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La couverture de ce recueil de Clifford D. Simak a le mérite de bien décrire les ambiances propre à l'auteur : campagne américaine paisible et SF... Des ambiances que l'on retrouvera dans la plupart des nouvelles de Voisins d'ailleurs.

Il s'immobilisa sur le chemin pour observer l'étrange objet : les roses, la rosée, les chants d'oiseaux, tout cela le quittait, pour le laisser seul face à cette chose posée près du sentier, qui n'évoquait rien tant qu'un évadé d'un magasin d'appareils ménagers. Mais, à mesure qu'il la regardait, il notait des différences. En fin de compte, elle n'avait rien de commun avec tout ce qu'il avait pu voir ou dont il avait pu entendre parler : de toute évidence, il ne s'agissait pas d'un lave-linge vagabond ni d'un déshumidificateur délinquant.

La maternelle (1953) accuse légèrement son âge, récit d'une prise de contact par des extra-terrestres en plein début de guerre froide. La paranoïa des autorités d'un côté, la bienveillance d'une force insaisissable et inexorable de l'autre. Simak joue habilement avec son principal protagoniste qui dispose de la sérénité et des convictions nécessaires pour accepter le désarmement de l'humanité. Sympathique mais un petit peu daté...

Le Bidule met en scène un orphelin, violemment exploité par un couple d'agriculteurs, sa rencontre avec un engin s'étant écrasé dans le verger changera quelque peu sa vie. Un texte très court mais efficace, son côté élégiaque est des plus convainquant. Un bon moment.

J'ignore sur Bert ou Amy lui a parlé de Heath. J'imagine que non. Vous n'allez pas raconter au docteur que c'est le voisin qui a guéri votre enfant. Quelqu'un de mesquin aurait pu essayer de le faire inculper pour exercice illégal de la médecine - aussi dur à prouver que ce soit. Mais l'histoire s'est répandue dans toute la vallée. On a raconté que Heath avait été un célèbre praticien à Vienne avant sa fuite. Je n'y ai pas cru. A mon sens, même ceux qui ont lancé la rumeur n'y croyaient pas non plus, mais ainsi vont les choses dans une communauté comme la nôtre.

Le Voisin constitue à mon sens la quintessence du style et des ambiances de Simak, une campagne paisible et un voisin d'ailleurs visiblement à la recherche de paix. Un très bon moment sans fausse note.

Un Van Gogh de l'ère spatiale m'a laissé quelque peu froid, n'ayant pas spécialement accroché à cet amateur d'art sur les traces d'un artiste atypique de planète en planète, jusqu'à sa dernière retraite...

La Fin des maux reprend le concept de la Maternelle mais modernisé et narré de façon plus ironique. Un texte efficace qui fonctionne parfaitement, une réussite.

Le Cylindre dans le bosquet de bouleaux est une histoire classique de paradoxe temporelle, pas spécialement mauvaise mais pas mémorable non plus. Sans plus.

La Photographie de Marathon (1974) présente deux universitaires découvrant la présence de voyageurs temporels dans leur voisinnage. Un texte acide, ironique des plus réussis. Un excellent moment et un point de vue plus sombre que les nouvelles précédentes. Excellent.

La Grotte des cerfs qui dansent (1980) mérite amplement tout ses prix (Hugo, Nébula, Locus et Analog). Une rencontre sur le seuil d'un site archéologique, une grotte rupestre, entre un original basque et un chercheur américain. Simak à son meilleur tout simplement.

Le Puits siffleur pourrait se résumer à une intrigue lovecraftienne où les réflexes racistes et pessimistes de Lovecraft aurait été remplacé par l'humanisme de Simak. Enquête sur les origines d'une famille et hallucinations sur le site d'une ferme abandonnée. Pour le coup je suis resté sur ma faim.

Au final, un recueil sympathique (mais que je n'ai pas lu dans des conditions optimales), qui offre sa moitié de bons ou de très bons textes. On découvre ici un auteur talentueux qui a su tourner la page de l'age d'or de la SF américaine, un grand.