17 janvier 2012

Sur des mers plus ignorées... de Tim Powers

img868

Une douzaine de pirates étaient montés à bord et d'autres enjambaient la rambarde ; les marins encore en vie avaient lâché leurs armes. Chandagnac aussi lâcha la sienne et recula lentement vers tribord, regardant les pirates avec un grand étonnement. lls étaient gais, leurs yeux et leurs dents jaunes brillaient dans des figures qui, si, n'était leur animation, auraient eu l'air d'acajou poli. Quelque-uns chantaient encore. Ils étaient habillés commes des enfants qu'on aurait interrompus alors qu'ils étaient occupés à piller les coffres d'un costumier de théâtre. En dépit de leurs pistolets et de leurs sabres visiblement usagés, de leur visage et de leurs membres balafrés, ils parurent, aux yeux de Chandagnac, aussi innocemment sauvages que des rapaces, comparés à la cruauté froidement méthodique de Hurwood et de Friend.

John Chandagnac est un jeune homme qui espère prendre un nouveau départ à la Jamaïque quand le navire qui l'emmène est attaqué par un petit groupe de pirates. L'attaque est d'autant plus rondement mené que deux des plus éminents passagers sont de mèche avec les flibustiers et disposent de moyens surnaturels... Poussé par un sentiment d'injustice et d'héroisme mal placé, Jack blesse le Phil Davies le chef des pirates après l'affrontement. Ce dernier lui laisse alors deux options : la mort ou l'enrôlement dans leurs rangs...

La soirée passa, pour le cuisinier nouvellement promu, comme une longue période floue ponctuée d'impressions plus nettes mais fugitives : il lui arriva même de patauger dans le ressac pour participer à une danse compliquée où la musique s'accompagnait en contrepoint du bruit des vagues s'écrasant sur la plage, et du vent tiède agitant les palmes. Plus tard, il courut sur une bande de sable, entre la mer et la jungle, contourna les feux en chuchotant inlassablement John Chandagnac, car il avait peur, avec son nouveau nom, d'oublier le vrai, dans ce monde de crime, de rhum et de petites îles tropicales.

C'est alors qu'il découvrira la démence profonde de Friend et Hurwood, férus d'occultisme, le dernier nourrissant des projets sinistres à l'encontre de sa propre fille, ainsi que leur association avec un individu plus redoutable que Davies, Barbe-Noire. Le pirate légendaire, expert en vaudou associé à l'entité Baron Samedi, a son propre agenda et déplacera tout ce petit monde comme sur un échiquier. Commence alors une aventure sans temps morts, pleine de rebondissements et de batailles navales sur fond de magie agonisante et de vaudou, des Caraïbes aux marécages hantés de la Floride.

Avec ce roman, Tim Powers se plonge dans l'ambiance de la piraterie, utilisant et détournant les faits historiques pour y introduire des éléments fantastiques avec brio, notamment concernant la relation entre Stede Bonnet et Barbe-Noire. L'argument fantastique est patiemment mis en place et bien exploité. Un récit  d'aventure mené tambour battant, assez classique mais prenant et plaisant. Un bon moment.

Posté par efelle à 22:50 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


Commentaires sur Sur des mers plus ignorées... de Tim Powers

Ça fait quelque temps que j'ai envie de lire du Tim Powers. Toutes les critiques (enfin la plupart) que je lis sur ses romans reprennent en gros le même argument : c'est de la grande aventure, dynamique, sans temps mort, et très intelligente.

Je vais attaquer "Les voies d'Anubis" je pense (pour aller avec le Winter Time Travel de Lhisbei), et puis plus tard "Sur des mers plus ignorées".

Posté par Lorhkan, 18 janvier 2012 à 07:49

Faudra que je lise Les voies d'Anubis quand j'aurai repris le contrôle de ma pile. Là, je me prépare en fait pour Itinéraires Nocturnes.

Posté par Efelle, 18 janvier 2012 à 18:49

Mmmm. Je n'ai pas aimé "les Voies d'Anubis". Trop lent, plein de temps morts et une histoire pas trépidante (elle est où la grande aventure ?).
J'ai l'impression que celui-ci n'est pas pour moi non plus.

Posté par NicK, 19 janvier 2012 à 10:02
Le poids de son regard

Je peux en parler d'autant plus facilement que je ne l'ai pas publié, le meilleur roman de Tim Powers c'est Le Poids de son regard. Magnifique.

Posté par Gilles Dumay, 19 janvier 2012 à 18:46

Celui là, il est dans ma pile et sera lu cette année.

Posté par Efelle, 19 janvier 2012 à 20:51

J'avoue avoir largement préféré Les Voies d'Anubis à la plupart de ses romans d'aventure. Un rythme posé, des personnages intéressants, une intrigue complexe, ce n'est pas parfait mais tout de même une belle réussite.

Posté par Imrryran, 22 janvier 2012 à 18:05

J'aurais tendance à écouter Thomas Day : Un mélange entre la vénus d'Ille de Prosper Mérimée et l'ensemble des romantiques anglais du début du dix-neuvième... ça ne peut être que superbe

Posté par Orkan Von Deck, 01 février 2012 à 16:54
Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=266592&pid=23271963

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :