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Dans l'émirat imaginaire de La Cité, le jeune hacker connu sous le pseudonyme d'Alif. Libertaire, il propose un hébergement sûr à tous les opposants ou opprimés du régime, la liberté de parole avant tout...

Des émirats avec des princes en voitures plaquées argent et des quartiers sans eau courante. Un internet où chaque blog, chaque espace de discussion, chaque forum est surveillé, où on traque toute expression illégale de détresse et de mécontentement.

Mais Alif est aussi un jeune homme de basse extraction qui a réussit à séduire une étudiante issue de l'aristocratie, miracle de l'internet qui lui a permis de conclure. Malheureusement pour lui, la jeune femme ne peut se résoudre à une existence qui ne soit pas luxueuse, elle donne son accord à une proposition de mariage arrangée et éconduit Alif sans plus de cérémonie. Et c'est lors d'un échange puéril de souvenir, qu'Alif se retrouve avec un livre ancien dans les mains en guise de cadeau de rupture... Un cadeau empoisonné, la Sureté de l'Etat se lançant à ses trousses peu de temps après, tant dans l'espace numérique que physiquement.

Autant il détestait l'Etat, autant l'idée d'une confrontation physique le rendait malade. Tous ses efforts avaient été le produit de la peur, un majeur anonyme brandi vers des hommes auxquels il n'aurait jamais à faire face. Il avait toujours supposé que l'Etat écrasait les gens comme lui parce que c'était en son pouvoir et non parce qu'il voyait en eux une réelle menace. Le vaste réseau de renseignement, suceur d'énergie, lui disait le contraire. Ce gouvernement était terrifié par son propre peuple.

La Main rôdait là comme une masse mathématique fouillant et déversant des vers par milliers sur la Cité numérique.

En tentant de contacter un caïd pour obtenir de l'aide, Alif accompagné de sa voisine et amie Dina découvrent un nouveau versant de la réalité, celui des Djinns. En effet l'antique livre de conte, les Mille et un jours, a été dicté par des djinns, est censé être le réceptacle de leur sagesse, une nouvelle manière d'appréhender le monde, une logique capable de révolutionner l'informatique.

Aidé par l'inquiétant Vikram, Alif constatera rapidement que son adversaire au gouvernement, dispose aussi de ses entrées dans le monde occulte et les enjeux grimperont rapidement, de même que les personnes impliquées, emportées par la tourmente de la répression.

Malgré une accroche efficace, le récit s'embourbe quelque peu avant de redémarrer avec la pression croissante du gouvernement et la révélation des enjeux... Si les personnages sont sympathiques, l'évocation de la société musulmane et du régime autoritaire en place réussie, la partie occulte pêche quelque peu. Si les premières contacts allusifs sont efficaces, la confrontation à l'univers mythologique est brusque et casse réellement la magie de l'ensemble via une narration expédiée. Enfin le roman se clôture sur un happy end peu crédible du fait d'un deus ex machina grossier. Au final, un univers accrocheur gâché par une narration brouillonne en dents de scie.

L'avis de Gromovar.