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Cinq destinations, cinq voies de violences à l'encontre des femmes... Du plus glaçant par ses proportions monstrueuses à la violence la plus personnelle et... ordinaire. Voyage au coeur de l'inaceptable pourtant si commun.

La préface de Catherine Dufour, sans concession, à l'image du recueil, donne le ton. Tout est dans le titre Guide du queutard, guide du désespoir.

Vient ensuite La Ville féminicide, déjà publiée dans l'Anthologie officielle des Utopiales 2010. Ciudad Juarez, ville frontalière prospérant grâce au vice et au plaisir, lieu où les jeunes femmes disparaissent à un rythme alarmant dans l'indifférence générale. La vie d'une provinciale ne vaut rien. La réalité est écoeurante, l'explication fantastique l'atténue, un peu... Mes conclusions demeurent les mêmes, un texte atroce mais parfaitement maîtrisé. Une réussite.

Petite bouffée d'oxygène avec Eros-Center qui nous plonge dans un réseau de prostitution entre l'Afrique et l'Europe, plus particulièrement Paris et les "Eros-Center" de Francfort. Une jeune femme pleine d'espoir et d'ambition tombe dans les rets d'un proxénète international, pseudo sorcier et manipulateur hors pair. Son salut viendra d'un immigré turque, toujours puceau... Mais le chemin vers la libération ne se fera pas sans sacrifices.

Tu ne laisseras point vivre nous transporte au Groenland où une jeune anglaise, nymphomane, du fait d'une malédiction transgénérationnelle agrémentée de vision prophétique, se retire pour vivre loin des regards, jugements et comportements bestiaux. Elle y trouvera un certain équilibre, un temps. On aimerait que cette histoire se termine bien.

Nous sommes les violeurs, initialement parue dans le Bifrost n°62, narre quelques temps après les faits, la lutte contre la culture du pavot. Une lutte sponsorisée par l'occident, menée par une poignée de mercenaires équipé de drones. Des mercenaires venus pour l'adrénaline, la haine, perversion ou des positions idéologiques. Recueil de témoignage tant des bourreaux que des victimes. Pas de manichéisme, ni d'excès de pathos dans cette nouvelle apre et dérangeante.

Poings de suture, sans nulle doute le texte le moins dur et placé en fin de recueil pour son effet cathartique. Machisme, jalousie, violence ordinaire, un coup de poing. Anecdotique pour l'auteur du coup, traumatisant pour la victime qui réussira toutefois à se reconstruire et prendre une revanche symbolique mais nécessaire.

 

Women in chains répond parfaitement à sa problématique, le tour d'horizon est varié tant géographiquement que dans ses situations. Violent, dérangeant, ce recueil ne laisse pas indifférent et mérite amplement le détour.