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Les lectures d'Efelle
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20 octobre 2016

Avec joie & docilité de Johanna Sinisalo

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A la fin du XIXeme siècle, la société finlandaise a opté pour un virage radical : appliqué les méthodes de sélection et d'élevage des animaux domestiques sur l'humanité, enfin essentiellement sa part féminine. Le tout étant la mise en place d'une société apaisée par la satisfaction des instincts masculins et la crétinisation des femmes§. Soi belle, docile et tais toi tel est le nouveau credo gouvernemental. Les femmes répondant aux critères de cette nouvelle société ont été renommées éloïs tandis que les autres sont les morloks. Ces dernières sont stérilisées et exclues de la société civile.

Cette société machiste et patriarcale complètement refermée sur elle même et coupée du monde, l'eusistocratie a aussi mise en place une sévère prohibition de toutes substances addictives : des drogues les plus dures jusqu'aux piments...

Vanna ou Vera est une morlok à l'apparence d'éloï... Protégée et éduquée par sa grand-mère, elle a grandit en observant sa soeur cadette et réussit à donner le change aux autorités.

Chaque fois que je décide d'aller me promener, les réalités de la vie d'éloï me tombent sur le paletot. En rentrant du lycée, je me suis lavée le visage pour en ôter le maquillage et brossé les cheveux pour en éliminer la laque. Si je veux sortir, je dois reconstruire tout mon déguisement.

Hantée par la disparition de sa soeur, vraisemblablement éliminer par son mari pour s'accaparer son héritage, Vera s'est associée à Jare. Lui lui procure la sécurité d'avoir un compagnon officiel et la pourvoit avec la seule substance addictive encore disponible en Finlande, tandis qu'elle lui offre son esprit affûtée et son apparence innocente pour l'aider à mener son petit trafic.

Je n'au jamais connu pareille période de pénurie. Jare a un solide réseau de bons clients. Il a toujours su repérer les lots mis sur le marché, trouver des marins, sur des cargos, prêts à prendre des risques, ou des hommes d'affaires voyageant hors de nos frontières et des étrangers en visite en Finlande bénéficiant d'une immunité diplomatique ou d'assez bonnes relations avec l'administration pour qu'on examine pas de trop près leurs bagages à la douane. Mais le filet s'est resserré, de nouvelles mesures dont nous ignorons tout ont été prises.

A travers le regard de Vanna, hantée par le remord et Jare déterminé à quitter cette Finlande oppressante, le roman dépeint une uchronie dystopique assez redoutable, écrasant la moitié de sa population au profit de la seconde, tuant dans l'oeuf toute personnalité féminine remarquable, la réduisant à l'état d'esclave domestique et sexuelle, répudiable à tout moment (voire pire).

Ô eusistocratie.

Pour satisfaire les plus forts en gueule, tu as mis une drogue à la disposition du plus grand nombre. Tu pensais avoir libéré la sexualité. Tu as libéré tout autre chose.

Le pouvoir.

On y goûte une fois, et il en faut des doses toujours plus fortes. Ridiculement fortes. Incroyablement fortes. Fortes à vomir. Si fortes que le cerveau est incapable de les gérer.

Johanna Sinisalo réussit à construire un récit prenant et immersif, avec une plume corrosive. On ne s'ennuit jamais et l'acidité permet de passer quelques réflexions sur nos sociétés... Un excellent moment.

 

Les avis de : Lune ; Gromovar ; Un dernier livre avant la fin du monde.

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Commentaires
J
Cela ressemble beaucoup à un plagiat des "Femmes de Stepford" du très regretté Ira Levin. De plus, le méchant clin d'oeil sur les Eloïs et les Morloks est plutôt de mauvais goût, quoique très évocateur. <br /> <br /> Il y aurait même un peu du contexte de "Demolition Man" sur une société futuriste aseptisée à mort.<br /> <br /> Tout cela pour finaliser une œuvre un peu trop composite et empruntée.
L
Lecture prévue prochainement, tous les avis lus confirment (plus ou moins mais plutôt plus que moins) que cet un très bon roman.
A
Après les chroniques de Lune et de Gromovar, voilà que la tienne finit de me convaincre de me le procurer.
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