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C'est tardivement que je me suis décidé à lire ce recueil, au programme deux histoires de fantasy et de fantastique...

 

Chaque année l'hiver était plus long et plus froid.

Chaque année le dégel venait plus tard.

Et parfois certains endroits où me dragon s'était posé ne dégelaient pas tout à fait.

Prémices de la série phare de G.R.R. Martin avec Le Dragon de glace, un hiver toujours plus opressant, une menace incarnée par des soudards montés sur dragons qui gagnent inexorablement du terrain, année après année. Au milieu de tout cela, une gamine, enfant de l'hiver, attiré par un mystérieux dragon de glace. Un conte sombre et plaisant mais un peu court, sympathique.

"Vous êtes Alys la Grise. On dit qu'un jour, il y a bien longtemps, vous-même avez surgi des Contrées Perdues.

- C'est ce qu'on dit, convint Alys la Grise.

- Nous sommes pareils, vous et moi. J'aime la ville, ses habitants, le bruit des rires, des chants et des ragots. Je profite du confort que m'offre ma maison, de la bonne chère et des bons vins. J'adore les comédiens qui montent au chateau et à chaque automne pour faire leur numéro devant Dame Melange. J'aime les beaux habits, les bijoux et les jolies femmes à la peau douce. Et pourtant, une partie de moi ne se sent pleinement chez elle qu'ici, dans les Contrées Perdues, dans les hurlements du vent, à surveiller les ombres qui s'accumulent à chaque crépuscule, et mes songes sont tels que les gens de la ville n'oseraient jamais en concevoir."

Dans les Contrées Perdues, une jeune souveraine charge un de ses chevaliers servants de porter sa requête à la sorcière Alys la Grise, elle désire pouvoir se transformer en loup. Une sorcière qui exhause les voeux de manière cruelle et ironique, une incursion dans des territoires désolées et dangereux, en aussi dangereuse compagnie... Le cocktail fonctionne merveilleusement bien et ce texte à chute est des plus satisfaisant, sans doute un des deux meilleurs textes de ce recueil.

On passe dans le registre du fantastique avec L'homme en forme de poire où une jeune femme est hantée par son voisin obèse et répugnant... Une situation qu'elle seule perçoit et qui tourne au cauchemar. Sympathique sans plus.

Cantling se pencha en avant et donna une gifle sur les pages du manuscrit, empilées auprès de sa machine à écrire.

"Eh bien, j'ai porté ce bébé pendant trois foutues années. Et ceci est le putain de quatrième manuscrit, et le dernier. Il s'appelait Edward dans le premier brouillon et dans le deuxième, et dans le troisième, et tu peux me croire, il s'appellait Edward des années avant cette fameuse nuit où tu as décidé de me faire la surprise de balancer ton diaphragme et de te faire engrosser."

La dernière nouvelle, Portrait de famille, est sans nul doute la meilleure du recueil. Cantling, un écrivain abject avec ses proches, finit par commettre l'ultime impair avec sa fille, cette dernière artiste peintre, lacère son propre autoportrait puis adresse à son père de magnifique toile inspirée par ses personnages emblèmatique. A chaque nouvelle toile reçue, Cantling reçoit la visite nocturne de sa création... Un récit très sombre, jouant sur les motivations apparentes de la fille de Cantling, le comportement écoeurant de l'auteur et la chute des plus réussies. Un excellent moment.

Au final un recueil très réussi et prenant qui se laisse dévorer.

Les avis d'Endea, Lorhkan et Xapur.