Sept survivants de Luca Blengino et Denys

Plus ou moins paumés dans les alpes suisses, sept individus (répartis initialement en quatre groupes) vont se retrouver piégés dans un tunnel sans fin...
Très rapidement une menace physique va se présenter à eux ne leur laissant d'autres choix qu'une suite sans issue mais le pire viendra d'eux même avec l'expression de leurs démons intérieurs... L'ambiance oppressante est bien rendue et le dénouement surprenant.
Avec Sept survivants, Delcourt lance une nouvelle saison de la série 7. Si le trait n'est pas très convaincant, le scénario est bien conçu et rythmé. On trouve des ambiances qui se situent quelque part entre l'épisode de The Twilight Zone et des nouvelles horrifiques à la Stephen King. Une très bonne surprise et je remercie Gromovar pour m'avoir fait franchir le pas.
La sélection du Prix Planète-SF
Etant partie prenante dans le choix du lauréat du Prix Planète-SF, il était temps que je face un billet à ce sujet. Après une première sélection, ont donc été retenus :
Rêves de Gloire de Roland C. Wagner
CLEER, une fantaisie corporate de L. L. Kloetzer
Treis, altitude zéro de Norbert Merjagnan
Le jury composé d'Anudar, Férocias, Gromovar, Guillaume44, Lhisbei et moi même, devrait s'étriper courant octobre pour décider du lauréat dans l'optique d'une remise de prix aux Utopiales.
Planète à louer de Yoss

Une planète à louer dont les habitants ont cessé de croire au futur, quel qu'il soit, et qui s'accrochent à l'orgueil de leur passé pour affronter un quotidien difficile et plein de xénoïdes.
Une planète à louer pour vous, fils innoncent d'une espèce et d'une culture victorieuses. Pour vous, étranger venu d'un autre Système solaire. Pour vous, privilégié né sous la lumière d'une autre étoile.
La civilisation humaine était au bord du gouffre quand les autres espèces intelligentes de la galaxie sont venues s'imposer... Fini les conflits meurtriers et la destruction des écosystème, les extraterrestres ont résolus ses soucis et ont imposés leur loi par la destruction totale de l'Afrique. Les génocides de masse occasionnels ne sont plus pratiqués que pour punir les crimes contre leur personne.
La Terre est devenu un monde musée, un casino, un lieu de tourisme et le bar à pute de la galaxie... Une caste de privilégié s'est élevé grâce à cette industrie et supplante toute autre organisation à visée gouvernementale...
C'est à travers le portrait d'invidu, terriens désespérés : prostituées, policiers véreux, artistes nihilistes, sportifs, gamins des rues, candidats à l'exode, que ce roman dresse l'état des lieux. Les septs récits se succèdent en se renvoyant de temps à autres quelques éléments communs.
Evidemment, la condition d'étranger n'était enviable que sur Terre. Dans le reste de la galaxie, cela revenait à n'être rien du tout. Particulièrement si l'on se trouvait sur la planète d'une espèce puissante comme les Gordiens ou les Auyaris. Nul n'était censé ignorer les lois locales.
La représentation de représenter le Cuba des années 1990 est revendiquée tant dans la préface que la quatrième de couverture mais je pense après lecture que ce constat peut s'appliquer à la plupart des pays pauvres. Si l'ambiance space opera est bien rendue, je reste dubitatif sur le fond, notamment en appliquant le comportement des touristes des pays riches actuels à celui d'extraterrestres, notamment dans cette soif de relations sexuelles avec des humains ou cette économie de marché à l'échelle galactique ultra libérale et corrompue pour des sociétés ayant accès apparement à la totalité des ressources de la galaxie... Je suis sans doute trop influencé par le cycle de la Culture de Banks.
Pour nous, c'est la seule opportunité de nous venger. L'unique occasion où, une fois par an, nous pouvons affronter, presque à armes égales, ces orgueilleux xénoïdes. Peu importe qu'aucune équipe humaine ne soit parvenue à vaincre une équipe de la Ligue.
Nous représentons leur espoir, leur revendication, leurs meilleurs fils, leur soif de vengeance. Nous devons gagner.
Nous allons gagner. Parce que nous sommes l'équipe championne.
Parce que nous avons la rage, à défaut de la force.
C'est pourquoi, s'il y a une justice dans cet univers, la victoire sera nôtre.
