img097

Omale, immense sphère de Dyson dont une partie de la surface intérieure, La Grande Aire, représentant plusieurs centaines de fois la surface de la Terre, a été aménagée pour accueillir les représentants de trois espèces intelligentes : humains, chiles et hodgqins.

Les métaux sont rares sur la Grande Aire, la technologie a régressée, les origines de l'arrivée des trois espèces ce sont perdues dans les brumes du souvenir pour devenir des mythes.

Au programme du premier tome de cette intégrale deux romans : Omale et Les Conquérants d'Omale, aux ambiances bien différentes.

 

Omale

Si Sheitane effectuait ce voyage, c'était parce qu'elle avait reçu un billet de dirigeable long-courrier en partance de Platformjunction. Un billet acheté vingt-deux ans auparavant par un inconnu, à son intention. Ce détail seul aurait déjà suffi à éveiller sa curiosité. Mais il y avait autre chose : au fond de sa poche, un...

Une poignée d'individu humains, chiles et hodgqins sont destinataires d'un duo d'objet insolite : un billet, acheté vingt-deux ans plutôt, pour un trajet imminent sur une nef chile, et un morceau de coquille dont l'intérieur est gravé. Poussé par la curiosité ou l'absence d'alternatives, ils se retrouveront sur la nef... de manière fracassante pour le dernier invité. Après quelques épreuves, ils en viendront à décider du commandement du groupe selon les coutumes chiles, à travers un jeu : le fejij. Les perdants devant conter leur histoire.

"Si le fejij est prophétique, fit Kasul d'une voix faussement sentencieuse, alors notre voyage est bel et bien placé sous le signe du chaos."

Sikandaïrl ne se donna pas la peine de répondre. Elle avança ses pièces. Aussitôt, Sheitane s'absorba dans la partie, et tout ce qui se trouvait autour - le morceau rompu du Yyalter qui s'obstinait à ne pas sombrer avec sa pitoyable cargaison, le Lac Pacifique qui était comme une gueule malfaisante, prête à les avaler tous, la santé préoccupante d'Alessander - disparut. Sheitane n'était pas joueuse de nature, mais jamais aucun jeu humain ou hodgqin ne lui avait fait cet effet.

Cette part du récit représente les trois quarts du récit, si la mécanique en est artificielle, l'immersion fonctionne du fait de l'exotisme des deux peuples extraterrestres, des paysages démesurées d'Omale, de l'étrangeté de l'intrigue. Le bât blesse par contre dans le dernier quart du roman, les coïncidences se font plus insistantes et les révélations finales données assez brusquement déçoivent quelque peu.

Un roman agréable mais qui ne tient pas toutes ses promesses.

 

Les conquérants d'Omale

Les Humains se reproduisent beaucoup plus vite que nous. Si nous ne les contenons pas, peu importe les territoires que nous coloniserons : ils seront toujours derrière nous dans l'ombre, aux aguets. La question n'est pas de se battre pour des territoires, puisqu'il y en a à l'infini. La question est de savoir à qui appartiendra Omale en totalité. Seule l'extermination de nos ennemis peut nous garantir la tranquillité, à terme.

Sept cent ans avant les évènements d'Omale, la Grande Aire est déchirée par une guerre totale entre Chiles et Humains. Une guerre de tranchées qui s'étend sur plus de vingt-cinq mille kilomètres... Aux chiles la supériorité physique et technologique, aux humains le nombre et l'engagement aveugle...

Parfois, il se sentait plus proche des combattants chiles que des civils de sa propre espèce. Bien entendu, il ne se l'était jamais avouré en ces termes. Les Diables bleus faisaient autant partie de lui que la gangrène dévorant la jambe d'un malade. Mais tout au fond, il savait qu'il ne redeviendrait jamais plus le berger qu'il avait été jadis, dans une autre vie. Son âme s'était forgée sous les grêles d'obus, devant le spectacle de tranchées remplies de cadavres gisant dans l'ultime position du moment de leur mort, grouillant d'asticots et déjà demi dévorés par les insectes et les ratsaïs.

Le généralissime humain lance une mission secrète devant changer le cours du conflit, actuellement défaveur pour les humains. Pour la mener à bien une poignée d'officiers vétérans, issues d'unités d'élite, vont devoir mener un périple de plusieurs de dizaine de milliers de kilomètres au sein de l'aire humaine, le tout à travers des bandes de pillards et un désastre climatique, pour courir après divers artefacts à livrer à une destination improbable.

En guise d'interlude, deux autres récits s'intercaleront : une mission de géographe qui sera confrontée aux sources du dérèglement climatique et une intrigue impliquant les Aesirs, une espèce peuplant l'espace intérieur d'Omale. La première explicite une part du récit qui sinon aurait parue bien mystérieuse, tandis que la seconde présente la dernière espèce et éclaire une partie du roman précédent.

Apre, prenant, Les Conquérants d'Omale est une réussite notamment pour les personnages de Jeremiah et Solima, aux cheminements complémentaires, et comme précédemment l'étrangeté des paysages d'Omale.

Jeremiah était trop absorbé par le spectacle pour répondre. La plaine s'étendait à perte de vue. A intervalle régulier des colonnes cylindriques parfaitement noires et lisses crevaient le sol pour se hisser à plus de cinquante mètres de hauteur. Deux cents mètres environ séparaient chaque pilier de carb, et cet espacement créait une grille qui se prolongeait jusqu'à l'horizon.

Omale constitue finalement une bonne surprise, même si tout ses personnages ne sont pas convainquants, tel Sikandaïrl, la rochile  d'Omale (le roman), par leur côté monolithique. L'immensité des paysages d'Omale fascine, emporte. Au niveau des romans, Les Conquérants d'Omale est indéniablement plus réussi et l'emporte sur la narration mécanique d'Omale. Ce dernier étant toutefois sauvé par son côté initiatique et sa présentation du contexte, dommage que l'intrigue ne suive pas.

Bref cette intégrale constitue un bon moment, pas sans défauts certes, mais j'aurais plaisir à retourner arpenter les étendues sans fin d'Omale.

Les avis de Gromavar sur Omale et Les Conquérants d'Omale.