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Ils restaient là, côte à côte, les bras croisés et les yeux rivés sur le mur. Des moustiques bourdonnaient autour d'eux. Il faisait froid à l'ombre, bien que le soleil fût haut dans le ciel. Ils auraient tout aussi bien pu être en train de discuter d'un éventuel bourbier dans lequel Roy se serait collé, tant ils regardaient avec détachement l'objet de leur préoccupation.

Jeune adolescent, Roy a été embarqué, par son père récemment divorcé, sur l'île de Sukkwan en Alaska, afin de passer un an loin du monde... Rapidement son père, Jim se révèle un piètre compagnon, ayant mal préparé l'expédition et hanté par ses remords et regrets. Alternant les phases larmoyantes et les crises de misanthropie. Sans parler d'une absence totale de sens commun donnant lieu à des prises de risques inconsidérées.

Tout ira bien. Tu as ta carabine et je suivrai l'ours à la trace, de toute façon.

Ca ne me plait pas du tout, dit Roy.

A moi non plus. Et son père partit. Roy resta sous le porche et le regarda disparaître sur le sentier sans parvenir à y croire. Il avait peur et se mit à parler tout haut : Comment est-ce que tu peux me laisser ici tout seul ? Je n'ai rien à manger et je sais même pas quand tu vas revenir.

Pour Roy, le rêve de son père tourne rapidement au cauchemar...

Malgré son ambiance étouffante, Sukkwan island se révèle assez prenant et très bien mené. Une descente au coeur de la médiocrité et des affres de l'auto apitoiement. Un texte mémorable et marquant.