Planète à louer n'en reste pas moins un roman agréable à lire, bien que très sombre et peu porteur d'espoir, mais s'enferme trop dans sa volonté d'allégorie critique pour convaincre pleinement. Je ne suis pas sûr que l'usage d'extraterrestres, vraiment trop humains, ait été une bonne idée pour la démonstration. Le Meilleur des Mondes et 1984 cités en préface s'en sont bien passés... Néanmois Planète à louer se laisse lire, un bon moment mais sans plus.
Les avis de : Lelf, Cachou, Julien le naufragé, Gromovar.
Roméo et Juliette / Songe d'une nuit d'été de Shakespeare

Roméo et Juliette
Ces joies violentes ont des fins violentes, et meurent dans leur triomphe : flamme et poudre, elles se consument en un baiser. Le plus doux miel devient écoeurant par sa suavité même, et détruit l'appétit par le goût : aime donc modérément : modéré est l'amour durable : la précipitation n'atteint pas le but plus tôt que la lenteur.
La haine sépare les familles Montaigue et Capulet et si le prince de Véronne a ordonné une trêve, le brûlant Tybalt ne semble pas prêt à cesser les provocations. Pendant ce temps, Roméo Montaigue se morfond du fait d'un amour non partagé. Pour le remonter et lui changer les idées, Mercutio, le convie au bal des Capulet où il est invité. Sur place Roméo rencontrera Juliette. Alors que les aînés semblent plus posé et abandonneraient volontiers leurs griefs, les passions dévorantes conduiront nombre de jeunes gens à leur perte.
Voici ton or, poison plus funeste encore à l'âme des hommes, il commet plus de meurtres dans cet odieux monde que ces pauvres mixtures que tu n'as pas le droit de vendre. C'est moi qui te vends du poison ; tu ne m'en as pas vendu.
La pièce se déroule à un rythme effréné, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Un classique bien moins sirupeux et plus incisif que certaines de ses dernières adaptations...
Le songe d'une nuit d'été
Lysandre et Hermia s'aiment mais Démétrius épris d'Hermia à la faveur du père de la jeune femme. L'amie de cette dernière, Héléna est quant à elle amoureuse de Démétrius. Alors que les deux amants fuient la cité pour éviter le mariage forcé avec Démétrius, Héléna mène ce dernier à leur suite. La nuit les surprend dans les bois où une troupe de théâtre amateur compte répéter. Dans ces mêmes bois se tient la cour des fées où Obéron et Titiana se dispute un enfant. Obéron charge Puck d'envouter via un filtre d'amour Titiana, pour lui ravir son captif, et en passant de résoudre le problème des quatres humains en rendant Démétrius amoureux d'Héléna. Las, les instructions d'Obéron son vague et c'est Lysandre qui subit l'enchantement.
Si vous étiez civils, si vous connaissiez la courtoisie, vous ne me feriez pas tous ces outrages. N'est-ce pas assez de me haïr comme vous le faites, sans vous liguer du fond de l'âme pour me bafouer ? Si vous étiez des hommes, comme vous en avez l'apparence, vous ne voudriez pas traiter ainsi une gente dame, me prodiguer ces voeux, ces serments, ces louanges exagérées, quand, j'en suis sûre, vous me haïssez cordialement. Rivaux tous deux pour aimer Hermia, vous êtes rivaux aussi pour vous moquer d'Héléna.
La situation devient alors assez amusante à suivre, la rivalié entre les deux hommes perdurant malgré tout. En ce qui concerne la reine des elfes, Puck lui a lancé dans les pattes le moins subtil des acteurs amateurs affublé d'une tête d'âne. Obéron ayant obtenu ce qu'il veut, il donnera l'ordre à Puck de remettre un peu d'ordre dans ce joli quiproquo.
Croyez moi, roi des ombres, j'ai fait une méprise. Ne m'avez-vous pas dit que je reconnaïtrais l'homme à son costume athénien ? Mon action est donc irréprochable, en ce sens que c'est un Athénien dont j'ai humecté les yeux ; et je suis satisfait du résultat, en ce sens que leur querelle me paraît fort réjouissante.
Une pièce enlevée, songe ou folie douce, le cocktail est très agréable et se lit tout seul. La seule baisse de régime intervient dans la représentation des acteurs amateurs à la fin, mais ceci est vraisemblablement du à la lecture de la pièce. La mise en abyme devant être amusante sur scène. Encore un classique et un très bon moment.
Une lecture commune avec Isil.
