que Hellboy se débat dans le légendaire russe, le petit peuple bouge ses pions et libère une entité ancienne.
Comment tout cela se terminera-t-il ? Mystère car la série sans se terminer sur un cliffhanger ne résout pas l'intrigue celte... Un à suivre quelque peu frustrant donc.
L'affrontement dans le légendaire russe est très sympathique, le trait de Duncan Fegredo plus lumineux que celui de Mignola est très satisfaisant, on ne change pas d'ambiance malgré une autre utilisation des couleurs.
Un bon récit crépusculaire mais dont on ne peut juger totalement la valeur dans la mesure où il appelle une suite. Je continuerai donc à suivre cette série...
04 octobre 2009
Hellboy : Trolls et Sorcières de Mike Mignola

Recueil de nouvelles plutôt courtes, Trolls et Sorcières se révèlent une bonne surprise. Si la première histoire ne présente pas un grand intérêt L'Hydre et Makoma sont très réussis. La collaboration d'autres dessinateurs est assez plaisante, notamment pour Makoma. Mignola joue avec des contes d'origines assez diverses et y intègre Hellboy de manière très plaisante, mention spéciale à la goule qui déclame Hamlet (surtout parce que l'on est en train de ce regarder l'adaptation de Branagh). Une bonne distraction qui tranche agréablement avec l'univers initial de Mignola.
03 octobre 2009
Jeremiah, Intégrale volume 5 d'Hermann

J'avais interrompu ma collection de Jeremiah au quatrième volume de l'intégrale, j'ai finalement décidé de reprendre histoire de me forger mon propre avis sur les derniers épisodes. Alors certes, il n'y a pas d'albums exceptionnels parmi les quatre présentés mais aucun faiblards non plus. Ces aventures sont de bonnes factures et tant l'univers que les personnages d'Hermann continue d'évoluer.
Trois motos... ou quatre
Retour d'une ancienne connaissance de Kurdy alors que Jeremiah tente de se sédentariser auprès de Tante Marta. L'appât du gain suffit à Kurdy pour se décider d'aider cette connaissance dans la mouise et entrainer Jeremiah à sa suite. Un Jeremiah assez cynique. Une histoire ironique qui donne une bonne place à l'action et présente une belle gamme de personnages, les plus salopards n'étant pas ceux que l'on croit.
A noter une brève allusion au sein de cet album qui permet de lancer Zone Frontière.
Ave Caesar

Jeremiah et Kurdy se retrouve pris entre deux feux au cours de leur pérégrinations. Ils vont devoir se mêler d'un affrontement opposant un potentat dément à la milice. Au delà de l'aventure, on constate que la société civilisée commence à reprendre ses droits dans ces Etats Unis post apocalyptique.
Zone Frontière

Premier album avec le changement de mise en couleur, ça tranche énormément avec les albums précédents mais n'est pas désagréable.
Jeremiah et Kurdy débarque dans une ville à la recherche de Lena. Une ville proche de la frontière indienne, inquiétée par des meurtres étranges, en proie à un agitateur belliciste, où errent la nuit des entités étranges.
Le protecteur de Lena étant mêlé à toute ces histoires, les deux amis y seront entraînés à leur tour.
Mercenaires

Retour à l'errance pour les deux compères, Jeremiah de plus en plus cynique et Kurdy toujours aussi magouilleur et radical, bien que porté malgré lui sur le sentimentalisme. Ils tomberont sur Julius et Roméa au sein d'une exploitation minière en cours de réouverture. Un vrai nid de guêpes du fait de magouilles de grande ampleur. Le côté boyscout des deux compères reprend le dessus...
Pas d'albums cultes mais un quatre très bonnes histoires.
03 septembre 2009
Hellboy : Le troisième souhait de Mike Mignola

Hellboy ne fait plus partie du BPRD, il se cherche... L'occasion pour lui d'expérimenter deux aventures mystiques qui s'enchaînent au départ d'un rêve africain. Deux aventures maritimes, la première reprenant la part la plus noir d'un conte d'Andersen. Le second tourne autour d'histoires de marin et propose une autre version de la génèse de l'univers d'Hellboy. Le tout est très plaisant, mes préventions vis à vis de Mignola ont disparues...
31 août 2009
Le sauveteur de Jirô Taniguchi

Suite de mon cycle Taniguchi...
Shiga est un alpiniste et participe à la tenue d'un refuge quand il reçoit un appel de Tokyo. La veuve de son meilleur ami, mort en montagne, l'informe de la disparition de sa fille, Megumi. Fidèle à une promesse faite au défunt, Shiga se rend dans la mégapole qu'il connait mal afin de retrouver la gamine de quatorze ans.
Commencera alors une descente dans les quartiers interlopes de Tokyo, découvrant les souteneurs, des quadra entrenant des gamines...
Taniguchi signe ici un polar assez conventionnel, présentant en passant un aspect inquiétant de la société japonaise et le croise avec le milieu des alpinistes. Shiga se sens effet coupable de la disparition de son ami lors d'une expédition à laquelle il n'a pas participé.
Enquête lente, reprenant les thème du provincial perdu dans la capitale et de la culpabilité infondée, Le sauveteur se termine par un long passage d'anthologie. Une réussite.


























