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La course à l'espace a porté des fruits inespérés... La colonisation de nouveaux mondes a atténué les tensions de la Guerre Froide en démultipliant les ressources et territoires disponibles. Les puissances en présence, l'US, le Bloc, la Chine se partageant les nouveaux mondes sans trop de frictions.

Lex Falk est un journaliste chevronné, ayant décroché toutes les récompenses de la profession. Bien que délabré par les nombreux voyages interstellaires, il reste assez arrogant et sûr de lui surtout en ce qui concerne son expérience en matière de conflit coloniaux. Fraîchement débarqué sur la colonie Quatre-vingt-six où des rumeurs courent quant à des affrontements avec des activistes du Bloc, il est quelque peu ébranlé quand il se prendre dans une opération de communication bidon des formes armées de l'US.

- Sérieusement, Falk, si ce qui vous chagrine, c'est que le BI ne puisse pas vous garantir l'accès que vous voulez, tout ce que je vais pouvoir faire, c'est vous écouter et compatir en hochant la tête.

- L'excursion qu'on nous a fait n'avait aucun intérêt, dit-il.

- Oui, c'est vrai. Est-ce que ça n'est pas toujours comme ça ?

Alors que les évènements se précipitent et dégénèrent, une consoeur lui amènent une opportunité inespérée. Une puissante corporation voit d'un sale oeil ce conflit prendre de l'ampleur, cela remet en question ses investissements et elle veut être certaine qu'on ne lui fasse pas porter le chapeau. Une opération clandestine est montée, le journaliste sera connectée à un soldat volontaire, Nestor Bloom, grâce à une technologie expérimentale.

- Salut, dit-il, ses yeux se fixant eux-mêmes. Normalement, vous devez m'entendre. C'est ce qu'ils m'ont dit. Moi je vous entendrai pas, alors voilà.

Il haussa les épaules.

- Je sais pas si vous êtes là-dedans, mais j'ai l'impression de sentir quelque chose quand même. Comme un... Comme un truc, une espèce de douleur. Comme quand on sent qu'on a la grippe qui arrive. Je sais pas si c'est vous. J'espère que oui, j'ai pas envie d'avoir la crève. En plus, normalement, on m'a fait des injections.

L'opération militaire tourne mal, Nestor se prend une balle dans la tête... Curieusement l'interface avec Lex permet à son cerveau de passer outre les dégâts subits mais Nestor n'est plus là ne reste de lui que quelques souvenirs, réflexes... Lex Flak se retrouve au première loge d'un beau merdier.

Il marchait comme un zombie, comme un animal pesant, frappé d'éparvins, et qui n'aurait conservé que les connexions cérébrales les plus rudimentaires entre impulsion et action. Il cherchait son chemin à tâtons de sa main gauche à moitié endormie, se servant de l'EAM comme d'un accessoire de maintien et d'un balancier, dont le poignet racla contre les écrans anti-vent, puis contre un mur, avant de trouver un cadre de porte. Une main contre le mur, les jambes écartées, il s'appuya comme un marin à bord d'un bateau chevauchant une forte houle. L'épuisement faisait monter la chaleur de son corps d'emprunt. La sueur lui trempait le dos et la poitrine avant de devenir glaciale sous la pluie et le vent.

Et personne n'était encore venu ouvrir la citerne et le sortir du corps de Nestor Bloom. Ni Ayoub, ni Clish, ni ce connard de Bari Apfel.

Un peu paumé, tel un chien dans un jeu de quille, Lex jette un regard cultivé sur l'environnement mortel de ses soldats sans imagination. L'occasion pour Dan Abnett d'achever de déployer son univers, par petites touches et d'approfondir son intrigue.

A l'intérieur, les mots et les images racontaient une version simple des premiers jalons de l'expansion post-terrienne. La Course à l'espace. Falk ne se rappelait même plus que le phénomène avait été appelé comme ça. Une façon un peu spécieuse d'envisager les choses, un peu trop joyeuse et optimiste. De ce que Falk en savait, il n'avait pas été question de fair-play ni de bonnes manières. Rien que trois superpuissances mondiales prises dans une compétition sans pitié, souvent trop téméraire, pour établir des domaines au-delà des frontières terrestres. Deux d'entres elles, l'US et le Bloc, s'étaient essentiellement servies de la Première Ere pour prolonger la rivalité de la Guerre Froide à travers la supériorité technologique et les entreprises exubérantes.

Le décors est mis en place efficacement et les enjeux de l'intrigue dévoilés peu à peu, la narration est efficace on s'immerge très facilement dans l'ambiance délétère de Quatre-vingt-six, s'attachant au passage à ce journaliste vieillissant. Sans être le roman de l'année, Zone de Guerre, est un texte divertissant et très addictif. Dan Abnett démontre ici son talent et prouve qu'il est à l'aise hors des sentiers balisés des romans de licence. Un bon moment malgré le dénouement un peu abrupt.

 

Il m'a donné envie de le lire : Traqueur Stellaire.