Batman The Long Halloween de Jeph Loeb et Tim Sale

Jeph Loeb et Tim Sale reprennent ici à leur compte une partie du décor de Batman Year One, en effet si Batman et Gordon ont purgés la police de Gotham dans Year One, le chef mafieux Carmine Falcone dit Le Romain est toujours intouchable, même si Catwoman l'a marqué durablement...
Batman, Jim Gordon et Harvey Dent conclue une alliance pour mettre un terme à son règne... Un combat difficile vu la capacité de Falcone à acheter, intimider ou éliminer ses opposants. Alors que les premiers coups sont échangés, l'escalade commence, un mystérieux assassin élimine à chaque fête un membre de la famille Falcone en marquant son crime d'un gadget en rapport avec la date...
Au fil des meurtres les soupçons naissent, ainsi sont suspectés : Batman, Jim Gordon, Harvey Dent, Catwoman, Bruce Wayne, l'Homme Calendrier (pourtant interné) et quelques autres... Le temps passant, les enquêteurs amateurs se multiplient et de temps en temps un super méchant entre dans la danse...
Avec The Long Halloween, Jeph Loeb et Tim Sale réussissent à présenter une suite passionante à Year One et mêler le cirque des antagonistes de Batman à une ambiance de roman noir, tout en travaillant le personnage d'Harvey Dent avant de le transformer en Double Face. Un sacré pavé, 370 pages, qui se lit avec plaisir, dans un contexte paranoïaque et ambigue réussi. Excellent.
Le Summer Star Wars V est terminé.
Le Summer Star Wars V était notre dernier et meilleur espoir de paix dans la blogosphère SFFF, il échoua...
Ce qui s'annonçait comment un énième challenge amical entre blogueur dégénéra en vendetta...
Je profite d'ailleurs de cette affrontement entre Marcus et Neroon pour illustrer la guerre entre les humains et les mindbari, via un extrait du hors série Au commencement.
Quoi qu'il en soit, la situation fut reprise en main par Lhisbei qui ces derniers temps prouve qu'elle la voix de la sagesse, tel Ivanova...
En ce qui me concerne toutefois, je dois reconnaitre que ma philosophie serait plutôt cette autre face de l'officier de la force terrienne.
Voilà juste un petite message pour saluer la fin de ce challenge entre blogueurs avec une série que Lhisbei reconnait ne pas connaitre...
Treis, altitude zéro de Norbert Merjagnan

Tout pays a ses légendes. Celle des grandes méduses flottant dans le ciel au-dessus des déserts a son lot de croyants. Et si très peu de gens savent que ces animaux immenses et translucides sont issus des laboratoires humanes, sans doute est-ce parce que les hommes s'accommodent de la peur plus facilement que des curiosités.
Suite des Tours de Samarante, Treis, altitude zéro surprend par l'élargissement du champ d'horizon. L'on découvre les forces cachées derrière le rideau au cours du déroulement du premier tome et des enjeux apparaissent ainsi que quelques nouveaux protagonistes dont la route croisera celle d'Oshagan, Cinabre ou Triple A.
A Samarante, Triple A est le jouet des savants humanes qui se bruleront les ailes en tentant de décrypter le secret de ses gênes. Une expérience pour le moins surprenante d'ailleurs pour le gamin des rues fonceur et un élargissement de son horizon.
Quand l'appareil franchit les mètres de muraille qui délimitent Samarante, Triple A n'a pas le temps de regarder derrière lui. L'horizon s'est emparé de lui. L'aliène est là, tout de suite, plane, morcelée, brouillée d'air chaud et couverte de flaques noires qui ne sont que des miroirs de soleil.
Il arrive qu'un lieu, un paysage que l'on découvre, qui nous était inconnu, pousse à croire que l'on revient chez soi. Fantasque connivence qu'éprouve Triple A tandis que le glisseur s'enfonce dans l'aliène.
Pendant ce temps, la guerre contre l'empire borg menace d'éclater, Samarante semble être la première cible et si à Treis, la cité capitale, certains oeuvres pour la défendre d'autres sont bien décidés à la voir tomber... Oshagan et Cinabre font cause commune avec Thirce, seigneur de guerre, prêt à trahir Treis pour sauver Samarante...
Chance de victoire : .04.
Une ineptie inavouable.
Il entrevoit un jeu à plusieurs entrées, quelqu'un à la manoeuvre pour le perdre.
