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Le chaman arriva en ville avant le coucher du soleil, monté sur un cheval mort.

La Guerre de Sécession a changé l'amérique, permettant à une minorité d'individus d'exprimer des talents insoupçonnés... Le pays a changé, l'Ouest encore plus. Les shérifs ne plus des représentants de la loi mais des potentats locaux, doués de pouvoirs occultes, dispensant leur protection. Un règne qui ne dure que jusqu'à ce que quelqu'un de plus puissant se présente...

"La plupart ont la trouille. La trouille de ce qui arrive quand le shérif se fait tuer, la trouille de ce que devient une ville qui n'a plus de shérif. Quand t'es né, avant la guerre, shérif c'était un boulot comme un autre, mais de nos jours il n'y a rien au-dessus."

Jake Bird, fils de l'ex shérif de Calio, a trouvé refuge dans le hameau de Medecine Rock... Son horizon est borné par les murs de l'écurie où il officie quand tout bascule avec le déclin du shérif Pridy. Celui, sentant son potentiel déclin, s'est mis en quête d'adjoints. Pressenti mais réticent, à cause de la mort de son père, Jake verra son destin basculé quand Pridy se trouvera en difficulté. Malheureusement, son nouveau mentor ne sera pas en mesure de le former totalement et les évènements basculeront, menant Jake sur une route semée d'embuche au bout de laquelle l'attendra l'assassin de son père, l'ex général Custer.

Bon, première chose, pas grand rapport entre l'illustration, très inspirée de Brom, et le contenu de ce roman. Si les premiers chapitres sont plutôt réussis et fonctionnent en appliquant scrupuleusement les étapes du "Voyage du héros", le bat blesse rapidement. Les pouvoirs des personnages sont disparates, ça part dans tous les sens... Arrivé au cas particulier de Jake, j'ai eu l'impression que Mark Summer me braillait :"Ta gueule ! C'est magique !". Téléportation, présages, destruction brute, défense magique tout finit par arriver sans véritable intervention de l'interessé.

Il ne fut plus qu'un cri à perdre haleine, dépourvu de mots, qui fit le tour de la ville. Il s'accompagna de traits de feu d'un blanc fulgurant. Hommes, femmes et enfants furent pris dans les filets zizaguants du talent du jeune homme. Leurs corps dansèrent comme gouttes d'eau dans un poêlon trop chaud.

Après les cent premières pages très réussies, le roman sombre dans les travers d'un blockbuster hollywoodien... Empilement de scènes spectaculaires et de rebondissements, l'action est au rendez-vous mais l'ambiance reste terne, les personnages peu développés et nombre de pistes narratives sont abandonnées en cours de route. Enfin les deus ex machina aussi agaçants que prévisibles se multiplient...

La tour du diable se révèle donc une déception malgré un excellent premier quart. Pas assez western, pas assez weird, pas Weird West du tout. C'est de la fantasy commerciale qui se lit très bien et s'oublie très vite.