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Je dis aux dames du service des immatriculations de rentrer le nom de Charlie Nurburn dans l'ordinateur et de me montrer ce qu'elles trouvaient, sinon, j'allais mettre le feu au bâtiment.

Il ne leur fallut pas longtemps pour me donner que dalle, alors je leur demandai jusqu'où remontait leur fichier. Elles me demandèrent jusqu'où je voulais remonter. Elles étaient comme ça, les dames du Service des Immatriculations. Après toutes ces années de maltraitance entre les mains des citoyens du coin, elles avaient développé le tact et les manières raffinées de bergers allemands.

Suite directe de Little Bird, ce second épisode sur les enquêtes du shérif Longmire débute exactement là où le premier roman s'était arrêté. Walt remonte doucement la pente, épaulé par son entourage, s'attache à recruter un nouvel adjoint quand Conally,son prédécesseur, en maison de retraite, sème le chaos dans l'établissement en exigeant l'autopsie d'une défunte, Mari Barjola, révélant au passage qu'il a été mariée brièvement avec.

Par loyauté et foi en son ex mentor, Walt ouvre une enquête et découvre des éléments troublants. Remontent aussi du passé, des certitudes admises dans la famille de la défunte, Conally aurait fait disparaître le second époux de Mari. Poids des traditions de la minorité basque, connaissance du caractère expéditif de son prédécesseur, querelles familiales autour de droits d'exploitation minière, la situation se complique, toute une génération de Durant semblant impliquée. La situation devient critique quand les tentatives de meurtres se multiplient à l'encontre de ce petit monde très fermé. Entre spleen et humour féroce, Walt mènera une enquête marquantes et des plus usantes.

La maison était au courant de la nuit où j'avais appelé de Los Angeles pour dire à Henry que j'avais été enrôlé dans les marines et où j'avais appris qu'il avait reçu la même nouvelle à Berkeley, envoyée par l'armée. La maison se souvenait du jour où j'avais présenté ma femme, Martha, à Henry. Elle se rappelait Cady à deux ans qui s'était mise à aboyer comme un phoque polur avoir du saumon de la McKenzie River, comme d'habitude. Cette maison était devenue le centre névralgique de l'électorat indien quand je m'était présenté la première fois au poste de shérif. Elle avait su quand Martha était morte d'un cancer et elle nous avait abrité tous les deux quand j'étais venu dire à Henry que quatre lycéens blancs de Durant avaient violé sa nièce. La maison connaissant un million de chagrins, un million de victoires, et elle nous connaissait, Henry et moi, parfaitement. Elle savait quand nous avions faim, quand nous étions tristre, et surtout quand nous avions besoin de réconfort.

Ayant posé son petit monde dans Little Bird, Craig Johnson se lâche mettant en place une intrigue plus alambiquée, pleines de faux semblants et de flashbacks, impliquant profondément ses protagonistes. Les personnages sont plus travaillés et malmenés lors des scènes d'action.

L'endroit était bondé. Tout le monde se figea quand il virent entrer un shérif armé, deux adjoints, un indien et un ouvrier ; ils durent nous prendre pour les Village People.

Bref ce second tome se révèle être une excellente surprise, l'intrigue est travaillée de manière minutieuse et le narrateur toujours aussi attachant. Un thriller intimiste des plus efficace, un très bon moment, un livre que l'on dévore littéralement. Craig Johnson transforme l'essai, espérons que cette série continue à se montrer aussi plaisante.