Thirce ne mentira pas à ses landgraves. Les conditions parlent d'elles-mêmes. Il affronte une colonie de machines sur une carte urbaine remplie de cibles stratégiques. Il manque de matériel, d'hommes, de temps pour les préparer. La garnison Samare, loin de lui être acquise, prend ses ordres du seigneur But'Belcar ; l'un des douze. "Le Boucher", entièrement dévoué à la nouvelle coterie au pouvoir. Probablement, l'instrument de sa traîtrise.
La traîtrise est un pion fantôme que l'adversaire peut poser à tout moment, sur n'importe quelle case du plateau.
Borgs est l'ennemi. Qui est l'adversaire ?
Chacun pousse ses pions selon son propre agenda, les concepts sont nombreux : manipulation génétique, conscience partagée, modification du réel, glyphe en guise de langage informatique...
Beaucoup plus dense en intrigues que Les Tours de Samarante, Treis, altitude zéro est tout aussi agréablement écrit, introduit de nouveaux personnages et éclaire la richesse de l'univers créé par Merjagnan. La narration captivante ouvre finalement sur de nouveaux horizons. Riche et agréable, ce roman est une très bonne surprise, il est ce que le premier tome aurait du être. Il appelle une suite, je la lirai et profiterai de l'occasion pour relire les deux premiers tomes.
Les avis de Gromovar et d'Anudar.
Faust de Goethe

Même l'enfer posséderait un droit ?
Fort bien ; l'on pourrait donc conclure un pacte
Avec vous, messeigneurs, en toute sureté ?
Méphistophélès décide de venir tenter, avec l'aval de son créateur, le très sage Faust, qui a mener une vie d'érudit, quelque peu aride. En apparence le premier contact ne tourne pas en faveur du diable mais celui réussit à tenter Faust...
Quoi, tu veux un papier, comme un pédant d'école ?
Ne sais-tu pas ce qu'est un homme et sa parole ?
Et ne suffit-il pas que ma bouche, aujourd'hui,
Engage à tout jamais chaque jour de ma vie ?
Quand l'univers entier par cent torrents s'enfuit,
Tu voudrais qu'un serment me lie ?
Mais cette vanité nous tient si fort au coeur
Que nul n'a le pouvoir de s'en rendre vainqueur,
Ah ! la fidélité, pure et sans artifices,
Qu'on porte dans son sein vaut tous les sacrifices !
Mais un beau parchemin écrit, dûment scellé,
Voilà le spectre vain qui nous fait tous trembler,
Et le mot dans la plume expire,
Une peau nous commande, un vil cachet de cire !
Que veux-tu donc, esprit malin ?
Marbre, métal, papier, vélin ?
Prendrai-je ciseau, style, plume ?
Parle ! Je te laisse le choix !
Si après un prologue assez ardue, l'intrigue initiale se déploie, on plonge assez rapidement dans des abîmes ultra référencées et hérmétiques... Les tableaux s'enchaînent et l'on se retrouve à suivre plus Méphistophélès que Faust lui même. N'en reste pas moins quelque moment très prenant comme le Songe d'une nuit de Walpurgis ou les manoeuvres de Méphistophélès au sein des figures mythologiques grecques dans sa quête d'Hélène pour Faust. Au passage les questionnements sur la religion affluent de manière assez incisives, la vie passée de Faust en prenant un coup...
Voyez le petit saint ! On en est là, peut-être ?
Dans votre vie est-ce la seule fois
Que vous aurez porté quelque faux témoignage ?
N'avez-vous pas, sur Dieu, sur l'homme à son image
Et sur le monde entier avec son contenu
Plus d'un dogme tranchant hardiment soutenu,
Tout cela le front haut et la poitrine altière ?
Au final Faust est une oeuvre sur le sens de la vie, très dense, qui m'a largement dépassée. Difficile d'en faire une synthèse ou un bilan, on passe du drame à la farce en un éclair et les sujets abordés sont nombreux...
Une lecture commune avec Isil.
Mordre le bouclier de Justine Niogret

Pour la première fois de sa vie, la guerrière avait compris le découragement et l'envie de l'abandon. Il lui avait fallu perdre ses doigts pour saisir que parfois l'esprit devient un gouffre si profond et goulu que rien ne sait plus l'éclairer et que tout y chute. Elle était née avec le fer, elle était née dans le feu et la force, y avait grandi, s'y était trouvée. Et maintenant elle était sans armes, avec des mains dont une cuisinière de bordel n'aurait pas voulu. Des pattes dans lesquelles elle-même n'aurait pas daigné cracher.
