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Une planète à louer dont les habitants ont cessé de croire au futur, quel qu'il soit, et qui s'accrochent à l'orgueil de leur passé pour affronter un quotidien difficile et plein de xénoïdes.

Une planète à louer pour vous, fils innoncent d'une espèce et d'une culture victorieuses. Pour vous, étranger venu d'un autre Système solaire. Pour vous, privilégié né sous la lumière d'une autre étoile.

La civilisation humaine était au bord du gouffre quand les autres espèces intelligentes de la galaxie sont venues s'imposer... Fini les conflits meurtriers et la destruction des écosystème, les extraterrestres ont résolus ses soucis et ont imposés leur loi par la destruction totale de l'Afrique. Les génocides de masse occasionnels ne sont plus pratiqués que pour punir les crimes contre leur personne.

La Terre est devenu un monde musée, un casino, un lieu de tourisme et le bar à pute de la galaxie... Une caste de privilégié s'est élevé grâce à cette industrie et supplante toute autre organisation à visée gouvernementale...

C'est à travers le portrait d'invidu, terriens désespérés : prostituées, policiers véreux, artistes nihilistes, sportifs, gamins des rues, candidats à l'exode, que ce roman dresse l'état des lieux. Les septs récits se succèdent en se renvoyant de temps à autres quelques éléments communs.

Evidemment, la condition d'étranger n'était enviable que sur Terre. Dans le reste de la galaxie, cela revenait à n'être rien du tout. Particulièrement si l'on se trouvait sur la planète d'une espèce puissante comme les Gordiens ou les Auyaris. Nul n'était censé ignorer les lois locales.

La représentation de représenter le Cuba des années 1990 est revendiquée tant dans la préface que la quatrième de couverture mais je pense après lecture que ce constat peut s'appliquer à la plupart des pays pauvres. Si l'ambiance space opera est bien rendue, je reste dubitatif sur le fond, notamment en appliquant le comportement des touristes des pays riches actuels à celui d'extraterrestres, notamment dans cette soif de relations sexuelles avec des humains ou cette économie de marché à l'échelle galactique ultra libérale et corrompue pour des sociétés ayant accès apparement à la totalité des ressources de la galaxie... Je suis sans doute trop influencé par le cycle de la Culture de Banks.

Pour nous, c'est la seule opportunité de nous venger. L'unique occasion où, une fois par an, nous pouvons affronter, presque à armes égales, ces orgueilleux xénoïdes. Peu importe qu'aucune équipe humaine ne soit parvenue à vaincre une équipe de la Ligue.

Nous représentons leur espoir, leur revendication, leurs meilleurs fils, leur soif de vengeance. Nous devons gagner.

Nous allons gagner. Parce que nous sommes l'équipe championne.

Parce que nous avons la rage, à défaut de la force.

C'est pourquoi, s'il y a une justice dans cet univers, la victoire sera nôtre.

Planète à louer n'en reste pas moins un roman agréable à lire, bien que très sombre et peu porteur d'espoir, mais s'enferme trop dans sa volonté d'allégorie critique pour convaincre pleinement.  Je ne suis pas sûr que l'usage d'extraterrestres, vraiment trop humains, ait été une bonne idée pour la démonstration. Le Meilleur des Mondes et 1984 cités en préface s'en sont bien passés... Néanmois Planète à louer se laisse lire, un bon moment mais sans plus.

 

Les avis de : Lelf, Cachou, Julien le naufragé, Gromovar.