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Chacun se trouvera d'accord pour reconnaître qu'un célibataire en possession d'une belle fortune doit éprouver le besoin de prendre femme.
Aussi peu connus que soient les sentiments ou les projets d'un tel homme à son arrivée dans le voisinage, cette vérité est si bien ancrée dans l'esprit des familles des environs qu'on l'y considère comme la légitime propriété de l'une ou l'autre de leurs filles.

Fin du XVIIIe siècle, l'avenir matériel des filles de la famille Bennet n'est pas assurée du fait d'une clause favorisant la sucession du domaine familial au plus proche héritier mâle. M Bennet n'ayant eu que des filles, le domaine changera de main à son décès et ses filles seront sans revenus. D'où la chasse au riche célibataire lancée par Mme Bennet...

L'occasion pour Jane, l'aînée, de rencontrée l'amour et pour Elizabeth la benjamine d'entamer une relation tumultueuse avec le richissime et arrogant M Darcy.

- Son orgueil, reprit Mlle Lucas, ne me choque pas autant que l'orgueil me choque d'ordinaire, car il a une excuse. On ne peut s'étonner qu'un si beau jeune homme, avec famille fortune, tout en sa faveur, ait une haute opinion de lui-même. Si je puis m'exprimer ainsi, il a le droit d'être orgueilleux.

- C'est juste, repartit Elizabeth, et je pourrais facilement lui pardonner son orgueil s'il n'avait pas fait souffrir le mien.

Si les affres et inquiétudes matérielles des propriétaires terriens anglais du XVIIIe peuvent donner l'impression de soap opera avant l'heure, il faut reconnaître à Jane Austen le talent de rendre son personnage principal des plus intéressants dans par ses qualités, notamment sa vivacité d'esprit, que ses défauts... Il est agréable de suivre le cheminement des pensées d'Elizabeth surtout vu le milieu superficielle dans lequel elle évolue (tant sa mère que ses soeurs cadettes se vautrant dans la crétinerie et la vulgarité).

Elizabeth eut le sentiment que si tous les membres de sa famille s'étaient donné le mot pour se ridiculiser autant que faire se pouvait durant cette soirée, il ne leur aurait pas été possible de tenir leur rôle avec plus de brio et de succès. Il était heureux pour Bingley et pour sa soeur, pensa-t-elle, qu'une partie de ce spectacle leur eût échappé, et l'on pouvait se féliciter que Bingley ne fût pas homme à trop s'offusquer des absurdités dont il avait dû être le témoin.

Satyre sociale et roman sentimental plein de rebondissement, Orgueil et préjugés est une indéniable réussite, amusante et prenante. Un très bon moment.