Suite de Chien du Heaume, l'on retrouve une héroïnes blessée et presque brisée... Le remplacement de son pouce par une griffe de fer et la proposition de Bréhyr, ne sorte pas totalement la guerrière de sa torpeur mais au moins la remette en mouvement. Bréhyr propre à Chien de retrouver sa mère s'il elle accepte ensuite de l'accompagner dans sa quête de vengeance.
La rencontre avec sa parente n'apaise pas Chien et exacerbe même sa rage... Ce qui la plonge par la suite dans des abîmes de dépression et d'introspection, chemin faisant.
Mon père. Je ne pardonne rien de ce qu'il a commis. Je sais qu'il a fait le mal, mais je sais surtout qu'il était fol, jusqu'aux tripes. Ma mère m'a confié que c'était une soif d'homme du Nord, cette folie ; que les gens de là-bas e changeaient en bestes et tuaient. Je suis comme lui. Un jour, je mordrai mon bouclier à mon tour. J'ai peur de finir à sa façon, loin de tout, ma hache plantée dans le ventre, à me tuer parce que je ne sais plus exister sans avoir envie de hurler jusqu'à m'en briser la gorge.
Lassitude, peur d'un avenir vain fait uniquement de fureur et de tripes répandues, les deux guerrières avancent sur le chemin de la croisade, attendant le retour de la cible de Bréhyr. Après quelques épisodes violents, elles rencontreront deux autres guerriers brisés, comme elles. Peu à peu chacun se révèlera et partagera son expèrience.
Je me suis demandé si ce que je faisais avait un sens. Si ma quête remplissait le vide de ma propre existence. Si la corde n'aurait pas, finalement, fait de plus beau collier autour de mon cou qu'autour de celui de l'homme. Je me suis dit que non. Puis j'ai réfléchi, longuement, j'ai rongé une herbe. Je n'ai trouvé nulle réponse. Les corbeaux nageaient, leur rage vissée dans le secret de leurs entrailles. Alors j'ai choisi d'avancer, simplement avancer.
Roman crépusculaire et étrange, l'ambiance moyen-ageuse est bien rendue mais cette succession de voyage, d'attente et d'échange ne m'a pas totalement convaincu. Chacun semble porter sa croix, suivre une voie vaine et finalement s'interroger sur le sens de sa vie... Mordre le bouclier a le mérite d'être court et de ne pas lasser mais manque, à mon sens, de variété pour provoquer pleinement l'adhésion. J'ai eu la sensation, d'une longue scène de déprime étirée jusqu'à sa résolution... Un peu décevant après Chien du Heaume.
Une lecture commune avec Lhisbei, Lorkhan, Shaya et Endea.
Les pêcheurs du ciel de Tim Powers

Dans un futur californien quelque peu désenchanté, Thomas se morfond dans un monastère. Désireux de prendre le large, il se lance dans une carrière de pêcheur du ciel, le braconnage des tire-d'aile des espèces de petits hommes oiseaux tenant de la pie voleuse. En dépouillant ces bestioles pendant quelques mois, il espère avoir de quoi se lancer dans le vaste monde. Malheureusement, il se fait prendre dès la première tentative et fuit le monastère à toute jambe. Il risque en effet d'être livrer aux autorités qui le condamneront à avoir les mains coupées. Confronté à un monde hostile et assez démuni, Thomas se montrera assez teigneux ou malin pour survivre avant d'avoir la chance de faire quelques bonnes rencontre.
Quand, enfin, il émergea, trempé par la rosée, d'un buisson de lauriers, il vit devant lui un bloc de béton recouvert de genévriers. Le soleil en éclairait déjà la haute bordure blanche. Il se souvint avoir lu quelque part que ce n'était que dans la région qu'on l'appelait l'autoroute d'Hollywood. Les audacieux colporteurs qui transportaient dans des charrettes tirées par des ânes entre San Francisco et Sans Diego l'appelaient la Route 5. A en croire certaines légendes, cette vieille route courait du Canada jusqu'au Mexique.
Le roman est mené tambour battant, sans temps mort ou digressions, on ne s'ennuie pas mais le mécanisme des rebondissements constants apparait finalement assez artificiel même si la surenchère finit par s'arrêter à temps. Second roman de Tim Powers, Les pêcheurs du ciel est vraiment une oeuvre de jeunesse qui tranche avec mes lectures précédentes. On ne retrouve pas l'auteur des Puissances de l'invisible ou d'à deux pas du néant. Une lecture courte, rafraichissante et distrayante, dans la ligne des Fleuves noirs Anticipation, mais pas plus.






