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Troisième tome de The Expanse et petite baisse de régime, le ton horrifique et la géopolitique tortueuse étant laissé en arrière pour un huis clos autour d'un artefact extra-terrestre mystérieux (on fleurte avec l'Arthur C. Clarke).

Alors que Holden et son équipage se repose sur leurs lauriers, une nouvelle némésis complote pour les impliquer dans le conflit latent tournant autour de l'artefact créé par la protomolécule...  Une fortune dépensée de manière implacable pour mener une vendetta puérile. N'en reste pas moins que l'équipage du Rossinante se retrouve de nouveau au coeur des évènements, avec tous les regards et les armes pointées vers eux.

Ils étaient trop nombreux. La corvette était prise entre les deux kilomètres de la surcompensation spatiale de l'APE voulue par Fred Johnson et la majeure partie de ce qui restait de la Flotte martienne. Et au-delà des Martiens, de l'Anneau.

Il cherchaint désespérément à trouver ce qu'il devait faire dans l'immédiat. Ils étaient aussi loin que possible de tout refuge imaginable dans le système solaire. Le premier caillou plus gros que leur corvette se trouvait à deux mois de voyage, et il doutait fort de pouvoir distancer trois flottes et leurs torpilles pendant soixante jours. Ou même deux minutes, en fait.

Habilement conduit à l'abattoir, Holden optera pour la fuite en avant dans l'inconnu et y entraînera mécanqieuement tous ses poursuivants, incluant sa némésis et les touristes amenées depuis la Terre.

Devant lui, suspendu dans toutes ces ténèbres sans étoiles, la sphère bleue attendait.

Elle attendait depuis deux milliards d'années que quelqu'un franchisse cette porte particulière, si les chercheurs ne s'étaient pas trompés dans leur évaluation de l'époque où Phoebé avait été capturée par Saturne. Mais depuis peu l'étrangeté entourant la protomolécule et l'Anneau donnaient à Holden le sentiment troublant que, peut-être, toutes les hypothèses formulées concernant ses origines et sa finalité étaient erronées.

Protogène avait baptisé la protomolécule et décidé que c'était un outil capable de redéfinir ce que signifiait être humain. Jules-Pierre Mao l'avait considérée comme une arme. Elle tuait des humains, donc c'était une arme. Mais les radiations tuaient les humains, et un appareil à rayons X pour effectuer des radiographies n'était pas considéré comme une arme. Holden commençait à avoir l'impression qu'ils étaient tous pareils à des singes jouant avec un micro-ondes. Appuyez sur une touche différente et mettez votre main à l'intérieur, l'appareil vous brûlera, donc c'est une arme. Apprenez à en ouvrir et refermer la porte, c'est un endroit où cacher des choses. Sans jamais saisir son usage réel, et peut-être sans avoir seulement la structure mentale nécessaire pour le deviner. Aucun singe n'avait jamais réchauffé un burrito surgelé.

Et les singes en étaient là, à tripoter la boîte brillante et à essayer d'imaginer sa fonction.

Tandis que Holden, hanté par Miller et la protomolécule, tente de prévenir de nouvelles factions humaines se formeront au milieu des décombres d'une flotte à la merci de l'inconnu pour inexorablement en venir aux mains... L'occasion pour les divers personnages de cet opus de montrer leur vraie nature.

Roman de transition, riche en actions, La porte d'Abaddon déçoit quelque peu avec cette intrigue plus ramassée en lieux et personnages. Ces derniers sont néanmoins attachants et on suit avec intérêt leur odyssée. Un bon moment mais moins enlevé que les deux tomes précédents. Espérons que les auteurs seront rebondir par la suite.

Les avis de Lorhkan, Anudar, Gromovar.