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Une tête à la bouche ouverte et aux yeux surpris injectés de sang roula près de moi, idiote incarnation de la mort. Une tête de Shao. Tout un symbole. Les yeux farinés de poussière et de cendres, je marchais, aussi droit que possible, sur des monticules de cadavres. Il s'agissait de Qivhviens et de Shaos entremêlés à leurs montures, ou à leurs armes ensanglantées devenues inutiles. Délétère, l'atmosphère de poussière, de feu et de sang était intenable. Je suais sous ma légère armure, toussais sous mon casque.

Le cartar, officier du peuple Shao, Tiric Sherna, assiste à la défaite des siens face aux reptiliens Qivhviens. Vaincu, réduit en esclavage, il assiste à la fin de tous ses espoirs...


- Mon pauvre ami. Tu n'es plus cartar. Tu es comme moi ; un esclave. Nous avons les mêmes fers, la même chaîne, la même nudité. Rien ne nous différencie plus. Avance.

Je me mis à rire, aussi calmement que lui.

- Tu te moques de moi ?

- Non, Kardelj, je ne me moque pas. Je viens de me rendre compte à quel point tu as raison. Pardonne-moi.

Le traitement infligé aux prisonniers est cruel, les espoirs d'évasion et les rêves de révolte sont écrasés. Tiric et son compagnon de chaîne ont le temps de faire connaissance et de s'apprécier avant leur arrivée à la capitale ennemie. Là, ils seront vendus en tant que gladiateur... A défaut d'évasion, Tiric peut alors caresser l'espoir de se venger de sa propriétaire à défaut de ses vainqueurs. Le début d'une aventure qui l'emmènera sur des routes inattendues...

La mort ou la vie, comme d'habitude, mais cette fois-ci avec un piment supplémentaire : la suprématie ou l'humiliation de la Skada Lazpoa et de sa faction politique. Et moi, j'étais au centre de tout ce foutoir ? Je pouvais décider de qui allait gagner ou perdre ? L'occasion d'un dernier coup d'éclat était vraiment trop belle. Allais-je aider la Skada, ou allais-je l'enfoncer ? Au fond de mon esprit naquit un intense sentiment de jubilation que mon visage ne refléta jamais.

Avec ce premier tome du Sabre de Sang, Thomas Geha présente un agréable roman de fantasy populaire, à la Julia Verlanger. La narration est nerveuse, les rebondissements nombreux, une aventure dense où on ne s'ennuie pas. Le monde de Geha prend de l'ampleur au fur et à mesure des pérégrinations du héros, il se déploie sous nos yeux tout en restant cohérent grâce à la narration à la façon d'un road-movie. Bref un bon divertissement réservant quelques surprises, à bientôt pour la suite !

 

Il m'a donné envie de le lire : Philippe Boulier dans la Bibliothèque Orbitale.

L'avis de Lorhkan.