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Le nombre des mondes humains est infini. Le premier, Lanmeur a su s'affranchir de la pesanteur. C'est un honneur, mais l'honneur crée des devoirs ! Nous nous devons de réunir nos frères dispersés au sein d'une même famille.

Twern, envoyé de la civilisation de Lanmeur en mission d'observation, s'échoue sur la planète Ti-Harnog. S'il réussit à dissimuler son équipement technologique à la population médiévale, avant de s'effondrer et d'être recueilli par les autochtones, il ne peut éviter que l'on découvre sa méconnaissance du langage local et surtout sa légère différence sur le plan biologique.

Ce n'était pas un des moindres paradoxes de l'humanité que cette unicité de langage. Tous les mondes contactés se révélaient posséder un idiome dérivé d'une même langue. Peut-être saurait-on un jour expliquer un telle particularité. En attendant, cette improbabilité facilitait la tâche des contacteurs.

Twern feint l'amnésie mais se retrouve embringuer dans un mythe local curieusement proche de son statut actuel. Son statut particulier est inclus dans le système de caste de Ti-Harnog mais provoque des troubles et la naissance de faction qui tente de l'instrumentaliser.

Le Penn't Adébenn n'était pas seulement l'annonciateur d'une ère nouvelle, mais aussi celui de la fin. Le comportement des Marchands n'était que le premier indice de ce qui pourrait se passer si Twern prenait soudain la dimension d'un mythe. Or, le Conteur connaissait son peuple à l'imagination enflammée. Que quelqu'un fît le rapprochement entre la sécheresse et l'arrivée de celui qui pourrait être l'homme de la fin des temps et...

Et quoi ? Talhael n'en avait qu'une idée confuse.

Christian Léourier prend le temps de poser l'univers de Ti-Harnog, tout d'équilibre, avant de le lancer dans les bouleversements provoqués par la présence de Twern.  Des changements si radicaux que ce dernier en vient à se demander qu'elle était le véritable objectif initial de sa mission et les intentions de ses formateurs...  Le récit est riche en surprise tant sur le plan strictement local, que sur ce que l'on perçoit de Lanmeur ou de l'univers brossé par l'auteur. Si l'approche initiale n'est pas sans rappeler celle d'Ursula Le Guin, Léourier trouve sa propre voie et nous emmène dans un voyage des plus agréables. Un bon moment et un appel à lire les tomes suivants.