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- Oh, dit Ipis en portant la main à ses lèvres. C'est vrai que vous, les Hodgqins, ne nommez pas vos machines. Eh bien, je pense que nous baptiserons celle-ci pour l'occasion.

- Un rituel, analysa Liehwand. Vous, les Humains, avez l'air d'y être très attachés. Personnaliser vos moyens de transport concourt probablement à vous attirer les faveurs du sort et croire ainsi que vous aurez moins d'accidents de voyage.

- Rien de tel qu'un Hodgqin pour briser la magie du moment...

Dernier roman en date du cycle, Les vaisseaux d'Omale sont l'occasion pour Laurent Genefort de renouer avec l'aventure scientifique à la Jules Verne. Depuis l'espace, les Aezirs ont découverts que les Hodgqins travaillaient à la construction de vaisseaux spatiaux, l'occasion pour eux de faire une proposition de coopération aux trois espèces de la Grande Aire.

Financé par un gouverneur local, un groupe de scientifiques humains entre en contact avec les Hodgqins, les bases d'un accord et de la participation des humains au premier vol est conclu. Tandis que le petit groupe chemine vers les tréfonds de l'aire hodgqins, des agitateurs religieux humains s'organisent et un aventurier sans scrupule fait entrer dans la danse une puissante pirate chile.

Evidemment, songea Sunrethaïrm. C'était la simple avidité qui le guidait. D'un point de vue pratique, Julius rencontrerait pas mal de problèmes pour transporter jusqu'à son Aire lointaine les richesses qu'il gagnerait afin d'en profiter pleinemant... à moins qu'il ne veuille se tailler un empire au sein même de l'Aire étrangère. Si c'était le cas, les Hodgqins sur place ne lui faciliteraient pas la tâche. Mais ce qui pouvait advenir de Julius une fois l'objectif atteint ne la concernait pas. Pour le moment, il représentait un outil, un moyen pour parvenir à son but.

Après une première partie mouvementée mais un peu trop longue à mon goût (mais justifiée par la distance à parcourir) portant sur le trajet jusqu'au site spatial, le rythme devient plus enlevé avec révélations et rebondissements. La conquête de l'espace, version Omale, est exaltante et pleine de mystère, que trouveront les pionniers, s'ils survivent, sur les deux planètes captives d'Omale ?

Nous envoyons neuf êtres vivants dans l'environnement le plus hostile à la vie qui soit, à l'intérieur d'une coque de noix propulsée Dieu sait comment, en espérant que tout fonctionnera sans anicroche car ils ne pourront espérer aucun secours de notre Grande Aire. Une fois lancés, ils seront isolés et vulnérables. Peut-on imaginer entreprise plus amatrice ? Plus inconsciente ?

Dans ce roman, Laurent Genefort met bien en évidence les particularités des trois espèces de la Grande Aire, détaillant aussi et enfin plus avant les étranges hodgqins. L'épopée fonctionne admirablement bien et ce même si toutes les réponses ne sont pas données, tel sont les aléas de la recherche scientifique, Omale conservera toujours une part de mystère. Efficace et intelligement construit, Les vaisseaux d'Omale constitue un bon moment.